20 et aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu. |
21 Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits et disaient : « N’est-ce pas là celui qui, à Jérusalem, s’acharnait sur ceux qui invoquent ce nom, et n’est-il pas venu ici tout exprès pour les amener enchaînés aux grands prêtres ? » |
La transformation de Shaoul en Paul et en apôtre est marquée par le début de la prédication. Du témoignage. Et Paul commence cette prédication aussitôt après le baptême. Le persécuteur devient témoin. Comment y est-il parvenu ? Car auparavant il ne savait rien du christianisme, de l'Église, il n'avait rencontré ni parlé avec aucun des apôtres. D'ailleurs, selon ses propres paroles, prononcées dans l'une de ses lettres, il les fréquenta ensuite assez peu.
Bref, humainement parlant, Shaoul devenu Paul n'était préparé à aucun ministère apostolique. Et pourtant il commence son témoignage. Aujourd'hui, cela peut nous paraître quelque peu étrange. Non seulement parce que Paul n'était pas prêt au sens, pour ainsi dire, théorique : beaucoup aujourd'hui encore se lancent dans la prédication pour témoigner de leur propre expérience spirituelle, sans avoir besoin de connaissances particulières.
Mais le ministère apostolique supposait un témoignage sur le Christ, sur les rencontres avec Lui, sur Sa mort et Sa résurrection. Paul ne faisait pas partie de ceux qui avaient été en relation avec Jésus ressuscité pendant les jours qui séparaient la Résurrection de l'Ascension. Il semblerait qu'il ne pouvait pas être témoin, puisqu'il n'avait pas vu de ses propres yeux ce que les autres apôtres avaient vu. Mais Paul fut pourtant précisément apôtre. Témoin. Témoin oculaire.
Non de ce qui s'était passé dans les jours après la Résurrection, mais de ce qui lui était arrivé à lui-même sur le chemin de Damas. C'est précisément cette rencontre qui fit de lui un témoin, et donc un apôtre. Ainsi, le ministère apostolique, le ministère du témoin qui a vu le Christ de ses propres yeux, ne se réduit pas aux seuls douze auxquels il fut donné de devenir témoins de ce qui s'était passé de la Résurrection à l'Ascension.
Il s'étend à quiconque a eu l'occasion de rencontrer le Ressuscité. Où et quand qu'une telle rencontre ait eu lieu. Et ce témoignage est, à sa manière, non moins important que celui des douze : car il dit que l'histoire du Royaume continue. Elle ne s'est pas achevée il y a deux mille ans. Et les rencontres avec le Roi de ce Royaume sont possibles aujourd'hui encore. Cela signifie qu'elle peut se poursuivre pour nous aussi. Si, bien sûr, nous voulons y participer.
20 et aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu. |
21 Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits et disaient : « N’est-ce pas là celui qui, à Jérusalem, s’acharnait sur ceux qui invoquent ce nom, et n’est-il pas venu ici tout exprès pour les amener enchaînés aux grands prêtres ? » |
22 Mais Saul gagnait toujours en force et confondait les Juifs de Damas en démontrant que Jésus est bien le Christ. |
23 Au bout d’un certain temps, les Juifs se concertèrent pour le faire périr. |
24 Mais Saul eut vent de leur complot. On gardait même les portes de la ville jour et nuit, afin de le faire périr. |
25 Alors les disciples le prirent de nuit et le descendirent dans une corbeille le long de la muraille. |
26 Arrivé à Jérusalem, il essayait de se joindre aux disciples, mais tous en avaient peur, ne croyant pas qu’il fût vraiment disciple. |
27 Alors Barnabé le prit avec lui, l’amena aux apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et avec quelle assurance il avait prêché à Damas au nom de Jésus. |
28 Dès lors il allait et venait avec eux dans Jérusalem, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. |
29 Il s’adressait aussi aux Hellénistes et discutait avec eux ; mais ceux-ci machinaient sa perte. |
30 L’ayant su, les frères le ramenèrent à Césarée, d’où ils le firent partir pour Tarse. |
31 Cependant les Églises jouissaient de la paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elles s’édifiaient et vivaient dans la crainte du Seigneur, et elles étaient comblées de la consolation du Saint Esprit. |
Dans la lecture d’aujourd’hui des Actes, nous voyons comment les douze apôtres n’accueillent pas encore un autre futur apôtre — Paul. Dans une situation de persécutions, les paroles du Maître selon lesquelles eux aussi seront persécutés leur reviennent sans doute en mémoire. Certains d’entre eux, Pierre par exemple, connaissent très bien le prix des paroles. Ils comprennent que, de même qu’ils ont eux-mêmes pu renier le Christ une heure après Lui avoir juré fidélité, celui qui est apparemment devenu « des leurs » peut, à l’épreuve, se révéler provocateur. À plus forte raison celui dont le Seigneur les avait avertis de l’apparition : « L’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu » (Jn 16,2).
