1 Ainsi parle Yahvé: Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut est près d'arriver et ma justice de se révéler. |
2 Heureux l'homme qui agit ainsi, le fils d'homme qui s'y tient fermement, qui observe le sabbat sans le profaner et s'abstient de toute action mauvaise. |
3 Que le fils de l'étranger, qui s'est attaché à Yahvé, ne dise pas: " Sûrement Yahvé va m'exclure de son peuple. " Que l'eunuque ne dise pas: " Voici, je suis un arbre sec. " |
4 Car ainsi parle Yahvé aux eunuques qui observent mes sabbats et choisissent de faire ce qui m'est agréable, fermement attachés à mon alliance: |
5 Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom meilleurs que des fils et des filles; je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé. |
6 Quant aux fils d'étrangers, attachés à Yahvé pour le servir, pour aimer le nom de Yahvé, devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner, fermement attachés à mon alliance, |
7 je les mènerai à ma sainte montagne, je les comblerai de joie dans ma maison de prière. Leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. |
8 Oracle du Seigneur Yahvé qui rassemble les déportés d'Israël: J'en rassemblerai encore d'autres avec ceux qui sont déjà rassemblés. |
9 Bêtes des champs venez toutes vous repaître, ainsi que vous, toutes les bêtes de la forêt. |
10 Ses guetteurs sont tous des aveugles, ils ne savent rien; ce sont tous des chiens muets, incapables d'aboyer. Ils rêvent, restent couchés, aiment dormir. |
11 Les chiens sont voraces, insatiables, ce sont eux, les bergers incapables de comprendre. Ils suivent tous leur propre chemin, chacun, jusqu'au dernier, cherchant son intérêt: |
12 " Venez, je vais chercher du vin, enivrons-nous de boisson, demain sera comme aujourd'hui, un grand, un très grand jour! " |
Pour Dieu, il n'y a ni proches ni étrangers. Nous, au contraire, nous nous habituons dès l'enfance à diviser le monde entre bons et mauvais, entre les nôtres et ceux qui ne le sont pas. Il est sans doute naturel à notre nature déchue de nous attacher aux proches en repoussant ceux qui sont loin de nous. Israël lui aussi est passé par cette étape : ayant pris conscience de son élection divine, il fut contraint de se séparer des autres peuples par un mur d'interdits rituels. Le message d'Isaïe selon lequel la maison du Seigneur serait une maison de prière pour tous les peuples n'en était que plus inhabituel pour lui. Mais le temps vient de grandir, de voir que Dieu est au-dessus de nos limites. Il est le Dieu de tous, Il aime tous les hommes et les appelle tous à la foi, de sorte qu'il n'y a plus pour Lui « ni Grec ni Juif ». N'est-il pas étrange que, deux mille cinq cents ans après cette prophétie, nous trouvions encore dans nos conceptions religieuses une place pour le nationalisme, l'étroitesse et l'hostilité ?
1 Ainsi parle Yahvé: Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut est près d'arriver et ma justice de se révéler. |
2 Heureux l'homme qui agit ainsi, le fils d'homme qui s'y tient fermement, qui observe le sabbat sans le profaner et s'abstient de toute action mauvaise. |
3 Que le fils de l'étranger, qui s'est attaché à Yahvé, ne dise pas: " Sûrement Yahvé va m'exclure de son peuple. " Que l'eunuque ne dise pas: " Voici, je suis un arbre sec. " |
4 Car ainsi parle Yahvé aux eunuques qui observent mes sabbats et choisissent de faire ce qui m'est agréable, fermement attachés à mon alliance: |
5 Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom meilleurs que des fils et des filles; je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé. |
