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RÉFLEXIONS pour Lc 16:16

16 « Jusqu’à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s’efforcent d’y entrer par violence.
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Le centre de la bonne nouvelle apportée par le Sauveur fut l’annonce du Royaume de Dieu. Bien sûr, on avait parlé du Royaume auparavant, dès les premiers prophètes. Mais en ce temps-là, le Royaume de Dieu apparaissait à ceux qui en parlaient comme une réalité d’abord religieuse et politique. C’était, au fond, un Royaume tout à fait terrestre, un ordre social incarnant la Torah, la Loi donnée par Dieu.

Mais comme la Torah était alors perçue avant tout comme une législation et comme un code moral, le Royaume était vu précisément comme un État terrestre. Parfois, il ne s’agissait pas d’un État laïque, mais d’une théocratie ou d’une hiérocratie; dans tous les cas, on supposait une société tout à fait terrestre, créée par des hommes, même s’ils étaient guidés par la loi de Dieu.

Plus tard, dans le contexte de l’expérience liée au culte du Temple, on commença à regarder le Royaume comme une réalité plutôt spirituelle que religieuse et politique. On lia le Royaume au Trône de gloire qui se révélait dans le Temple aux prophètes, et peut-être pas seulement à eux. Ce Trône de gloire était perçu comme le centre du Royaume, et l’on supposait que c’était lui qui serait révélé à la fin des temps au peuple de Dieu; alors le monde deviendrait Royaume, car alors Dieu régnerait visiblement sur le monde, devenant visible pour chacun de telle sorte que plus personne ne pourrait nier Son pouvoir, ni même Son existence, comme cela s’était produit auparavant.

Et Dieu enverrait sur la terre le Messie, qui recevrait Son pouvoir auprès du Trône de gloire, de Celui qui y siège. Le Trône de gloire visible pour tous dans les cieux, et le Messie, Roi juste, sur la terre: voilà comment beaucoup se représentaient le Royaume aux temps évangéliques. Le Royaume lui-même demeurait largement terrestre, mais son centre était le Trône de gloire, situé non sur la terre, mais dans les cieux, le Trône qui se révélait dans le Temple comme lieu de la présence de Dieu.

Mais voici que vient le Messie, et Il dit que non seulement le Trône de gloire, mais tout le Royaume existe et se révèle au monde comme une réalité spirituelle, qui n’a aucun rapport avec les institutions et les établissements terrestres. «La Torah et les Prophètes» (ainsi appelait-on alors ce que nous appelons aujourd’hui l’Écriture sainte) vont jusqu’à Jean le Baptiste. Ensuite vient une nouvelle époque, l’époque du Royaume qui s’approche. Le Royaume entre dans le monde, et désormais chacun, s’il le veut, pourra y entrer.

Il est vrai que ce n’est pas simple: il faut y appliquer un effort, mais sans effort, dans la vie spirituelle comme dans la vie en général, rien n’existe. Et il ne s’agit pas ici de dire que les livres saints que nous appelons aujourd’hui vétérotestamentaires «vieillissent» d’une manière ou d’une autre. Il s’agit du fait que tout ce qu’ils décrivent est arrivé. Car le Pentateuque, et surtout les livres prophétiques, ont pour centre non seulement la Torah proprement dite, mais aussi le Messie et le Royaume. Ils disent beaucoup sur la venue du Messie et l’avènement du Royaume. Et maintenant, tout cela est arrivé: le Messie est venu et a apporté avec Lui le Royaume. Le Messie aura bien sûr Son ministère, et le Royaume son histoire, mais d’autres livres en parleront, les livres du Nouveau Testament.