Les apôtres, simplement en raison de la peur humaine, oublient que leur Maître retourne tous les défauts humains et les transfigure en qualités avec lesquelles on peut Le servir. De même qu’Il les a acceptés malgré le fait qu’ils Le trahissent, tout en Le connaissant et en sachant qui Il est, de même Il est libre de pardonner à Son persécuteur le plus zélé et d’en faire un grand serviteur à Lui.
20 et aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu. |
21 Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits et disaient : « N’est-ce pas là celui qui, à Jérusalem, s’acharnait sur ceux qui invoquent ce nom, et n’est-il pas venu ici tout exprès pour les amener enchaînés aux grands prêtres ? » |
22 Mais Saul gagnait toujours en force et confondait les Juifs de Damas en démontrant que Jésus est bien le Christ. |
23 Au bout d’un certain temps, les Juifs se concertèrent pour le faire périr. |
24 Mais Saul eut vent de leur complot. On gardait même les portes de la ville jour et nuit, afin de le faire périr. |
25 Alors les disciples le prirent de nuit et le descendirent dans une corbeille le long de la muraille. |
26 Arrivé à Jérusalem, il essayait de se joindre aux disciples, mais tous en avaient peur, ne croyant pas qu’il fût vraiment disciple. |
27 Alors Barnabé le prit avec lui, l’amena aux apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et avec quelle assurance il avait prêché à Damas au nom de Jésus. |
28 Dès lors il allait et venait avec eux dans Jérusalem, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. |
29 Il s’adressait aussi aux Hellénistes et discutait avec eux ; mais ceux-ci machinaient sa perte. |
30 L’ayant su, les frères le ramenèrent à Césarée, d’où ils le firent partir pour Tarse. |
31 Cependant les Églises jouissaient de la paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elles s’édifiaient et vivaient dans la crainte du Seigneur, et elles étaient comblées de la consolation du Saint Esprit. |
Saul commence son ministère et doit maintenant subir les mêmes persécutions que celles auxquelles il avait lui-même, tout récemment, soumis les autres. Saul y était probablement préparé ; peut-être considérait-il même ce qui lui arrivait comme une expiation de ce qu’il avait fait. Mais la conversion de Saul signifiait des épreuves non seulement pour lui, mais aussi pour beaucoup de ses nouveaux frères. L’arrivée de Saul dans l’Église mit à l’épreuve la capacité de beaucoup d’entre eux à pardonner à un pécheur, à faire preuve de miséricorde envers celui qui s’était repenti et à ne pas lui imputer indéfiniment ses anciens péchés, ce qui leur aurait permis de s’affirmer à ses dépens.
Nous savons que les membres de l’Église primitive ont su résister à cette tentation et que, malgré leur méfiance initiale, ils ont accueilli Saul. Mais le problème existe encore aujourd’hui, et ce n’est pas un hasard si, dans la parabole du fils prodigue, le Christ a aussi parlé de son frère aîné obéissant...
