29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
Aujourd’hui, nous lisons un immense passage de l’Évangile selon saint Luc, qui comprend le récit de l’Entrée du Seigneur à Jérusalem et celui de la Cène et du dernier entretien du Christ avec Ses disciples. Il s’agit au fond du récit de la conclusion de la Nouvelle Alliance, qui sera définitivement scellée par le Sang du Christ versé sur la Croix.
C’est pour conclure la Nouvelle Alliance que le Seigneur va à la Croix. Nous lisons aujourd’hui qu’aucun pas du Christ sur Son dernier chemin n’est facile. Comme un rasoir, l’action salvatrice de Dieu sépare les hommes. Quelques disciples acceptent ce que le Christ fait et dit, mais autour de Lui s’élève sans cesse la voix de Ses adversaires, qui s’indignent contre Jésus. Finalement, seuls les douze disciples restent auprès de Lui, et même parmi eux l’un se révèle traître. Au pied de Sa croix, au milieu de la foule qui se moque de Lui, nous ne voyons que Sa Très Pure Mère avec le disciple bien-aimé, quelques femmes et le centurion Longin stupéfait, qui proclame, à sa propre surprise, cette vérité : cet homme était le Fils de Dieu.
Mais malgré l’opposition qui ne cesse de se renforcer, le Fils de l’homme poursuit Son chemin comme il est écrit de Lui. La lecture d’un passage aussi long fait sentir l’accélération continue des événements. Ce n’est pas une procession lente et solennelle. Le récit de l’évangéliste donne plutôt l’impression d’une marche rapide dont le but ultime est la conclusion de la Nouvelle Alliance, cette Alliance à laquelle nous participons en communiant au Corps et au Sang du Christ selon Son commandement.
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
Le mont des Oliviers est le commencement de la glorification du Christ. C'est Son Entrée à Jérusalem, l'entrée du Roi. Et c'est sur cette même montagne qu'Il revient après avoir mangé la Pâque avec les disciples. Et de nouveau, c'est du mont des Oliviers que commence la glorification du Christ - comme Sauveur du Monde.
Et au cours du repas pascal, le Christ explique aux apôtres ce qu'Il accomplissait Lui-même et ce qui s'accomplit. Il est Celui qui sert, auprès duquel se trouvaient des hommes qui avaient déjà changé dans leur coeur. À qui Il promet le repas dans le Royaume des Cieux. Et à qui Il lègue, comme témoins de Ses oeuvres, la Communion à Son Corps et à Son Sang. La communion à Sa mort et à Sa Résurrection prochaine. La communion à la gloire du Christ, par laquelle tous les chrétiens sont fortifiés et sauvés depuis ces jours-là.
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
Pourquoi les pharisiens demandent-ils à Jésus de faire taire Ses disciples, alors que ceux-ci Le glorifiaient comme Messie ? Était-ce seulement par peur de possibles conséquences politiques ? Certes, ils pouvaient craindre des débordements, voire une insurrection directe, bien que, en un certain sens, le moment en fût déjà passé. Mais on pouvait tout attendre de la foule de Jérusalem, et les Romains, qui ne toléraient aucun désordre dans la ville, étaient toujours prêts à intervenir, et leur intervention se terminait toujours par un bain de sang. Pourtant, il ne s’agissait sans doute pas seulement de ces craintes. Il s’agissait aussi du fait que Jésus était, aux yeux des pharisiens, un Messie « incorrect », ne correspondant absolument pas à leurs représentations et à leurs concepts. Ils attendaient certes le Messie, mais pas celui-là. Celui-ci faisait tout autrement qu’ils ne l’attendaient. D’abord Il refusa de leur fournir les preuves de Sa messianité qu’ils attendaient, puis Il évita la possibilité de prendre la tête d’un grand mouvement populaire, bien qu’une telle possibilité se soit présentée à Lui plusieurs fois. Et maintenant, Le voilà qui semble parler directement de Sa messianité, mais de nouveau pas comme aurait dû le faire le « vrai » Messie. En effet, le vrai Messie ne peut tout de même pas entrer dans la ville monté sur un âne ! Ce n’est même plus une parabole, c’est une véritable profanation de l’entrée solennelle dans la ville du Messie vainqueur, du Messie qui chasse les Romains, du Messie qui établit Son Royaume, du Messie qui gouvernera d’une main forte au nom de Dieu… Et soudain, au lieu du triomphe attendu, une procession à moitié solennelle, à moitié bouffonne, rappelant l’entrée en ville du « roi » des esclaves pendant les Saturnales romaines… Il y avait de quoi être troublé. Il n’est pas étonnant que les pharisiens, en hommes profondément religieux, se soient mis à demander à Jésus de mettre fin à ce qui leur paraissait être une comédie déplacée et indigne. Et Jésus leur répondit que tout était sérieux. Sérieux au point qu’il leur était même difficile de l’imaginer. Seulement les événements ne se développeraient pas comme ils l’attendaient.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
Le mont des Oliviers est le commencement de la glorification du Christ. C'est Son Entrée à Jérusalem, l'entrée du Roi. Et c'est sur cette même montagne qu'Il revient après avoir mangé la Pâque avec les disciples. Et de nouveau, c'est du mont des Oliviers que commence la glorification du Christ - comme Sauveur du Monde.
Et au cours du repas pascal, le Christ explique aux apôtres ce qu'Il accomplissait Lui-même et ce qui s'accomplit. Il est Celui qui sert, auprès duquel se trouvaient des hommes qui avaient déjà changé dans leur coeur. À qui Il promet le repas dans le Royaume des Cieux. Et à qui Il lègue, comme témoins de Ses oeuvres, la Communion à Son Corps et à Son Sang. La communion à Sa mort et à Sa Résurrection prochaine. La communion à la gloire du Christ, par laquelle tous les chrétiens sont fortifiés et sauvés depuis ces jours-là.
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
Le plus souvent, le mystère de Noël est pour nous lié à une agréable ambiance de fête. En général, un sentiment d’attendrissement et de joie accompagne l’annonce de la naissance d’un enfant dans une famille de connaissances, mais pas trop proches ; la venue d’un enfant dans sa propre famille, elle, est souvent liée à une attente angoissante, et pas toujours positive : nous ne savons pas avec certitude comment il passe ces neuf mois, s’il est en bonne santé, si tout va bien, comment se déroulera l’accouchement, si les médecins ne failliront pas. Et avec la naissance de l’enfant, notre inquiétude et notre trouble ne diminuent pas ; au contraire, ils grandissent chaque jour. Nos enfants nous font sentir sans cesse et partout le souffle de la mort.
La célébration de Noël conduit à prendre conscience d’un fait tout aussi terrible : Dieu est venu dans le monde pour nous donner le Royaume, mais ce Royaume qu’Il possède ne peut nous être transmis que par testament. Nous avons refusé la possibilité de vivre dans le Royaume en choisissant non la vie et le bien, mais la mort et le mal. Alors Il est né, Il est devenu tout petit et sans défense, Se confiant aux hommes entièrement et sans réserve. Il est né dans le monde, et cela signifie qu’Il prend sur Lui tout le poids de la mort. Il veut nous introduire dans le Royaume, et il ne Lui restait qu’un seul chemin : nous léguer ce qui Lui appartient.
