25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse: une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens, |
26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit: De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob. |
27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j'enlèverai leurs péchés. |
28 Ennemis, il est vrai, selon l'Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l'Élection, chéris à cause de leurs pères. |
29 Car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance. |
Si nous ne lisons pas le chapitre 11 de l'Épître aux Romains en le prenant comme un guide pour agir, nous nous retrouverons ensuite assis au bout de la table, nous souvenant du chapitre 14 de l'Évangile selon Luc. Et c'est encore l'issue la moins grave. Car Dieu a dit, par exemple, à Abraham : « Je bénirai ceux qui te béniront, et celui qui te maudira, je le maudirai. » Or le Seigneur ne manque jamais à Sa parole.
25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse: une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens, |
L'apôtre est tout à fait certain que la venue du Christ et l'avènement de l'ère de la nouvelle union-alliance messianique ne dévalorisent nullement le chemin parcouru par le peuple de Dieu aux temps préchrétiens, et ne ferment absolument pas aux Juifs la possibilité d'entrer par la suite dans le Royaume et dans l'Église. Paul dit en même temps que l'Église doit d'abord s'accroître de convertis venus du paganisme, augmenter en nombre. Et il ne s'agit pas ici du fait que les païens pourraient devenir un quelconque exemple pour les Juifs ou les convaincre en quoi que ce soit par leur conversion massive au Christ, même si une telle conversion massive était possible.
Il s'agit du fait que seule la plénitude de l'Église manifestée au monde peut être réellement convaincante pour ceux qui ont parcouru une certaine partie du chemin vers le Royaume et se sont arrêtés, convaincus d'avoir déjà atteint le but. Il s'agit évidemment de la plénitude de toute l'Église. D'une Église qui ne se réduit à aucun mouvement communautaire, et encore moins à des structures et institutions terrestres, mais qui constitue la forme d'existence du Royaume sur la terre et l'espace des relations qui unissent les fidèles au Christ. On appelle parfois une telle Église céleste, parfois mystique, et aucune de ces deux définitions ne peut être tenue pour complète.
Car la plénitude de l'Église comprend non seulement le ciel, mais aussi la terre ; non seulement ceux qui ont déjà achevé l'étape terrestre de leur chemin chrétien, mais aussi ceux qui la poursuivent encore. Et la plénitude, dans une partie de l'Église, à condition d'une vie chrétienne pleine, ne se manifeste pas moins que dans l'autre, bien que sous une forme différente. Quant à la mystique, il n'y en a pas tant, au fond, dans la vie ecclésiale : elle appartient plutôt au monde divisé, lorsque les habitants d'une de ses parties tentent de jeter un regard dans l'autre, où ils n'ont pas accès.
Mais l'Église, l'Église authentique et non les institutions humaines qui s'y sont collées, est toujours ouverte en tous les sens ; en elle il y a le mystère, mais non le goût du secret ni l'ésotérisme tant aimé par beaucoup de mystiques. C'est cette Église authentique, dans toute sa plénitude, qui peut devenir, pour ceux qui se sont arrêtés sur le chemin du Royaume, une incitation à poursuivre la marche. Tout le reste, pour de telles personnes, n'est d'ordinaire pas convaincant. Paul le sait par sa propre expérience.
28 Ennemis, il est vrai, selon l'Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l'Élection, chéris à cause de leurs pères. |
La vie spirituelle et l'histoire du peuple de Dieu sont pleines de paradoxes. Et le paradoxe principal tient à la façon dont les plans de Dieu s'accomplissent avec la participation de ceux qu'Il considère comme les Siens. En réalité, la situation que Paul décrit au sujet du peuple juif dans son rapport à l'Église n'est qu'un cas particulier de ce paradoxe. Le paradoxe consiste en ceci : Dieu réalise le plus souvent Ses plans avec la participation de ceux qui, choisis par Lui-même, se révèlent pourtant d'ordinaire, dans la mise en œuvre du plan, être plutôt un fardeau qu'une aide. Il en fut ainsi dès le début de l'histoire juive, dès le don de la Torah, dès le Sinaï.