1 Cependant Saul, ne respirant toujours que menaces et carnage à l’égard des disciples du Seigneur, alla trouver le grand prêtre |
2 et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il y trouvait quelques adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amenât enchaînés à Jérusalem. |
3 Il faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l’enveloppa de sa clarté. |
4 Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : « Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ? » — |
5 « Qui es-tu, Seigneur ? » demanda-t-il. Et lui : « Je suis Jésus que tu persécutes. |
6 Mais relève-toi, entre dans la ville, et l’on te dira ce que tu dois faire. » |
7 Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient bien la voix, mais sans voir personne. |
8 Saul se releva de terre, mais, quoiqu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. On le conduisit par la main pour le faire entrer à Damas. |
9 Trois jours durant, il resta sans voir, ne mangeant et ne buvant rien. |
10 Il y avait à Damas un disciple du nom d’Ananie. Le Seigneur l’appela dans une vision : « Ananie » — « Me voici, Seigneur », répondit-il. — |
11 « Pars, reprit le Seigneur, va dans la rue Droite et demande, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. Car le voilà qui prie |
12 et qui a vu un homme du nom d’Ananie entrer et lui imposer les mains pour lui rendre la vue. » |
13 Ananie répondit : « Seigneur, j’ai entendu beaucoup de monde parler de cet homme et dire tout le mal qu’il a fait à tes saints à Jérusalem. |
14 Et il est ici avec pleins pouvoirs des grands prêtres pour enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. » |
15 Mais le Seigneur lui dit : « Va, car cet homme m’est un instrument de choix pour porter mon nom devant les nations païennes, les rois et les Israélites. |
16 Moi-même, en effet, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. » |
17 Alors Ananie partit, entra dans la maison, imposa les mains à Saul et lui dit : « Saoul, mon frère, celui qui m’envoie, c’est le Seigneur, ce Jésus qui t’est apparu sur le chemin par où tu venais ; et c’est afin que tu recouvres la vue et sois rempli de l’Esprit Saint. » |
18 Aussitôt il lui tomba des yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Sur-le-champ il fut baptisé ; |
19 puis il prit de la nourriture, et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours avec les disciples à Damas, |
20 et aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu. |
21 Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits et disaient : « N’est-ce pas là celui qui, à Jérusalem, s’acharnait sur ceux qui invoquent ce nom, et n’est-il pas venu ici tout exprès pour les amener enchaînés aux grands prêtres ? » |
22 Mais Saul gagnait toujours en force et confondait les Juifs de Damas en démontrant que Jésus est bien le Christ. |
23 Au bout d’un certain temps, les Juifs se concertèrent pour le faire périr. |
24 Mais Saul eut vent de leur complot. On gardait même les portes de la ville jour et nuit, afin de le faire périr. |
25 Alors les disciples le prirent de nuit et le descendirent dans une corbeille le long de la muraille. |
26 Arrivé à Jérusalem, il essayait de se joindre aux disciples, mais tous en avaient peur, ne croyant pas qu’il fût vraiment disciple. |
27 Alors Barnabé le prit avec lui, l’amena aux apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et avec quelle assurance il avait prêché à Damas au nom de Jésus. |
28 Dès lors il allait et venait avec eux dans Jérusalem, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. |
29 Il s’adressait aussi aux Hellénistes et discutait avec eux ; mais ceux-ci machinaient sa perte. |
30 L’ayant su, les frères le ramenèrent à Césarée, d’où ils le firent partir pour Tarse. |
31 Cependant les Églises jouissaient de la paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elles s’édifiaient et vivaient dans la crainte du Seigneur, et elles étaient comblées de la consolation du Saint Esprit. |
Aujourd'hui, nous lisons le récit de la conversion de Saul, un événement qui non seulement a bouleversé sa vie, mais a aussi déterminé à bien des égards le cours de l'histoire du christianisme. De telles conversions ne sont pas fréquentes, mais elles ont existé et continuent de se produire. Au fond, tout homme rencontre tôt ou tard Dieu sur son chemin. Cette rencontre bouleverse souvent la conscience de l'homme à peu près comme cela s'est produit pour Paul. Il se considérait comme serviteur de Dieu, et il s'est révélé être son ennemi ; et inversement : il pensait que Jésus était son ennemi, et il s'est révélé être son Seigneur, sa vie, sa vocation.
