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RÉFLEXIONS pour Rm 6:1-14

Que dire alors? Qu'il nous faut rester dans le péché, pour que la grâce se multiplie? Certes non!
Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui?
Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés?
Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle.
Car si c'est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable;
comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l'impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d'être asservis au péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui,
sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n'exerce plus de pouvoir sur lui.
10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes; mais sa vie est une vie à Dieu.
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.
12 Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises.
13 Ne faites plus de vos membres des armes d'injustice au service du péché; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu.
14 Car le péché ne dominera pas sur vous : vous n'êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce.
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Nous comparons souvent notre propre baptême et notre conversion à Dieu au commencement d'une vie nouvelle. L'apôtre Paul nous dit qu'en réalité, en devenant ceux du Christ, nous acceptons d'abord la mort, et c'est précisément en elle que nous sommes unis au Christ. Il nous dit que notre consentement à entrer dans Sa grâce est avant tout notre consentement à partager la souffrance du Christ dans ce monde, à prendre sur nous ne serait-ce que la plus petite part de Ses blessures. C'est avant tout de cette ressemblance que parle Paul.

Car sans prendre congé du péché, de ce « vieil homme » qui est en nous, nous ne pourrons pas revivre avec le Christ pour la vie éternelle. L'ensevelissement dont parle l'apôtre est avant tout la mort de nos passions et de notre amour-propre : notre désir de faire à notre manière quoi qu'il arrive, notre haine ou simplement notre indifférence envers notre prochain. Nous devons nous séparer de tout cela pour ressusciter, renouvelés par Sa grâce et Son pardon, afin que ce ne soit plus notre péché qui vive en nous, mais le Christ.

Autres réflexions

 
Pour Rm 6:1-14
Que dire alors? Qu'il nous faut rester dans le péché, pour que la grâce se multiplie? Certes non!
Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui?
Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés?
Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle.
Car si c'est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable;
comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l'impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d'être asservis au péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui,
sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n'exerce plus de pouvoir sur lui.
10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes; mais sa vie est une vie à Dieu.
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.
12 Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises.
13 Ne faites plus de vos membres des armes d'injustice au service du péché; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu.
14 Car le péché ne dominera pas sur vous : vous n'êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce.
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Poursuivant ses réflexions sur le Royaume et la justice, l’apôtre pose une question rhétorique : si l’action de la grâce de Dieu devient particulièrement visible sur le fond du péché où demeure l’humanité déchue...  Lire la suite

Poursuivant ses réflexions sur le Royaume et la justice, l’apôtre pose une question rhétorique : si l’action de la grâce de Dieu devient particulièrement visible sur le fond du péché où demeure l’humanité déchue, cela signifie-t-il que même les péchés commis par les chrétiens sont utiles à Dieu (v. 1) ? Si l’histoire de la Torah et du Royaume est telle que le Royaume entre dans le monde lorsque le monde manifeste pleinement son péché, peut-être la biographie spirituelle d’une personne particulière ou d’une communauté chrétienne particulière doit-elle aussi comprendre, pour ainsi dire, une étape de « mise en évidence du péché », afin de laisser place à l’action de la grâce de Dieu ? Mais Paul rejette aussitôt cette possibilité, en indiquant que maintenant que le Royaume est entré dans le monde, la situation est devenue autre, et qu’il ne vaut pas la peine de reproduire l’histoire du salut à l’exemple de sa propre vie. Il parle d’autres processus spirituels, inséparables de l’essentiel qui a commencé avec la venue de Jésus-Christ dans le monde. Il rappelle que le lavement (le baptême) par lequel est lavé chacun de ceux qui entrent dans l’Église, au nom de Jésus-Christ, n’est rien d’autre qu’une participation à la mort dont le Christ est mort sur la croix (v. 3).