Depuis l'histoire même du veau d'or, après laquelle Dieu prend une décision paradoxale : le peuple ne mérite pas d'entrer dans la terre promise autrefois aux pères, mais il doit pourtant marcher précisément vers elle, vers les frontières de cette terre. Parce que la terre a été promise à Abraham. Parce que c'est le dessein de Dieu, une partie de Son plan de salut de l'humanité, encore plus vaste. Et aussi, bien sûr, parce que Moïse ne renonce pas à son peuple, ne renonce pas à le conduire plus loin. Il y a le plan de Dieu, il y a quelqu'un qui le comprend assez pour y participer consciemment : voilà le minimum nécessaire à l'accomplissement du plan de Dieu. Et le reste du peuple, qu'est-il ? Un fardeau ? Non.
Plutôt un champ de possibilités. Des possibilités dont on ne peut jamais être certain qu'elles seront réalisées, mais qui, dans le champ de l'attention de Dieu, ou, pour parler le langage biblique, de la mémoire de Dieu, existeront jusqu'à l'achèvement de la grande époque spirituelle présente. Jusqu'au second avènement. Jusqu'au moment du plein triomphe du Royaume. Ce n'est qu'alors que viendra le temps de tirer les conclusions. Voilà pourquoi les Juifs demeurent eux aussi un tel champ de possibilités. Dans leur ensemble, ils n'accueillent pas le Messie, comme les contemporains de Moïse n'accueillaient pas toujours ses paroles ni sa conduite.
Pour les chrétiens, ils sont des ennemis, simplement parce qu'ils ne veulent pas du chemin chrétien, ne l'acceptent pas, préférant leur propre voie. Mais pour Dieu, ils sont un potentiel non révélé, une possibilité non réalisée. Cela se comprend : nul de ceux qui ont au moins une fois participé à l'accomplissement du plan de Dieu ne disparaît définitivement de l'attention de Dieu. Quant à ce que donnera Son attention dans chaque cas concret, Lui seul le sait. Il ne nous reste qu'à attendre patiemment. Peut-être jusqu'à la fin des temps.
29 Car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance. |
Les dons et l'appel de Dieu vont de pair, ensemble. Cela signifie, premièrement, que l'appel de Dieu n'est pas impossible à accomplir pour nous, car il est toujours accompagné des dons correspondants qu'Il accorde. Deuxièmement, les dons de Dieu ne sont jamais absurdes ni sans but, puisqu'ils sont donnés pour accomplir un appel précis.
Réfléchissons aussi à l'irrévocabilité des dons et de l'appel. En général, nous tendons vers l'un de deux extrêmes : soit penser que Dieu est tellement maître de Ses promesses que « s'Il veut, Il donne, et s'Il veut, Il reprend », soit penser que, puisqu'Il a promis, la chose est déjà « dans notre poche », quoi que nous fassions. En réalité, ici comme toujours, il y a un paradoxe. Dieu est fidèle à Ses promesses et ne les annule pas, mais dans l'accomplissement des promesses, qu'il s'agisse des dons ou de l'appel, il y a toujours deux côtés : Son don et notre accueil. Son don est irrévocable, mais le second côté est nécessaire lui aussi : notre consentement à recevoir à la fois les dons et l'appel.
25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse: une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens, |
26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit: De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob. |
27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j'enlèverai leurs péchés. |
28 Ennemis, il est vrai, selon l'Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l'Élection, chéris à cause de leurs pères. |
29 Car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance. |
30 En effet, de même que jadis vous avez désobéi à Dieu et qu'au temps présent vous avez obtenu miséricorde grâce à leur désobéissance, |
31 eux de même au temps présent ont désobéi grâce à la miséricorde exercée envers vous, afin qu'eux aussi ils obtiennent au temps présent miséricorde. |
32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde. |
33 O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles! |
34 Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ? |
35 Ou bien qui l'a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour? |
36 Car tout est de lui et par lui et pour lui. A lui soit la gloire éternellement ! Amen. |
Nous vivons dans un monde où chacun est pour soi. Dans notre vie, l'essentiel est de devenir autonome; nous aimons tellement parler d'indépendance. Dans ce monde, chacun de nous est comme une petite particule suivant son propre chemin. Dans cette société atomisée disparaît ce qui est le plus important, ce qui fait de l'homme un homme: la miséricorde, la compassion, le sentiment de responsabilité pour ceux qui sont proches. Quelque part, quelque chose de terrible se produit, des gens meurent, mais notre émotion dure exactement le temps d'un journal télévisé. Dans le meilleur des cas, encore une demi-heure; dans le meilleur des meilleurs, quelques jours. Car c'est là-bas, quelque part, cela ne nous concerne pas. Bien plus, la contemplation du malheur d'autrui, de la catastrophe d'autrui, remplace en nous la compassion.
