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RÉFLEXIONS pour 1Co 1:18-31

18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
19 Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
26 Aussi bien, frères, considérez votre appel: il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés.
27 Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort;
28 ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est,
29 afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu.
30 Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption,
31 afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur.
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Ainsi, le Christ crucifié est « scandale pour les Juifs et folie pour les païens »... Le Seigneur tout-puissant n’aurait-Il vraiment pas pu trouver une solution qui ne soit ni scandaleuse ni apparemment insensée ? Il l’aurait pu. Mais Il ne l’a pas cherchée. Car Il ne s’est jamais fixé et ne se fixe jamais pour but d’être commode et confortable... Oui, Il aime l’homme, mais cela ne signifie pas qu’Il cesse d’être Lui-même. Il agit selon Ses propres lois. Et même s’il semble qu’Il « ne se comporte pas en Dieu », en réalité, Il ne cherche tout simplement pas à se conformer à nos idées de ce que Dieu devrait être.

Autres réflexions

 
Pour 1Co 1:18-31
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
19 Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
26 Aussi bien, frères, considérez votre appel: il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés.
27 Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort;
28 ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est,
29 afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu.
30 Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption,
31 afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur.
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Poursuivant la discussion sur les disputes et sur ce qui les provoque, Paul, bien sûr, ne...  Lire la suite

Poursuivant la discussion sur les disputes et sur ce qui les provoque, Paul passe, bien sûr non par hasard, au thème de la sagesse humaine et de ses limites. Pour lui, il est évident que cette sagesse est incapable de comprendre le mystère du ministère terrestre du Sauveur et de Sa mort sur la croix (v. 18-21). Ici, l'apôtre reste fidèle à la tradition des « pauvres », formée dès l'époque des prophètes d'avant l'exil. À en juger par le Livre des Psaumes, il était déjà devenu clair alors, pour ceux qui cherchaient une vie spirituelle pleine et des relations profondes avec Dieu, que les seuls efforts humains ne suffisent pas pour acquérir la justice, que l'homme qui veut suivre Dieu doit renoncer à l'idée de ne compter que sur lui-même. Celui qui cherchait ne pouvait atteindre le but désiré qu'en se remettant entièrement à la volonté de Dieu. Ce n'est pas par hasard que ces personnes commencèrent à s'appeler « pauvres » : elles comprenaient que devant Dieu elles étaient semblables à des mendiants, même lorsque, selon les critères de ce monde, on pouvait les considérer comme sages et riches. Ce sont elles qui, plus que les autres, attendaient la venue du Messie et l'avènement du Royaume messianique ; ce sont de telles personnes que Jésus appelle bienheureuses en proclamant son avènement. Mais au temps des anciens prophètes comme au temps de Jésus, il y avait des gens qui préféraient leur propre sagesse au Royaume. Et Paul dit directement qu'il est inutile d'essayer de comprendre les mystères du Royaume par les seuls efforts humains.

On pourrait croire que ce n'est pas nécessaire, puisque Jésus les a Lui-même révélés à quiconque voulait voir et entendre, à quiconque était prêt à Lui faire confiance et à Le suivre. Mais seul pouvait agir ainsi celui qui avait vécu ce que vivaient les « pauvres » : la compréhension, malgré toute sa sagesse et tout son savoir, de sa complète impuissance en ce qui concerne le Royaume, que personne ne peut comprendre ni dans lequel personne ne peut entrer si Celui qui a apporté le Royaume dans le monde ne l'y introduit. C'est précisément la sagesse humaine qui exige des signes et des preuves même là où tout est évident (v. 21-24), car ces signes et ces preuves ne sont pas nécessaires pour se convaincre de l'authenticité de la réalité révélée, mais pour l'« inscrire » dans les cadres de la logique humaine, l'accorder et la relier à la sagesse terrestre, qui est impuissante ici. Et ce n'est qu'à ceux qui ont renoncé à de telles tentatives que s'ouvre le chemin du Royaume (v. 26-31). Avec cela, toute l'absurdité des disputes qui divisent les hommes dans ce monde leur devient compréhensible.

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Pour 1Co 1:18-24
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
19 Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
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«Nous adorons Ta Croix, ô Christ...» Que signifient pour nous ces paroles? Une compassion infinie pour le juste innocent, battu, nu, suspendu à ce bois. L'amour pour Lui, une gratitude sans limite...  Lire la suite

«Nous adorons Ta Croix, ô Christ...» Que signifient pour nous ces paroles? Une compassion infinie pour le juste innocent, battu, nu, suspendu à ce bois. L'amour pour Lui, une gratitude sans limite. Et encore la compréhension de combien notre propre croix est infiniment plus légère. Tous les problèmes qui semblent insupportables ne sont rien en comparaison de la mesure de souffrance qu'Il a prise sur Lui pour nous. «Toi qui as tant aimé Ton monde...»

Et encore d'autres paroles: «puis Il dit au disciple: voici ta mère». Sur ces paroles est édifiée l'Église, la plus solide des forteresses. Nous sommes tous adoptés comme fils et filles, et cela signifie que nous ne pourrons jamais être orphelins. L'orphelinat, c'est un mot venu d'une autre vie. Nous vivons souvent dans la prière la Passion du Christ, mais il est bien plus difficile de vivre les souffrances de Marie. Sa douleur physique à Lui est inconcevable, et sa douleur spirituelle à elle l'est aussi. Cette douleur embrasse le monde entier.

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Pour 1Co 1:18
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
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L'image des deux chemins dont parle l'apôtre, le chemin du salut et le chemin de la perdition, plonge ses racines profondément dans la tradition yahviste puis juive. Le chemin de la justice, dans la Torah comme dans d'autres livres bibliques, est considéré comme un chemin de salut, tandis que le chemin du péché est un chemin de perdition. Et pourtant...  Lire la suite

L'image des deux chemins dont parle l'apôtre, le chemin du salut et le chemin de la perdition, plonge ses racines profondément dans la tradition yahviste puis juive. Le chemin de la justice, dans la Torah comme dans d'autres livres bibliques, est considéré comme un chemin de salut, tandis que le chemin du péché est un chemin de perdition. Et pourtant, le tableau n'est pas si simple.

