45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures, |
Que faut-il à l’homme pour lire la Bible? De l’intérêt? Oui, bien sûr, d’abord l’intérêt, sinon il n’y a même pas de sujet: sans intérêt, l’homme ne prendra pas le livre en main. Mais il faut aussi savoir lire. Qu’est-ce qu’un texte, au fond, n’importe lequel: littéraire, artistique, musical?
Des sens incarnés dans des signes. Dans des mots, s’il s’agit d’une œuvre littéraire. Des mots qui ne sont jamais univoques, à moins qu’il ne s’agisse de termes, mais la Bible n’est pas un livre théologique ni philosophique, elle ne contient pas de termes. Toute œuvre littéraire est un système de sens incarné dans des mots. Et le lecteur doit reproduire ces sens. Les recréer. Reconstruire le système créé par l’auteur.
Parce que les sens ne peuvent pas être lus comme une information enregistrée sur un support quelconque. Ils ne peuvent qu’être restaurés, recréés à la suite de l’auteur, en parcourant son chemin. Bien sûr, pas exactement comme ils ont été créés ou révélés à l’auteur: la copie est ici impossible. Toute lecture d’un texte devient son interprétation, que le lecteur le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou qu’il reste dans l’ignorance en s’imaginant «lire comme c’est écrit».
Il en va toujours ainsi, dans tous les cas, avec toute œuvre littéraire. Et si l’auteur n’est pas seul? S’ils sont deux: l’homme qui a créé le texte et Dieu qui l’a inspiré? On ne peut pas lire un texte, on ne peut pas recréer les sens, sans s’intéresser à l’auteur, à celui par qui les sens ont été révélés. Et si les sens n’ont pas été révélés par un homme, si à lui-même ils ont été révélés par un autre Auteur, et que l’homme les a seulement exprimés et incarnés?
Alors, sans intérêt pour l’Auteur avec une majuscule, on ne comprendra pas l’essentiel. Comprendre la Bible, c’est comprendre Dieu. Et les hommes par lesquels Il a parlé, bien sûr, également. C’est cette compréhension que Jésus a enseignée à Ses disciples. Car c’est chez Dieu, dans Son Royaume, qu’il est le plus simple de comprendre Dieu. Et c’est par l’Homme en qui Il s’est incarné qu’il est le plus simple de comprendre les hommes par lesquels Il a parlé. Alors la révélation et la vie s’unissent, et la parole de Dieu devient compréhensible jusqu’au bout, par le «Verbe fait chair».
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! " |
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. |
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ? |
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. " |
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds. |
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ? |
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. |
43 Il le prit et le mangea devant eux. |
44 Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. " |
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures, |
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour, |
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. |
48 De cela vous êtes témoins. |
49 " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. " |
50 Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. |
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. |
52 Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, |
53 et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu. |
Le troisième et dernier récit de Luc sur la rencontre des disciples avec Jésus ressuscité nous ouvre une réalité qui n'est guère accessible dans notre vie terrestre. Comme les femmes venues avec des aromates à Son tombeau, nous pouvons toucher le mystère de la Résurrection par notre foi ; nous pouvons Le rencontrer lorsque notre cœur « brûle » à la lecture de l'Écriture et reconnaître Sa présence vivante dans la fraction du pain. Mais Le voir face à face, sentir Son toucher et voir la trace de Ses dents dans un rayon de miel—tout cela dépasse l'expérience humaine après l'Ascension. Et pourtant, c'est l'expérience fondamentale de tous les disciples de Jésus, de Son Église : savoir qu'Il est vraiment ressuscité. Ce savoir, cette expérience, est conservé dans l'Écriture et dans la mémoire de l'Église, et il accomplit sa mission dans le monde : témoigner de la Résurrection, non pas logiquement ou rationnellement, mais à un autre niveau. Il est vivant ; par conséquent, toute l'histoire ultérieure—décrite dans le livre des Actes et se poursuivant jusqu'à nos jours—a un sens.
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! " |
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. |
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ? |
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. " |
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds. |
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ? |
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. |
43 Il le prit et le mangea devant eux. |
44 Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. " |
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures, |
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour, |
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. |
48 De cela vous êtes témoins. |
49 " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. " |
50 Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. |
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. |
52 Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, |
53 et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu. |
La lecture d'aujourd'hui nous oblige de nouveau à réfléchir à la manière dont l'homme déchu perçoit la réalité du Royaume. La première pensée des apôtres, lorsqu'ils virent le Maître ressuscité se tenant au milieu d'eux, fut qu'ils avaient devant eux un fantôme, une ombre sortie du tombeau (v. 37). On pourrait croire que, pour les disciples qui ne s'attendaient pas à voir Jésus ressuscité, une telle réaction était tout à fait naturelle. Mais, d'autre part, confondre l'ombre spectrale, à peine visible, d'un mort avec un homme ressuscité, plein de vie, est tout de même assez difficile. Cela ne serait possible que si les disciples n'avaient tout simplement pas réussi à bien voir Jésus.