Mais quel que soit le nombre de murs que nous construisions pour nous séparer des autres hommes, quels que soient nos efforts pour nous enfermer dans notre petit monde confortable, nous n'abolirons pas le fait que le Seigneur a conçu notre monde tout autrement. En réalité, nous sommes tous liés les uns aux autres, et quelque chose de terrible qui se produit à l'autre bout du monde nous concerne tout de même, parce que la mort de chacun de nous change irréparablement notre monde. Bien plus, le fait que notre monde présente un spectacle si triste est aussi notre faute, notre responsabilité. Cela ne signifie pas que nous devons nous arracher les cheveux ou tomber dans la dépression; mais cela signifie qu'il faut prendre conscience de la mesure de notre responsabilité personnelle et nous efforcer de ne pas la rejeter sur les autres. Et même dans les moments où nous ne pouvons aider en rien, nous pouvons toujours prier pour les autres.
25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse: une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens, |
26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit: De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob. |
27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j'enlèverai leurs péchés. |
28 Ennemis, il est vrai, selon l'Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l'Élection, chéris à cause de leurs pères. |
29 Car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance. |
30 En effet, de même que jadis vous avez désobéi à Dieu et qu'au temps présent vous avez obtenu miséricorde grâce à leur désobéissance, |
31 eux de même au temps présent ont désobéi grâce à la miséricorde exercée envers vous, afin qu'eux aussi ils obtiennent au temps présent miséricorde. |
32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde. |
33 O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles! |
34 Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ? |
35 Ou bien qui l'a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour? |
36 Car tout est de lui et par lui et pour lui. A lui soit la gloire éternellement ! Amen. |
Parlant du salut de son peuple, Paul le lie à la fin des temps, à ce triomphe du Royaume qui est impossible sans la participation du peuple de Dieu dans toute sa plénitude. L'apôtre comprend parfaitement que le sens principal de l'époque présente est l'avènement du Royaume, qui se révèle de plus en plus dans le monde. L'attitude de chacun envers ce processus n'est déterminée que par son propre choix, de sorte que les Juifs, comme les représentants de tout autre peuple, peuvent en devenir soit participants, soit adversaires ; et Paul est contraint de constater avec regret que la majorité de ses compatriotes a choisi la seconde voie (v. 28). Leur propre religion et leur tradition se sont révélées plus importantes pour eux que le Royaume.
Mais dans la perspective eschatologique, ce qui compte n'est pas seulement le choix d'une personne concrète, qui détermine avant tout son propre chemin, mais aussi le dessein de Dieu concernant Son peuple, capable de changer radicalement le destin de quiconque s'y rattache. Car Dieu ne modifie pas les promesses données une fois pour toutes et ne rompt pas les alliances conclues une fois pour toutes ; cela signifie que Son alliance avec le peuple juif continue d'agir, et que le destin de chacun de ceux qui appartiennent au peuple juif ne peut être considéré en dehors du contexte de cette alliance nullement rompue (v. 28 – 29).
L'apôtre espère que le retour du Sauveur à la fin des temps sera pour le peuple juif ce que fut pour lui la visite de Dieu au temps de l'exil de Babylone : alors, à Babylone, l'histoire du judaïsme d'avant l'exil prit effectivement fin, mais c'est précisément là, à Babylone, pendant l'exil, que naquit miraculeusement, uniquement parce que Dieu n'avait pas abandonné le reste de Son peuple, un nouveau judaïsme, et toute l'histoire juive des siècles suivants remonte précisément à lui. Et de même qu'alors tout ce qui arriva eut lieu seulement parce que Dieu ne change pas Ses plans concernant Son peuple, de même, lors du retour du Sauveur, l'histoire du peuple juif commencera de nouveau par sa transformation, précisément parce que Dieu est fidèle à Ses promesses et aux alliances qu'Il a conclues (v. 25 – 27).
En fin de compte, aucun homme ni aucun peuple n'a mérité le Royaume ; tous le reçoivent également par la miséricorde de Dieu (v. 30 – 32). S'il en est ainsi, ce n'est qu'à la fin des temps, lorsque le Sauveur reviendra et que le Royaume se révélera dans toute sa plénitude, que se déterminera le destin de chaque homme et de chaque peuple.
