31 " Mais le père lui dit : "Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Masquer
Dans la parabole du fils prodigue, toute l’attention du lecteur se concentre habituellement sur le fils cadet, ce qui n’a rien d’étonnant: il est réellement le personnage principal du récit, autour de lui se déploie l’intrigue et c’est à lui que se rattache le sens de la parabole. Le fils aîné passe au second plan; à première vue, il ne fait que former le décor sur lequel se déroule l’action. Pourtant, en réalité, le fils aîné joue dans la parabole un rôle qui n’est pas moindre que celui du cadet. Seulement, il apparaît sur la scène tout à la fin, après le dénouement, lorsque le cadet est déjà à la maison et que le père l’accueille dans la joie. Les lecteurs et les auditeurs ne prêtent souvent presque pas attention au bref épilogue où apparaît le fils aîné; et s’ils y prêtent attention, ils le perçoivent comme une sorte de remarque en marge qui nuance le récit principal.
Pourtant, le fils aîné ne diffère pas tellement du cadet. Au fond, ni l’un ni l’autre ne savent ce qu’est une vie commune avec le père. Le fils cadet ne veut pas vivre avec le père d’une seule vie; il prend sa part et s’en va. Mais l’aîné, lui aussi, ne reste dans la maison que par obligation, par sens du devoir; au fond de son âme, comme le cadet, il veut lui aussi sa propre vie, séparée, particulière, il veut une fête pour lui, avec ses amis et séparément du père.
Et le père lui dit: tout ce qui est à moi est aussi à toi; tout le sens de notre vie sous un même toit consiste seulement en ceci: qu’elle devienne réellement commune, unique. Sinon, le fait de demeurer dans la même maison que moi ne changera rien pour toi: je ne serai pour toi qu’un fardeau, et au fond de ton âme tu chercheras quand même à te débarrasser de moi, comme ton frère cadet. C’est bien ce qui arrive, et la différence tient seulement à ceci: le cadet réclame sa part et s’en va, tandis que l’aîné essaie de s’arranger avec le père, pour ainsi dire à l’amiable, afin de vivre avec lui et en même temps de mener sa propre vie séparée.
Le père dit directement à son fils que cela ne marchera pas: la vie peut être une, commune, ou différente, et alors il est plus honnête de partir que de faire semblant de rester dans la maison paternelle. Dans la parabole, manifestement, il n’y a pas d’opposition entre le mauvais fils cadet et le bon fils aîné obéissant; il y a seulement la description d’un même problème spirituel qui se manifeste différemment dans la vie des deux fils. Ce qui, dans la vie du cadet, s’est révélé ouvertement et avec évidence ne se manifeste pas de manière aussi vive et ouverte dans la vie de l’aîné; et l’on ne sait pas encore ce qui est meilleur et ce qui est pire.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.
Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.