Autres réflexions

 
Pour Lc 16:15-18
15 Il leur dit : « Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu.
16 « Jusqu’à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s’efforcent d’y entrer par violence.
17 « Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi.
18 « Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère.
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Les pharisiens qui se moquèrent de Jésus lorsqu'Il dit qu'il est impossible de servir Dieu et la richesse pensent au Royaume de Dieu comme nous le faisons ordinairement...  Lire la suite

Les pharisiens qui se moquèrent de Jésus lorsqu'Il dit qu'il est impossible de servir Dieu et la richesse pensent au Royaume de Dieu comme nous le faisons ordinairement. Ce n'est que lorsque quelqu'un meurt que nous disons: «Que le Royaume des cieux soit à lui»; souhaiter le «Royaume des cieux» à une personne vivante nous est psychologiquement impossible. Le stéréotype formé au fil des siècles place le Royaume «plus tard», au-delà de cette vie. Les pharisiens pensaient de même, eux qui espéraient la résurrection des morts et attendaient le Royaume dans un avenir historique, mais lointain. Les pharisiens considéraient que la seule manifestation (en tout cas la principale) de la bienveillance de Dieu dans cette vie était la richesse, l'honneur parmi les autres et le bien-être familial. Notre religiosité stéréotypée coïncide ici encore avec celle des pharisiens. On le voit lorsque nous reprochons à Dieu Son injustice en voyant la prospérité des escrocs et la souffrance des justes.

Mais le Seigneur dit aux pharisiens, et à nous qui pensons comme eux, que l'annonce du Royaume de Dieu comme affaire d'un avenir lointain n'était valable que jusqu'au temps de Jean-Baptiste. À partir du moment où a retenti son témoignage à l'Agneau de Dieu, au Fils bien-aimé en qui la bienveillance du Père est donnée aux hommes, dès ce moment le Royaume de Dieu est annoncé comme une réalité du présent. Et c'est pourquoi, dit le Seigneur, pour y entrer, il faut seulement un effort: l'effort de la foi et de la résolution. Les pharisiens ne veulent pas de cette proximité et de cette ouverture du Royaume; pour eux, il est venu trop soudainement et trop tôt. Hélas, ici encore nous ne différons pas d'eux. À Ses disciples, le Seigneur parle de la nécessité de pardonner aux hommes sans limite, comme Dieu pardonne. C'est un signe essentiel du Royaume dans lequel nous sommes appelés à entrer ici et maintenant.

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Pour Lc 16:1-31
Il disait encore à ses disciples : « Il était un homme riche qui avait un intendant, et celui-ci lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le fit appeler et lui dit : « Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ta gestion, car tu ne peux plus gérer mes biens désormais. »
L’intendant se dit en lui-même : « Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Piocher ? Je n’en ai pas la force ; mendier ? J’aurai honte...
Ah ! je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois relevé de ma gérance, il y en ait qui m’accueillent chez eux. »
« Et, faisant venir un à un les débiteurs de son maître, il dit au premier : « Combien dois-tu à mon maître ? » ­
« Cent barils d’huile », lui dit-il. Il lui dit : « Prends ton billet, assieds-toi et écris vite cinquante. »
Puis il dit à un autre : « Et toi, combien dois-tu ? » ­ « Cent mesures de blé », dit-il. Il lui dit : « Prends ton billet, et écris quatre-vingts. »
« Et le maître loua cet intendant malhonnête d’avoir agi de façon avisée. Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière.
« Eh bien ! moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu’au jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles.
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup.
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien ?
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre ?
13 « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. »
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l’argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui.
15 Il leur dit : « Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu.
16 « Jusqu’à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s’efforcent d’y entrer par violence.
17 « Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi.
18 « Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère.
19 « Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère.
20 Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d’ulcères.
21 Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche... Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères.
22 Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut, et on l’ensevelit.
23 « Dans l’Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein.
24 Alors il s’écria : « Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. »
25 Mais Abraham dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux ; maintenant ici il est consolé, et toi, tu es tourmenté.
26 Ce n’est pas tout : entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent, et qu’on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous. »
27 « Il dit alors : « Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père,
28 car j’ai cinq frères ; qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de la torture. »
29 Et Abraham de dire : « Ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent. » ­
30 « Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront. »
31 Mais il lui dit : « Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus. » »
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Dans l’Évangile, des parallèles sont très souvent établis entre la richesse terrestre et la richesse céleste...  Lire la suite

Dans l’Évangile, des parallèles sont très souvent établis entre la richesse terrestre et la richesse céleste. Ce n’est pas un hasard, parce que dans la vie il arrive toujours que certaines personnes aient toujours plus de quelque chose, matériel ou spirituel, que d’autres.