13 Or je vous le dis à vous, les païens, je suis bien l'apôtre des païens et j'honore mon ministère, |
14 mais c'est avec l'espoir d'exciter la jalousie de ceux de mon sang et d'en sauver quelques-uns. |
15 Car si leur mise à l'écart fut une réconciliation pour le monde, que sera leur admission, sinon une résurrection d'entre les morts ? |
16 Or si les prémices sont saintes, toute la pâte aussi; et si la racine est sainte, les branches aussi. |
17 Mais si quelques-unes des branches ont été coupées tandis que toi, sauvageon d'olivier tu as été greffé parmi elles pour bénéficier avec elles de la sève de l'olivier, |
18 ne va pas te glorifier aux dépens des branches. Ou si tu veux te glorifier, ce n'est pas toi qui portes la racine, c'est la racine qui te porte. |
19 Tu diras: On a coupé des branches, pour que, moi, je fusse greffé. |
20 Fort bien. Elles ont été coupées pour leur incrédulité, et c'est la foi qui te fait tenir. Ne t'enorgueillis pas; crains plutôt. |
21 Car si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, prends garde qu'il ne t'épargne pas davantage. |
22 Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité envers ceux qui sont tombés, et envers toi bonté, pourvu que tu demeures en cette bonté; autrement tu seras retranché toi aussi. |
23 Et eux, s'ils ne demeurent pas dans l'incrédulité, ils seront greffés: Dieu est bien assez puissant pour les greffer à nouveau. |
24 En effet, si toi tu as été retranché de l'olivier sauvage auquel tu appartenais par nature, et greffé, contre nature, sur un olivier franc, combien plus eux, les branches naturelles, seront-ils greffés sur leur propre olivier ! |
25 Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse: une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens, |
26 et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit: De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob. |
27 Et voici quelle sera mon alliance avec eux lorsque j'enlèverai leurs péchés. |
28 Ennemis, il est vrai, selon l'Évangile, à cause de vous, ils sont, selon l'Élection, chéris à cause de leurs pères. |
29 Car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance. |
30 En effet, de même que jadis vous avez désobéi à Dieu et qu'au temps présent vous avez obtenu miséricorde grâce à leur désobéissance, |
31 eux de même au temps présent ont désobéi grâce à la miséricorde exercée envers vous, afin qu'eux aussi ils obtiennent au temps présent miséricorde. |
32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde. |
33 O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles! |
34 Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ? |
35 Ou bien qui l'a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour? |
36 Car tout est de lui et par lui et pour lui. A lui soit la gloire éternellement ! Amen. |
Dans l’ensemble de l’Épître aux Romains, y compris dans le passage d’aujourd’hui, l’apôtre Paul parle longuement et en détail du destin d’Israël et de l’attitude des chrétiens envers lui. Hélas, au cours des deux millénaires écoulés, le problème n’a rien perdu de son acuité, et l’antisémitisme demeure l’une des graves maladies spirituelles des chrétiens. Dans la Rome antique, il n’avait pas encore de coloration religieuse prononcée. Mais, dans les pays appartenant à la civilisation chrétienne — l’Espagne médiévale, l’Allemagne avant 1945, notre propre pays — il s’y mêle une prétendue justification chrétienne.
L’apôtre Paul considère sous différents angles le problème de l’attitude des chrétiens envers les Juifs. Dans le passage d’aujourd’hui, il nous propose une image qui lui est importante : celle de l’olivier cultivé et de l’olivier sauvage. Juif issu de Juifs, l’apôtre entend par l’olivier cultivé toute la tradition spirituelle de l’Ancienne Alliance et, principalement, les apôtres et la majorité des chrétiens de la première génération. Ils étaient tous Juifs, et c’est à eux que nous devons notre foi. Si toi, olivier sauvage, nous dit-il à nous, chrétiens issus des nations, tu as été greffé à la place des branches tombées de l’olivier cultivé, il ne te convient pas de t’élever au-dessus de toute sa racine. Ne t’enorgueillis pas, dit l’apôtre, mais crains. Car nous pouvons tomber exactement comme les Juifs.