Dès la période préchrétienne, et même prébiblique, beaucoup se demandaient pourquoi le juste souffre du mal dans lequel gît le monde, et pourquoi sa justice n'est pas récompensée selon ses mérites. Ce thème résonne avec une force particulière dans les livres bibliques, ce qui n'a rien d'étonnant : le Dieu de la Bible est en effet le Dieu bon, qui a donné à Son peuple la Torah et l'appelle sur le chemin de la justice. Pourquoi donc laisse-t-Il si souvent les Siens à la merci du mal dont le monde est rempli ?

La mort du Sauveur sur la croix est la réponse à cette question. Bien sûr, l'homme déchu, même avec les meilleures intentions, trouverait plus simple de s'imaginer un monde idéal où la justice serait aussitôt récompensée et le mal aussitôt puni. Seulement, dans un tel monde, personne n'aurait plus aucune chance de salut : il n'existe pas d'hommes sans péché sur la terre. Jésus aurait pu entrer dans le monde en vainqueur triomphant, mais alors Il serait resté seul dans le Royaume. Or telle n'était pas la volonté de Son Père. Un tel triomphe du Royaume n'aurait laissé la moindre chance à aucun être humain. La volonté du Père, exprimée plusieurs siècles avant la venue du Christ dans le monde par la bouche de l'un des prophètes, est que le pécheur ne meure pas, mais qu'il se convertisse et vive.

C'est pourquoi le Royaume entre dans le monde comme discrètement, sans s'imposer à personne par la force et sans planer sur personne comme la menace d'un châtiment immédiat pour le moindre péché. Voilà aussi, sans doute, pourquoi toutes les tentatives de créer sur la terre un royaume de justice universelle, qu'elles soient fondées sur la religion ou sur l'anti-religion, se sont invariablement terminées par d'immenses effusions de sang, sans aucun rapport avec la justice. Et Paul indique le chemin du Royaume comme l'unique chemin sur lequel le triomphe de la justice est possible. Un triomphe qui conduit non à la perdition, mais au salut.

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Pour 1Co 1:18
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
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L'apôtre Paul part de la représentation anthropomorphique de Dieu, répandue aussi bien dans l'Antiquité qu'aujourd'hui. On ne peut pas dire que, sur ce chemin, on ne puisse rien trouver de valable...  Lire la suite

L'apôtre Paul part de la représentation anthropomorphique de Dieu, répandue aussi bien dans l'Antiquité qu'aujourd'hui. On ne peut pas dire que, sur ce chemin, on ne puisse rien trouver de valable : certains jugements sensés y sont tout de même possibles. Ainsi, en partant de notre faible puissance, nous pensons la toute-puissance de Dieu ; en comparant avec notre intelligence, nous nous représentons Sa sagesse et Son omniscience. La comparaison avec nos limites nous aide à toucher la vérité de Son absence de limites et de Sa transcendance.

Mais cette méthode de pensée théologique cache en elle un danger sérieux : nous pensons que Dieu nous ressemble et nous Le représentons comme un homme, seulement très « grand ». Instinctivement, il nous semble que là où un faible petit homme n'arrivera à rien, Dieu réussira tout. Là où nous souffrons et mourons, Dieu sortira vainqueur. C'est bien ce qui se produit en réalité, mais pas du tout comme nous nous le représentons.

Dans la logique ordinaire, il aurait été naturel qu'au jardin de Gethsémani le Christ « mobilise » ces douze légions d'anges dont Il parlait à Pierre, que les anges dispersent les gardes et mettent les grands prêtres « à nu ». Mais il se produit quelque chose de tout à fait autre, d'absurde, selon la parole de l'apôtre Paul (la « folie » des traductions synodale et slavonne correspond au moria du texte grec, qui signifie « sottise, absurdité, folie »). Ou bien la force de Dieu ne consiste pas en ce que nous pensons, ou bien Sa victoire ne s'obtient pas du tout par la force, comme le dit le prophète Zacharie. Et le Seigneur accepte la mort sur la Croix.

Les Hellènes et les Juifs, auditeurs de l'apôtre Paul, dès qu'ils entendaient dire que Dieu avait souffert sur la Croix, se détournaient de lui. Dieu ne peut pas souffrir : telle était la conviction commune de tout le monde antique, d'où procèdent tous les raisonnements théologiques sur l'impassibilité de la divinité. L'absurdité, de ce point de vue, des événements évangéliques a engendré toute une série de conflits et d'hérésies à l'époque du Nouveau Testament : les chrétiens n'arrivaient pas à unir l'assurance helléno-juive de l'impassibilité de Dieu avec la foi en Jésus crucifié. Ce ne sont pas des années, comme on aurait pu s'y attendre, mais des siècles et des siècles qui s'y consacrent... Parce que derrière la parole de la Croix se tient le plus grand mystère de l'amour de Dieu, fondement incompréhensible de la Révélation biblique.

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Pour 1Co 1:18
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
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L'apôtre Paul s’appuie sur la répandue représentation anthropomorphique de Dieu et dans l'ancienneté, et aujourd’hui. On ne saurait dire qu’on ne puisse trouver rien qui vaille sur ce chemin...  Lire la suite

L'apôtre Paul s’appuie sur la répandue représentation anthropomorphique de Dieu et dans l'ancienneté, et aujourd’hui. On ne saurait dire qu’on ne puisse trouver rien qui vaille sur ce chemin: certains jugements sains sont toujours possibles ici. Ainsi, en s'appuyant sur notre petite force, nous pensons l’omnipotence de Dieu, en comparant avec notre raison, nous imaginons Sa sagesse et Son omniscience.

La comparaison avec notre déficience nous aide à toucher à la vérité de Son infini et Sa transcendance. Mais cette méthode de penser de Dieu cache en soi un danger essentiel : nous pensons que Dieu est semblable à nous et nous le présentons comme un homme, seulement très "grand". Il nous semble instinctivement que là, où rien n’a marché pour un homme faible, tout réussira à Dieu.