6 Quant aux fils d'étrangers, attachés à Yahvé pour le servir, pour aimer le nom de Yahvé, devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner, fermement attachés à mon alliance, |
7 je les mènerai à ma sainte montagne, je les comblerai de joie dans ma maison de prière. Leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. |
8 Oracle du Seigneur Yahvé qui rassemble les déportés d'Israël: J'en rassemblerai encore d'autres avec ceux qui sont déjà rassemblés. |
9 Bêtes des champs venez toutes vous repaître, ainsi que vous, toutes les bêtes de la forêt. |
10 Ses guetteurs sont tous des aveugles, ils ne savent rien; ce sont tous des chiens muets, incapables d'aboyer. Ils rêvent, restent couchés, aiment dormir. |
11 Les chiens sont voraces, insatiables, ce sont eux, les bergers incapables de comprendre. Ils suivent tous leur propre chemin, chacun, jusqu'au dernier, cherchant son intérêt: |
12 " Venez, je vais chercher du vin, enivrons-nous de boisson, demain sera comme aujourd'hui, un grand, un très grand jour! " |
La lecture d'aujourd'hui touche une question extrêmement importante pour comprendre ce qu'est le Royaume et ce qu'est le peuple de Dieu. La représentation traditionnelle de l'époque de l'Isaïe de Babylone se ramenait à ceci : le peuple de Dieu est le peuple juif qui, après toutes les épreuves ayant fait de lui une communauté ethnico-confessionnelle soudée, est par définition juste et sanctifié. Bien sûr, ces qualités étaient attribuées au peuple dans son ensemble, conçu comme une communauté non seulement nationale et religieuse, mais aussi spirituelle. Mais on considérait que l'indignité de certains membres de la communauté n'empêchait nullement la communauté dans son ensemble de manifester un modèle de justice. La justice était perçue, en un certain sens, comme une propriété inaliénable de la communauté. Quant à tous les autres, ainsi d'ailleurs qu'à certains membres de la communauté considérés comme religieusement déficients, à l'image, par exemple, des eunuques, on estimait que les qualités de la communauté ne s'étendaient pas à eux. Même si, par exemple, un païen adoptait le yahvisme et devenait Juif en entrant dans la Synagogue (et le yahvisme sans la Synagogue était déjà impensable en ce temps-là), il n'était quand même pas considéré comme membre à part entière : seuls ses enfants, et parfois ses petits-enfants, le devenaient.
Isaïe, lui, regarde cela tout autrement. Et d'abord parce qu'il comprend que la justice, en principe, ne peut appartenir ni à un homme isolé ni à la communauté dans son ensemble. La justice et le jugement appartiennent à Dieu seul, et la justice humaine comme le jugement humain ne peuvent être, au mieux, qu'un reflet de Sa justice (v. 1-2). Et ce n'est que lorsque l'homme devient témoin et porteur de la justice de Dieu qu'il peut compter être justifié au jour du Jugement et entrer dans le Royaume. L'appartenance à la communauté ne suffit pas ; il faut encore une certaine qualité de vie spirituelle, qui est donnée non par les hommes, mais par Dieu. Et elle peut être donnée à quiconque la cherche, même à un homme qui, du point de vue traditionnel, ne convient absolument pas au Royaume, comme par exemple le même eunuque ou l'étranger, qui n'a aucun lien de sang avec le peuple de Dieu, mais qui cherche le Royaume et garde la justice (v. 4-8).
Un tel regard sur le peuple de Dieu et sur le Royaume ne devint évidemment pas clair ni acceptable pour la Synagogue du jour au lendemain, même si, par la suite, l'idée qu'avec la venue du Messie les païens commenceraient à rejoindre activement le peuple de Dieu s'imposa dans la tradition rabbinique. Mais la justesse de l'Isaïe de Babylone ne s'est pleinement révélée, bien sûr, qu'avec la venue du Sauveur dans le monde.