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
Le jour est venu dont les prophètes d’Israël parlaient avec crainte: Dieu a visité Son peuple. Depuis la haute Antiquité, les hommes attendaient cette venue de Dieu, mettaient en elle toutes leurs espérances. Non seulement Israël, mais beaucoup d’autres peuples au début du Ier siècle de notre ère attendaient la manifestation de quelqu’un qui leur apporterait la paix et ouvrirait le chemin de la vie. Dans une certaine mesure, même nous, deux millénaires plus tard, avons hérité de cette attente et de cette espérance de la visite de Dieu. Les prophètes annonçaient que le soleil s’obscurcirait en ce jour-là, que toute créature serait changée, que le péché cesserait et que les hommes seraient rachetés de la mort. «Ah! si Tu déchirais les cieux et descendais!», s’écriait l’auteur de la seconde partie du livre d’Isaïe. «La voix de mon bien-aimé! le voici qui vient, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines», comme une heureuse rencontre d’amoureux, le Cantique des Cantiques présente ce jour.
Et voici qu’Il vient. Une multitude de disciples, peut-être plusieurs centaines de personnes, glorifient les grandes œuvres de Dieu et bénissent Sa venue. Mais aussitôt, au milieu de la foule incrédule, se trouvent ceux qui jugent nécessaire de Lui reprocher seulement Son manque de retenue: «Défends à Tes disciples de glorifier Dieu et Toi!». Et presque personne ne pense à ce qu’Il a maintes fois appelé par les prophètes: «Corrigez vos mauvaises voies, afin de ne pas périr en ce jour-là». Seules Sa Mère très pure et Ses proches disciples reçoivent de sentir Sa tristesse. Il vient, et nous, même en ce jour, nous ne savons pas que pour Le rencontrer il faut cesser de faire le mal et apprendre à faire le bien. Comment Le rencontrer, par quoi mériter Sa bienveillance? Que faire pour qu’Il nous bénisse et nous aide? «Cherchez le bien, et non le mal, afin de vivre», disait-Il par Ses envoyés. Et nous pensons qu’il faut accomplir certains rites et organiser de somptueuses célébrations. Comme si cela devait nous servir à la paix, nous donner la paix dans cette rencontre avec Jésus.
S’Il n’entre pas aujourd’hui à Jérusalem, nous ne pourrons pas devenir participants de Son Corps et de Son Sang. S’Il ne Se livre pas pour nous, nous resterons prisonniers de la mort. Mais Ses élus ne reconnaissent pas le temps de la visite; ils ne reconnaissent pas que le jour attendu et annoncé est arrivé. Et c’est pourquoi Jésus pleure. Récemment, le Seigneur disait dans l’un des passages de quoi Ses disciples devaient se réjouir. Aujourd’hui nous comprenons ce que nous devons craindre: ne pas reconnaître le temps de la visite.
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
Il est bien connu que les paroles du Sauveur sur la destruction prochaine de Jérusalem ont suscité, dans l'historiographie chrétienne et la philosophie de l'histoire, bien des spéculations sur la culpabilité du peuple juif, sur sa responsabilité historique dans l'exécution du Sauveur, dont il serait coupable. Il aurait été puni pour cela par la perte de son État, de son Temple et même, pendant une assez longue période, de la possibilité de vivre en Judée. Pourtant, cette vision paraît pour le moins superficielle, et ses conclusions hâtives. En tout cas, le Sauveur n'accuse personne : Il pleure seulement sur Son peuple et sur Jérusalem.
Dans la tragédie à venir de Jérusalem et du peuple juif, Il voit non un châtiment ni une vengeance de Dieu, mais une occasion essentielle, vitale pour le peuple, que celui-ci a laissée passer. Rien d'étonnant à cela : l'Église primitive était judéo-chrétienne jusque dans sa partie que l'on pourrait appeler païenne, laquelle n'était pas entièrement étrangère à la tradition judéo-chrétienne. Ne serait-ce que parce que l'immense majorité des païens qui entraient alors dans l'Église ne l'étaient qu'au sens où ils n'avaient pas adopté le judaïsme dans sa totalité.
Leur vie spirituelle était pourtant entièrement liée à la Synagogue, grâce à laquelle ils apprenaient la venue du Messie que beaucoup attendaient. Et, au sein même du peuple juif, on le sait, l'appréciation de la personne du Sauveur et de Son activité était loin d'être unanime. Mais ces différences furent en grande partie nivelées après la catastrophe de l'an 70, lorsque la ville et le Temple furent détruits : cette catastrophe dont Jésus avait averti. Jésus Lui-même comprenait parfaitement ce qui se décidait au moment où Il entrait dans Jérusalem, ce qui se trouvait alors dans la balance de Dieu. Il savait bien sûr qu'il n'y a qu'un seul peuple de Dieu, et pas d'autre : Il voulait faire grandir Son Église au sein du peuple de Dieu, et Il l'a fait. L'Église est restée partie de la communauté yahviste jusqu'en l'an 70.
Plus tard, les chemins de la Synagogue et de l'Église se sont séparés, ce qui était inévitable, même s'ils se sont ensuite croisés plus d'une fois. Mais le Sauveur comprend parfaitement que le peuple de Dieu est un et qu'il ne peut être sauvé que comme un seul ensemble spirituel. Et Il pleure de voir les chemins de Son peuple se déformer sous Ses yeux, conduisant à la catastrophe non seulement ceux qui Le rejettent en cherchant des héros et des chefs à leur convenance, mais aussi ceux qui L'accueillent. Car eux aussi, qui riront parfois avec une joie mauvaise de ce qui Le fait pleurer maintenant, perdront énormément, se vouant dans l'avenir à des fleuves de sang bien plus grands que l'effusion de sang de l'an 70.
Pour le Sauveur, l'an 70 n'est ni un châtiment ni une vengeance : c'est une nouvelle cicatrice qui traverse le corps de Son peuple. Et qui traversera inévitablement aussi Son propre corps, Son Église, dont beaucoup de membres penseront que les événements d'alors, à l'aube de l'histoire chrétienne, ne les concernent en rien. Des membres de Son corps qui auront beaucoup de mal à comprendre de Qui ils déchirent le corps en riant de ce qui faisait pleurer le Sauveur.
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Les habitants de Judée accueillent Jésus entrant à Jérusalem comme le Roi qui vient au nom du Seigneur. C’est vrai, mais nullement au sens que ceux qui L’acclament donnent à ces paroles : le Royaume qu’Il vient établir ne ressemble à aucun royaume terrestre. Pour le moment, Jésus exerce une influence comparable à l’autorité des chefs du peuple. Il peut remettre de l’ordre dans le Temple, et nul ne peut L’en empêcher, car le peuple L’écoute sans relâche. Hélas, tous ne L’entendent pas, même en L’écoutant. Voilà pourquoi Il a les larmes aux yeux au plus fort de la fête : même ceux qui placent en Lui leur espérance cherchent un salut tout différent de celui que le Christ veut donner, et beaucoup d’entre eux se détourneront donc très bientôt de Lui.
Et nous, aujourd’hui, qu’attendons-nous et que voulons-nous de Lui ? Ce qu’Il veut nous apporter, ou bien ce que nous projetons sur Son image, désireux de voir en Lui l’interprète de nos propres états d’âme et de nos caprices ? Et Le désirons-nous, Lui-même ?..
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de voir le Royaume avec les yeux des contemporains de Jésus qui l'accueillaient lors de son entrée à Jérusalem (v. 35–38). Les attentes messianiques étaient alors très vives, et il n'est pas étonnant que Jésus dissimule soigneusement, jusqu'au moment voulu, sa qualité de Messie. La foule enthousiaste dans les rues de Jérusalem explique tout : il aurait suffi que Jésus fasse la moindre allusion à sa mission pour qu'on le mette aussitôt à la tête d'un mouvement populaire semblable à ceux qui éclataient alors en grand nombre en Judée.
