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RÉFLEXIONS pour Mc 14:4-5

Or il y en eut qui s'indignèrent entre eux : " A quoi bon ce gaspillage de parfum ?
Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. " Et ils la rudoyaient.
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La fête approche, et une séparation se produit. Elle ne tient pas seulement au fait que les adversaires du Christ, préparant le meurtre, se préoccupent beaucoup plus de la réaction possible du peuple à un bain de sang pendant la fête que de la monstruosité même du supplice. La séparation tient aussi au fait que la division annoncée par le Maître se produit parmi Ses disciples.

En versant sur Jésus un parfum précieux, la femme accomplit un acte extravagant, impratique, ne correspondant pas aux idées sur un comportement normal. La réaction des disciples correspond au «bon sens»: pourquoi ne pas utiliser une telle valeur pour les besoins de la charité? Jean témoigne que Judas a parlé ainsi, mais Marc parle de quelques disciples. Cela signifie que le trouble était collectif. D’ailleurs, la réaction de la plupart d’entre nous serait-elle différente?

La manifestation visible de l’amour avec ses folies a troublé les disciples et est devenue l’une des pierres contre lesquelles l’un d’eux a trébuché. Mais on ne peut pas toujours justifier avec calcul la foi, l’espérance et l’amour; et pourtant, combien de fois ceux qui se sont laissé guider par eux ont accompli l’impossible.

Dans le quotidien, bien sûr, il n’est pas demandé de rejeter ni l’économie ni la sobriété pratique: elles ont leur place légitime dans le monde. Seulement, il ne faut pas oublier la faillite du calculateur Judas.

Autres réflexions

 
Pour Mc 14:3-9
Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu'il était à table, une femme vint, avec un flacon d'albâtre contenant un nard pur, de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
Or il y en eut qui s'indignèrent entre eux : " A quoi bon ce gaspillage de parfum ?
Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. " Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus dit : " Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C'est une bonne œuvre qu'elle a accomplie sur moi.
Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
Elle a fait ce qui était en son pouvoir: d'avance elle a parfumé mon corps pour l'ensevelissement.
En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l'Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
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L’une des propriétés uniques, infiniment précieuses et chères pour nous, de l’Évangile selon Marc est qu’il remarque des détails de vie, ou même pourrait-on dire du quotidien...  Lire la suite

L’une des propriétés uniques, infiniment précieuses et chères pour nous, de l’Évangile selon Marc est qu’il remarque des détails de vie, ou même pourrait-on dire du quotidien, apparemment insignifiants, mais toujours remplis d’un sens immense. Rappelez-vous comment lui seul, parmi les synoptiques, remarque que l’aveugle Bartimée jette son manteau avant de s’approcher de Jésus. Ici aussi, dans notre lecture d’aujourd’hui, lui seul remarque que la femme brisa le vase. Image simple, très visuelle, mais remplie d’un sens très profond. Arrêtons aujourd’hui sur elle notre regard priant. Pourquoi l’a-t-elle fait ? La première réponse possible : pour que plus jamais rien ne soit versé dans ce vase. C’est une remarquable interprétation, que l’on rencontre dans l’exégèse contemporaine, et elle est sans doute pleinement juste. Par ce geste, elle a accompli la plénitude du moment. Mais permettons-nous encore une autre interprétation. Rappelons-nous que cette femme est pécheresse, comme la dépeignent les évangélistes. Et que signifie pour elle cet état de péché ? Rappelons les psaumes. « À cause de tous mes adversaires je suis devenu un objet d’opprobre, même pour mes voisins, et d’effroi pour mes connaissances ; ceux qui me voient dans la rue fuient loin de moi. Je suis oublié des coeurs comme un mort ; je suis comme un vase brisé, car j’entends les médisances de beaucoup ; la terreur m’environne quand ils se concertent contre moi, ils méditent de m’ôter la vie (Ps 31:12-14) ». L’intégrité du vase dont le parfum est versé sur la tête de Jésus, et son brisement dès qu’il cesse de le servir. L’intégrité auprès de Dieu, le brisement entre les mains du péché. Oui, tout simplement l’impossibilité, l’inutilité d’une chose (et d’un homme, « je suis comme un vase brisé ») si elle ne sert pas le Christ.