En réalité, un tel bouleversement de la conscience est précisément ce qu'on appelle le repentir (en grec « metanoia », « changement d'intelligence »). Quand l'homme voit soudain que toute sa vie est une persécution du Christ, qu'il exerce en lui-même ou parmi ses proches et ses lointains, alors se révèle à lui aussi la miséricorde du Fils de Dieu persécuté, qui non seulement l'accueillera parmi ses disciples, mais lui confiera aussi une mission nouvelle : non pas déchirer, mais édifier l'Église du Christ.
1 Cependant Saul, ne respirant toujours que menaces et carnage à l’égard des disciples du Seigneur, alla trouver le grand prêtre |
2 et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il y trouvait quelques adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amenât enchaînés à Jérusalem. |
3 Il faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l’enveloppa de sa clarté. |
4 Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : « Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ? » — |
5 « Qui es-tu, Seigneur ? » demanda-t-il. Et lui : « Je suis Jésus que tu persécutes. |
6 Mais relève-toi, entre dans la ville, et l’on te dira ce que tu dois faire. » |
7 Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient bien la voix, mais sans voir personne. |
8 Saul se releva de terre, mais, quoiqu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. On le conduisit par la main pour le faire entrer à Damas. |
9 Trois jours durant, il resta sans voir, ne mangeant et ne buvant rien. |
10 Il y avait à Damas un disciple du nom d’Ananie. Le Seigneur l’appela dans une vision : « Ananie » — « Me voici, Seigneur », répondit-il. — |
11 « Pars, reprit le Seigneur, va dans la rue Droite et demande, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. Car le voilà qui prie |
12 et qui a vu un homme du nom d’Ananie entrer et lui imposer les mains pour lui rendre la vue. » |
13 Ananie répondit : « Seigneur, j’ai entendu beaucoup de monde parler de cet homme et dire tout le mal qu’il a fait à tes saints à Jérusalem. |
14 Et il est ici avec pleins pouvoirs des grands prêtres pour enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. » |
15 Mais le Seigneur lui dit : « Va, car cet homme m’est un instrument de choix pour porter mon nom devant les nations païennes, les rois et les Israélites. |
16 Moi-même, en effet, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. » |
17 Alors Ananie partit, entra dans la maison, imposa les mains à Saul et lui dit : « Saoul, mon frère, celui qui m’envoie, c’est le Seigneur, ce Jésus qui t’est apparu sur le chemin par où tu venais ; et c’est afin que tu recouvres la vue et sois rempli de l’Esprit Saint. » |
18 Aussitôt il lui tomba des yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Sur-le-champ il fut baptisé ; |
19 puis il prit de la nourriture, et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours avec les disciples à Damas, |
20 et aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu. |
21 Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits et disaient : « N’est-ce pas là celui qui, à Jérusalem, s’acharnait sur ceux qui invoquent ce nom, et n’est-il pas venu ici tout exprès pour les amener enchaînés aux grands prêtres ? » |
22 Mais Saul gagnait toujours en force et confondait les Juifs de Damas en démontrant que Jésus est bien le Christ. |
23 Au bout d’un certain temps, les Juifs se concertèrent pour le faire périr. |
24 Mais Saul eut vent de leur complot. On gardait même les portes de la ville jour et nuit, afin de le faire périr. |
25 Alors les disciples le prirent de nuit et le descendirent dans une corbeille le long de la muraille. |
26 Arrivé à Jérusalem, il essayait de se joindre aux disciples, mais tous en avaient peur, ne croyant pas qu’il fût vraiment disciple. |