Mais tôt ou tard, Jésus devait se déclarer publiquement ; il semble choisir pour cela un moment où l'on n'aurait tout simplement plus le temps de faire de lui le chef d'un soulèvement messianique. Quant à lui, il se rend d'abord au Temple, où il demeure ensuite jusqu'à la fin de son ministère à Jérusalem, après avoir débarrassé ses cours des marchands qui les avaient envahies (v. 45–48).
Le commerce dans la cour du Temple était certes interdit par la Torah, mais consacré par la tradition ; il procurait en outre des revenus considérables, non seulement aux marchands eux-mêmes, mais aussi au trésor du Temple. Jésus, cependant, ne semblait pas disposé à s'accommoder d'une tradition contraire à la Loi donnée par Dieu. Pour lui, le Royaume messianique commence lorsque le lieu saint devient véritablement saint, et aucun compromis n'est ici possible. Pour le peuple, en revanche, le Royaume messianique devait commencer par l'expulsion des Romains et le rétablissement de l'indépendance ; le reste, pensait alors presque tout le monde, suivrait sans difficulté. C'est précisément sur cette fausse hiérarchie des priorités que Jésus attire l'attention en pleurant sur Jérusalem (v. 41–44). En parlant de « tranchées » et d'encerclement, Jésus vise sans aucun doute les événements de l'an 70, lorsqu'un nouveau soulèvement contre Rome se transforma effectivement en guerre religieuse, qui s'acheva par une défaite et la dévastation complète de Jérusalem.
Or ce soulèvement fut rendu possible précisément parce que beaucoup comprenaient alors le Royaume d'une manière purement extérieure, politique et idéologique, et ne pensaient guère à lui comme à une réalité spirituelle. Ce déplacement de l'accent rendit la catastrophe inévitable. Et cette catastrophe fut double : d'abord la mort du Sauveur sur la Croix, puis la destruction de Jérusalem et du Temple. Mais si la mort de Jésus sur la Croix s'achève par sa résurrection, la catastrophe nationale se prolonge pendant des siècles. Jésus pleure en voyant les siècles de souffrance de son peuple. Il pleure peut-être aussi parce que, même lui, ne peut rien changer ici. Car chaque peuple, comme chaque personne, est libre. Et choisit lui-même son destin.
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
L'évangéliste réunit dans un même récit l'entrée triomphale de Jésus dans la ville sainte, lorsque la louange et la joie ne peuvent être contenues par aucune force, au point que même les pierres sont prêtes à chanter la gloire du Roi qui vient, et les pleurs douloureux de Jésus sur Jérusalem. La ville de la promesse apparaît ici comme l'image collective de tous ceux qui attendent le Christ, qui ne peuvent vivre sans Lui, mais qui ne Le reconnaissent pas, qui ne peuvent croire que leur espérance s'accomplit en Jésus de Nazareth. Sous nos yeux se déroulent à la fois un triomphe et une catastrophe, parce qu'à la ville, au peuple, à des personnes concrètes est donnée la possibilité tant attendue de voir, de reconnaître, de rencontrer leur rêve, mais ils « ne reconnaissent pas le temps de leur visite ».
Au fond de nous, nous voudrions sans doute que ce temps soit manifeste, évident pour tous, ou du moins qu'il ne soit pas obligatoire, qu'il ne concerne pas tout le monde. Mais un tel temps arrive et, chose la plus terrible, on peut le manquer, ne pas reconnaître Dieu quand Il passe tout près...
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
En entrant à Jérusalem, Jésus pleure sur son destin. Il prévoit manifestement le triste sort de la ville : en l'an 70, après le soulèvement antiromain lancé par les zélotes et la guerre qui s'ensuivit, Jérusalem sera entièrement détruite par l'armée romaine envoyée pour réprimer l'insurrection. Au Moyen Âge, et en partie aussi à l'époque moderne, il existait parmi les chrétiens une opinion répandue et populaire selon laquelle cette catastrophe fut le châtiment du rejet, par le peuple juif, du Messie qui lui avait été envoyé. Pourtant Jésus Lui-même regarde la situation autrement. Pour Lui, c'est d'abord une tragédie, une catastrophe nationale. Il ne la considère nullement comme une juste rétribution. Pour Lui, c'est plutôt une possibilité rejetée, et donc manquée.
Dans la vie des individus comme dans celle des peuples entiers, il existe de tels carrefours où se détermine et se fixe le vecteur du mouvement spirituel ultérieur pour des années (s'il s'agit d'une personne) ou pour des siècles (s'il s'agit d'un peuple). Il n'y a là rien de prédéterminé, aucun programme écrit d'avance, aucun destin ni fatalité. Au contraire, un tel carrefour est toujours un moment de liberté suprême. Le moment du choix où c'est précisément l'homme lui-même, ou le peuple lui-même, qui choisit et détermine ce qui, par la suite, lui paraîtra peut-être fatalité ou destin. Pour le peuple juif, le jour de l'entrée du Sauveur à Jérusalem devint un tel moment.
On peut certes dire que l'enthousiasme avec lequel la foule L'accueillait dans les rues de Jérusalem ne valait pas grand-chose : les enthousiasmes de foule ne durent jamais longtemps. Mais le peuple avait la possibilité de choisir, un choix sérieux, déterminant l'histoire ultérieure pour des siècles, et Jésus le comprend parfaitement. De même qu'Il comprend autre chose : comme tous les choix semblables, celui-ci se ramène en essence à ceci : suivre Dieu ou suivre ses propres opinions, traditions, habitudes. Et la seconde option est toujours catastrophique. La seule question est de savoir dans combien de temps cette catastrophe surviendra. Quant au fait qu'elle surviendra, il n'y a pas à en douter : les possibilités manquées se vengent toujours, et plus la possibilité est grande, plus la catastrophe sera terrible si l'on manque cette possibilité.
C'est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem. Lui plus que quiconque comprend ce qui a été donné et ce qui a été manqué. Et Il comprend aussi quelles en seront les conséquences.
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : |
30 « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » Vous direz ceci : « C’est que le Seigneur en a besoin ». » |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » |
34 Ils dirent : « C’est que le Seigneur en a besoin. » |
35 Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. |
38 Ils disaient :« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » |
40 Mais il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! » |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Dans la lecture d'aujourd'hui, il y a l'allégresse des disciples et la tristesse du Seigneur Jésus. En effet, la foi véritable, authentique, est toujours joyeuse. Cela ne signifie pas que le chrétien doive toujours être d'humeur exaltée, mais même au milieu des épreuves et du péché, nos ténèbres ne doivent pas étouffer la lumière. Si la joie nous paraît incompatible avec la crainte révérencielle de Dieu, avec le sérieux de la prière et les larmes du repentir, alors nous ressemblons aux pharisiens « du milieu de la foule », auxquels le Seigneur a dit que, si nous ne nous réjouissions pas, les pierres devraient le faire à notre place !
Et le second aspect de cette rencontre entre Dieu et l'homme est la tristesse de Jésus pour Jérusalem, qui n'a pas reconnu Sa venue. Cette tristesse est l'une des expressions de Son amour pour les hommes pécheurs. Le Seigneur ne s'emporte pas, ne maudit pas la ville, ne la châtie pas : Il pleure seulement. Il nous a apporté la vie, et nous nous sommes détournés de Son don.