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Pour Mc 14:3-9
Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu'il était à table, une femme vint, avec un flacon d'albâtre contenant un nard pur, de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
Or il y en eut qui s'indignèrent entre eux : " A quoi bon ce gaspillage de parfum ?
Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. " Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus dit : " Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C'est une bonne œuvre qu'elle a accomplie sur moi.
Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
Elle a fait ce qui était en son pouvoir: d'avance elle a parfumé mon corps pour l'ensevelissement.
En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l'Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
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Dans la lecture d'aujourd'hui, le Christ arrête ceux qui, à voix haute et devant Lui, condamnent une femme pour avoir versé...  Lire la suite

Dans la lecture d'aujourd'hui, le Christ arrête ceux qui, à voix haute et devant Lui, condamnent une femme pour avoir versé de l'huile sur Sa tête. Dans l'Évangile, il n'y a que quelques exemples d'une telle offrande faite au Christ. Les premiers furent les mages au jour de Sa naissance.

Le Christ dit aux gens qui condamnent la femme : « Pourquoi la troublez-vous ? » Il arrive que, dans un élan de l'âme, dans une impulsion du coeur, nous accomplissions des actes personnels et sincères pour lesquels nous sommes tournés en ridicule et condamnés. Cette femme, dans un amour silencieux et une ouverture du coeur, a versé une huile précieuse. Elle a apporté un don. « Dans le monde entier, on dira cela en mémoire d'elle. »

Dans le texte, nous ne trouvons pas ses paroles. Mais le Christ dit : « Elle a fait ce qu'elle pouvait : elle a d'avance oint Mon corps pour la sépulture. » Cette femme est l'un de ces témoins et artisans muets du Christ, comme ceux qui donnèrent l'ânon avant l'entrée du Seigneur à Jérusalem, ou la chambre où Il pouvait manger la Pâque. Et cette femme est devenue témoin du chemin du Christ. Du chemin de la vie du Christ, de Son supplice, de Sa sépulture et de Sa Résurrection dans la gloire et pour le salut du monde.

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Pour Mc 14:1-31
La Pâque et les Azymes allaient avoir lieu dans deux jours, et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse pour le tuer.
Car ils se disaient : " Pas en pleine fête, de peur qu'il n'y ait du tumulte parmi le peuple. "
Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu'il était à table, une femme vint, avec un flacon d'albâtre contenant un nard pur, de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
Or il y en eut qui s'indignèrent entre eux : " A quoi bon ce gaspillage de parfum ?
Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. " Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus dit : " Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C'est une bonne œuvre qu'elle a accomplie sur moi.
Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
Elle a fait ce qui était en son pouvoir: d'avance elle a parfumé mon corps pour l'ensevelissement.
En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l'Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
10 Judas Iscariote, l'un des Douze, s'en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer.
11 A cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l'argent. Et il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12 Le premier jour des Azymes, où l'on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : " Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? "
13 Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : " Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : "Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?"
15 Et il vous montrera, à l'étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ; faites-y pour nous les préparatifs. "
16 Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze.
18 Et tandis qu'ils étaient à table et qu'ils mangeaient, Jésus dit : " En vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera, un qui mange avec moi. "
19 Ils devinrent tout tristes et se mirent à lui dire l'un après l'autre : " Serait-ce moi ? "
20 Il leur dit : " C'est l'un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le même plat.
21 Oui, le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! "
22 Et tandis qu'ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : " Prenez, ceci est mon corps. "
23 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous.
24 Et il leur dit : " Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude.
25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. "
26 Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27 Et Jésus leur dit : " Tous vous allez succomber, car il est écrit : Je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersées.
28 Mais après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée. "
29 Pierre lui dit : " Même si tous succombent, du moins pas moi ! "
30 Jésus lui dit : " En vérité, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. "
31 Mais lui reprenait de plus belle : " Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas. " Et tous disaient de même.
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L'affaire approche de son dénouement. Les traits véritables des personnages, leurs désirs profonds, se manifestent avec toujours plus de netteté. Les scribes et les pharisiens ne...  Lire la suite

L'affaire approche de son dénouement. Les traits véritables des personnages, leurs désirs profonds, se manifestent avec toujours plus de netteté. Les scribes et les pharisiens ne discutent plus. Ils ont perdu toutes les discussions. Et cela ne les a ni convaincus, ni arrêtés, ni fait douter. «Engeance de vipères», comme Jean les a appelés. Ils ont longtemps disputé avec la Vérité; il ne reste maintenant qu'à la tuer. Ils ont enfin compris ouvertement leur véritable désir: «s'emparer de lui par ruse et le tuer». Ils l'avaient fait depuis longtemps dans leur coeur. Ils ne se soucient que d'une chose: que le peuple ne pense rien de mauvais d'eux.