Là, où nous souffrons et mourons, Dieu sortira vainqueur. C’est vraiment ce qui se passe en réalité, mais pas du tout comme nous imaginons. Il aurait été, dans une logique ordinaire, naturel si le Christ “avait mobilisé” dans le jardin des oliviers ces mêmes douze légions d’anges dont il avait parlé à Pierre, et les anges auraient dispersé les gardes et auraient mis les grand-prêtres «en plein jour». Mais se produit quelque chose de tout à fait différente, absurde, selon le mot de l'apôtre Paul ("folie" des traductions Louis Segond et La Bible de Jérusalem - est moria dans le texte grec, signifiant «bêtise, absurdité, insanité»). Soit la puissance de Dieu ne consiste pas en ce que nous pensons, soit Sa victoire n’est pas remportée par la force, comme le dit le prophète Zacharie. Et le Dieu accepte la mort sur une Croix.

Les Hellènes et les Juifs, les auditeurs de l'apôtre Paul, dès qu'ils ont entendu que Dieu a souffert sur la Croix, ils se sont éloignés de lui. Dieu ne peut pas souffrir - telle est la conviction commune de toute l’antiquité, où viennent tous ces raisonnements théologiques sur l’impassibilité de Dieu. L'absurdité de ce point de vue des événements évangéliques a engendré une variété de conflits et d’hérésies à l'époque du Nouveau Testament: les chrétiens n’ont pas pu réussir à unir l'assurance hellénico-judaïque en l’impassibilité de Dieu avec la foi en Jésus Crucifié. Non les années, comme on aurait pu s’attendre, mais des siècles et des siècles partent sur cela... Car derrière le mot sur la Croix, se cache le plus grand secret de l'amour de Dieu - l’inscrutable base de la Révélation biblique.

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Pour 1Co 1:18
18 Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu.
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Les racines de l'image des deux chemins, dont parle l'apôtre, — le chemin du salut et le chemin de la perdition, partent profondément de la tradition yahviste, et puis judaïque. Le chemin de la justice dans la Torah, et dans d'autres livres bibliques est considéré comme le chemin du salut, et le chemin du péché — comme le chemin à la perdition...  Lire la suite

Les racines de l'image des deux chemins, dont parle l'apôtre, — le chemin du salut et le chemin de la perdition, partent profondément de la tradition yahviste, et puis judaïque. Le chemin de la justice dans la Torah, et dans d'autres livres bibliques est considéré comme le chemin du salut, et le chemin du péché — comme le chemin à la perdition. Et tout de même le tableau n’est pas si simple. Déjà à l’époque préchrétienne et même prébiblique plusieurs réfléchissaient pourquoi le juste souffre de ce mal qui se trouve dans le monde, et sa justice n'est pas rémunérée selon le mérite. Ce sujet sonne particulièrement vivement dans les livres bibliques, ce qui n'est pas étonnant: car le Dieu de la Bible est un Dieu bon, Qui a donné la Torah à Son peuple et l’a exhorté de suivre le chemin de la justice. Pourquoi Il laisse ainsi assez souvent Ses gens seuls face à ce mal, qui est plein dans le monde?

La mort sur la croix du Sauveur est la réponse à cette question. Certes, il serait plus facile à l’homme déchu avec les meilleures intentions de s'imaginer un monde idéal, où la justice serait rémunérée immédiatement, et le mal aussi puni immédiatement. Mais seulement il ne resterait de chance au salut à personne dans un tel monde: car il n’ y a pas de gens sans péché sur terre. Jésus aurait pu entrer dans le monde en vainqueur triomphant, mais alors Il serait resté Seul dans le Royaume. Et ce n’était pas la volonté de Son Père. Une telle triomphe du Royaume ne laisserait aucune chance à personne. Mais la volonté du Père, exprimée encore quelques siècles avant l'arrivée au monde du Christ par la bouche d'un des prophètes, consiste à ce que le pécheur ne meurt pas, mais qu’il se repente et reste en vie.

Et c'est pourquoi le Royaume entre dans le monde en quelque sorte de manière inaperçue, sans s'imposer à personne avec force et ne profile à personne la menace du châtiment immédiat pour le moindre péché. C'est probablement pourquoi, toutes les tentatives de créer sur terre le Royaume de la justice générale (que ce soit sur un fondement religieux, ou antireligieux) s'achevaient invariablement par un grandiose carnage, n’ayant de relation avec aucune justice. Et Paul montre le chemin du Royaume, comme le seul chemin, sur lequel est possible le triomphe de la justice. Le triomphe conduisant non à la perdition, mais au salut.

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Pour 1Co 1:19-20
19 Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
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La nature humaine est contradictoire. Et il ne s'agit pas seulement des particularités de la pensée humaine ou des sentiments humains. Il s'agit avant tout de la faiblesse de la volonté humaine. Qu'est-ce que l'homme?...  Lire la suite

La nature humaine est contradictoire. Et il ne s'agit pas seulement des particularités de la pensée humaine ou des sentiments humains. Il s'agit avant tout de la faiblesse de la volonté humaine. Qu'est-ce que l'homme? Le «souffle de vie» de Dieu, qui vivifie la nature et la transforme en ce courant d'existence humaine que la Bible appelle une «âme vivante». Le «souffle de vie», c'est la présence de Dieu en nous, qui fait de nous des êtres humains, doués de volonté et de conscience de soi.

Mais Dieu ne s'impose pas; il nous laissera même oublier totalement sa présence si nous le voulons. Alors il cessera d'être le maître de notre vie. Nous devenons nous-mêmes les maîtres de notre vie, et le courant vital nous submerge. La nature devient autonome et commence à déterminer notre vie, sinon entièrement, du moins principalement. C'est ce qui s'est produit lors de la chute, et maintenant nous, hommes déchus, sommes soumis à notre nature. Notre volonté s'est affaiblie; elle n'est plus capable de résister à ce courant naturel qui nous avait été donné par Dieu comme milieu et matériau de construction pour notre vie, mais qui, après la chute, est devenu pour nous une force irrésistible, nous entraînant souvent là où nous ne voudrions pas du tout aller. Et cette volonté faible est devenue le principal obstacle à une vie spirituelle pleine.

