35 Prenant la parole, Jésus disait en enseignant dans le Temple : " Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? |
36 C'est David lui-même qui a dit par l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds. |
37 David en personne l'appelle Seigneur ; comment alors peut-il être son fils ? " Et la foule nombreuse l'écoutait avec plaisir. |
38 Il disait encore dans son enseignement : " Gardez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques, |
39 à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
40 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère. " |
41 S'étant assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. |
42 Survint une veuve pauvre qui y mit deux piécettes, soit un quart d'as. |
43 Alors il appela à lui ses disciples et leur dit : " En vérité, je vous le dis, cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. |
44 Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. " |
Ce n’est sans doute pas un hasard si l’enseignement du Christ sur le Fils de David et sur le fait que le Christ est le Seigneur côtoie le récit de la pauvre veuve. La veuve a donné très peu au Temple, presque rien, mais ce presque rien représentait tout ce qu’elle possédait. Le Christ, s’étant abaissé, a partagé le sort de tous ceux qui souffrent et sont pauvres, y compris celui de personnes comme cette veuve. Or c’est précisément dans cette condition qu’Il s’est offert tout entier en sacrifice.
Il est tout à fait naturel qu’à cet endroit de l’Évangile la conduite des scribes soit désapprouvée : ils dévorent les biens des veuves, et ce sont eux aussi qui enverront le Fils de l’homme à la mort.
Comme l’a remarqué l’évangéliste, beaucoup écoutaient les paroles du Christ avec plaisir. Cela semblerait parler en faveur de ceux qui écoutaient. Pourtant, le « plaisir » peut être de différentes sortes, et il est facile de commencer à recevoir ces paroles de manière esthétique, en admirant l’éloquence de l’orateur sans suivre dans la vie quotidienne ce que l’on a entendu. C’est alors que nous devenons semblables aux scribes qui viennent d’être mentionnés...
35 Prenant la parole, Jésus disait en enseignant dans le Temple : " Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? |
36 C'est David lui-même qui a dit par l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds. |
37 David en personne l'appelle Seigneur ; comment alors peut-il être son fils ? " Et la foule nombreuse l'écoutait avec plaisir. |
38 Il disait encore dans son enseignement : " Gardez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques, |
39 à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
40 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère. " |
41 S'étant assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. |
42 Survint une veuve pauvre qui y mit deux piécettes, soit un quart d'as. |
43 Alors il appela à lui ses disciples et leur dit : " En vérité, je vous le dis, cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. |
44 Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. " |
Le passage d'aujourd'hui nous propose deux images : celle des scribes, habitués aux honneurs et au respect, et celle de la pauvre veuve qui a donné au Temple tout ce qui lui restait. À première vue, nous avons devant nous deux thèmes différents, peu liés l'un à l'autre. Et pourtant il existe un lien entre eux, même s'il ne saute pas tout de suite aux yeux. Car, au fond, il est ici question de richesse et de pauvreté.
Et il ne s'agit pas seulement du fait que les « scribes », c'est-à-dire les théologiens, enseignants de la Loi, étaient en règle générale des gens aisés, ce qu'on ne peut nullement dire de la pauvre veuve. Dans l'Évangile, comme dans la Bible en général, la pauvreté est considérée avant tout non comme un état matériel, mais comme un état spirituel. L'un des plus grands prophètes de l'Ancien Testament, Isaïe de Jérusalem, se considérait lui aussi comme un « pauvre », bien qu'il appartînt à l'une des meilleures familles aristocratiques de Jérusalem et fût loin d'être indigent. Ses disciples également, que l'Ancien Testament appelle souvent « pauvres », étaient, semble-t-il, pour la plupart des gens de condition moyenne. Ces gens se disaient « pauvres » parce qu'ils tenaient pour unique appui de leur vie non leurs biens ni leur statut social, mais Dieu, à qui ils se confiaient entièrement et sans réserve, comme si, hors de Dieu, ils n'avaient vraiment plus rien sur quoi s'appuyer ni à quoi se raccrocher dans un moment difficile.