Dans l’esprit de l’universalisme de la Nouvelle Alliance, l’apôtre Paul n’explique la sévérité et la bonté de Dieu que par la chute ou la fidélité des hommes. Cela signifie que l’appartenance nationale n’a ici aucune importance. Toute personne, païenne aussi bien que juive, peut rejeter le don de la grâce divine. Ainsi, du point de vue de l’apôtre, l’antisémitisme ne possède aucun fondement théologique. Il s’ensuit tout aussi clairement que, comme toute xénophobie, l’antisémitisme, pour le dire avec modération, ne sied guère à un chrétien.
7 Il disait ensuite une parabole à l'adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans; il leur disait: |
8 " Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan, de peur qu'un plus digne que toi n'ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : "Cède-lui la place. " Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise : "Mon ami, monte plus haut. " Alors il y aura pour toi de l'honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. " |
12 Puis il disait à celui qui l'avait invité : " Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu'eux aussi ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. |
13 Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; |
14 heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. " |
L'Évangile selon Luc nous donne une leçon d'humilité. L'humilité est le contraire de l'orgueil : elle ne consiste pas à se fixer sur soi-même, mais à être attentif aux autres, tout simplement parce qu'ils sont plus importants. Mais elle n'est pas non plus un abaissement de soi affecté, qui, au fond, reste lui aussi tourné vers soi, l'être aimé. La véritable humilité est l'une des manifestations de l'amour, et comme elle nous est difficile. C'est-à-dire qu'elle nous est donnée facilement, car elle est l'un des grands dons de l'Esprit Saint, mais nous l'accueillons avec une immense difficulté.
1 Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l'un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu'eux étaient à l'observer. |
2 Et voici qu'un hydropique se trouvait devant lui. |
3 Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : " Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? " |
4 Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. |
5 Puis il leur dit : " Lequel d'entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? " |
6 Et ils ne purent rien répondre à cela. |
7 Il disait ensuite une parabole à l'adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans; il leur disait: |
8 " Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan, de peur qu'un plus digne que toi n'ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : "Cède-lui la place. " Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise : "Mon ami, monte plus haut. " Alors il y aura pour toi de l'honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. " |
12 Puis il disait à celui qui l'avait invité : " Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu'eux aussi ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. |
13 Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; |
14 heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. " |
15 A ces mots, l'un des convives lui dit : " Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! " |
16 Il lui dit : " Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : "Venez ; maintenant tout est prêt. " |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : "J'ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " |
19 Un autre dit : "J'ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " |
20 Un autre dit : "Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis venir. " |
21 " A son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : "Va-t'en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. " - |
22 "Maître, dit le serviteur, tes ordres seront exécutés, et il y a encore de la place. " |
23 Et le maître dit au serviteur : "Va-t'en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. " " |
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit: |
26 " Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 " Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? |
29 De peur que, s'il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant: |
30 "Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n'a pu achever ! " |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s'asseoir pour examiner s'il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille? |
32 Sinon, alors que l'autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
34 " C'est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s'affadir, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? |
35 Il n'est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
La parabole d'aujourd'hui sur le festin de noces touche directement à la question de la vie, de la joie et de l'amour. Nous aspirons tous à cela. Nous en avons tous besoin. Mais, un beau jour, et même plus souvent, nous sommes placés devant un choix : où chercher la vie et la joie ? Nous pouvons commencer à construire notre propre vie, notre propre bonheur, familial ou autre. Ou bien nous pouvons aller au festin de noces, image constante du Royaume du Christ dans l'Évangile. Le choix est entièrement libre.