Cela peut paraître quelque peu étrange, car la mort du Sauveur sur la croix n’était qu’une étape de Son chemin, qui s’achève pourtant non par la mort, mais par la résurrection. Mais les développements suivants de Paul éclairent ce qu’il voulait dire en parlant du « baptême dans la mort ». Il parle d’une ressemblance avec la mort sur la croix, qui unit le chrétien à Jésus dans Sa résurrection (v. 5). La logique de l’apôtre est simple : le péché ne tient l’homme captif que tant qu’il vit (v. 7). La mort le libère, de sorte que le péché n’a plus de pouvoir sur lui (v. 6). Mais la mort peut être soit un départ vers le shéol, comme elle le fut pour d’innombrables générations ayant vécu avant la venue du Sauveur dans le monde, soit un pas vers une vie nouvelle, la vie du Royaume, que les fidèles peuvent partager avec Jésus ressuscité (v. 8-9). Pour Paul, à ce qu’on voit, la vie et la mort ne sont pas des états de l’existence humaine qui se succèdent, mais des formes de relation avec Dieu, ayant des degrés différents de plénitude, depuis le Royaume, où la plénitude est absolue, jusqu’au shéol, où les relations elles-mêmes sont presque totalement absentes. Et la justice et le péché sont deux chemins : l’un mène à l’affermissement et à l’approfondissement de la relation avec Dieu, pour s’achever dans le Royaume ; l’autre mène à sa destruction, pour s’achever dans le shéol. Jésus a parcouru Son chemin terrestre, le chemin du juste qui a vaincu la mort (v. 10). Mais le Royaume n’est pas encore entré dans le monde dans toute sa plénitude, et le chrétien qui cherche le Royaume doit comprendre que chacun de ses péchés devient désormais un obstacle non seulement sur son propre chemin vers le Royaume, mais aussi sur le chemin du Royaume dans le monde (v. 11-13). Avant la venue du Messie, la question du péché humain était, en un certain sens, une question privée.

Certes, le péché a toujours séparé l’homme de Dieu. Mais auparavant, la question était seulement celle de la pureté ou de l’impureté, celle de savoir si l’homme était prêt ou non pour cette rencontre avec Dieu qui avait lieu auprès de l’autel. Désormais, la question du péché humain est devenue une question globale, la question du Royaume : l’homme entrera-t-il dans le Royaume ou non ? Et portera-t-il le Royaume dans le monde, ou restera-t-il à l’écart ? L’histoire de la Torah et de la justice s’est achevée avec la venue du Sauveur. L’histoire du Royaume conquérant le monde a commencé. Et, comme dans toute guerre, chaque pas ici peut être un pas qui mène à la mort. Ou un pas qui mène à la vie.

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Pour Rm 6:2
Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui?
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Quand on rencontre chez Paul les mots que nous, comme des chrétiens, sommes morts au péché, différentes associations apparaissent, et la plus proche se trouve assez souvent lier à un certain ascétisme particulièrement rigoureux, avec une lutte impitoyable, avec la disposition de résister à sa propre humanité déchue...  Lire la suite

Quand on rencontre chez Paul les mots que nous, comme des chrétiens, sommes morts au péché, différentes associations apparaissent, et la plus proche se trouve assez souvent lier à un certain ascétisme particulièrement rigoureux, avec une lutte impitoyable, avec la disposition de résister à sa propre humanité déchue, ne serait-ce jusqu'à la mort. Peut-être tel est le cas dans le monde déchu, d'autant plus que et l'apôtre lui-même dans certains de ses messages dit qu’on ne peut rester fidèle à la Torah, l’observer jusqu'à la fin qu’au prix de sa propre vie : car tant que le pécheur vit, il continue à pécher, tel est la propriété de sa nature humaine déchue. Et si le christianisme était encore une nouvelle religion, probablement, alors on pouvait se limiter à ceci: car l’homme déchu n’est vraiment pas en état de faire plus. Mais le christianisme n’est pas une religion nouvelle, mais une vie nouvelle, la vie dans ce Royaume, que le Sauveur a apporté sur terre, disant qu'il «s'est approché». Et cette vie est tout à fait incompatible avec le péché. Si seulement nous voulons vivre la vie du Royaume, le péché doit disparaître de notre vie. Mais en effet, il faut pour cela une transformation totale de la nature humaine, autrement on ne saura parler de la libération du péché! D'une part, c'est justement ainsi.

Mais, d'autre part, le processus de transformation de l’individu dans le Royaume est inséparable de l'histoire du Royaume même dans notre monde se transformant, mais pas encore transformé jusqu'à la fin. C’est dans un certain sens, deux faces d’un même processus : aussi longtemps que le Royaume ne se révélera pas dans toute son intégralité, aucun de nous, recherchant le Royaume ou vivant en lui, n’obtiendra toute la plénitude de sa vie, et donc, notre propre biographie spirituelle est étroitement liée à l'histoire du Royaume dans notre monde et est définie par celle-ci. Cependant, tant que notre nature humaine ne sera pas totalement transformée, nous ne nous débarrasserons pas du péché! Alors quoi : la perspective d’une vie sans péché est reportée jusqu'au jour du retour du Christ et du triomphe définitif du Royaume ?