La pauvre veuve, ayant donné au Temple tout ce qui lui restait, s'est comportée exactement de la même façon : son offrande a montré qu'elle faisait absolument confiance à Dieu. Il en va autrement de ceux qui ne donnaient qu'une partie de ce qu'ils possédaient : il reste alors tout de même une autre partie de l'épargne sur laquelle on peut toujours compter. Bien sûr, une telle offrande demeure agréable à Dieu, mais la plénitude de la confiance n'y est pas encore. La veuve, elle, en donnant tout à Dieu, Lui a précisément témoigné une confiance totale. Ce sont justement de tels pauvres que Jésus appelle « bienheureux » dans le Sermon sur la montagne.
Mais la richesse ne s'exprime pas seulement en argent ou en biens. Le savoir, l'honneur, la position sociale, tout cela est aussi une forme de richesse. Or la pauvreté authentique, évangélique, est impossible tant que le maître jouit de sa richesse, qui peut prendre aussi des formes comme celles des scribes décrits dans le récit d'aujourd'hui, enivrés des marques d'honneur et de respect que leur témoignent les simples croyants. Et il ne s'agit évidemment pas ici du savoir ni du statut en eux-mêmes, ni même des péchés qui peuvent s'y trouver liés (la mention de ceux qui « dévorent les maisons des veuves » en v.40 n'est guère fortuite, surtout si l'on tient compte du fait que porter atteinte aux biens de la veuve ou de l'orphelin constitue une violation directe de la Loi que ces gens enseignaient aux autres). Il s'agit du fait que le savoir et le statut obscurcissent Dieu pour ceux qui les possèdent, les poussant à croire en ce qui, en réalité, n'existe pas : leur propre justice et leur importance aux yeux de Dieu. Et alors on peut à peine parler de la plénitude de confiance en Dieu que suppose la pauvreté évangélique.
35 Prenant la parole, Jésus disait en enseignant dans le Temple : " Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? |
36 C'est David lui-même qui a dit par l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds. |
37 David en personne l'appelle Seigneur ; comment alors peut-il être son fils ? " Et la foule nombreuse l'écoutait avec plaisir. |
38 Il disait encore dans son enseignement : " Gardez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques, |
39 à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
40 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère. " |
41 S'étant assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. |
42 Survint une veuve pauvre qui y mit deux piécettes, soit un quart d'as. |
43 Alors il appela à lui ses disciples et leur dit : " En vérité, je vous le dis, cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. |
44 Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. " |
Le plus grand et dernier obstacle pour les pharisiens était la simplicité des origines de Jésus. Comment Le reconnaître comme Christ, c’est-à-dire comme Messie ? Car tout le monde sait que le Messie est descendant de David, donc de lignée royale. Or les pharisiens ne voyaient devant eux que le fils du charpentier. Jésus met au second plan la question de l’origine humaine du Messie : l’essentiel n’est pas tant Son appartenance à la maison royale que le fait qu’Il demeure à la droite du Père et qu’Il est le Fils de Dieu, le Seigneur du monde. Les paroles suivantes sont un avertissement contre la piété hypocrite, lorsque l’extérieur ne correspond pas à l’intérieur. Cependant, le Christ ne condamne pas l’extérieur en lui-même (cf.Mt 23:2-3). Le principal danger apparaît lorsque l’extérieur devient seulement ostentatoire. Après ce que le Christ a dit des scribes, nous pouvons mesurer la signification de l’obole de la veuve. N’était-elle pas l’une de ces veuves que dépouillaient les scribes adonnés à de longues prières hypocrites ? D’un autre côté, le Christ venait, en répondant à la question d’un scribe, d’exprimer l’essence de la Loi dans le double commandement de l’amour. Le scribe qui L’interrogeait fut d’accord avec Lui et, pour confirmer cet accord, cita lui aussi la Loi. Et pourtant, l’amour de Dieu, inséparable de l’amour du prochain, ne fut pas manifesté par le scribe, mais par une pauvre veuve : si l’on tient compte du fait que le minimum vital équivalait alors à un denier, et qu’un quadrant valait un soixante-quatrième de denier, il apparaît que la veuve n’avait presque rien pour subsister ; et ce rien, sa dernière petite parcelle, elle l’a donné au Temple, l’a offert en sacrifice à Dieu. Dans cet épisode se révèle devant nous toute la portée des petites œuvres, qui ne se mesurent pas par des calculs extérieurs, mais par le degré de don de soi à Dieu dans la foi et l’amour pour Lui.