1 Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l'un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu'eux étaient à l'observer. |
2 Et voici qu'un hydropique se trouvait devant lui. |
3 Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : " Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? " |
4 Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. |
5 Puis il leur dit : " Lequel d'entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? " |
6 Et ils ne purent rien répondre à cela. |
7 Il disait ensuite une parabole à l'adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans; il leur disait: |
8 " Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan, de peur qu'un plus digne que toi n'ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : "Cède-lui la place. " Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise : "Mon ami, monte plus haut. " Alors il y aura pour toi de l'honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. " |
12 Puis il disait à celui qui l'avait invité : " Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu'eux aussi ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. |
13 Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; |
14 heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. " |
15 A ces mots, l'un des convives lui dit : " Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! " |
16 Il lui dit : " Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : "Venez ; maintenant tout est prêt. " |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : "J'ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " |
19 Un autre dit : "J'ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " |
20 Un autre dit : "Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis venir. " |
21 " A son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : "Va-t'en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. " - |
22 "Maître, dit le serviteur, tes ordres seront exécutés, et il y a encore de la place. " |
23 Et le maître dit au serviteur : "Va-t'en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. " " |
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit: |
26 " Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 " Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? |
29 De peur que, s'il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant: |
30 "Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n'a pu achever ! " |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s'asseoir pour examiner s'il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille? |
32 Sinon, alors que l'autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
34 " C'est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s'affadir, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? |
35 Il n'est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
En parlant du Royaume, Jésus ne cesse de rappeler à Ses auditeurs qu'il faut encore y entrer et que cela ne se produira pas tout seul. Pour le Royaume, il faut tout quitter et être prêt à prendre sa croix. Ces paroles du Sauveur étaient parfaitement compréhensibles : Ses auditeurs se souvenaient encore que, guère plus d'un siècle avant les événements évangéliques, sous le règne d'Alexandre Jannée dans la Judée alors indépendante, les participants à une révolte contre le pouvoir, qui exigeaient des autorités la stricte observance des normes de la Torah dans le pays, avaient été crucifiés. Les insurgés ne voulaient qu'une chose : le Royaume, tel qu'ils le connaissaient, bien entendu. Et pour lui, ils ont tout donné. L'idée qu'ils s'en faisaient ressemblait peu à ce dont parle Jésus, mais Il donne leur détermination en exemple à Ses auditeurs. Ils ont réellement tout quitté.
Contrairement aux personnages de la parabole de Jésus, qui refusent de venir au festin sous des prétextes apparemment tout à fait raisonnables, mais qui refusent tout de même et perdent l'essentiel. Leur place est prise par ceux qui n'ont rien dans ce monde et aucune raison de décliner l'invitation. Une question de priorités ? Oui, bien sûr, de priorités aussi, mais pas seulement. Ce n'est pas un hasard si Jésus parle d'un festin, des premiers et des derniers, et de ces places que beaucoup cherchent à occuper, même au risque d'en être chassés.
Le Royaume n'est ni un lieu, ni une structure, ni une hiérarchie. Le Royaume est un état dans lequel on peut demeurer, mais qu'il est absolument impossible, pour ainsi dire, de figer, même si on le désire ardemment. C'est de là que vient le désir d'occuper les meilleures ou les moins bonnes places. Car, en réalité, il n'y a dans le Royaume ni bonnes ni mauvaises places. Il n'y existe qu'un seul critère : la personne se trouve-t-elle à sa place, à cette place même que Dieu lui a destinée, ou à celle qu'elle a choisie elle-même parce qu'elle la jugeait plus appropriée ?
De là vient aussi la question : faut-il aller au festin ou dans le champ que l'on vient d'acheter ? Le festin de noces est le symbole du Royaume. Et si quelqu'un ne sait que choisir, c'est qu'il ne sait pas ce qu'est le Royaume. S'il le savait, il ne lui viendrait pas à l'esprit de comparer l'importance de la vie qu'il vit à quoi que ce soit qui lui appartienne. La vie est plénitude, tandis qu'un champ acheté, les biens et même la famille ne sont que des dérivés de cette plénitude. Il importe ici de ne pas confondre la partie et le tout, l'essentiel et le secondaire. Une seule chose peut nous y aider : l'expérience de la vie véritable du Royaume, cette vie même qui est le salut.
1 Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l'un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu'eux étaient à l'observer. |
2 Et voici qu'un hydropique se trouvait devant lui. |
3 Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : " Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? " |
4 Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. |
5 Puis il leur dit : " Lequel d'entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? " |
6 Et ils ne purent rien répondre à cela. |
7 Il disait ensuite une parabole à l'adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans; il leur disait: |
8 " Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan, de peur qu'un plus digne que toi n'ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : "Cède-lui la place. " Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise : "Mon ami, monte plus haut. " Alors il y aura pour toi de l'honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. " |
12 Puis il disait à celui qui l'avait invité : " Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu'eux aussi ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. |
13 Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; |
14 heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. " |
Le repas dans la maison de l'un des pharisiens, en raison de sa riche signification symbolique (le banquet, c'est le Royaume messianique), donne aussitôt à Jésus matière pour de nouvelles paraboles sur le Royaume qu'Il est venu annoncer aux hommes.