C'est pourquoi, lorsque nous prenons des décisions vitales pour nous et faisons un choix spirituel décisif, nous le faisons avec des réserves. Notre «oui» s'accompagne toujours de tel ou tel «mais». Et il y a à cela une raison objective: dans notre état actuel, nous ne pouvons vraiment pas répondre de nous-mêmes, plus exactement de notre nature humaine, qui peut nous trahir au moment le moins opportun. Dans le monde déchu, la nature échappe souvent à l'esprit, non pas en vertu de ses propriétés, mises en elle par Dieu, mais en vertu de la situation anormale où elle s'est trouvée après la chute. Dans la chute, l'homme a libéré sa propre nature et, au moins en partie, la nature en général de l'autorité de Celui qui seul peut la gouverner, et il a lui-même saisi les leviers qu'il s'est révélé incapable de maîtriser.

Dans le Royaume de Dieu, il n'en est pas ainsi. Là, le gouvernement est en ordre. La nature humaine normale, non abîmée par le péché, est pleinement soumise à l'esprit; c'est pourquoi le Sauveur n'a pour son Père céleste qu'un «oui». Et chez quiconque a reçu part à la vie du Royaume, la nature humaine devient elle aussi obéissante à son esprit humain dans la mesure où la vie de cette personne devient une part de la vie du Royaume. C'est pourquoi, pour une telle personne, il n'y a envers Dieu rien d'autre qu'un «oui». Car dire «non» à Dieu signifie en tout cas rompre la relation avec lui. Et donc ce «non» devient en même temps un «non» au Christ et au Royaume.

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Pour 1Co 1:20-21
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
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C'est intéressant : pourquoi Dieu n'a-t-il pas permis au monde de le connaître par la sagesse qu'il avait lui-même donnée au monde ? Pourquoi les témoins doivent-ils recourir à ce que l'apôtre appelle une « prédication folle »...  Lire la suite

C'est intéressant : pourquoi Dieu n'a-t-il pas permis au monde de le connaître par la sagesse qu'il avait lui-même donnée au monde ? Pourquoi les témoins doivent-ils recourir à ce que l'apôtre appelle une « prédication folle » ou, dans la langue de la traduction synodale, « la folie de la prédication » ? Et la sagesse humaine dégénère-t-elle toujours et inévitablement en disputes vides où prévaut le désir de s'affirmer ? Qu'y a-t-il donc de si mauvais dans la connaissance pour qu'elle conduise toujours à un résultat si triste ?

Si la sagesse dont parle l'apôtre n'était que connaissance, nous ne pourrions pas répondre à cette question. Mais dans la tradition juive, la sagesse n'a jamais été seulement un savoir pour le savoir. Le mot hébreu correspondant, et Paul, même lorsqu'il écrit en grec, reste un Juif qui pense dans le cadre de sa propre tradition culturelle et religieuse, désignait à l'origine moins une connaissance qu'une capacité ou une habileté. D'abord, c'était l'habileté dans le travail pratique, le travail de l'artisan ou de l'artiste ; ensuite, la capacité de construire des relations avec les personnes, l'art du jugement et du gouvernement, qu'il s'agisse de gouverner sa propre maison ou un État. Et à l'époque postexilique, la sagesse s'est mise à être associée avant tout à l'art de la justice, à l'habileté d'une vie juste.

Il semblerait que l'homme n'y soit pas pour grand-chose, puisque la justice vient de Dieu et non de l'homme. Et pourtant, le chemin de la justice est un chemin divino-humain ; en un certain sens, il dépend de l'homme non moins que de Dieu. Pour marcher sur ce chemin, l'homme a précisément besoin d'une expérience et d'une habileté liées à la pratique de l'observance des commandements. Et tous les instruments intellectuels que possède, par exemple, un « scribe » ou maître de la Torah sont nécessaires en dernière analyse pour aider celui qui marche sur le chemin de la justice à ne pas s'en écarter. Mais la nature humaine déchue transforme souvent un instrument utile en obstacle et en fardeau sur le chemin de la justice. Au lieu de faire un choix sans équivoque en faveur de l'observance des commandements, l'homme commence à chercher des moyens de s'y soustraire, soit en n'observant rien du tout, soit en cherchant des chemins faciles qui lui permettraient, pour ainsi dire, d'accomplir la Torah sans l'accomplir. Alors l'intelligence devient un instrument servant non l'observance de la Torah, mais sa violation, et la sagesse devient moins l'art de suivre la Torah que l'art d'en imiter le suivi.

Dans une telle situation, la prédication du Royaume ne peut plus s'appuyer sur l'expérience humaine traditionnelle de la vie juste, non parce qu'elle serait oubliée, mais parce qu'elle a en fait été dévaluée. Il ne reste alors que cette « prédication folle » dont parle l'apôtre. Une prédication à contre-courant des opinions admises, contraire à l'évidence, une prédication qui semblera vraiment pure folie à toute personne « normale ». La prédication du Royaume qui, selon la parole du Sauveur, n'est vraiment « pas de ce monde ».

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Pour 1Co 1:20-21
20  Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ?
21 Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants.
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Intéressant: pourquoi Dieu n'a pas permis au monde de Le connaître au moyen de cette sagesse, qu’Il avait Lui-même donné au monde? Pourquoi les témoins doivent faire recours à ce que l'apôtre appelle «la folie du message»? Et est-ce que la sagesse humaine dégénère toujours et inévitablement aux discussions vides, dans lesquelles prédomine le désir de l'auto-affirmation...  Lire la suite

Intéressant: pourquoi Dieu n'a pas permis au monde de Le connaître au moyen de cette sagesse, qu’Il avait Lui-même donné au monde? Pourquoi les témoins doivent faire recours à ce que l'apôtre appelle «la folie du message»? Et est-ce que la sagesse humaine dégénère toujours et inévitablement aux discussions vides, dans lesquelles prédomine le désir de l'auto-affirmation? Ainsi est vraiment si mauvaise la connaissance, qu'elle mène toujours à un résultat si triste? Probablement, si cette sagesse, dont parle l'apôtre était seulement la connaissance, nous ne pourrions pas répondre à cette question. Mais dans la tradition juive la sagesse n'était jamais seulement la connaissance pour la connaissance. Le mot correspondant juif (et Paul bien qu’écrivant en Grec, reste dans tous les cas un Juif, pensant dans le cadre de sa tradition culturelle et religieuse) initialement désignait pas autant la connaissance, que le savoir-faire ou l'habilité. Au départ c'était l'habitude du travail pratique, les travaux d'artisan ou de peintre, puis — la capacité de bâtir des relations avec les gens, l'habilité de jugement et de gestion, que ce soit la gestion de sa propre maison ou de la gestion du gouvernement.