35 Prenant la parole, Jésus disait en enseignant dans le Temple : " Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? |
36 C'est David lui-même qui a dit par l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds. |
37 David en personne l'appelle Seigneur ; comment alors peut-il être son fils ? " Et la foule nombreuse l'écoutait avec plaisir. |
38 Il disait encore dans son enseignement : " Gardez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques, |
39 à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
40 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère. " |
41 S'étant assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. |
42 Survint une veuve pauvre qui y mit deux piécettes, soit un quart d'as. |
43 Alors il appela à lui ses disciples et leur dit : " En vérité, je vous le dis, cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. |
44 Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. " |
Les paroles du Sauveur sur les maîtres de la Torah («scribes»), qui aiment les honneurs et l'attention portée à leur personne tout en restant, au fond, des parasites inutiles, sont souvent comprises de manière historico-concrète, en les rapportant précisément et uniquement aux personnes auxquelles elles furent adressées. Une telle approche est bien sûr juste: si Jésus dénonçait quelqu'un, Il le faisait toujours de manière tout à fait concrète, en S'adressant aux personnes qui L'entouraient. D'un autre côté, cependant, lorsqu'Il dénonçait quelqu'un, Jésus avait généralement en vue un problème spirituel bien défini, toujours plus vaste que son contexte historique. Or le problème, dans ce cas, tenait à ceci: à côté de véritables maîtres, qui étaient comme toujours peu nombreux, il y avait alors dans la Synagogue, comme d'ailleurs à toutes les autres époques, beaucoup de ceux qui se considéraient seulement comme maîtres, ou qui l'étaient même aux yeux des hommes, mais non de Dieu. Le problème principal se ramenait ici au dilemme éternel de la vie spirituelle, et de la vie en général: être ou paraître?
En même temps, «paraître» ne signifie pas forcément une hypocrisie ouverte ou du cynisme; tout est beaucoup plus subtil, au point qu'une personne initialement disposée à chercher et à acquérir la vraie vie spirituelle peut parfois s'y tromper. L'un des principaux problèmes pour une telle personne devient l'incapacité d'être vraiment elle-même, incapacité qui vient le plus souvent de la peur. Il ne s'agit pas d'une frayeur ordinaire, lorsque quelqu'un est effrayé par quelque chose de nouveau, d'inhabituel ou d'inacceptable aux yeux d'autrui, mais de cette peur profonde où l'homme commence à craindre pour lui-même, tel qu'il veut se voir, au point d'être prêt à sacrifier son vrai moi à sa propre image.
Ici, bien sûr, la nature déchue de l'homme joue un rôle immense; la voir telle qu'elle est se révèle vraiment pour le moins désagréable, et l'image de soi que l'homme se peint devient à la fois un projet qu'il espère réaliser et une justification à ses propres yeux. L'homme déchu peut se cacher derrière cette belle image de lui-même, même devant Dieu: ainsi, au moment de la chute dans le jardin d'Éden, l'homme expliquait à Dieu son désir de se cacher de Lui par sa nudité, comme s'il suggérait qu'il lui fallait seulement se remettre en ordre pour apparaître devant Dieu dans toute sa beauté.
Une telle position est spirituellement dangereuse dans toute situation, mais surtout dans la situation d'un maître ou d'un guide spirituel: là, en effet, il est particulièrement important d'être, et non de paraître. Être, pourtant, est très difficile et loin d'être toujours avantageux, tandis que paraître est plus simple et plus commode. On peut toujours se justifier en disant que, bien sûr, nous sommes tous des êtres humains, donc tous imparfaits, et que moi, voyez-vous, je fais ce que je peux et je m'efforce pour ceux que Dieu a confiés à mes soins.
Le fait qu'au fond il n'y ait ici aucun véritable soin, celui que Dieu veut, mais seulement une profanation détruisant la vie spirituelle de ceux qu'Il a confiés aux soins d'un tel «maître», l'homme le cache d'ordinaire soigneusement à lui-même. Jésus, au contraire, indique le principal problème et le danger majeur d'un tel «enseignement», qui peut même plaire aux disciples mais les détruit spirituellement: car Il est venu sauver les hommes, non regarder comment ils périssent.