Souvent, le souvenir de ces larmes nous retient du péché bien plus fortement que la crainte du châtiment ou de la colère de Dieu. Nous rencontrons Dieu — dans la prière, la lecture de l'Écriture, la célébration liturgique — presque chaque jour. Souvenons-nous donc de l'allégresse et des larmes du chapitre d'aujourd'hui.
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
41 Puis il s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant : |
42 « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » |
43 Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. |
44 Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. |
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu’il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : « Qu’avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
47 Tandis qu’il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l’un des Douze, qui s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : « Seigneur, faut-il frapper du glaive ? » |
50 Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l’oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : « Restez-en là. » Et, lui touchant l’oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s’étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j’étais avec vous dans le Temple, vous n’avez pas porté les mains sur moi. Mais c’est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. » |
Les temps insouciants sont terminés: si autrefois les apôtres pouvaient prêcher sans un sou et sans pain dans leur sac, désormais même l'épée ne pourra sauver ni eux ni leur Maître. Il arrive un temps où Dieu n'exauce pas la prière même du plus juste, et où l'on ne peut même pas se fier à soi-même. Jésus doit boire sa coupe, et Pierre se trompe lui-même en assurant le Maître de sa fidélité jusqu'à la mort.
Que faire lorsque vient «le temps des sans-loi et le pouvoir des ténèbres»? Si les apôtres ne le savaient pas, comment le saurions-nous? Il ne leur reste que les paroles de Jésus: «J'ai prié pour que ta foi ne défaille pas...». La foi que, même dans les ténèbres, tout demeure entre les mains de Dieu...
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
41 Puis il s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant : |
42 « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » |
43 Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. |
44 Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. |
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu’il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : « Qu’avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
47 Tandis qu’il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l’un des Douze, qui s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : « Seigneur, faut-il frapper du glaive ? » |
50 Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l’oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : « Restez-en là. » Et, lui touchant l’oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s’étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j’étais avec vous dans le Temple, vous n’avez pas porté les mains sur moi. Mais c’est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. » |
Le chemin du Golgotha a commencé avant même Gethsémani, dans la solitude au milieu des disciples qui ne Le comprenaient pas. Très peu de temps allait passer avant que les apôtres ne deviennent des hommes tout différents, mais pour l’instant ils infligent au Maître des souffrances supplémentaires.
Voyant cela, le Christ, qui est venu nous sauver, ne rejette pas les disciples. C’est précisément le sens de Ses paroles à Pierre, qui contiennent à la fois un avertissement sur sa faiblesse prochaine et la mission d’affermir ses frères après sa chute. Le Christ voit la faiblesse de Pierre, comme Il voit celle de chacun de nous ; pourtant, non seulement Il ne condamne ni ne rejette Pierre et chacun de nous, mais Il nous fortifie. Même dans les paroles adressées à Judas, on n’entend pas une condamnation, mais un reproche attristé capable d’éveiller la conscience.
Pourvu seulement que nous soyons prêts à accepter Son soutien. Pierre le pourra un peu plus tard, mais Judas ne le voudra pas…
Le nom du mont des Oliviers nous rappelle l’huile avec laquelle on accomplissait l’onction, notamment l’onction royale. Mais le Royaume du Christ n’est pas de ce monde, et ce n’est pas par une onction rituelle qu’Il marche vers Son triomphe, mais par la souffrance sacrificielle.
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
41 Puis il s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant : |
42 « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » |
Les événements que nous lisons aujourd'hui dans l'Évangile selon saint Luc sont familiers à chacun. Nous devons constamment affronter l'injustice et la violence, la cruauté et la trahison. Le péché et la souffrance ont si profondément pénétré la nature humaine qu'ils semblent inévitables. C'est pourquoi, en nous préparant au Grand Carême, nous lisons comment Dieu, devenu homme, a bu cette coupe jusqu'à la lie. Contrairement à nous, Il a accepté volontairement notre souffrance afin de la partager avec nous. Nous cherchons donc une occasion d'honorer Sa souffrance par un certain effort spirituel. La semaine dernière, nous avons lu les paroles de l'apôtre et évangéliste Jean, selon lesquelles cet effort ne peut être qu'un effort d'amour envers le prochain, un effort pour observer les commandements du Christ. Dans la seconde moitié du VIe siècle avant J.-C., l'auteur de la seconde partie du livre d'Isaïe nous a lui aussi transmis les paroles de Dieu : « Voici le jeûne que J'ai choisi : dénoue les liens de la méchanceté... » Et les passages sur le chemin de Croix du Christ que nous lisons cette semaine nous disent qu'aimer Dieu et aimer les hommes signifie se tenir avec la Mère de Dieu au pied de la Croix.
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
41 Puis il s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant : |
42 « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » |
43 Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. |
44 Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. |
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu’il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : « Qu’avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
47 Tandis qu’il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l’un des Douze, qui s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : « Seigneur, faut-il frapper du glaive ? » |
50 Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l’oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : « Restez-en là. » Et, lui touchant l’oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s’étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j’étais avec vous dans le Temple, vous n’avez pas porté les mains sur moi. Mais c’est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. » |
54 L’ayant donc saisi, ils l’emmenèrent et l’introduisirent dans la maison du grand prêtre. Quant à Pierre, il suivait de loin. |
55 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s’étaient assis autour, Pierre s’assit au milieu d’eux. |
56 Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit : « Celui-là aussi était avec lui ! » |
57 Mais lui nia en disant : « Femme, je ne le connais pas. » |
58 Peu après, un autre, l’ayant vu, déclara : « Toi aussi, tu en es ! » Mais Pierre déclara : « Homme, je n’en suis pas. » |
59 Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance : « Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen ! » Mais Pierre dit : |
60 « Homme, je ne sais ce que tu dis. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, |
61 et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : « Avant que le coq ait chanté aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » |
62 Et, sortant dehors, il pleura amèrement. |
63 Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le battaient ; |
64 ils lui voilaient le visage et l’interrogeaient en disant : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? » |
65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres injures. |
66 Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s’assembla, grands prêtres et scribes. Ils l’amenèrent dans leur Sanhédrin |
67 et dirent : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Il leur dit : « Si je vous le dis, vous ne croirez pas, |
68 et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. |
69 Mais désormais le Fils de l’homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! » |
70 Tous dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ! » Il leur déclara : « Vous le dites : je le suis. » |
71 Et ils dirent : « Qu’avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l’avons entendu de sa bouche ! » |
Ce qu'il y a de plus remarquable dans le récit de l'arrestation et de l'interrogatoire de Jésus, c'est que personne parmi ceux qui y prennent part, hormis bien sûr Jésus Lui-même, ne comprend vraiment ce qui se passe. Les disciples ont l'impression d'assister au début d'une insurrection manquée, qui s'est achevée avant même d'avoir commencé. Pierre, le plus résolu, est prêt au combat et tente même de l'engager, mais la réaction du Maître le déconcerte complètement, tout comme les autres disciples. Ils ne comprennent ni ce qui se passe ni ce qu'ils doivent faire ensuite. Finalement, ils se dispersent tout simplement : il ne leur reste rien d'autre à faire puisque tout est perdu.
Pierre suit le Maître, mais désormais sans aucun espoir, uniquement pour voir ce qui va Lui arriver. S'il Le renie si facilement, c'est précisément parce que plus rien n'a d'importance pour lui. Tout est fini : quelle différence cela fait-il maintenant qu'il ait été avec Jésus ou non ? Il serait vraiment absurde de souffrir pour avoir participé à une insurrection qui n'a jamais eu lieu. Seul le chant du coq ramène Pierre à la réalité : à la véritable réalité, où les relations ont une importance absolue et où rien n'est encore terminé, mais où tout ne fait que commencer.