Et à la période d’après captivité commence à s'associer à la sagesse, en premier lieu, l'art de la justice, l'habitude d’une vie juste. Il semblerait, ici beaucoup ne dépend pas de l’homme, car la justice est de Dieu, et non de l’homme. Néanmoins la voie de la justice est la voie divino humaine, elle dépend dans un certain sens pas moins de l’homme, que de Dieu. Et l’homme pour aller sur cette voie, a besoin notamment de l'expérience et de l'habitude liée à la pratique d'observation des commandements. Et tous les outils intellectuels, dont dispose par exemple «le scribe» (professeur de la Torah), au compte final sont nécessaires notamment pour aider celui qui va sur le chemin de la justice de ne pas s'égarer sur ce chemin.

Mais la nature déchue de l’homme transforme assez souvent l'outil utile en obstacle et un fardeau sur le chemin de la justice. Au lieu de faire un choix univoque au profit de l’observation des commandements, l’homme commence à chercher des moyens d’y échapper, ou n’observant rien du tout, ou en cherchant des voies faciles, qui permettraient, pour ainsi dire, d'accomplir la Torah, ne l’accomplissant pas. Et ici l'intelligence devient l'outil servant non à l'observation de la Torah, mais à sa violation, et la sagesse devient non autant l'art d’observer la Torah, que l'art de l'imitation d'une telle observation.

Dans une telle situation le message du Royaume ne peut plus déjà s'appuyer sur l'expérience traditionnelle humaine d’une vie juste, non parce qu'on l'oublie, mais parce qu'il est en réalité dévalorisé. Et alors il ne reste que cette même «folie du message», dont parle l'apôtre. Le message est en contraire aux opinions courantes, contre toute évidence, le message, qui s’avérera vraiment à n'importe quel homme «normal» une folie complète. Le message du Royaume, qui en vérité, selon les mots du Sauveur, «n’est pas de ce monde».

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Pour 1Co 1:22-23
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
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À toutes les époques de l'histoire chrétienne, les missionnaires et les prédicateurs ont tenté de répondre à la question : qu'est-ce qui empêche les hommes d'accueillir le message du Christ et du Royaume ? Paul, quant à lui, répond à cette question brièvement, mais de façon assez dense...  Lire la suite

À toutes les époques de l'histoire chrétienne, les missionnaires et les prédicateurs ont tenté de répondre à la question : qu'est-ce qui empêche les hommes d'accueillir le message du Christ et du Royaume ? Paul, quant à lui, répond à cette question brièvement, mais de façon assez dense et, sans doute, exhaustive. Comme toujours, il divise tous les hommes en religieux (« Juifs ») et en séculiers (« Grecs »), et les uns comme les autres ont leurs raisons de rejeter le témoignage rendu au Christ et au Royaume. Le plus simple est de voir ces raisons en analysant l'attitude des deux catégories mentionnées envers le fait de la mort du Sauveur sur la croix, sans le récit de laquelle, bien sûr, aucun témoignage sur Sa résurrection n'est possible, et donc aucun témoignage sur le Royaume ni sur le christianisme en général.

Manifestement, l'apôtre considère comme un trait distinctif de la conscience religieuse l'attente de signes (« miracles ») qui confirmeraient aux personnes religieuses la vérité du témoignage qu'elles entendent. Au fond, c'est ce genre de signes qu'elles exigeaient aussi du Sauveur Lui-même pendant Son ministère terrestre. Mais les signes qu'elles attendaient devaient s'inscrire dans les représentations et les concepts propres aux idées religieuses des auditeurs. C'est justement ce type de preuves que beaucoup de pharisiens qui écoutaient Jésus attendaient de Lui : Il devait faire quelque chose qui corresponde à leurs représentations de ce que devait être le Messie et de la manière dont Il devait se comporter. Or la mort sur la croix ne correspondait en rien à ces représentations, même si l'on admettait qu'elle avait été suivie de la résurrection. Le Messie, selon les représentations juives traditionnelles de cette époque (et pas seulement de cette époque), devait être non pas un Juste crucifié, mais un Vainqueur triomphant, et un Vainqueur qui triomphe dans notre monde non transfiguré, non dans quelque Royaume « qui n'est pas de ce monde ». C'est pourquoi, pour les Juifs des temps évangéliques, le messianisme de l'Église des premiers chrétiens était quelque chose de tout à fait inacceptable.

Mais le Royaume, en général, ne rentre dans aucun cadre religieux ; par conséquent, le christianisme non plus n'y rentre pas. Et toute conscience religieuse (y compris « chrétienne ») résiste à la révélation du Royaume lorsqu'elle sort de ses cadres, en détruisant à la fois ces cadres et la religiosité elle-même. On pourrait croire que les hommes séculiers sont préservés de ce problème. Il en est bien ainsi ; mais ici surgissent des problèmes d'un autre ordre. Tout païen (et la « sécularité » n'est rien d'autre qu'un paganisme pratique) vit exclusivement ou principalement selon les lois du monde non transfiguré. Tous ses modèles psychiques et comportementaux, qui déterminent son existence quotidienne, ce qu'on appelle ordinairement la « vie pratique » (et c'est précisément l'aptitude à organiser la vie pratique quotidienne que la Bible appelle sagesse), sont orientés vers les lois du monde non transfiguré, et non vers les lois du Royaume.

C'est cela qui arrête d'ordinaire l'homme séculier qui entend le témoignage et réfléchit à ce qu'il a entendu. Pour lui, essayer de vivre selon les lois du Royaume est une véritable folie : car c'est une rupture radicale, la destruction de tous les modèles et de toutes les représentations établis et, de plus, généralement admis ; de fait, le renoncement à toute la vie antérieure, et un renoncement volontaire.