35 Prenant la parole, Jésus disait en enseignant dans le Temple : " Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? |
36 C'est David lui-même qui a dit par l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds. |
37 David en personne l'appelle Seigneur ; comment alors peut-il être son fils ? " Et la foule nombreuse l'écoutait avec plaisir. |
Cette ligne que Jésus emprunte à un psaume paraît obscure et incompréhensible. Apparemment, à l’époque de l’Évangile comme aujourd’hui, elle suscitait tout autant de questions. C’est peut-être pour cela que le Seigneur la cite, afin de mettre fin aux disputes et aux questions provocatrices des pharisiens. Ils ne pouvaient tout simplement répondre à cette question que par un silence embarrassé.
La réponse, comme cela arrive souvent, est cachée en Dieu Lui-même, car c’est de Lui que parle le psalmiste. Les pharisiens ne pouvaient connaître la double nature de Jésus. Pour le comprendre, ils auraient dû Le rencontrer véritablement au lieu de se contenter de Lui poser des énigmes scolastiques. Alors il leur aurait été révélé que le Christ était pleinement Homme, descendant de David, et en même temps Dieu, le véritable Seigneur du roi glorifié.
35 Prenant la parole, Jésus disait en enseignant dans le Temple : " Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? |
36 C'est David lui-même qui a dit par l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds. |
Cette ligne prise par Jésus du psaume semble brumeux et incompréhensible. Tout comme aujourd’hui moment d’évangélisation, elle suscite visiblement autant de questions qu’aux temps de David. C’est peut être la raison pour laquelle le Seigneur la cite ici pour mettre fin a la discussion et aux questions provocatrices des pharisiens. Puisqu’ils ne pouvaient pas avoir la réponse a cette question, si ce n’est un silence perplexe.
La réponse est comme toujours masquée dans Dieu Lui-même, car c’est effectivement de Lui que parle le psalmiste. Les pharisiens n’ont pas pu voir la dualité de la nature de Jésus. Ils ne devaient pas seulement avancer des énigmes scolastiques, mais devraient réellement rencontrer Jésus pour savoir ou voir cela {la dualité}. Et il leurs serait alors ouvert que le Christ était absolument en même temps un descendant de David et le vrai maitre du glorieux roi.
38 Il disait encore dans son enseignement : " Gardez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques, |
39 à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
40 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère. " |
41 S'étant assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. |
42 Survint une veuve pauvre qui y mit deux piécettes, soit un quart d'as. |
43 Alors il appela à lui ses disciples et leur dit : " En vérité, je vous le dis, cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. |
44 Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. " |
Le souvenir que Dieu nous voit peut communiquer à l’homme une force de vie étonnante. C’est précisément cela qui est important dans l’épisode du trésor du Temple, dont l’évangéliste Marc nous parle aujourd’hui. Il y a des moments dans notre vie où, semble-t-il, personne ne nous voit, et les actes que nous accomplissons se font seul à seul devant Dieu. Dans de tels moments, il est important de se rappeler que Jésus te voit. Mais plus important encore est la manière dont Il nous regarde.
La foule passe près du trésor aux portes du Temple; on entend du bruit, les cris des animaux destinés aux sacrifices, le son des trompettes... Et Jésus est assis et regarde les gens, ce qu’ils font quand ils pensent que personne ne les voit. Le miracle de la miséricorde de Dieu est déjà dans le fait qu’Il trouve intérêt à nous regarder. Comme le dit le psalmiste: «Qu’est-ce que l’homme, pour que Tu Te souviennes de lui?» Et c’est une miséricorde encore plus grande qu’Il regarde sans désir de reprocher ni d’accuser, sans intention de séparer les aptes des inaptes.
Et l’essentiel que nous voyons dans cet épisode de l’obole de la veuve, c’est qu’Il ne nous compare pas les uns aux autres. Il compare ce que chacun de nous apporte à la Maison de Dieu avec nos possibilités, et non avec les autres hommes.
