16 Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés : |
17 tout don excellent, toute donation parfaite vient d’en haut et descend du Père des lumières, chez qui n’existe aucun changement, ni l’ombre d’une variation. |
18 Il a voulu nous enfanter par une parole de vérité, pour que nous soyons comme les prémices de ses créatures. |
19 Sachez-le, mes frères bien-aimés : que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère ; |
20 car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. |
21 Rejetez donc toute malpropreté, tout reste de malice, et recevez avec docilité la Parole qui a été implantée en vous et qui peut sauver vos âmes. |
22 Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s’abusent eux-mêmes ! |
23 Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. |
24 Il s’observe, part, et oublie comment il était. |
25 Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s’y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant. |
26 Si quelqu’un s’imagine être religieux sans mettre un frein à sa langue et trompe son propre cœur, sa religion est vaine. |
27 La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste en ceci : visiter les orphelins et les veuves dans leurs épreuves, se garder de toute souillure du monde. |
On pourrait dire que Jacques appelle à la maîtrise de soi. Mais il remarque que toute bonne œuvre a pour source le Créateur. Les seules forces humaines ne suffisent donc pas ; pour surmonter nos propres faiblesses, nous nous appuyons sur la force qu’Il nous donne.
En réfléchissant aux paroles selon lesquelles la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu, il est très facile de glisser vers ce genre de raisonnement : « Oui, la colère injuste ne l’accomplit pas, mais la juste colère, c’est autre chose... » Dès lors, n’importe quelle violente explosion émotionnelle peut sans difficulté passer pour l’expression d’une juste colère, puisque moi, je combats pour la vérité et la justice !
Mais Jacques parle de toute colère humaine. Même lorsque la colère est fondée, il est dangereux de la laisser guider nos actes, et pas seulement parce que, dans le feu de l’action, nous pouvons causer beaucoup de dégâts. En cédant à la colère, nous acceptons de nous laisser conduire par des passions humaines non éclairées qui ont échappé au contrôle de la raison. Cela signifie qu’à cet instant, nous ne confrontons pas nos actes à la volonté de Dieu.
16 Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés : |
17 tout don excellent, toute donation parfaite vient d’en haut et descend du Père des lumières, chez qui n’existe aucun changement, ni l’ombre d’une variation. |
18 Il a voulu nous enfanter par une parole de vérité, pour que nous soyons comme les prémices de ses créatures. |
19 Sachez-le, mes frères bien-aimés : que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère ; |
20 car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. |
21 Rejetez donc toute malpropreté, tout reste de malice, et recevez avec docilité la Parole qui a été implantée en vous et qui peut sauver vos âmes. |
22 Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s’abusent eux-mêmes ! |
23 Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. |
24 Il s’observe, part, et oublie comment il était. |
25 Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s’y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant. |
26 Si quelqu’un s’imagine être religieux sans mettre un frein à sa langue et trompe son propre cœur, sa religion est vaine. |
27 La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste en ceci : visiter les orphelins et les veuves dans leurs épreuves, se garder de toute souillure du monde. |
Parlant de la vie chrétienne, Jacques évoque la « libre plénitude de la Torah » ou la « plénitude de la Torah dans la liberté » ; l'expression grecque correspondante permet les deux interprétations, tandis que la traduction synodale russe propose « la loi parfaite de la liberté ». Il ne s'agit évidemment pas seulement, ni même principalement, de la Torah comme législation ou code moral, mais de ce que l'on appelait, à l'époque évangélique, la Torah intérieure. On considérait alors la Torah non seulement comme une loi extérieure, mais aussi comme un impératif intérieur, spirituel et moral, comme la volonté de Dieu directement adressée à la personne. Chaque commandement devenait pour elle une intention de Dieu Lui-même qui lui était directement adressée et qu'elle était libre d'accueillir ou d'ignorer.
Une telle Torah devenait parole de Dieu, appel de Dieu directement adressé à la personne. C'est précisément à cette Torah intérieure que pensaient les rabbins savants de l'époque lorsqu'ils parlaient du « joug léger de la Torah », que l'on prend volontairement sur soi pour s'engager sur le chemin de la justice et se libérer du poids du péché qui pèse sur soi. Mais on ne pouvait se libérer de l'emprise du péché qu'en accueillant la Torah dans toute sa plénitude, en lui soumettant entièrement sa vie et en devenant ce que l'on appelait, à l'époque évangélique, une « Torah vivante ». Alors seulement la Torah devenait « Torah de liberté », libérant la personne du pouvoir du péché.
Avant le Christ, personne n'y était parvenu, et les première et deuxième générations chrétiennes voyaient dans le Christ l'unique exemple de cette Torah vivante : Il était réellement libre, dès le commencement, du pouvoir du mal et du péché. Mais, en suivant le Christ, Ses disciples espéraient pouvoir, avec l'aide de leur Maître, se libérer du pouvoir du péché et devenir, comme Lui, une Torah vivante. C'est ce que l'apôtre rappelle aux destinataires de son épître.
Il les appelle à ne pas s'en tenir à l'extérieur, comme cela arrivait probablement souvent dans les communautés ecclésiales de l'époque, où l'on jugeait suffisant d'être présent à l'assemblée, d'écouter la lecture et la prédication, de participer à la fraction du pain. Tout cela peut toucher la personne extérieurement, mais sans le travail intérieur correspondant, rien n'aboutira : elle restera telle qu'elle est et, une fois sortie de l'assemblée, oubliera bientôt les belles paroles et les idéaux élevés. Ce n'est pas la vie chrétienne, mais seulement son illusion, ce que l'apôtre rappelle à ses lecteurs.
19 Sachez-le, mes frères bien-aimés : que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère ; |
20 car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. |
21 Rejetez donc toute malpropreté, tout reste de malice, et recevez avec docilité la Parole qui a été implantée en vous et qui peut sauver vos âmes. |
22 Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s’abusent eux-mêmes ! |
23 Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. |
24 Il s’observe, part, et oublie comment il était. |
25 Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s’y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant. |
26 Si quelqu’un s’imagine être religieux sans mettre un frein à sa langue et trompe son propre cœur, sa religion est vaine. |
27 La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste en ceci : visiter les orphelins et les veuves dans leurs épreuves, se garder de toute souillure du monde. |
L’apôtre Jacques, dans le passage d’aujourd’hui de son épître catholique, nous donne une formulation extraordinairement forte et catégorique. La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. Ce sont des paroles simples, mais comme il est terrible de regarder sa propre vie de ce point de vue. Comme souvent nous nous permettons ce que nous appelons pudiquement une juste colère. Qui n’en devient pas la cible, depuis nos propres enfants charmants jusqu’à notre propre gouvernement peu séduisant... Mais si la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu, qu’accomplit-elle? Évidemment, quelque chose d’opposé — le péché. Recommandation étonnamment pratique. Si tu te mets en colère — arrête-toi, parce qu’à cet instant tu n’accomplis pas la justice de Dieu. Mû par la colère, tu ne feras rien de bon.
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