27 Alors Barnabé le prit avec lui, l’amena aux apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et avec quelle assurance il avait prêché à Damas au nom de Jésus. |
28 Dès lors il allait et venait avec eux dans Jérusalem, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. |
29 Il s’adressait aussi aux Hellénistes et discutait avec eux ; mais ceux-ci machinaient sa perte. |
30 L’ayant su, les frères le ramenèrent à Césarée, d’où ils le firent partir pour Tarse. |
31 Cependant les Églises jouissaient de la paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elles s’édifiaient et vivaient dans la crainte du Seigneur, et elles étaient comblées de la consolation du Saint Esprit. |
La lecture d’aujourd’hui nous ramène une nouvelle fois à la question des frontières et des limites de la religion. Elle nous raconte la conversion au Christ de Saul, qui, après cet événement, entrera dans l’histoire de l’Église sous le nom de l’apôtre Paul. Il ne fait aucun doute que Saul était un homme sincèrement religieux, absolument convaincu dans sa religiosité : pour ses convictions, il était prêt aussi bien à mourir qu’à tuer (v. 1–2). Il était totalement impitoyable, mais une religion qui ne connaît ni le Royaume ni l’amour de Dieu l’est toujours : elle en appelle à des valeurs qui lui paraissent bien plus importantes que la vie humaine. Pourtant, ce zèle impitoyable de Saul était absolument sincère : dès le début, il ne voulait qu’accomplir la volonté de Dieu et était parfaitement convaincu qu’en persécutant les chrétiens, il l’accomplissait de la meilleure manière possible. Bien entendu, il était tout à fait impossible de faire changer d’avis un tel homme. La conversion, au sens où l’on comprend souvent ce mot aujourd’hui, lui était également impossible : pour l’homme contemporain, « se convertir » signifie le plus souvent soit adopter une religion, soit passer d’une religion à une autre, et Saul n’aurait certainement pas accepté cela, même sous la menace de la mort.
Mais ce sont précisément de tels serviteurs que le Christ veut : fidèles jusqu’au bout et prêts à tout. Et Il fait de Saul Son serviteur — Il accomplit ce que personne d’autre n’aurait pu accomplir, car personne d’autre n’aurait pu manifester le Royaume dans une telle plénitude. Il donne à Son futur serviteur d’éprouver et de sentir ce qu’est le Royaume et qui Il est Lui-même (v. 3–5). Alors Saul se convertit. Ce ne sont pas des paroles humaines qui l’ont convaincu, mais la rencontre avec le Ressuscité et l’expérience du Royaume. Or la conversion chrétienne ne peut être que cela : une conversion au Christ et au Royaume, et non l’adoption d’une nouvelle religion ou le passage d’une religion à une autre.
Une fois converti, Saul reste le même homme d’action : sa première question au Ressuscité est : que dois-je faire maintenant (v. 6) ? [N.d.T. : la question est présente en Ac 9,6 dans la traduction synodale russe ; dans la Bible de Jérusalem, elle figure en Ac 22,10.] Sa nature sincère et active ne supportait pas l’inaction, et Dieu utilise ces qualités du nouveau converti : très vite, Saul se met à prêcher, témoignant de la messianité et de la Résurrection de Jésus (v. 20–30). Il ne se préoccupe ni de ses opinions antérieures ni de ce que diront de lui ceux qui l’ont connu sous un tout autre jour. Ce n’est pas que Saul ait été peu enclin à réfléchir : il semble simplement que l’impression laissée par la rencontre avec le Ressuscité sur le chemin de Damas ait été si forte qu’il ne pouvait pas ne pas en parler, ne pas en témoigner. Ce qui s’est révélé à Saul n’était pas seulement une vérité nouvelle : c’est le Messie qui s’est révélé à lui, et il était impossible de garder le silence sur une telle révélation. La religion avait pris fin : devant le futur apôtre Paul s’était ouverte la plénitude du Royaume.