Une aventure, une aventure absolument insensée ! Et beaucoup de païens (« hommes séculiers ») renoncent à toute tentative de participer à la vie du Royaume, effrayés précisément par cette folie apparente. On le voit, les raisons du refus du témoignage chez les personnes religieuses et chez les personnes séculières sont différentes et ne se ressemblent pas. Mais le résultat est le même : le refus du Royaume. Et de leur propre salut.

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Pour 1Co 1:22-23
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
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Dans toutes les époques de l’histoire chrétienne, les missionnaires et les prédicateurs tentaient de répondre à la question : qu'est-ce qui empêche les gens d'accepter la nouvelle du Christ et du Royaume? Et Paul cependant répond à cette question bien que brièvement, mais assez volumineux et, peut-être exhaustif...  Lire la suite

Dans toutes les époques de l’histoire chrétienne, les missionnaires et les prédicateurs tentaient de répondre à la question : qu'est-ce qui empêche les gens d'accepter la nouvelle du Christ et du Royaume? Et Paul cependant répond à cette question bien que brièvement, mais assez volumineux et, peut-être exhaustif. Comme toujours, il divise tous les gens entre les religieux («les Juifs») et les laïcs («les Grecs»), et en outre les uns comme les autres ont leur raison de rejeter le témoignage sur le Christ et le Royaume.

Et il est plus facile de voir ces raisons, si on analyse la relation de ces deux catégories mentionnées de gens au fait de la mort sur la croix du Sauveur, dont sans récit il est bien sûr impossible de parler de Sa résurrection, et donc du Royaume, et du christianisme en général. Comme on voit, l'apôtre trouve comme particularité distinctive de la conscience religieuse l'attente des signes («miracles»), qui confirmeraient aux gens religieux l'authenticité du témoignage, qu'ils entendent. Au fait, ils ont aussi demandé ce genre de signes au Sauveur pendant Son ministère sur terre.

Mais les signes qu’ils attendaient, devaient s'inscrire dans ces représentations et conceptions, qui sont caractères aux représentations religieuses de ceux qui écoutent. C’est notamment ces preuves qu’attendaient de Jésus plusieurs des pharisiens qui L’écoutaient: Il devait faire quelque chose qui correspondrait à leurs représentations de la manière donc doit être et comment doit Se conduire le Messie. Et la mort sur la croix ne correspondait aucunement à de telles représentations, même si on admet qu'elle a été suivie par la résurrection. Le Messie, selon les notions traditionnelles judaïques de cette époque (et pas seulement), devait être non pas un Juste crucifié, mais un Vainqueur triomphant, en plus un Vainqueur gagnant dans notre monde non transformé, et non dans un certain Royaume «pas de ce monde».

Et c'est pourquoi pour les Juifs des temps évangéliques le messianisme de l’Église des premiers chrétiens était quelque chose de tout à fait inacceptable. Car, le Royaume n'entre pas du tout dans aucuns cadres religieux, et n'y entre pas donc et le christianisme. Et toute conscience religieuse (y compris «chrétienne») s'oppose à la révélation sur le Royaume, quand elle va au delà de ses limites, les détruisant, et détruisant la religiosité même. Il semblerait, les gens laïques doivent être délivrés de ce problème. C'est justement cela; mais apparaissent ici des problèmes d'un autre genre. Tout païen (et «la laïcité» n’est rien d'autre que le paganisme pratique) vit exceptionnellement ou principalement d'après les lois du monde non transformé.

Tous ses modèles psychiques et comportementaux définissant son existence journalière, ce qui s'appelle d'habitude «la vie pratique» (surtout la capacité d'organiser la vie journalière pratique et cela s'appelle dans la Bible sagesse), s'orientent sur les lois du monde non transformé, et non sur les lois du Royaume. Cela arrête d'habitude l'homme du monde entendant le témoignage et réfléchissant sur ce qu’il a entendu. Pour lui, essayer de vivre d'après les lois du Royaume est le plus vrai de folie : car c’est une rupture radicale, la destruction de tous les modèles et représentations établis, et en plus généralement reconnus, en réalité, le refus de toute l’ancienne vie, et un refus volontaire.

L'aventure, une aventure tout à fait folle! Et plusieurs païens («les laïcs») refusent toutes tentatives de se joindre à la vie du Royaume, ayant notamment peur de cette folie apparente. Comme on voit, les raisons de l'aversion du témoignage chez les gens religieux et chez les laïcs sont différentes et les unes et les autres ne sont pas similaires. Mais le résultat est le même : le refus du Royaume, et du salut personnel.

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Pour 1Co 1:23
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
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Il est à peine possible de donner à la mort du Christ sur la Croix une explication rationnelle tant soit peu cohérente et profonde, parce qu'en elle nous touchons au mystère insondable de la miséricorde de Dieu...  Lire la suite

Il est à peine possible de donner à la mort du Christ sur la Croix une explication rationnelle tant soit peu cohérente et profonde, parce qu'en elle nous touchons au mystère insondable de la miséricorde de Dieu. C'est pourquoi, dans la lettre aux Corinthiens, l'apôtre Paul souligne que les efforts du raisonnement abstrait, si cohérent et non contradictoire soit-il, ne peuvent expliquer la Croix.

Une explication rationnelle de cet événement en ferait quelque chose qui découle nécessairement de causes déterminées, quelque chose de régulier et de conforme à une loi. Mais une telle explication n'est possible que si l'on regarde la Croix abstraitement, de loin, sans discerner toute la réalité des souffrances du Crucifié. Pour l'apôtre, cependant, autre chose importe : dans la mort du Sauveur sur la Croix, nous voyons le Dieu vivant, qui dépasse toute nécessité régie par une loi.

Le Créateur du monde ne demeure pas dans l'impassibilité au-delà de la loi, comme nous dirions « au-delà du bien et du mal », mais vient vers l'humanité souffrante. Sans changer le cours de l'histoire, sans refaire l'humanité par une hypnose collective, il déchire les liens de la logique et de la nécessité. Sur la Croix, nous rencontrons non pas un Législateur avec qui l'on pourrait communiquer en termes juridiques de droits, de devoirs et de rétribution, mais une Personne vivante. La Croix vainc la mort non parce qu'elle nous libère de son inéluctabilité. Mais désormais nous sommes avec Jésus, et pour cette seule raison il n'y a plus rien à craindre.