Quant au grand prêtre et à son entourage, ils n'en comprennent guère davantage. Pour eux aussi, Jésus n'est que le chef d'une insurrection messianique manquée, dangereux tant qu'Il est vivant. Toutes les accusations sont manifestement fabriquées et la procédure judiciaire n'est pas respectée : de toute évidence, on veut simplement se débarrasser de Lui.
Mais Lui accomplit Son œuvre : Il apporte au monde le Royaume qu'Il doit y introduire. Il prend soin de Ses disciples sans s'appuyer sur eux. Il ne prête aucune attention aux moqueries et aux outrages. Et Il ne cherche pas à Se défendre lors du « procès », non seulement parce qu'il s'agit précisément d'un « procès » entre guillemets, mais aussi parce que, dans ce cas, Il n'aurait pu Se défendre qu'en renonçant à accomplir la tâche suprême pour laquelle Il était venu dans le monde. Et Il poursuit Son chemin, jusqu'à la croix. Dans le monde déchu, il n'existe pas d'autre voie pour Lui.
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
41 Puis il s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant : |
42 « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » |
43 Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. |
44 Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. |
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu’il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : « Qu’avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
47 Tandis qu’il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l’un des Douze, qui s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : « Seigneur, faut-il frapper du glaive ? » |
50 Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l’oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : « Restez-en là. » Et, lui touchant l’oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s’étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j’étais avec vous dans le Temple, vous n’avez pas porté les mains sur moi. Mais c’est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. » |
54 L’ayant donc saisi, ils l’emmenèrent et l’introduisirent dans la maison du grand prêtre. Quant à Pierre, il suivait de loin. |
55 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s’étaient assis autour, Pierre s’assit au milieu d’eux. |
56 Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit : « Celui-là aussi était avec lui ! » |
57 Mais lui nia en disant : « Femme, je ne le connais pas. » |
58 Peu après, un autre, l’ayant vu, déclara : « Toi aussi, tu en es ! » Mais Pierre déclara : « Homme, je n’en suis pas. » |
59 Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance : « Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen ! » Mais Pierre dit : |
60 « Homme, je ne sais ce que tu dis. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, |
61 et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : « Avant que le coq ait chanté aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » |
62 Et, sortant dehors, il pleura amèrement. |
63 Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le battaient ; |
64 ils lui voilaient le visage et l’interrogeaient en disant : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? » |
65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres injures. |
66 Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s’assembla, grands prêtres et scribes. Ils l’amenèrent dans leur Sanhédrin |
67 et dirent : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Il leur dit : « Si je vous le dis, vous ne croirez pas, |
68 et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. |
69 Mais désormais le Fils de l’homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! » |
70 Tous dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ! » Il leur déclara : « Vous le dites : je le suis. » |
71 Et ils dirent : « Qu’avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l’avons entendu de sa bouche ! » |
Il est arrivé ce qui devait arriver, comme Jésus l’avait annoncé à plusieurs reprises à ses disciples. Le monde, soumis au pouvoir de Satan, ne pouvait supporter la rencontre avec le Juste. Il devait soit mourir lui-même au péché, changer radicalement, renaître, soit condamner cet Homme à mort.
Devenus disciples de Jésus, nous ne devons pas oublier cette incompatibilité du Christ et du péché, non seulement en Lui-même, non seulement dans nos cœurs, mais aussi dans le monde. Si nous avons réellement acquis la foi au Christ, alors un choix se dresse inévitablement devant nous : mourir à nous-mêmes et vivre avec Lui, ou nous joindre à ceux qui, il y a deux mille ans, L’ont condamné à mort. Le reniement de Pierre montre que ce choix ne transforme pas automatiquement l’homme, que ses peurs, sa faiblesse et sa lâcheté restent avec lui. Mais il y a tout de même une immense différence entre Pierre, qui pleura amèrement son reniement, et les membres du Sanhédrin.
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. |
40 Parvenu en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
41 Puis il s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant : |
42 « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » |
43 Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. |
44 Entré en agonie, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. |
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu’il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : « Qu’avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. » |
47 Tandis qu’il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l’un des Douze, qui s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! » |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : « Seigneur, faut-il frapper du glaive ? » |
50 Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l’oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : « Restez-en là. » Et, lui touchant l’oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s’étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j’étais avec vous dans le Temple, vous n’avez pas porté les mains sur moi. Mais c’est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. » |
54 L’ayant donc saisi, ils l’emmenèrent et l’introduisirent dans la maison du grand prêtre. Quant à Pierre, il suivait de loin. |
55 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s’étaient assis autour, Pierre s’assit au milieu d’eux. |
56 Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit : « Celui-là aussi était avec lui ! » |
57 Mais lui nia en disant : « Femme, je ne le connais pas. » |
58 Peu après, un autre, l’ayant vu, déclara : « Toi aussi, tu en es ! » Mais Pierre déclara : « Homme, je n’en suis pas. » |
59 Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance : « Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen ! » Mais Pierre dit : |
60 « Homme, je ne sais ce que tu dis. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, |
61 et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : « Avant que le coq ait chanté aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » |
62 Et, sortant dehors, il pleura amèrement. |
63 Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le battaient ; |
64 ils lui voilaient le visage et l’interrogeaient en disant : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? » |
65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres injures. |
66 Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s’assembla, grands prêtres et scribes. Ils l’amenèrent dans leur Sanhédrin |
67 et dirent : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Il leur dit : « Si je vous le dis, vous ne croirez pas, |
68 et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. |
69 Mais désormais le Fils de l’homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! » |
70 Tous dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ! » Il leur déclara : « Vous le dites : je le suis. » |
71 Et ils dirent : « Qu’avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l’avons entendu de sa bouche ! » |
En décrivant l'arrestation de Jésus et tout ce qui s'ensuit, Luc présente les événements de telle manière que la logique de tout ce qui se passe devient parfaitement claire. Bien sûr, les raisons de s'indigner ne manquent ni devant la trahison de Judas (v. 1–6, 47–48) ni devant le comportement de ceux qui ont assumé le rôle de gardes et de juges (v. 63–71). Mais toute l'histoire précédente est racontée par l'évangéliste de telle sorte qu'un lecteur attentif ne se serait guère attendu à une autre conclusion.
Il est parfaitement évident que le procès de Jésus décrit dans la lecture d'aujourd'hui ne peut être qualifié que de parodie de justice. Mais il est clair depuis longtemps que personne ne veut même chercher à comprendre ce que nos contemporains appelleraient peut-être « le phénomène Jésus ». Lui-même le dit sans aucune ambiguïté (v. 52–53). Son jugement sur les juges qui, au fond, le condamnent sans procès est tout aussi net (v. 67–68). Il n'est donc pas étonnant que Jésus se taise maintenant. Auparavant, il témoignait du Royaume chaque jour et à chaque heure. Désormais, son seul témoignage a retenti comme le simple constat d'un fait accompli (v. 69–70).