1 Cependant Saul, ne respirant toujours que menaces et carnage à l’égard des disciples du Seigneur, alla trouver le grand prêtre |
2 et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il y trouvait quelques adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amenât enchaînés à Jérusalem. |
3 Il faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l’enveloppa de sa clarté. |
4 Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : « Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ? » — |
5 « Qui es-tu, Seigneur ? » demanda-t-il. Et lui : « Je suis Jésus que tu persécutes. |
6 Mais relève-toi, entre dans la ville, et l’on te dira ce que tu dois faire. » |
7 Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient bien la voix, mais sans voir personne. |
8 Saul se releva de terre, mais, quoiqu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. On le conduisit par la main pour le faire entrer à Damas. |
9 Trois jours durant, il resta sans voir, ne mangeant et ne buvant rien. |
10 Il y avait à Damas un disciple du nom d’Ananie. Le Seigneur l’appela dans une vision : « Ananie » — « Me voici, Seigneur », répondit-il. — |
11 « Pars, reprit le Seigneur, va dans la rue Droite et demande, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. Car le voilà qui prie |
12 et qui a vu un homme du nom d’Ananie entrer et lui imposer les mains pour lui rendre la vue. » |
13 Ananie répondit : « Seigneur, j’ai entendu beaucoup de monde parler de cet homme et dire tout le mal qu’il a fait à tes saints à Jérusalem. |
14 Et il est ici avec pleins pouvoirs des grands prêtres pour enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. » |
15 Mais le Seigneur lui dit : « Va, car cet homme m’est un instrument de choix pour porter mon nom devant les nations païennes, les rois et les Israélites. |
16 Moi-même, en effet, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. » |
17 Alors Ananie partit, entra dans la maison, imposa les mains à Saul et lui dit : « Saoul, mon frère, celui qui m’envoie, c’est le Seigneur, ce Jésus qui t’est apparu sur le chemin par où tu venais ; et c’est afin que tu recouvres la vue et sois rempli de l’Esprit Saint. » |
18 Aussitôt il lui tomba des yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Sur-le-champ il fut baptisé ; |
19 puis il prit de la nourriture, et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours avec les disciples à Damas, |
20 et aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu. |
Le livre des Actes raconte les grands tournants de l’histoire du salut et de la diffusion dans le monde du message de Jésus. Presque chaque scène relate soit des miracles saisissants, soit des tournants décisifs dans la vie de personnes devenues par la suite de grandes lumières de l’Église. Mais une question légitime peut se poser : quel rapport tous ces événements exceptionnels ont-ils avec la vie d’une personne concrète, d’un « homme ordinaire », de ceux qui constituent toujours l’immense majorité du genre humain ?
Il semble que Luc ait retenu toutes ces scènes éclatantes et grandioses de l’histoire du christianisme primitif en grande partie à titre d’illustration, comme les exemples les plus mémorables de ce que Dieu accomplit dans la vie de toute personne qu’Il touche de Son Esprit. Et bien que la rencontre avec Dieu se produise dans des situations diverses et de différentes manières, elle comporte toujours certains éléments constants — avant tout, l’appel divin et l’ébranlement des fondements de la vie humaine. Jésus dit que « nul ne peut venir à Moi si le Père ne l’attire » (Jn 6:44). De plus, cet appel céleste, ou cette « voix », ne peut être mérité par quoi que ce soit ; en fin de compte, il ne peut même pas être expliqué. Le cas du persécuteur Saul, devenu l’apôtre Paul, en est une confirmation frappante. Dieu seul connaît les mouvements du cœur et les méandres du destin de telle ou telle personne. Une autre question est que l’être humain n’est pas toujours prêt à répondre à l’appel avec tout le sérieux et tout l’engagement nécessaires. D’ailleurs, cela aussi se produit pour des raisons qui nous échappent. Mais si une personne répond à Dieu en retour — confiance pour confiance, amour pour amour —, alors son destin, celui d’un être apparemment si insignifiant, devient une partie de la grande histoire du salut. Par lui ou par elle commencent à s’accomplir les « grandes œuvres de Dieu » ; il ou elle devient un « instrument choisi par Dieu », « rempli de l’Esprit », et participe à l’édification d’un monde nouveau qui pourrait incarner tous les desseins et les rêves les plus chers à Dieu.