Les paroles centrales de ce chapitre sont sans doute les versets 9-12. Avons-nous conscience que tout ce que nous possédons n’est pas à nous ? Que cela nous est donné seulement comme à des intendants qui doivent gérer correctement ce qu’ils ont ? Or le but des chrétiens, et même des humains en général, ne peut être qu’un seul : réaliser à sa place l’amour éternel de Dieu, c’est-à-dire se servir les uns les autres. C’est pourquoi, si nous utilisons correctement, guidés par l’amour, cette richesse étrangère, nous recevrons en retour ce qui est à nous en propre : les fruits qui naissent de telles relations, le fait de demeurer dans l’amour et dans la lumière de Dieu.

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Pour Lc 16:1-31
Il disait encore à ses disciples : « Il était un homme riche qui avait un intendant, et celui-ci lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le fit appeler et lui dit : « Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ta gestion, car tu ne peux plus gérer mes biens désormais. »
L’intendant se dit en lui-même : « Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Piocher ? Je n’en ai pas la force ; mendier ? J’aurai honte...
Ah ! je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois relevé de ma gérance, il y en ait qui m’accueillent chez eux. »
« Et, faisant venir un à un les débiteurs de son maître, il dit au premier : « Combien dois-tu à mon maître ? » ­
« Cent barils d’huile », lui dit-il. Il lui dit : « Prends ton billet, assieds-toi et écris vite cinquante. »
Puis il dit à un autre : « Et toi, combien dois-tu ? » ­ « Cent mesures de blé », dit-il. Il lui dit : « Prends ton billet, et écris quatre-vingts. »
« Et le maître loua cet intendant malhonnête d’avoir agi de façon avisée. Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière.
« Eh bien ! moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu’au jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles.
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup.
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien ?
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre ?
13 « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. »
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l’argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui.
15 Il leur dit : « Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu.
16 « Jusqu’à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s’efforcent d’y entrer par violence.
17 « Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi.
18 « Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère.
19 « Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère.
20 Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d’ulcères.
21 Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche... Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères.
22 Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut, et on l’ensevelit.
23 « Dans l’Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein.
24 Alors il s’écria : « Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. »
25 Mais Abraham dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux ; maintenant ici il est consolé, et toi, tu es tourmenté.
26 Ce n’est pas tout : entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent, et qu’on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous. »
27 « Il dit alors : « Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père,
28 car j’ai cinq frères ; qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de la torture. »
29 Et Abraham de dire : « Ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent. » ­
30 « Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront. »
31 Mais il lui dit : « Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus. » »
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La lecture d'aujourd'hui nous ramène au thème de la pauvreté évangélique, que Jésus considère avant tout comme un état spirituel. La question des richesses injustes s'est posée à toutes les époques, et l'intendant de la parabole citée dans ce passage savait naturellement parfaitement ce que...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous ramène au thème de la pauvreté évangélique, que Jésus considère avant tout comme un état spirituel. La question des richesses injustes s'est posée à toutes les époques, et l'intendant de la parabole citée dans ce passage savait naturellement parfaitement ce que devait faire celui qui avait enfreint le huitième commandement : il devait restituer ce qu'il avait volé et ajouter quelque chose en plus de ce qu'il avait pris. C'est précisément ce que fait l'intendant voleur. Alors que son maître est déjà prêt à le chasser (v. 1–3), il réfléchit à son avenir et non seulement restitue à son maître tout ce qu'il a volé, mais allège en même temps le fardeau de ses débiteurs afin de mériter leur reconnaissance (v. 4–7). Cet homme expie ainsi non seulement son propre péché, mais fait aussi du bien à ses prochains. Il n'est pas étonnant qu'une telle conduite lui rende la confiance de son maître : on peut faire confiance à celui qui ne se contente pas de restituer ce qu'il a volé, mais aide aussi ses prochains, et un tel repentir mérite d'être loué (v. 8).

Le problème de la richesse est ainsi placé dans le contexte des relations et des priorités. Même lorsqu'elle a été acquise par des moyens malhonnêtes, autrement dit lorsqu'elle a été volée, l'essentiel ne réside pas dans sa redistribution en elle-même, mais dans le fait d'aider des personnes concrètes et d'établir (ou de rétablir) ainsi avec elles des relations sans lesquelles on finit par n'avoir nulle part où aller. Dans ce cas comme dans tous les autres, la question centrale est celle des priorités, de ce qui est le plus important : les relations avec Dieu et avec les hommes, ou la richesse. Jésus le dit directement à la fin de la parabole (v. 9–13).