Il semble que le moment soit venu où toute parole supplémentaire perd son sens. Mais, d'un autre côté, un témoignage différent et nouveau commence : celui de la mort et de la résurrection. Il semble que, tôt ou tard, dans la vie de tout témoin, arrive un moment où il se tait, non parce qu'il n'a plus rien à dire, mais parce que de nouvelles paroles perdent leur sens. On peut bien sûr penser qu'il y a toujours un sens à parler, que même dans la foule la plus agressive et la plus hostile se trouvera toujours quelqu'un qui entendra la parole qui lui est personnellement adressée. Pourtant, l'exemple de Jésus lui-même montre que le témoignage, du moins celui de la parole, a sa limite. Seul Dieu, qui conduit le témoin, peut évidemment fixer cette limite ; mais l'exemple du Sauveur lui-même montre qu'elle existe. Il ne s'agit probablement pas du fait que le Messie, qui a apporté le Royaume dans le monde, n'aurait plus rien à dire à ce monde. Ni du fait qu'il n'y aurait plus personne pour l'entendre : l'histoire du christianisme ne faisait que commencer. Il semble plutôt qu'aucun « non » lancé à Dieu, ou à Celui qu'il envoie, en réponse à son appel ne reste sans effet. Chaque « non » change l'état spirituel d'une personne ou d'un peuple entier, jusqu'au moment où ces changements, d'abord imperceptibles, produisent des conséquences qui paraissent à beaucoup totalement incroyables et soudain terribles. La mort du Sauveur sur la Croix devient une telle surprise attendue ; elle fut toutefois une surprise pour beaucoup, mais non pour lui-même.
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
La lecture de l'Évangile d'aujourd'hui nous fait penser à un triptyque, une icône en trois parties. Au centre, le Christ enseigne dans le Temple ; à gauche, Satan entre en Judas ; à droite, le Christ et l'agneau pascal. Il nous semble à présent que ce sont les trois thèmes fondamentaux de l'histoire évangélique et qu'il n'y en a pas d'autres. Ainsi, en une seule lecture, telle que l'Église l'a providentiellement fixée pour nous, nous voyons tout l'Évangile. Et c'est très précieux. Nous morcelons souvent notre vie spirituelle en expériences de petits fragments. Cela a son sens : pendant tout le jeûne de la Nativité, par exemple, nous pensons à la naissance de l'Enfant-Dieu ; puis, lorsque Noël est passé, nous le vivons encore quelque temps comme un événement accompli. Étendre ainsi une même expérience sur plusieurs mois a un certain sens. Vivre soudain tout l'Évangile en une seule minute en a un autre, mais non moins important. Ce sont, à vrai dire, deux points limites entre lesquels se situe tout l'éventail de notre vie spirituelle ordinaire. Et tout scientifique sait que, pour obtenir une image d'ensemble d'un phénomène, il faut faire varier tous ses paramètres sur les plages qui nous sont accessibles. Car un même phénomène peut avoir un aspect et un sens tout différents à l'une et à l'autre de ses limites. C'est difficile ; cela exige un effort particulier, une capacité de « réajustement ». Mais sans cela, on ne peut atteindre la plénitude. Cela est impossible dans l'activité professionnelle : une seule personne ne peut tout embrasser, même dans son propre domaine. Mais, dans l'esprit, nous avons le devoir de rechercher l'intégrité, car nous devons accéder à notre personne propre, qui est, par définition, un tout. Certes, cette intégrité, même dans les paroles de l'Évangile d'aujourd'hui, ne se révèle pas toujours ni immédiatement ; mais, avec une certaine expérience, nous pouvons et nous devons l'apprendre. Il arrive, par exemple, que nous n'ayons pas le temps d'accomplir notre règle de prière du matin ou du soir. Si nous avons acquis une expérience personnelle de discipline et d'assiduité en la matière, nous pouvons alors, lorsque le temps manque, nous retirer une ou deux minutes, fermer les yeux, concentrer notre attention à l'extrême, presque jusqu'à en avoir mal à la tête, et vivre toute la règle de prière dans ces une ou deux minutes. Il est important d'apprendre à le faire. C'est un pas vers la prière du silence. Car le silence est très dense et intense.
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
Beaucoup se sont interrogés sur la raison de la trahison de Judas : historiens, écrivains, spécialistes du Nouveau Testament. Pourtant, elle demeure encore inconnue. Les hypothèses les plus diverses ont été avancées, mais aucune ne peut être considérée comme exhaustive, même si beaucoup semblent avoir effectivement mis en lumière tel ou tel détail important de l'ensemble.
L'évangéliste, quant à lui, n'indique qu'une seule cause : Satan qui, selon ses mots, « entra en Judas ». À un chercheur, historien ou bibliste, une telle explication paraîtra manifestement insuffisante : d'un point de vue scientifique, elle n'explique rien. Mais peut-être l'évangéliste n'avait-il justement pas l'intention de donner une explication historique ? Ce n'est pas qu'il néglige l'histoire ou les faits.
Luc est précisément un historien : il recueille et analyse avec soin tout ce qui se rapporte à la vie terrestre du Sauveur, et ses livres, qu'il s'agisse de son Évangile ou du Livre des Actes, se distinguent par leur richesse factuelle. Mais, dans le cas de Judas, il préfère manifestement éviter les explications que cherchent les historiens. Une telle démarche n'a sans doute rien de fortuit. Certes, il est des choses auxquelles un chrétien trouve pénible de penser, sans même parler d'écrire à leur sujet. Mais est-ce là toute la question ?
Peut-être existe-t-il des choses qui ne s'expliquent par rien, par aucune circonstance, par aucun fait ? Peut-on seulement expliquer le mal ? Et surtout, faut-il l'expliquer ? Certes, tout péché a sa cause. Celui de Judas n'était pas non plus sans cause. Mais, pour la vie spirituelle, ce qui compte, ce ne sont pas les causes de l'acte accompli par l'homme, mais son sens spirituel, qui est déterminé par l'intention qu'il y met. Quels qu'aient été les mobiles de Judas, le résultat est évident : il veut se débarrasser de son Maître, à tout prix, même au prix de la trahison. Une telle intention est, au fond, entièrement irrationnelle, comme tout mal poussé jusqu'au bout.
Il y a ici un but, mais pas de sens. Ce n'est pas un hasard si, après avoir exécuté son projet, Judas s'est pendu : il n'a pas supporté l'absence de sens de son propre acte. Non pas une absence de sens intellectuel — de ce point de vue, il avait tout suffisamment réfléchi et mené à bien — mais spirituel : la trahison n'était que trahison, et rien de plus. Elle n'avait et ne pouvait avoir aucun autre sens spirituel, même si, au moment où Judas la préparait, il lui semblait qu'elle en avait un.
Ce n'est pas un hasard si l'évangéliste mentionne Satan : on retrouve ici le jeu habituel du diable, par lequel l'esprit des ténèbres s'efforce de donner l'illusion que le mal possède un sens et un contenu spirituels, qu'en réalité il n'a pas et ne peut avoir. Et Luc, semble-t-il, ne s'intéresse pas à la raison pour laquelle Judas est tombé dans le piège tendu. Il veut seulement montrer ce qui peut arriver à celui qui y tombe.
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. |
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter. |
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
Nous aimons beaucoup le Christ, et souvent, à cause de cet amour, nous avons beaucoup de peine pour Lui dans Ses souffrances ; nous voudrions tant que, par quelque miracle, Il les évite. En cela, nous ressemblons un peu à Pierre lorsqu’il disait : « Cela ne T’arrivera pas » (Mt 16:22) ; seulement nous nous écrions : si seulement Tu pouvais éviter une telle souffrance ! Et il nous semble, en ces instants, qu’il aurait suffi d’arrêter Judas pour que rien n’arrive. Judas devient l’objet de notre sentiment involontairement vengeur.