La femme, elle, «qui était connue dans la ville comme pécheresse», aurait pu craindre la colère et la condamnation. Il lui est impossible de cacher ses vices. Mais c'est précisément elle qui apporte le parfum précieux. L'élan de son coeur l'entraîne irrésistiblement vers Jésus. Tout s'y exprime: l'amour, la gratitude, le repentir. Elle ne pense pas à ce que les gens diront d'elle.

Judas part enfin pour accomplir sa trahison. Lui aussi a pris sa décision.

Que peut encore avoir le temps de faire Jésus pour nous, pour ses disciples, pour les hommes? Que pouvait-il faire, au fond? Se donner lui-même. Rester avec nous. Le repas pascal avec les disciples continue jusqu'à ce jour. Jésus vient à nous, comme il l'a promis, dans le sacrement de l'Eucharistie. L'alliance avec Dieu, la Nouvelle Alliance, est renouvelée à chaque Liturgie. Le Pain et le Vin, transformés par son Esprit, nourrissent et rassasient chacun: «...et ils en burent tous». Il reste fidèle jusqu'à la fin et pour les siècles des siècles. Et notre coeur exulte après la communion, comme celui des disciples: ils «chantèrent l'hymne».

Mais en même temps, un autre thème traverse le passage: celui de la trahison. Judas trahit. Pierre reniera. Les disciples s'attristent et doutent d'eux-mêmes: «serait-ce moi?». Ils ne savent pas ce qu'il y a dans leur coeur. On voudrait «mourir avec lui», mais il se trouve que cela ne marche pas. Ils ne peuvent pas encore se déterminer. Et nous?

Et pourquoi cela nous arrive-t-il sans cesse? Tout nous a été donné: la sagesse, la vérité, l'amour, la vie. Et nous doutons, nous renions et souvent nous trahissons. Est-il possible de rester fidèles jusqu'à la fin? Quelle est notre décision? Qu'y a-t-il dans notre coeur?

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Pour Mc 14:1-31
La Pâque et les Azymes allaient avoir lieu dans deux jours, et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse pour le tuer.
Car ils se disaient : " Pas en pleine fête, de peur qu'il n'y ait du tumulte parmi le peuple. "
Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu'il était à table, une femme vint, avec un flacon d'albâtre contenant un nard pur, de grand prix. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
Or il y en eut qui s'indignèrent entre eux : " A quoi bon ce gaspillage de parfum ?
Ce parfum pouvait être vendu plus de trois cents deniers et donné aux pauvres. " Et ils la rudoyaient.
Mais Jésus dit : " Laissez-la ; pourquoi la tracassez-vous ? C'est une bonne œuvre qu'elle a accomplie sur moi.
Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous et, quand vous le voudrez, vous pourrez leur faire du bien, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
Elle a fait ce qui était en son pouvoir: d'avance elle a parfumé mon corps pour l'ensevelissement.
En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l'Évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
10 Judas Iscariote, l'un des Douze, s'en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer.
11 A cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l'argent. Et il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12 Le premier jour des Azymes, où l'on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : " Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? "
13 Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : " Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : "Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?"
15 Et il vous montrera, à l'étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ; faites-y pour nous les préparatifs. "
16 Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze.
18 Et tandis qu'ils étaient à table et qu'ils mangeaient, Jésus dit : " En vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera, un qui mange avec moi. "
19 Ils devinrent tout tristes et se mirent à lui dire l'un après l'autre : " Serait-ce moi ? "
20 Il leur dit : " C'est l'un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le même plat.
21 Oui, le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! "
22 Et tandis qu'ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : " Prenez, ceci est mon corps. "
23 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous.
24 Et il leur dit : " Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude.
25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. "
26 Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27 Et Jésus leur dit : " Tous vous allez succomber, car il est écrit : Je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersées.
28 Mais après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée. "
29 Pierre lui dit : " Même si tous succombent, du moins pas moi ! "
30 Jésus lui dit : " En vérité, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. "
31 Mais lui reprenait de plus belle : " Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas. " Et tous disaient de même.
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La lecture d’aujourd’hui comprend plusieurs épisodes liés entre eux par un même thème : celui de la fidélité et de la trahison...  Lire la suite