À en juger par le fait qu'il dut spécialement leur faire toucher son corps (v. 39-40), il en fut ainsi. Le toucher devint apparemment pour les disciples l'argument décisif, tandis que la vue, manifestement, les avait trompés. Or il est évident que si le corps de Jésus ressuscité était assez dense pour qu'on puisse le toucher, on ne pouvait le prendre pour un fantôme que si les apôtres n'avaient tout simplement pas réussi à le distinguer comme il fallait. La situation rappelle un peu la rencontre des disciples avec le Ressuscité sur le chemin d'Emmaüs: là aussi, les apôtres ne reconnurent pas Jésus, même en conversant avec lui. Visiblement, pour l'homme qui demeure dans un monde encore non transfiguré et qui ne dispose pas encore d'une vision spirituelle développée, il est très difficile de discerner les personnes ou les objets dont la nature est déjà pleinement transfigurée. Si l'homme les voit avec sa vue physique ordinaire, c'est sans doute de façon assez vague et indistincte, au point qu'ils ressemblent vraiment à des ombres transparentes ou semi-transparentes.
Or, en réalité, la nature transfigurée ressemble moins que tout à une ombre incorporelle. Bien plus, elle interagit parfaitement avec la nature de notre monde. La nourriture tout à fait terrestre, nullement encore spiritualisée, mangée par Jésus ressuscité en est un exemple (v. 41-43). Nous avons manifestement ici affaire à une manifestation concrète des lois universelles du Royaume: il ne détruit pas et n'exclut pas notre nature encore non transfigurée, mais l'inclut en lui après l'avoir d'abord transformée. Et ici, comme on le voit, à l'échelle d'une petite pièce, s'est produit ce qui, au retour du Sauveur, se produira à l'échelle de l'univers: le monde sera transformé, devenant partie du Royaume. Alors prendra fin l'époque dans laquelle il nous a été donné de vivre.
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! " |
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. |
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ? |
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. " |
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds. |
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ? |
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. |
43 Il le prit et le mangea devant eux. |
44 Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. " |
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures, |
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour, |
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. |
48 De cela vous êtes témoins. |
49 " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. " |
50 Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. |
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. |
52 Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, |
53 et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu. |
L’Évangile selon Luc s’achève par une brève description, ou plutôt une brève mention, de l’Ascension. La logique de l’évangéliste est compréhensible : il voulait décrire entièrement toute la période de quarante jours pendant laquelle Jésus ressuscité demeura avec ses disciples, jusqu’à l’achèvement de cette période elle-même.
Mais c’est, pour ainsi dire, une logique purement factuelle, liée aux événements. Il y a dans l’Évangile une autre logique, liée au sens spirituel de ce qui se produit. Ce n’est pas par hasard que, parlant des rencontres avec le Ressuscité, l’évangéliste décrit si en détail ce qui s’est passé sur le chemin d’Emmaüs, lorsque les apôtres, marchant sur la route et conversant avec le Maître, ne le reconnaissaient pas, puis, plus tard, au moment de la fraction du pain, ayant reconnu Jésus, le perdirent aussitôt de vue. Le jour de l’Ascension, lui aussi disparaît de la vue de ses disciples. Il est évident que l’Ascension ouvre une nouvelle étape dans l’établissement sur la terre du Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde.
Que ce Royaume contienne le monde tout entier, avec sa nature physique, était devenu clair plus tôt déjà, lorsque Jésus permit à ses disciples de se convaincre qu’il n’était pas un fantôme, ni une ombre sortie du tombeau, mais un Homme vivant et réel. Bien sûr, sa nature humaine après la Résurrection avait changé ; autrement, des apparitions comme celles que les apôtres eurent à observer sur le chemin d’Emmaüs auraient été peu concevables. Mais en un certain sens, elle est tout de même restée précisément une nature, quoique transfigurée : s’il en avait été autrement, il lui aurait difficilement été possible de goûter une nourriture terrestre après la Résurrection. Après la Résurrection, Jésus ne se transforme pas en ange, en esprit incorporel ayant perdu tout lien avec le monde naturel. Il demeure Homme, mais sa nature humaine change de qualité.