1 Ainsi parle Yahvé: Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut est près d'arriver et ma justice de se révéler. |
2 Heureux l'homme qui agit ainsi, le fils d'homme qui s'y tient fermement, qui observe le sabbat sans le profaner et s'abstient de toute action mauvaise. |
3 Que le fils de l'étranger, qui s'est attaché à Yahvé, ne dise pas: " Sûrement Yahvé va m'exclure de son peuple. " Que l'eunuque ne dise pas: " Voici, je suis un arbre sec. " |
4 Car ainsi parle Yahvé aux eunuques qui observent mes sabbats et choisissent de faire ce qui m'est agréable, fermement attachés à mon alliance: |
5 Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom meilleurs que des fils et des filles; je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé. |
6 Quant aux fils d'étrangers, attachés à Yahvé pour le servir, pour aimer le nom de Yahvé, devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner, fermement attachés à mon alliance, |
7 je les mènerai à ma sainte montagne, je les comblerai de joie dans ma maison de prière. Leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. |
8 Oracle du Seigneur Yahvé qui rassemble les déportés d'Israël: J'en rassemblerai encore d'autres avec ceux qui sont déjà rassemblés. |
9 Bêtes des champs venez toutes vous repaître, ainsi que vous, toutes les bêtes de la forêt. |
10 Ses guetteurs sont tous des aveugles, ils ne savent rien; ce sont tous des chiens muets, incapables d'aboyer. Ils rêvent, restent couchés, aiment dormir. |
11 Les chiens sont voraces, insatiables, ce sont eux, les bergers incapables de comprendre. Ils suivent tous leur propre chemin, chacun, jusqu'au dernier, cherchant son intérêt: |
12 " Venez, je vais chercher du vin, enivrons-nous de boisson, demain sera comme aujourd'hui, un grand, un très grand jour! " |
L'appel à observer le sabbat, c'est-à-dire à consacrer une part de sa vie à se tenir devant Dieu dans la prière, s'adresse ici à ceux que l'on n'avait jusqu'alors pas jugés dignes de l'égalité. Bien des appels prophétiques s'étaient déjà fait entendre pour exercer la miséricorde envers les étrangers, ceux dont l'origine était différente, mais nous apprenons maintenant que Dieu ne rejette pas non plus les eunuques, ceux que les hommes avaient l'habitude de considérer comme déficients non seulement physiquement, mais à tous égards. Et voici que le Seigneur proclame que, pour lui, personne n'est déficient ; tous ceux que les hommes rejettent pour des raisons absurdes, même si elles paraissent sérieuses, lui sont chers, et il est prêt à les accueillir tous.
Quelques siècles passeront, et sur la route de Jérusalem à Gaza, Philippe rencontrera un dignitaire éthiopien, à la fois étranger et eunuque (Ac 8:26-39), qui sera l'un des premiers étrangers à entrer dans l'Église. Avant cette rencontre, l'Éthiopien lira le livre d'Isaïe, le passage qui, quelques tours plus loin dans le rouleau de parchemin, est suivi précisément de ces lignes.
1 Ainsi parle Yahvé: Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut est près d'arriver et ma justice de se révéler. |
2 Heureux l'homme qui agit ainsi, le fils d'homme qui s'y tient fermement, qui observe le sabbat sans le profaner et s'abstient de toute action mauvaise. |
3 Que le fils de l'étranger, qui s'est attaché à Yahvé, ne dise pas: " Sûrement Yahvé va m'exclure de son peuple. " Que l'eunuque ne dise pas: " Voici, je suis un arbre sec. " |
Les chrétiens oublient souvent que le commandement concernant le samedi n’a disparue nulle part. Jésus a conservé le samedi. En effet, le commandement du samedi ne signifie pas un désœuvrement obligatoire. Dans le Talmud le samedi s'appelle parfois «le Temple dans le temps». C'est le jour, que nous rendons à Dieu, le temps, qui Lui appartient. C'est particulièrement important dans le monde moderne. Le rythme de la vie s'accélère, nous faisons plusieurs choses en même temps, nous conduisons en écoutant la musique, nous préparons à manger en parlant au téléphone... C'est pourquoi nous ne nous engageons pas totalement dans ce que nous faisons. Il nous semble inconcevable de donner toute une journée à Dieu et ne rien faire. C’est vraiment parfois impossible, par exemple, si une femme travaille tous les jours ouvrables, et est prise par le ménage le week-end. Mais, premièrement, on peut rendre à Dieu non pas le samedi, mais le dimanche, dont nous passons une partie dans tous les cas à l’Eglise. Deuxièmement, si chaque chose, que nous faisons ce jour, que nous avons décidé de rendre à Dieu, nous la consacrons à Dieu, faisons cela pour Lui – alors nous exécuterons le commandement du samedi. Dieu a créé ce monde avec l’écoulement du temps, nous vivons dans le temps, tout notre temps appartient en réalité à Dieu. Si nous nous rappelons pas de cela ne serait ce qu’une fois par semaines, le temps s’écoulera constamment du bout des doigts pour nous, nous ne pourrions rien faire a temps, parce qu'il faut accepter le don avec gratitude, et le fait que nous avons le temps de vivre est un don de Dieu.
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