Et oui, et non. Oui parce que ce n’est qu’ainsi que nous allons définitivement nous débarrasser du péché. Non parce que nous pouvons nous débarrasser du pouvoir du péché bien avant, que nous ne nous débarrassions définitivement et pour toujours du péché. Une telle affirmation peut sembler étrange, si on ne prend pas en considération ce fait que le Royaume «est proche» déjà, il est ici, et on peut rejoindre sa vie déjà aujourd'hui. Bien sûr, à notre époque de transition, l'époque du Royaume à venir, nous allons probablement vivre simultanément dans deux mondes : dans l’ancien monde non transformé et dans le Royaume. Et dans une telle position, seulement de notre état spirituel dépend quelle des deux composantes de notre, comme on dit les philosophes, existence, s’avéra déterminant.

Idéalement, notre vie doit être définie exceptionnellement par celle de ses composantes, qui appartient au Royaume. Et alors nous serons morts au péché: il existera dans notre vie, comme quelque chose d’extérieure par rapport à lui, sans définir sa qualité, peut-être seulement parfois faisant des tentatives d'entrer là, où il n’aura pas chemin. Probablement, c'est le maximum de ce que nous pouvons réaliser dans notre époque de transition, dans l'époque, lorsque le Royaume est déjà ici, mais ne s'est pas encore totalement révélé.

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Pour Rm 6:3-11
Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés?
Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle.
Car si c'est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable;
comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l'impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d'être asservis au péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui,
sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n'exerce plus de pouvoir sur lui.
10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes; mais sa vie est une vie à Dieu.
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.
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Le jour le plus terrible et le plus vide est le Grand Samedi, lorsque le Sauveur du monde repose au tombeau et que notre maison nous est laissée vide. Mais voici ce que dit en ce jour...  Lire la suite

Le jour le plus terrible et le plus vide est le Grand Samedi, lorsque le Sauveur du monde repose au tombeau et que notre maison nous est laissée vide. Mais voici ce que dit en ce jour notre office: «Le grand Moïse a mystérieusement préfiguré le jour présent en disant: "Et Dieu bénit le septième jour"; car c'est le Samedi béni, c'est le jour du repos, où le Fils unique de Dieu s'est reposé de toutes ses œuvres, gardant le sabbat dans la chair par l'économie de sa mort; et, revenu de nouveau à l'existence par la Résurrection, il nous a accordé la vie éternelle, lui le seul Bon et Ami des hommes».

«Que toute chair humaine fasse silence, qu'elle se tienne avec crainte et tremblement, sans rien méditer de terrestre; car le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs vient pour être immolé et se donner en nourriture aux fidèles. Devant lui avancent les chœurs des anges avec toutes les principautés et les puissances, les chérubins aux yeux nombreux et les séraphins aux six ailes, se couvrant le visage et chantant le cantique: Alléluia, Alléluia, Alléluia».

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Pour Rm 6:3
Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés?
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Parlant de la vie spirituelle des chrétiens, Paul dit : nous tous qui avons été lavés (« baptisés ») en Jésus-Christ, nous avons été lavés dans Sa mort. Que veut-il dire ? Si le christianisme n'était qu'une nouvelle religion, il serait...  Lire la suite

Parlant de la vie spirituelle des chrétiens, Paul dit : nous tous qui avons été lavés (« baptisés ») en Jésus-Christ, nous avons été lavés dans Sa mort. Que veut-il dire ? Si le christianisme n'était qu'une nouvelle religion, il ne serait pas difficile de comprendre les paroles de l'apôtre : car dans l'histoire de nombreux mouvements, y compris religieux, il est arrivé que la mort du fondateur donne au mouvement pour lequel il avait donné sa vie une impulsion puissante, suivie d'une croissance explosive. Mais le christianisme n'est pas une nouvelle religion : il est une vie nouvelle, la vie dans ce Royaume que le Sauveur a apporté au monde. Et en entrant dans l'Église, nous sommes lavés non seulement par l'eau, mais aussi par le souffle de ce Royaume, par le souffle de cet amour de Dieu sans lequel il ne peut être question d'aucune vie nouvelle.

Comment donc la mort du Sauveur sur la croix est-elle liée au lavage qui nous introduit dans la vie nouvelle ? La réponse la plus simple est celle-ci : Jésus a accepté la mort volontairement afin que le Royaume entre dans le monde jusqu'au bout et en plénitude. S'Il avait renoncé à Sa mission, s'Il ne l'avait pas menée jusqu'au bout, ce qui était en principe possible, car Jésus, pendant Son ministère terrestre, était aussi libre que chacun de nous, et libre encore infiniment davantage, puisque le péché n'a pas de pouvoir sur Lui, le Royaume n'aurait pas été dans notre monde, il ne se serait jamais approché de nous. Son chemin terrestre, qu'Il a parcouru jusqu'au bout, jusqu'à la croix, est cette porte qui nous ouvre le Royaume.