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Pour 1Co 1:23
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
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À peine on peut donner à la mort sur la croix du Christ une explication rationnelle plus ou moins ordonnée et profonde, puisqu’en elle nous avons....  Lire la suite

À peine on peut donner à la mort sur la croix du Christ une explication rationnelle plus ou moins ordonnée et profonde, puisqu’en elle nous avons affaire à l’inscrutable secret de la miséricorde De Dieu. Et c'est pourquoi l'apôtre Paul souligne dans l’épître aux Corinthiens que les efforts d’un raisonnement abstrait, quel qu'il soit cohérent et non-contradictoire, ne sont pas capables d’expliquer la Croix.

Une explication rationnelle de cet événement l’aurait fait nécessairement découlant des raisons définies, conforme à la loi. Mais une telle explication est possible, seulement si on regarde la Croix abstraitement, de loin, sans distinguer toute la réalité des souffrances du Crucifié. Mais autre chose est importante pour l'apôtre: nous voyons en la mort sur la croix du Sauveur le Dieu Vivant surpassant toute loi. Le créateur du monde ne reste pas dans l’impassibilité au delà de la loi, comme nous aurions dit, «au delà du bien et du mal», mais vient à l'humanité souffrante. Sans changer le courant de l'histoire, sans refaire l'humanité par une hypnose massive, il rompt les liens de la logique et de la régularité. Sur la Croix, nous ne rencontrons pas un Législateur, avec qui on peut communiquer dans des termes juridiques des droits, les devoirs et des récompenses, mais une Personnalité vivante. La Croix vainc la mort non parce qu’elle nous délivre de son inéluctabilité. Mais nous sommes maintenant avec Jésus - et c'est la seule raison pour laquelle nous n’avons pas peur.

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Pour 1Co 1:26-31
26 Aussi bien, frères, considérez votre appel: il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés.
27 Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort;
28 ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est,
29 afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu.
30 Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption,
31 afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur.
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Paul ne flatte pas ceux auxquels il écrit... Aimeriez-vous lire de telles paroles : regardez-vous donc, vous n'êtes ni sages ni puissants...  Lire la suite

Paul ne flatte pas ceux auxquels il écrit... Aimeriez-vous lire de telles paroles : regardez-vous donc, vous n'êtes ni sages ni puissants... C'est triste, mais objectif. Paul décrit la situation réelle au lieu de chanter leurs louanges. Et le Seigneur, Lui aussi, nous regarde ainsi : objectivement. Quel que soit Son amour pour chacun de nous, Il n'affirmera pas que nous possédons des dons et des qualités qui, en réalité, nous font défaut. Ce qu'Il fait est bien meilleur, même si cela ne flatte guère notre amour-propre. Il prend ce qui existe—et agit Lui-même. Il donne des dons qui ne nous avaient pas été accordés par nature. Ce qui nous est demandé, c'est de recevoir Ses dons, de les employer pour Sa gloire et de ne jamais oublier de qui ils proviennent.

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Pour 1Co 1:27
27 Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort;
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Pourquoi Dieu a-t-Il tant besoin de faiblesse et de folie pour, selon la parole de l'apôtre, confondre la sagesse et la force? La faiblesse et la folie réussissent-elles mieux à...  Lire la suite

Pourquoi Dieu a-t-Il tant besoin de faiblesse et de folie pour, selon la parole de l'apôtre, confondre la sagesse et la force? La faiblesse et la folie réussissent-elles mieux à accomplir les tâches qu'Il leur confie? Ou bien Lui importe-t-il que tout observateur impartial comprenne: il ne s'agit pas de force ni de sagesse humaines; ni la force ni la sagesse de ce monde n'y sont pour rien, c'est la force de Dieu et la sagesse de Dieu?

Mais tout observateur impartial ne verra-t-il pas d'emblée qu'il existe des choses inexplicables dans le cadre du monde non transfiguré et de sa nature, et que c'est précisément dans la vie chrétienne que l'on rencontre le plus de ces choses inexplicables? Ou peut-être n'est-ce pas du tout cela? Alors de quoi s'agit-il? Peut-être de l'ambivalence de toute sagesse humaine et du caractère équivoque de toute force humaine? En effet, après la chute, la nature humaine est devenue en elle-même un instrument peu fiable, surtout pour une œuvre spirituelle sérieuse.

La psyché comme la physiologie d'un homme même parfaitement sain peuvent le trahir à tout moment. Et si la santé physique, même en cas de défaillance, n'est pas en mesure de gâter ou de déformer fondamentalement la mission d'un homme (dans le pire des cas, il peut simplement ne pas avoir le temps d'achever sur terre ce qui lui avait été confié, et Dieu devra alors se chercher un autre serviteur), la santé psychique, qui peut elle aussi connaître des défaillances (pas toujours perceptibles pour celui qui les subit), peut le trahir beaucoup plus gravement. Mais il ne s'agit pas seulement de la nature humaine blessée par le péché. Il s'agit avant tout du noyau spirituel de la personne humaine, que la chute a touché en premier lieu parce que c'est par lui qu'elle a commencé. L'auteur du Prologue du Livre de la Genèse a décrit le problème de façon brève et dense en disant que «toutes les pensées du cœur de l'homme sont mauvaises dès sa jeunesse». Et il ne s'agit évidemment pas de dire que l'homme déchu serait par principe incapable de rien de bon.

Il s'agit du fait qu'à ce bien se mêle inévitablement le mal, qui devient comme une cuillerée de goudron dans un tonneau de miel. Et le seul moyen d'éviter cette cuillerée est de réduire au minimum les efforts proprement humains, de rendre le cœur du serviteur, idéalement, spirituellement tout à fait transparent à l'action de Dieu. C'est alors seulement que l'on pourra éviter l'influence de la nature humaine déchue, qui se manifeste dans chaque action et chaque intention humaines. Ou du moins réduire cette influence au point que la qualité des intentions, des pensées et des actes du serviteur de Dieu devienne acceptable pour le Royaume.