38 Il disait encore dans son enseignement : " Gardez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques, |
39 à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
40 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère. " |
41 S'étant assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. |
42 Survint une veuve pauvre qui y mit deux piécettes, soit un quart d'as. |
43 Alors il appela à lui ses disciples et leur dit : " En vérité, je vous le dis, cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. |
44 Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. " |
L'obole de la veuve est l'une des images les plus fortes de l'Évangile. C'est l'accomplissement de la loi en toutes circonstances. La veuve qui donne tout son argent, tout ce avec quoi l'on peut acheter de la nourriture, ne compte pas dans son âme sur une récompense de Dieu. Dans ses relations avec Dieu, elle ne dépend pas de son bien-être ni de son aisance. Cette liberté dans les relations avec Dieu fait partie de l'humilité. Ce sont des relations de liberté et de présence devant Dieu, Qui prend soin de chacun. Nous ne savons pas remarquer combien et comment Dieu agit pour nous. Son soin et Son amour sont invisibles. Mais ils sont toujours avec nous. Quant aux tentations auxquelles nous sommes confrontés, ce ne sont que des exercices pour notre cœur et notre esprit. Ce sont des exercices d'humilité et de fidélité à la voie du chrétien et aux souffrances du Christ. Mais rien ne nous arrivera si notre fidélité au Christ est chaque jour soutenue par la prière et par l'élan du cœur vers l'accomplissement des œuvres agréables à Dieu.
38 Il disait encore dans son enseignement : " Gardez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques, |
39 à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, |
40 qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère. " |
41 S'étant assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. |
42 Survint une veuve pauvre qui y mit deux piécettes, soit un quart d'as. |
43 Alors il appela à lui ses disciples et leur dit : " En vérité, je vous le dis, cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. |
44 Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. " |
À première vue, il peut sembler que l’épisode de la pauvre veuve qui a offert au Temple le dernier bien qu’elle possédait n’ait pas de rapport direct avec les paroles de Jésus sur les pharisiens, paroles assez sévères pour faire réfléchir n’importe qui. Mais à y regarder de plus près, tout se révèle moins simple. Que signifie la disposition d’un homme à donner à Dieu son dernier bien ? La reconnaissance pratique du fait que Dieu compte pour lui plus que tout ? Oui, bien sûr, cela aussi. Mais il y a autre chose : la disposition à tout donner suppose aussi une confiance pleine en Celui à qui l’on donne tout. En agissant ainsi, l’homme dit en quelque sorte à Dieu : voici tout ce que j’ai, je Te le donne ; je ne sais pas ce qui arrivera ensuite, et je me remets entre Tes mains ; je Te fais confiance et je suis sûr que Tu ne m’abandonneras pas. Un pharisien « qui dévore les maisons des veuves » aurait difficilement pu s’adresser ainsi à Dieu. Et il ne s’agit pas du fait que ce pharisien violait la Loi. Ni même du fait que, juste selon la Loi, il pouvait être injuste du point de vue de la miséricorde qu’il aurait pu manifester, mais qu’il n’a pas manifestée. Ce qui est terrible ici est autre chose : la passion de l’acquisition, de cette accumulation de biens qui, lorsqu’elle devient une fin en soi, témoigne clairement d’une défiance pratique envers Dieu, même si extérieurement l’homme demeure très religieux, comme l’étaient tous les pharisiens. Car ce n’est pas la religion qui ouvre la route vers le Royaume, mais le Sauveur. Et seule la confiance en Lui et en Dieu peut aider à y marcher, non la religiosité en elle-même.
28 Un scribe qui les avait entendus discuter, voyant qu'il leur avait bien répondu, s'avança et lui demanda : " Quel est le premier de tous les commandements ? " |
29 Jésus répondit : " Le premier c'est : Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur, |
30 et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. |
31 Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. " |
32 Le scribe lui dit : " Fort bien, Maître, tu as eu raison de dire qu'il est unique et qu'il n'y en a pas d'autre que Lui : |
33 l'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer le prochain comme soi-même, vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices. " |
34 Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque pleine de sens, lui dit : " Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu. " Et nul n'osait plus l'interroger. |
35 Prenant la parole, Jésus disait en enseignant dans le Temple : " Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? |
36 C'est David lui-même qui a dit par l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds. |
37 David en personne l'appelle Seigneur ; comment alors peut-il être son fils ? " Et la foule nombreuse l'écoutait avec plaisir. |
Dans Sa conversation avec le scribe, le Christ l’interroge sur ce qu’il connaît par son activité. Le scribe, répondant au Christ, parle de l’amour de Dieu et du prochain, disant qu’ils valent plus que tous les holocaustes et sacrifices. Et le Christ lui dit : tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. Chez l’apôtre Pierre (1 P 4:1-11), nous trouvons l’appel à servir, c’est-à-dire à accomplir son devoir et ses obligations selon la force que Dieu donne. Le scribe, dans son travail, dans ses occupations, voyait tout de même l’essentiel. Il voyait l’essence et le sens de la foi. Le Christ nous appelle sans cesse à chercher le sens de chacun de nos pas et de chacune de nos pensées. Le sens de ce que, ici et aujourd’hui, nous pouvons faire pour la gloire de Dieu et par amour pour Lui. Nous servir les uns les autres : voilà la chose la plus importante qui doit devenir le sens de notre vie après l’amour de Dieu. On peut servir de différentes manières. On peut travailler à l’usine ou élever des enfants. Le savant et la femme de ménage glorifient également Dieu par leur travail, si dans ce travail ils trouvent du temps et une place pour Dieu. L’apôtre nous appelle à nous servir les uns les autres selon le don que chacun a reçu. Le don que nous avons reçu est la possibilité de rencontrer Dieu à chaque instant de la vie ; c’est le don de Son amour. Par notre vie, nous pouvons confirmer Sa présence dans ce monde, Son amour pour les hommes. Et chaque jour, nous devons demander à Dieu de nous donner la force de nous servir les uns les autres. Par la prière constante et la communion avec Lui, nous trouverons la joie de Sa présence et de Sa reconnaissance en chaque manifestation de la vie.