Mais nous ne devons pas oublier l’essentiel. La souffrance du Christ fut volontaire. Dans tout le drame, Judas ne jouait aucun rôle décisif ; il était simplement une victime, victime de sa faiblesse. Il est donc faux de voir en lui l’incarnation du mal mondial ou quelque chose de semblable. Si Judas n’avait pas été là, tout se serait déroulé selon un autre scénario, mais le sens de la Rédemption, comme plus grand événement de l’histoire de l’humanité, n’en aurait pas changé.
Une autre question, souvent soulevée à propos de Judas, concerne la liberté de sa volonté. N’était-il pas un simple instrument entre les mains de la providence ? Car le Christ dit qu’il était « le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie » (Jn 17:12). Bien sûr, il n’en est pas ainsi non plus. Jamais l’homme n’est un simple instrument entre les mains de Dieu ; pour Lui, chaque personne qu’Il a créée « à Son image et à Sa ressemblance » est trop précieuse. Certains exégètes pensent que, lorsque le Christ trempa le morceau et le donna à Judas, Il ne le fit pas pour étonner les disciples par Son omniscience, mais pour donner à Judas une chance de revenir à lui, car la conversation se déroulait à voix basse, comme on le verra si nous lisons attentivement le texte (Jn 13:26).
De plus, Judas pouvait, comme Pierre, se repentir. Mais se repentir précisément comme Pierre, en produisant un fruit digne du repentir. C’est justement cela que Judas ne parvient pas à faire. Et cela le rend très digne de pitié. La pitié, voilà le sentiment qui doit naître en nous à l’égard de cet homme.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
Tous les évangélistes décrivent le Royaume comme quelque chose d'inséparable de la personne de Jésus-Christ. Il n'y a là rien d'étonnant : c'est lui qui a apporté le Royaume au monde ; c'est en lui que, dès l'origine, toute la plénitude du Royaume était contenue, et il est impossible d'entrer dans le Royaume sans communion avec lui. Or, au cours de la Cène, Jésus lui-même relie la plénitude du Royaume à celle de sa propre vie, à cette plénitude divino-humaine qu'il porte en lui depuis l'instant de sa conception.
Au fond, la Cène n'était rien d'autre qu'un séder pascal, un repas rituel juif consacré à la fête de Pessa'h, parfois également appelée la Pâque juive. Son moment central était la prière de bénédiction du pain et du vin, qui unissait tous les convives réunis à la table de fête à Dieu et les uns aux autres. C'était le point culminant de la fête, du moins de sa célébration familiale : la présence de Dieu sanctifiait l'assemblée et en faisait une communauté, non seulement en unissant les participants au repas, mais aussi en faisant d'eux une partie du peuple de Dieu, perçu comme un seul corps spirituel. Jésus y unit aussi la plénitude de sa vie, la rendant ainsi accessible, et avec elle le Royaume, à chacun des participants au repas de fête. Il prononce les prières traditionnelles de bénédiction du pain et du vin, en y ajoutant les paroles sur la nouvelle alliance (« testament »), qu'il relie à son sang, tout comme, en bénissant le pain, il le relie à son corps (v. 19–20). Pour comprendre ces paroles, il importe de garder à l'esprit que, dans l'usage hébraïque, l'expression « corps et sang » signifiait la vie, la vie humaine dans toute sa plénitude et toutes ses manifestations. Dans le cas de Jésus, cette vie était manifestement inséparable de la divinité et de la plénitude du Royaume qui constituaient l'essence même de sa vie.
Notre vie est fondamentalement naturelle et, même lorsque nous entrons dans le Royaume, elle le demeure ; simplement, cette nature est transfigurée, comme toute la nature est transfigurée dans le Royaume. La vie de Jésus est fondamentalement surnaturelle ; sa composante naturelle est simplement unie à ce fondement surnaturel, jusqu'à en être totalement inséparable, sans pourtant jamais se fondre entièrement en lui. Et c'est cette vie divino-humaine qui est la sienne qu'il offre à ceux qui sont prêts à partager avec lui le repas sacré. Il n'est donc pas étonnant que Jésus mentionne le Royaume qu'il laisse à ses disciples, ainsi que le repas dans le Royaume (v. 28–30). Car tout repas auquel Jésus participe devient un repas du Royaume, quels que soient le lieu et le moment où il se déroule. Voilà pourquoi la fraction du pain devient le fondement de la vie spirituelle de l'Église dès la première génération chrétienne : chacune de ces assemblées devient un repas partagé par Jésus ressuscité et ses disciples toujours plus nombreux. Et donc un repas du Royaume.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
La fête de la Pâque approche, et les disciples sont certains que, dans quelques heures, leur Maître deviendra le Roi d'Israël promis, offrira dans le Temple le sacrifice rédempteur pour Son peuple, et que tous Le serviront, et donc les serviront eux aussi, Ses plus proches compagnons. Jésus confirme pour ainsi dire leurs paroles : tout s'accomplira très bientôt — Il ne goûtera pas au repas pascal avant d'avoir offert le sacrifice dans le triomphe du Royaume de Dieu, et les disciples auront douze trônes et l'autorité sur tout Israël.
Et c'est ici que le paradoxe de l'Évangile atteint son sommet : tout se passera exactement ainsi, mais tout se passera d'une tout autre manière. Jésus deviendra Lui-même le sacrifice pascal pour le péché du monde ; Il sera le moindre des hommes — Il sera exécuté comme un criminel, et les disciples connaîtront les persécutions et l'effondrement de leurs espérances. Le sacrifice a été offert, et ceux qui y ont part sont devenus citoyens du Royaume, qui ne ressemble absolument pas à tous les autres royaumes du monde.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; |
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » |
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » |
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. » |
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » « De rien », dirent-ils. |
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. |
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » |
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! » |
Au cours du séder pascal qui devint la Cène, Jésus montra plus clairement que jamais à Ses disciples ce qu'est le christianisme. C'est précisément la Cène qui est devenue pour les chrétiens l'événement sur lequel la vie de l'Église devait ensuite être fondée, jusqu'au retour du Christ dans la gloire. Toute fraction chrétienne du pain, toute eucharistie, devient en réalité la continuation de cette même Cène qui, tout en appartenant à l'éternité, se réfracte en même temps encore et encore dans l'histoire, devenant ce que l'Église appelle habituellement un sacrement.
Mais qu'était la Cène ? Extérieurement, un séder pascal ordinaire, le repas rituel et festif traditionnel juif célébré le premier jour, ou plus précisément la première nuit, de la fête de Pessa'h. À cet égard, Jésus n'invente rien de nouveau. Il n'a pas l'intention d'élaborer pour Ses disciples un rite religieux particulier. Et cela se comprend : Jésus n'avait pas l'intention de créer une nouvelle religion. Il parle d'autre chose : de Son corps et de Son sang. Que veut-Il dire ?
Dans l'usage juif traditionnel, qu'il s'agisse de l'hébreu ou de l'araméen, le corps et le sang désignent la personne, la nature humaine, la vie humaine. Mais la vie dans toute sa plénitude, tant naturelle que spirituelle. Dans le cas du Christ, cela représente énormément. On pourrait dire : immensément, car Il porte en Lui la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Et les repas rituels juifs avaient toujours été un lieu de rencontre, non seulement de Dieu avec la personne, mais aussi des personnes rassemblées à une même table les unes avec les autres. La présence de Dieu les unissait et les sanctifiait comme un tout unique, un seul organisme, un seul corps spirituel. Aux temps évangéliques, tout le peuple juif était précisément perçu de cette manière, comme un unique organisme spirituel et non pas seulement comme une communauté ethnique. Les repas rituels jouaient un rôle immense dans son existence comme corps spirituel unique : avant tout, bien sûr, les repas du shabbat, mais aussi ceux des autres fêtes juives, qui reposaient sur la fraction du pain comme moment de rencontre des participants avec Dieu et entre eux.