1 Cependant Saul, ne respirant toujours que menaces et carnage à l’égard des disciples du Seigneur, alla trouver le grand prêtre |
2 et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il y trouvait quelques adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amenât enchaînés à Jérusalem. |
3 Il faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l’enveloppa de sa clarté. |
4 Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : « Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu ? » — |
5 « Qui es-tu, Seigneur ? » demanda-t-il. Et lui : « Je suis Jésus que tu persécutes. |
6 Mais relève-toi, entre dans la ville, et l’on te dira ce que tu dois faire. » |
7 Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient bien la voix, mais sans voir personne. |
8 Saul se releva de terre, mais, quoiqu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. On le conduisit par la main pour le faire entrer à Damas. |
9 Trois jours durant, il resta sans voir, ne mangeant et ne buvant rien. |
10 Il y avait à Damas un disciple du nom d’Ananie. Le Seigneur l’appela dans une vision : « Ananie » — « Me voici, Seigneur », répondit-il. — |
11 « Pars, reprit le Seigneur, va dans la rue Droite et demande, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. Car le voilà qui prie |
12 et qui a vu un homme du nom d’Ananie entrer et lui imposer les mains pour lui rendre la vue. » |
13 Ananie répondit : « Seigneur, j’ai entendu beaucoup de monde parler de cet homme et dire tout le mal qu’il a fait à tes saints à Jérusalem. |
14 Et il est ici avec pleins pouvoirs des grands prêtres pour enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. » |
15 Mais le Seigneur lui dit : « Va, car cet homme m’est un instrument de choix pour porter mon nom devant les nations païennes, les rois et les Israélites. |
16 Moi-même, en effet, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. » |
17 Alors Ananie partit, entra dans la maison, imposa les mains à Saul et lui dit : « Saoul, mon frère, celui qui m’envoie, c’est le Seigneur, ce Jésus qui t’est apparu sur le chemin par où tu venais ; et c’est afin que tu recouvres la vue et sois rempli de l’Esprit Saint. » |
18 Aussitôt il lui tomba des yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Sur-le-champ il fut baptisé ; |
19 puis il prit de la nourriture, et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours avec les disciples à Damas, |
20 et aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu. |
Le Seigneur avait préparé une surprise à Ananie. Ananie, apparemment, était tout à fait prêt à ce que Dieu lui parle. Mais même lui ne s’attendait pas à cela : aller vers Saul de Tarse, dont tout le monde sait qu’il persécute les chrétiens et qu’il est venu à Damas avec un seul but — déraciner le christianisme.
Ananie est sous le choc. Mais il ne rejette pas la vision, bien qu’il aurait très bien pu dire : aller vers Saul, c’est de la folie ; donc ce n’est pas une vision, mais un délire. D’autre part, il ne discute pas avec Dieu, il ne dit pas : « Non, Seigneur, je n’irai nulle part ». Il précise : « Seigneur, j’ai entendu dire par beaucoup que cet homme a fait beaucoup de mal à Tes saints et qu’ici, à Damas, il veut aussi persécuter Ton Église... » En répondant, le Seigneur ne dit pas si c’est vrai ou non, apparemment parce qu’il est déjà connu que c’est vrai ; Il dit : « Va, car Je l’ai choisi ».
Et Ananie prend la seule décision juste : il va simplement et fait ce que le Seigneur lui a dit.
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