Mais il y a autre chose : notre propre vie dans le Royaume. La vie que nous partageons avec Lui et avec Son Père céleste, qui par Lui est aussi le nôtre, si nous sommes réellement chrétiens. Et cette vie, tout comme la vie du Christ Lui-même, doit appartenir entièrement au Royaume. Alors il nous faudra inévitablement devenir étrangers aux forces de ce mal dans lequel, selon la parole de l'Évangile, le monde gît. À la limite, la vie du Royaume est la mort de ce mal dans lequel le monde gît. Et pour le monde, cela signifie la mort de celui qui vit de la vie du Royaume. La mort, parce que le monde qui gît dans le mal suit le mal dans lequel il gît. Et il cherche à tuer, à détruire les porteurs du Royaume. De même qu'il a cherché à détruire le Messie qui a apporté le Royaume au monde.

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Pour Rm 6:5-6
Car si c'est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable;
comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l'impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d'être asservis au péché.
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Paul nous dit : l'action de la grâce de Dieu est particulièrement visible sur le fond du péché humain. Alors quoi, faut-il mettre en évidence en soi sa pécheresse le plus possible, laisser le péché se manifester dans toute sa plénitude afin que l'action de la grâce augmente aussi ? Bien sûr que non. L'apôtre comprend parfaitement que...  Lire la suite

Paul nous dit : l'action de la grâce de Dieu est particulièrement visible sur le fond du péché humain. Alors quoi, faut-il mettre en évidence en soi sa pécheresse le plus possible, laisser le péché se manifester dans toute sa plénitude afin que l'action de la grâce augmente aussi ? Bien sûr que non. L'apôtre comprend parfaitement que ce n'est pas le chemin. Le chemin chrétien est autre, et il est lié à la dynamique de la vie spirituelle de l'homme qui naît lorsque la puissance de Dieu et l'amour de Dieu rencontrent le péché humain.

Le péché et la grâce de Dieu sont incompatibles. Mais jusqu'à la transformation complète, jusqu'au changement qualitatif complet de la nature humaine, ils coexisteront inévitablement dans une seule et même personne. Pourtant ils ne peuvent s'unir, pas plus qu'ils ne peuvent coexister dans un seul et même espace spirituel. Là où est le Royaume, là où est la grâce, là où sont la puissance de Dieu et l'amour de Dieu, il n'y a pas de place pour le péché ; et là où est le péché, il n'y a pas de place pour Dieu.

Même aux temps préchrétiens, le chemin de la justice était une vie en présence de Dieu malgré sa propre pécheresse. Mais alors la présence de Dieu n'avait pas encore été manifestée au monde dans cette plénitude ne laissant aucune place au péché, propre au Royaume. Maintenant, la justice du Royaume et le péché sont absolument incompatibles. C'est l'un ou l'autre. Jésus devait inévitablement mourir parce que le monde, dans son état présent, ne peut contenir le Royaume qu'il a apporté dans toute sa plénitude. Et l'existence du péché dans le monde est devenue pour lui la mort précisément parce que sa vie et le péché sont incompatibles. Mais on peut en dire autant de tout chrétien, pourvu qu'il soit vraiment chrétien, et donc habitant du Royaume. Quiconque reçoit le baptême consent à un tel chemin et à une telle vie.

Ce n'est pas par hasard que l'apôtre dit que, baptisé, le chrétien dans ce monde s'unit au Christ « par la ressemblance de sa mort » : car la vie du Royaume, jusqu'à la transformation complète du monde, restera encore étrangère à ce monde, et le chrétien ne peut donc vivre dans ce monde qu'en mourant, en mourant au monde qui gît dans le mal, en renonçant de plus en plus à sa vie. Et, corrélativement, en participant de plus en plus à une autre vie, la vie de ce Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde. La vie du Royaume doit chasser chez le chrétien la vie du monde déchu. L'une doit, dans le processus de son existence propre, remplacer l'autre. Pour ce monde, un tel remplacement signifie la mort : le monde cesse de voir les personnes transfigurées ; elles disparaissent de lui et cessent d'exister pour lui. Ce n'est pas étonnant : pour le monde déchu, le Christ aussi a cessé d'exister aussitôt après sa mort sur la Croix. Le monde déchu ne croit pas en sa résurrection ; pour lui, la résurrection n'existe pas. Telle est aussi la vie de chaque chrétien, disparaissant de plus en plus pour ce monde et se manifestant toujours plus pleinement et plus clairement dans le Royaume.