La lecture d’aujourd’hui comprend plusieurs épisodes liés entre eux par un même thème : celui de la fidélité et de la trahison. Elle commence par le récit de la femme qui a oint Jésus d’une huile parfumée précieuse, le myrrhe (v. 1-11). Il est remarquable que la description de l’événement lui-même soit précédée ici de la mention du désir des grands prêtres et des scribes de tuer Jésus (v. 1-2), et qu’elle soit immédiatement suivie de la mention de la trahison de Judas (v. 10-11), de sorte que le récit de l’onction de Jésus et le récit de la trahison de Judas se fondent en un seul récit. Dans le récit de l’évangéliste, la trahison de Judas se trouve en quelque sorte liée à l’acte de la femme qui a versé le parfum sur la tête de Jésus. On pourrait croire qu’il ne peut y avoir aucun lien, d’autant plus que l’idée de la trahison, comme cela arrive d’ordinaire, avait dû naître dans l’esprit de Judas bien avant la décision définitive. Mais il est tout à fait possible qu’à ce moment précis quelque chose dans la situation ait servi de dernier élan, après lequel il se décide à réaliser ce qu’il méditait depuis longtemps. Un indice peut être ici la mention du mécontentement manifesté par certains des présents, qui jugeaient une telle dépense de parfum précieux trop prodigue (v. 4-5). Mais Jésus remet aussitôt tout à sa place : d’abord Lui-même, et ensuite seulement l’aide aux pauvres (v. 6-9). Il nous indique ainsi l’une des lois les plus importantes de la vie spirituelle : les relations concrètes et vivantes avec Dieu et avec le Christ sont plus importantes que tout le reste, et tout le reste, même des choses aussi importantes que les œuvres de miséricorde, n’est que la conséquence de ces relations. Les pauvres seront toujours dans le monde ; les projets visant à débarrasser complètement le monde de la pauvreté sont une utopie, et la bienfaisance n’a manifestement pas cet objectif. Elle n’est qu’un moyen en vue d’autre chose, une manière d’exprimer son amour du prochain qui a besoin d’aide. Si cette relation profondément personnelle envers celui que l’on aide disparaît, la bienfaisance cesse d’être une œuvre d’amour et devient une idée abstraite, que l’on peut bien sûr servir comme toute idée, mais qui cesse alors d’être miséricorde au sens évangélique. L’amour évangélique n’est ni une idée ni une émotion ; c’est une relation, et c’est pourquoi, à la différence des idées ou des émotions, souvent assez abstraites, il est toujours absolument concret. Voilà pourquoi, lors de la Cène, où cette relation de Jésus avec Ses disciples se révèle dans toute sa plénitude, le pain et le vin deviennent Son Corps et Son Sang (v. 22-25). Car tout repas sacré chez les Juifs croyants a toujours été avant tout l’expression de l’unité spirituelle et de l’amour fraternel, précisément de ce qui, dans l’amour évangélique, atteint sa plénitude ultime. Et plus cette unité et cet amour se manifestaient clairement, plus il y avait dans un tel repas d’esprit et moins de nature pure, non spiritualisée. Mais l’amour d’un homme ordinaire n’atteint jamais par lui-même cette plénitude capable de transformer entièrement la nature et de la spiritualiser. Cela n’est accessible qu’à Celui qui porte en Lui toute la plénitude de Dieu et qui peut aimer jusqu’au bout, de telle sorte que, dans Sa relation avec celui qu’Il aime, il n’y ait plus de place pour la nature non transfigurée. Alors nous n’avons plus devant nous du pain et du vin, comme auparavant, mais le Corps et le Sang, qui nous unissent tout à fait réellement à Celui qui est venu nous donner le Royaume. Mais c’est précisément cette profondeur de relation qui peut devenir insupportable pour celui qui n’est pas prêt à faire confiance jusqu’au bout. Il est impossible de suivre Jésus seulement au nom d’une idée ; sans relation personnelle avec Lui, sans cet amour qu’Il donne à quiconque est prêt à Lui faire confiance, une telle marche ne peut se terminer que par un effondrement spirituel. C’est apparemment ce qui est arrivé à Judas, qui était peut-être prêt à accepter Jésus comme chef et inspirateur idéologique, mais qui, semble-t-il, ne L’aimait pas du tout. Et cette absence d’amour conduisit Judas à un effondrement spirituel qui, dans son cas, se transforma en trahison du Maître. L’élan décisif fut manifestement précisément le fait que Jésus Se désigna Lui-même comme ce que Ses disciples avaient de plus important. Car il fallait alors accepter Jésus Lui-même, non comme chef d’un mouvement ou porteur d’une idée, mais précisément Lui-même, comme Personne, comme Homme qu’il fallait simplement aimer, aimer humainement, comme on aime ses amis. Aimer ou trahir. Tel est le choix devant lequel, à un certain moment de sa vie spirituelle, se trouve quiconque a décidé, pour une raison quelconque, de suivre Jésus. Un choix dont dépend notre présence dans le Royaume ou dans les ténèbres.

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