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Pour 1Co 1:27
27 Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort;
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Pourquoi Dieu a-t-Il besoin de la faiblesse et la folie pour selon les mots de l'apôtre, confondre la sagesse et la force? Est-ce que la faiblesse et la folie viennent mieux à bout de leurs tâches? Ou il est important pour Lui que chaque observateur impartial ait compris: le problème n’est pas dans la force humaine...  Lire la suite

Pourquoi Dieu a-t-Il besoin de la faiblesse et la folie pour selon les mots de l'apôtre, confondre la sagesse et la force? Est-ce que la faiblesse et la folie viennent mieux à bout de leurs tâches? Ou il est important pour Lui que chaque observateur impartial ait compris: le problème n’est pas dans la force humaine ou la sagesse, la force et la sagesse de ce monde ne sont pour rien, c’est la force de Dieu et la sagesse de Dieu? Mais est-ce qu'il ne serait pas évident à n'importe quel observateur impartial à première vue qu'il y a des choses, qui sont inexplicables dans le cadre du monde non transformé et sa nature, et de telles choses inexplicables se rencontrent le plus notamment dans la vie chrétienne? Et peut-être, le problème n’est pas du tout en cela? Alors en quoi donc? Peut-être, dans la dualité de toute sagesse humaine et dans l'ambiguïté de toute force humaine?

En effet, la nature humaine elle-même après la chute est devenue outil pas très fiable, surtout pour une affaire spirituelle sérieuse. Le psychisme et la physiologie même d’une personne tout à fait saine peuvent le laisser tomber à n'importe quel moment. Et si la santé physique, même en cas de défaillance, n’est pas en état d’abîmer ou déformer principalement la mission de l’homme (dans le pire des cas il peut simplement ne pas avoir le temps d'achever sur terre ce qu’il lui avait été demandé, et alors il viendra à Dieu de Se chercher un autre serviteur), alors la santé psychique, qui peut aussi donner les défaillances (et en plus pas toujours visible pour le possesseur), peut encore le laisser tomber plus sérieusement.

Mais le problème n’est pas seulement dans la nature humaine endommagée par le péché. Le problème se trouve avant tout dans ce noyau spirituel de la personnalité humaine, que la chute a touché en premier lieu parce qu’elle a commencé avec celui-ci. L’auteur du Prologue du Livre de Genèse a décrit brièvement et clairement le problème, disant que «les intentions du coeur humain sont mauvaises dès son enfance». Et le problème ici, n’est bien sûr pas dans le fait que l’homme déchu n'est capable en principe de rien de bon. Le problème est qu'à ce bon se mêle inévitablement le mauvais, qui est comme la cuillère du goudron dans le baril de miel.

Et le seul moyen d'éviter cette cuillère est de minimiser les efforts humains, rendre le coeur du serviteur, dans l'idéal, spirituellement et complètement transparent pour l'action de Dieu. Alors on pourra éviter cette influence de la nature humaine déchue, qui se manifeste dans chaque action et intention humaine. Ou néanmoins, minimiser cette influence de sorte que la qualité des intentions, des idées et des oeuvres du serviteur de Dieu devienne acceptable pour le Royaume.

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Pour 1Co 1:30-31
30 Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption,
31 afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur.
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Paul décrit la vie chrétienne comme la plénitude de la justice dans sa compréhension traditionnelle. Dans le yahvisme, puis dans le judaïsme, la justice s'est fermement liée...  Lire la suite

Paul décrit la vie chrétienne comme la plénitude de la justice dans sa compréhension traditionnelle. Dans le yahvisme, puis dans le judaïsme, la justice s'est fermement liée à l'image de la pauvreté et du pauvre, apparue d'abord dans la prédication d'Isaïe de Jérusalem. Et le Sauveur lui-même relie la béatitude des pauvres, des démunis, à lui-même et à la venue du Royaume. Ce lien n'est pas accidentel. Il ne s'agit évidemment pas de pauvreté matérielle, puisque ce même Isaïe, par exemple, qui se considérait comme pauvre, ne l'était nullement, mais de la pauvreté comme état spirituel inséparable des représentations traditionnelles de la justice.

En effet, la justice n'est pas inhérente à l'homme par nature ; elle ne peut pas lui appartenir comme qualité ou propriété innée ou acquise de sa nature. La justice est un état dans lequel l'homme peut demeurer, mais qu'il peut tout aussi facilement perdre. Dieu fait entrer l'homme dans l'état de justice, et l'homme lui-même ne peut rien faire pour l'acquérir. Ce qui dépend de l'homme, c'est seulement sa disponibilité à entrer dans cet état et à y demeurer. Mais cette disponibilité en elle-même ne change rien au fond : quelle qu'elle soit, si Dieu n'intervient pas, elle est inutile. L'homme se trouve démuni, n'ayant rien et ne pouvant rien dans ce qui concerne sa vie spirituelle, ses relations avec Dieu.

Il peut faire beaucoup pour devenir juste sans se rapprocher du but d'un seul iota sans l'intervention directe de Dieu dans sa vie. Et tout ce que l'homme peut faire et possède dans ce monde ne signifie et ne vaut rien lorsque se résout la tâche principale. L'homme se sent démuni, pauvre, tout en étant dans ce monde un homme riche et un aristocrate de cour, comme l'était par exemple ce même Isaïe. C'est de cela que parle Paul lorsqu'il mentionne la sagesse, la force et la noble naissance comme des choses qui n'ont aucune signification pour le chemin spirituel d'un chrétien.

Le chemin du chrétien reste le même chemin de justice, mais le chemin de justice avec le Christ, qui du point de vue de ce monde fut un échec complet et absolu, dont la mission s'est terminée par la croix, et donc par un effondrement complet. Mais pour l'apôtre, l'« échec » du Sauveur est apparenté à ces mêmes « échecs » de ceux qui cherchent la vie juste, qui refusent de s'appuyer sur tout ce que le monde peut leur offrir afin de laisser Dieu entrer dans leur vie. Ainsi les chrétiens sont-ils prêts à laisser entrer dans leur vie le Christ « échoué » et à le suivre malgré tous les arguments que ce monde peut leur opposer. Parce que l'« échoué » qu'ils sont prêts à suivre a un seul argument, mais le plus décisif : le Royaume qu'il a apporté dans le monde.

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