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Pour Rm 6:8
Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui,
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Selon la pensée de l'apôtre Paul, notre union avec le Christ ne se produit pas dans la vie, mais dans la mort. Car ce que nous appelons vie est, du point de vue de Dieu, une entrée dans la mort. Et le Christ, qui par Sa nature divine n'a pas part à la mort, entre volontairement dans notre mourir pour nous rencontrer "sur notre territoire"...  Lire la suite

Selon la pensée de l'apôtre Paul, notre union avec le Christ ne se produit pas dans la vie, mais dans la mort. Car ce que nous appelons vie est, du point de vue de Dieu, une entrée dans la mort. Et le Christ, qui par Sa nature divine n'a pas part à la mort, entre volontairement dans notre mourir pour nous rencontrer "sur notre territoire".

C'est un abaissement du Fils de Dieu absolument inimaginable pour nous, la "kénose" en grec, un immense chemin parcouru de Dieu jusqu'à nous. Mais pour la rencontre, notre mouvement en sens inverse est également nécessaire. Il se produit lorsque nous faisons un tout petit pas, en acceptant que le Christ ne soit pas mort sans raison, mais par amour pour nous et pour nous, que dans notre baptême nous vivons Sa mort comme un fait de notre biographie personnelle, qui change radicalement la direction de notre mouvement, parce que le mourir prend fin là. Ainsi rencontrés avec le Christ dans la mort, nous ne sommes plus séparés de Lui dans la résurrection.

Le mot très juste ici est "nous croyons" : ce n'est pas une connaissance scientifique, mais la confiance en Dieu, l'espérance en Sa force d'amour qui nous sauve.

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Pour Rm 6:11
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.
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Un mort est celui qui ne répond pas lorsqu'on s'adresse à lui. Mais chacune de nos réponses est un acte derrière lequel se tient la volonté humaine. C'est sur cette idée que s'appuie l'apôtre Paul en nous proposant cette manière de vivre...  Lire la suite

Un mort est celui qui ne répond pas lorsqu'on s'adresse à lui. Mais chacune de nos réponses est un acte derrière lequel se tient la volonté humaine. C'est sur cette idée que s'appuie l'apôtre Paul en nous proposant cette manière de vivre. « Il est impossible qu'il n'arrive pas de scandales », a dit un jour le Seigneur. Nous vivons dans des conditions telles que les pensées pécheresses, les tentations, les désirs toucheront nécessairement notre cœur. Mais on peut ne pas leur répondre, comme un mort ne répond à rien.

Il est remarquablement important, en même temps, de ne pas oublier la seconde moitié de la phrase de l'apôtre : « regardez-vous comme... vivants pour Dieu ». Car si, en ne répondant pas au péché, tu restes néanmoins ouvert à la communion avec Dieu, les impulsions pécheresses ne parviendront pas jusqu'à ta conscience, parce que tu n'auras pas le temps d'y penser. Au fond, toute l'ascèse chrétienne, c'est-à-dire la tactique et la stratégie de résistance au péché, se construit précisément sur cette opposition simple.

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Pour Rm 6:11
11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.
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Mort est celui qui ne réagit pas, lorsqu’on s'adresse à lui. Mais chacune de nos réactions est en effet un acte, derrière lequel se cache une volonté humaine...  Lire la suite

Mort est celui qui ne réagit pas, lorsqu’on s'adresse à lui. Mais chacune de nos réactions est en effet un acte, derrière lequel se cache une volonté humaine. L'apôtre Paul s'appuie sur cette idée, en nous proposant ce moyen de vivre. Le Seigneur dit une fois: «Il est impossible que les scandales n'arrivent pas». Nous vivons dans de telles conditions, que les idées, les tentations, les désirs pécheresses viseront impérativement nos cœurs. Mais on peut ne pas leur répondre, tout comme le mort ne répond à rien.

Il est remarquablement important en outre de ne pas oublier la deuxième moitié de la phrase de l'apôtre : «considérez que vous êtes... Vivants à Dieu». Puisque si nous, ne réagissant pas au péché, serons néanmoins ouverts pour les relations avec Dieu, alors les impulsions pécheresses n’entreront pas dans notre conscience, parce qu'on n’aura jamais le temps de penser à cela. Proprement dit, c’est justement sur cette simple opposition qu’est construit tout l’ascétisme chrétienne, c'est-à-dire la tactique et la stratégie de la résistance au péché.

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