Il en va de même pour la parabole du riche et de Lazare (v. 19–31), mais ici la question de la richesse est examinée dans le contexte d'une perspective messianique et eschatologique. Le chemin du riche et celui du pauvre sont présentés dans le cadre de la représentation biblique traditionnelle des deux voies, dont l'une conduit au Royaume, « dans le sein d'Abraham » (v. 22), tandis que l'autre mène au shéol, au monde des ombres, dont on ne peut sortir et dont les habitants n'ont aucun chemin vers le Royaume (v. 23–26 ; le shéol est appelé ici « enfer »). Le sens de la parabole est parfaitement transparent : la richesse a caché à son propriétaire l'être humain et, avec lui, le Royaume. Pour le riche, tout commence et finit dans notre monde limité, où il reçoit tout, mais où l'on ne peut trouver ni le Royaume ni la vie éternelle. Et aucune preuve ne convaincra celui qui n'est pas prêt à rompre les frontières du monde non transfiguré (v. 27–31), car chacun choisit lui-même son chemin et reçoit ce qu'il a choisi.

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Pour Lc 16:1-18
Il disait encore à ses disciples : « Il était un homme riche qui avait un intendant, et celui-ci lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le fit appeler et lui dit : « Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ta gestion, car tu ne peux plus gérer mes biens désormais. »
L’intendant se dit en lui-même : « Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Piocher ? Je n’en ai pas la force ; mendier ? J’aurai honte...
Ah ! je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois relevé de ma gérance, il y en ait qui m’accueillent chez eux. »
« Et, faisant venir un à un les débiteurs de son maître, il dit au premier : « Combien dois-tu à mon maître ? » ­
« Cent barils d’huile », lui dit-il. Il lui dit : « Prends ton billet, assieds-toi et écris vite cinquante. »
Puis il dit à un autre : « Et toi, combien dois-tu ? » ­ « Cent mesures de blé », dit-il. Il lui dit : « Prends ton billet, et écris quatre-vingts. »
« Et le maître loua cet intendant malhonnête d’avoir agi de façon avisée. Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière.
« Eh bien ! moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu’au jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles.
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup.
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien ?
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre ?
13 « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. »
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l’argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui.
15 Il leur dit : « Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu.
16 « Jusqu’à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s’efforcent d’y entrer par violence.
17 « Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi.
18 « Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère.
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Encore une drôle d'histoire sur un vaurien débrouillard et, comme toujours, une conclusion étrange et terrible: les «fils de ce siècle» connaissent mieux leur affaire que les «fils de la lumière». Toujours et en tout temps, les gens qui recherchent la richesse, la gloire, le pouvoir savent...  Lire la suite

Encore une drôle d'histoire sur un vaurien débrouillard et, comme toujours, une conclusion étrange et terrible: les «fils de ce siècle» connaissent mieux leur affaire que les «fils de la lumière». Toujours et en tout temps, les gens qui recherchent la richesse, la gloire, le pouvoir savent parvenir à leurs fins, par des moyens honnêtes ou malhonnêtes, par la tromperie, la force, la ruse, l'ingéniosité; tandis que ceux qui aspirent au «Royaume de Dieu et à sa justice» sombrent dans la paresse, le relâchement, l'indifférence. Il en résulte que l'argent et le pouvoir sont des stimulants plus forts, si l'homme est prêt, pour eux, à renoncer à n'importe quoi, à inventer n'importe quelle combinaison, pourvu qu'il atteigne son but. Voilà pour la «spiritualité». Du reste, il y a aussi une place pour la spiritualité: elle sert d'une des formes de loisir; on ne peut tout de même pas travailler tout le temps pour les «richesses injustes». Bien sûr, comme toute parabole, cette histoire est racontée moins pour dénoncer que pour que l'homme, s'étant réjoui pour le voleur débrouillard, réfléchisse à ce qu'il veut dans la vie et à la manière dont il l'obtient.

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