Jésus S'introduit Lui-même dans cette communion. Il y apporte la plénitude de Sa vie, et donc de la vie du Royaume qu'Il a apporté au monde. Il l'y apporte pour tous les temps à venir, jusqu'au jour où Il reviendra comme Roi triomphant de Son Royaume pleinement révélé. Le christianisme est précisément la participation à cette vie du Christ, le fait d'avoir part à la vie de Son Royaume. Tout le reste n'est que son cadre, un contexte historique qui peut prendre n'importe quelle forme, pourvu qu'il ne contredise pas la tâche principale. À la rigueur, on peut même s'en passer complètement, pourvu que demeure ce qui a commencé lors de la Cène. C'est en effet cela qui fait de l'Église l'Église. Le reste sera donné par surcroît, s'il est nécessaire.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
À mesure qu'approchent Pâques et la Passion, le récit évangélique devient comme des séquences de film documentaire. Chaque pas du Christ vers le Golgotha est relevé par l'évangéliste. La trahison de Judas… le jour des Azymes… la description, étonnamment détaillée, de la manière dont Jésus envoie deux disciples « préparer la Pâque », des paroles préparées par le Maître qu'ils adressent à un passant rencontré par hasard — sans que l'on sache clairement s'il s'agit ici de la clairvoyance du Seigneur ou du résultat d'un accord préalable. Cette marche progressive vers l'œuvre rédemptrice du Christ est très bien exprimée dans la Passion selon saint Matthieu de Bach : dans le thème principal du prélude résonne une marche douloureuse, comme les pas du Christ sur le chemin de la Croix…
« Alors Satan entra en Judas. » La figure de cet apôtre devenu traître n'a cessé de susciter l'intérêt tout au long de l'histoire qui a suivi. On a expliqué son acte par les motifs les plus divers : de la banale cupidité au projet ingénieux de pousser le Christ à une action politique effective en tant que Messie… L'Évangile, lui, ne se lance pas dans de longues explications. Il constate simplement : Satan entra en lui. Le mal est irrationnel, inexplicable ; sa source originelle, ce sont les esprits du mal dans les régions célestes. L'homme tombe sous leur influence s'il leur ouvre la porte de son cœur. Comprendre que « notre combat n'est pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les dominateurs des ténèbres de ce siècle » (Ep 6,12) doit éveiller la compassion envers les captifs du mal. N'est-ce pas pour cela que, selon un autre évangéliste, le Christ adresse à Judas, dans le jardin de Gethsémani, cette question : « Ami ! Pourquoi es-tu venu ? » (Mt 26,50) — nous rappelant la première question de Dieu à l'homme déchu dans l'histoire : « Où es-tu ? » (Gn 3,9). Les deux questions renvoient l'homme qui se tient au bord d'une chute définitive à lui-même : où en es-tu par rapport à Dieu ? N'as-tu pas perdu ton propre être, tel que le Créateur l'a voulu ? Car nous avons été créés pour entrer dans « la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8,21), mais la chute dans les ténèbres nous a privés de cette liberté : « celui qui commet le péché est esclave du péché » (Jn 8,34).
« Et lorsque l'heure fut venue, Il Se mit à table… » On a l'impression que le Christ, par Son regard intérieur, vérifie constamment les temps et les moments fixés pour le Sacrifice rédempteur « avant tous les siècles », au Conseil prééternel. Il confronte chacun de Ses pas à la volonté du Père. Toute Sa vie, le Seigneur S'est avancé vers « cette heure » (cf. Jn 12,27), et voici que cette heure est arrivée. « J'ai vivement désiré manger cette Pâque avec vous avant Ma souffrance. » Certains chercheurs estiment que Jésus a, précisément pour cela, célébré la fête de la Pâque avec Ses disciples un jour plus tôt. Si ardent était Son désir de passer les dernières heures de Sa vie terrestre avec Ses proches, avec Ses amis — ceux qui étaient avec Lui depuis le commencement et qui, bien plus tard, suivraient à leur tour Son chemin de Croix...
Et voici que s'accomplit l'Eucharistie : sacrement du Christ ressuscité avant la Résurrection, signe de Sa mort avant Sa mort, « mémoire » de Sa vie auprès de Lui. Jésus ne mangera plus jamais l'agneau pascal : Il est Lui-même devenu l'Agneau. Il ne boira plus du fruit de la vigne : Sa mort ouvrira les cieux, et le vin nouveau de l'Esprit Saint se répandra sur la terre. Mais, comme toujours dans la vie, le sublime côtoie le bas : la Nouvelle Alliance vient à des hommes qui, à la veille des souffrances et de la mort du Sauveur, mesurent encore leurs ambitions, rivalisent, luttent pour des places privilégiées dans le Royaume des Cieux, se disputent pour savoir lequel d'entre eux est « le plus grand ». « Mais Moi, Je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » Dans les communautés de L'Arche, où vivent des personnes ayant un handicap intellectuel et leurs assistants, il existe une tradition de se laver, au sens propre, les pieds les uns aux autres : non seulement à ceux que l'on aime bien, mais aussi à ceux qui suscitent le rejet. Ce rite profond et simple exprime l'essence même de l'Évangile. « Prenons l'avant-dernière place, car Jésus a déjà pris la dernière », disait saint Charles de Foucauld.
Le Christ a réellement pris la toute dernière place au repas dans Son Royaume. Il est devenu un petit morceau de pain et une goutte de vin. Et Sa Présence discrète, mais agissante, entrant en nous, nous fait participer à Sa Vie, afin que nous puissions, nous aussi, donner cette Vie aux autres.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait. |
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple. |
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze. |
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. |
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. |
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule. |
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque, |
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. » |
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? » |
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera, |
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? » |
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. » |
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. |
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. |
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; |
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. » |
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ; |
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. » |
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. » |
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. |
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. |
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! » |
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela. |
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ? |
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. |
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. |
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! |
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; |
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi : |
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. |
La Cène se déroule dans une grande chambre haute, déjà préparée pour recevoir des invités. Cette chambre haute ressemble à l’homme qui, libéré des forces obscures, doit inviter le Christ chez lui afin qu’Il demeure constamment dans son coeur. Le Christ est entré dans la chambre haute de Jérusalem pour y accomplir la Cène, mais aujourd’hui encore chaque coeur peut devenir une telle chambre haute grâce à l’Eucharistie.
Si Jésus n’est pas invité dans la chambre haute balayée et préparée, des esprits impurs s’y installeront. À de nombreuses reprises, on a tenté de justifier Judas, d’attribuer à sa trahison des motifs élevés, mais l’évangéliste témoigne clairement : Satan entra en Judas. Il entra précisément parce que Judas s’était détourné du Maître. Et nous voyons que les autres disciples aussi, bien qu’ils n’aient pas commis de trahison comme Judas, pensaient dans les catégories du succès terrestre. À la veille des souffrances du Maître, dont ils avaient été avertis, ils discutent avec légèreté de la primauté... La nature humaine déchue est prête à tout déformer ; même le service chrétien, elle s’efforce de le transformer en moyen d’affirmation de soi. Et si une telle tentation commence à nous assaillir, que les paroles du Sauveur ne se taisent pas dans notre conscience : que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
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