28 Un scribe qui les avait entendus discuter, voyant qu'il leur avait bien répondu, s'avança et lui demanda : " Quel est le premier de tous les commandements ? " |
29 Jésus répondit : " Le premier c'est : Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur, |
30 et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. |
31 Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. " |
32 Le scribe lui dit : " Fort bien, Maître, tu as eu raison de dire qu'il est unique et qu'il n'y en a pas d'autre que Lui : |
33 l'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer le prochain comme soi-même, vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices. " |
34 Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque pleine de sens, lui dit : " Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu. " Et nul n'osait plus l'interroger. |
35 Prenant la parole, Jésus disait en enseignant dans le Temple : " Comment les scribes peuvent-ils dire que le Christ est fils de David ? |
36 C'est David lui-même qui a dit par l'Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds. |
37 David en personne l'appelle Seigneur ; comment alors peut-il être son fils ? " Et la foule nombreuse l'écoutait avec plaisir. |
En parlant des deux commandements que le Seigneur nous a donnés dans la lecture d’aujourd’hui, on voudrait attirer l’attention sur les paroles du Christ concernant leur ressemblance. Au début, elles paraissent compréhensibles: en effet, dans les deux cas, il est question d’amour. Mais réfléchissons-y encore. L’amour de Dieu et l’amour de l’homme, comme ce sont des réalités différentes! Nous exprimons l’amour de Dieu dans la prière. L’amour de l’homme, dans le travail. Tout laïc (au sens de non-moine) qui vit une vie de prière sait bien que la prière prend du temps au travail, et le travail à la prière (surtout s’il s’agit d’un travail intellectuel). Cela signifie donc que ce sont deux principes différents, opposés l’un à l’autre. Pourquoi alors le Seigneur parle-t-Il de ressemblance, que met-Il dans ces paroles?
Si l’on regarde de ce côté, ces paroles cessent d’être une simple constatation du fait que, dans les deux cas, il est question d’amour. En général, nous devons toujours être extrêmement prudents lorsque quelque chose dans la parole de Dieu nous paraît simple. C’est très certainement une simplicité apparente, liée au fait que nous n’avons pas pénétré le texte assez profondément. Le Seigneur avait peu de temps, et Il le comprenait; Il ne pouvait donc pas le perdre pour des évidences. Quel est donc le sens ici?
Peut-être y affirme-t-on l’idéal d’une ressemblance allant jusqu’à l’indistinction entre le travail et la prière. C’est précisément vers cela que nous devons tendre: que la prière soit pour nous un travail, un travail pénible, et que le travail soit pour nous prière. Mais, bien sûr, cela ne signifie en aucun cas, comme on l’entend souvent de la part de personnes séculières, non ecclésiales, mais habituées à travailler beaucoup et intensément, que le travail est la prière, mot par lequel elles tentent de se justifier devant le Très-Haut, vaguement pressenti par leur âme qui n’a pas appris à aimer Dieu.
C’est précisément lorsque nous vivons dans la tension entre ces deux pôles, le travail et la prière, non confondus mais aussi non séparés, tellement inséparables qu’ils manifestent une unité, que nous accomplissons le commandement de Dieu.
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