RÉFLEXIONS pour Ac 9:20-21
La transformation de Shaoul en Paul et en apôtre est marquée par le début de la prédication. Du témoignage. Et Paul commence cette prédication aussitôt après le baptême. Le persécuteur devient témoin. Comment y est-il parvenu ? Car auparavant il ne savait rien du christianisme, de l'Église, il n'avait rencontré ni parlé avec aucun des apôtres. D'ailleurs, selon ses propres paroles, prononcées dans l'une de ses lettres, il les fréquenta ensuite assez peu.
Bref, humainement parlant, Shaoul devenu Paul n'était préparé à aucun ministère apostolique. Et pourtant il commence son témoignage. Aujourd'hui, cela peut nous paraître quelque peu étrange. Non seulement parce que Paul n'était pas prêt au sens, pour ainsi dire, théorique : beaucoup aujourd'hui encore se lancent dans la prédication pour témoigner de leur propre expérience spirituelle, sans avoir besoin de connaissances particulières.
Mais le ministère apostolique supposait un témoignage sur le Christ, sur les rencontres avec Lui, sur Sa mort et Sa résurrection. Paul ne faisait pas partie de ceux qui avaient été en relation avec Jésus ressuscité pendant les jours qui séparaient la Résurrection de l'Ascension. Il semblerait qu'il ne pouvait pas être témoin, puisqu'il n'avait pas vu de ses propres yeux ce que les autres apôtres avaient vu. Mais Paul fut pourtant précisément apôtre. Témoin. Témoin oculaire.
Non de ce qui s'était passé dans les jours après la Résurrection, mais de ce qui lui était arrivé à lui-même sur le chemin de Damas. C'est précisément cette rencontre qui fit de lui un témoin, et donc un apôtre. Ainsi, le ministère apostolique, le ministère du témoin qui a vu le Christ de ses propres yeux, ne se réduit pas aux seuls douze auxquels il fut donné de devenir témoins de ce qui s'était passé de la Résurrection à l'Ascension.
Il s'étend à quiconque a eu l'occasion de rencontrer le Ressuscité. Où et quand qu'une telle rencontre ait eu lieu. Et ce témoignage est, à sa manière, non moins important que celui des douze : car il dit que l'histoire du Royaume continue. Elle ne s'est pas achevée il y a deux mille ans. Et les rencontres avec le Roi de ce Royaume sont possibles aujourd'hui encore. Cela signifie qu'elle peut se poursuivre pour nous aussi. Si, bien sûr, nous voulons y participer.