La même chose doit finalement arriver au monde, et à chacun de nous, si nous parcourons jusqu’au bout le chemin vers le Royaume. En se transfigurant, le monde ne perd rien, sinon le mal dont il est devenu prisonnier. Et nous, en nous transfigurant, nous ne perdons rien, sinon le péché qui nous empêche de vivre la plénitude de la vie du Royaume.
Mais pour que le Royaume entre dans le monde, son Roi doit être à sa place. Non pas à cette frontière qui sépare le Royaume du monde déchu, où même un homme qui n’a pas encore touché le Royaume peut le voir, mais dans la profondeur même du Royaume, en son centre, sur ce trône où le voyaient les chrétiens possédant une bonne vue spirituelle. À ceux qui ne sont pas capables de regarder dans la profondeur du Royaume, il peut sembler que le Roi est parti, a disparu, s’est dissous dans cette nuée lumineuse de la présence de Dieu qui accompagne habituellement la théophanie. En réalité, il est simplement allé là où le Roi doit être lorsque commencent des événements décisifs pour son Royaume. Cela signifie que les événements commenceront. Très bientôt déjà.
36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! " |
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. |
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ? |
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c'est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu'un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. " |
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds. |
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger ? |
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. |
43 Il le prit et le mangea devant eux. |
44 Puis il leur dit : " Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. " |
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures, |
46 et il leur dit : " Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour, |
47 et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. |
48 De cela vous êtes témoins. |
49 " Et voici que moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous donc, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en-haut. " |
50 Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. |
51 Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. |
52 Pour eux, s'étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, |
53 et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu. |
Pour beaucoup aujourd'hui, la question de la résurrection passe au second plan, laissant la place aux réflexions sur l'après-mort, l'immortalité de l'âme, les récompenses et les châtiments d'outre-tombe, le paradis et l'enfer. Or, dans la Bible, sur tout cela, s'il en est dit quelque chose, c'est très peu. De toute évidence, les auteurs bibliques étaient préoccupés non par ce qui nous préoccupe souvent aujourd'hui, mais par tout autre chose: ce qu'ils appelaient la résurrection d'entre les morts.
À première vue, il peut sembler que la différence n'est pas fondamentale: en fin de compte, il s'agit de toute façon de la vie après la mort, et les détails n'ont pas une telle importance. En réalité, la différence entre l'immortalité de l'âme et la résurrection est très grande. Qu'est-ce donc que l'immortalité de l'âme? De quelle vie, de quel après-mort pourrait-on parler dans ce cas?
Du point de vue biblique, l'après-mort qui attend l'homme se révèle assez sombre: il ne s'agit pas d'une vie pleine, mais d'une pitoyable ressemblance de vie qui ne peut guère satisfaire qui que ce soit. Il n'est pas question de disparition complète de l'homme après la mort, mais ce qui l'attend après la mort ne peut être appelé vie qu'avec une grande réserve. Il ne reste de l'homme qu'une ombre; il perd les sentiments, les pensées, il perd presque le souvenir de sa propre vie et du monde des vivants, une ombre où ne couve à peine qu'un reste de conscience. Ce n'est pas par hasard que, lorsque les apôtres virent Jésus ressuscité, ils pensèrent avoir devant eux l'ombre du Maître sortie du tombeau: aucun d'eux n'attendait un autre après-mort, et la rencontre avec une ombre, même celle d'un proche, ne pouvait apporter rien de bon aux vivants. Ni d'un après-mort bienheureux, ni d'une rétribution posthume semblable à celle dont parlent les mythes égyptiens ou grecs, la Bible ne nous dit rien.
En revanche, elle parle de résurrection, et l'image de Jésus ressuscité nous montre très clairement la différence entre l'après-mort et la résurrection. La résurrection n'est pas la conservation des pitoyables restes de la vie après la mort du corps, mais le retour à la vie dans toute sa plénitude, qui exige la transfiguration de la nature humaine elle-même. Telle est précisément l'humanité transfigurée de Jésus ressuscité: d'un côté, il peut passer à travers une porte fermée, qui n'est plus pour lui un obstacle; de l'autre, il est capable de manger la même nourriture terrestre ordinaire que chacun de nous mange. Il n'est pas une ombre; il donne expressément aux disciples de le toucher pour qu'ils s'en assurent. Il est un homme de chair et de sang, bien que cette chair et ce sang vivent selon d'autres lois que celles selon lesquelles nous vivons.
Et il donne aux apôtres la possibilité de comprendre qu'il n'est pas simplement revenu à la vie, mais qu'il a vaincu, surmonté la mort, qui n'a plus de pouvoir sur lui. De même, elle n'a pas de pouvoir sur la vie du Royaume qu'il a apporté au monde et qu'il propose à chacun de nous.
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