Le poisson, comme on le sait, cherche les eaux les plus profondes, et l'homme cherche ce qui lui convient le mieux. Aucun des invités n'a envie de s'asseoir avec un homme défiguré par l'hydropisie; qu'il vienne plutôt un autre jour, car chercher la guérison le jour du sabbat, c'est un péché. Il vaut mieux festoyer avec des amis et des voisins que tu connais, qui sentent bon et qui ne laisseront pas tes mets riches disparaître sans retour: eux aussi t'inviteront à un «repas en retour». Et si tu es invité, il serait encore bon de t'asseoir à la première place, plus près de l'hôte généreux.
C'est la vie humaine ordinaire, mais pour chaque situation Jésus trouve une parole juste, sans moralisme ni dénonciations furieuses. Il nous montre simplement (comme en plaisantant), à nous qui sommes assis avec Lui à table dans la maison du pharisien, toute l'absurdité de notre vie normale quand on la regarde «du point de vue» du Royaume de Dieu.
1 Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l'un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu'eux étaient à l'observer. |
2 Et voici qu'un hydropique se trouvait devant lui. |
3 Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : " Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? " |
4 Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. |
5 Puis il leur dit : " Lequel d'entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? " |
6 Et ils ne purent rien répondre à cela. |
7 Il disait ensuite une parabole à l'adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans; il leur disait: |
8 " Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan, de peur qu'un plus digne que toi n'ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : "Cède-lui la place. " Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise : "Mon ami, monte plus haut. " Alors il y aura pour toi de l'honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. " |
Jésus n'encourage manifestement pas la lutte pour la première place. Et pour la dernière ? Il n'est pas difficile d'imaginer une scène amusante : de bons chrétiens, suivant l'instruction de leur Maître, rivalisent de vitesse pour occuper les places les plus éloignées de la scène, de la tribune, de la chaire ou de la table d'honneur. Mais est-ce bien ce que Jésus attend de nous ? Après tout, il n'y a qu'une première place, et une seule dernière place également. Et Il ne nous dit pas de rechercher la dernière au lieu de la première. Il semble nous appeler à ne pas nous préoccuper du tout de la place qui nous sera attribuée. En effet, Il n'aura aucune difficulté à nous trouver, où que nous soyons. Si l'on nous demande de nous rapprocher de la scène, aucun problème : nous nous déplacerons. Mais alors, au moins, nous n'aurons pas à lutter pour cette place plus prestigieuse aux yeux des hommes, en perdant un temps précieux pour des futilités. Peu importe à Jésus où nous sommes assis : Il connaît déjà notre valeur. L'indifférence aux places nous aide en revanche à nous garder du sentiment de notre propre importance, parfois assez dangereux. Car c'est finalement ce sentiment qui, dans une assemblée de prière, nous pousse à observer attentivement ceux qui nous entourent au lieu de prier, et à relever, avec un profond contentement religieux de nous-mêmes, les faux pas des autres ou ce qui nous paraît en être. Ainsi, insensiblement, nous quittons le chemin de la justice pour celui du péché et du jugement et, tout occupés à nous admirer, nous passons à côté du Royaume qui est tout proche.
1 Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l'un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu'eux étaient à l'observer. |
2 Et voici qu'un hydropique se trouvait devant lui. |
3 Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : " Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? " |
4 Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. |
5 Puis il leur dit : " Lequel d'entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? " |
6 Et ils ne purent rien répondre à cela. |
7 Il disait ensuite une parabole à l'adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans; il leur disait: |
8 " Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan, de peur qu'un plus digne que toi n'ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : "Cède-lui la place. " Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise : "Mon ami, monte plus haut. " Alors il y aura pour toi de l'honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. " |
Habituellement, les personnes qui font leurs premiers pas dans la connaissance de l'Écriture se réjouissent de la clarté apparente de ce texte. Comme c'est bien, pensent-elles, «quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé». Et elles s'efforcent de toutes leurs forces d'apprendre la science de l'humilité. Mais bientôt elles découvrent que l'humilité n'est pas une chose si simple. Qu'il existe une humilité intérieure et une humilité extérieure. Qu'il y a l'humilité comme antithèse de l'insolence, et l'humilité comme antithèse de la hardiesse.
L'idéal de l'humilité paraît être la Mère de Dieu: «...qu'il me soit fait selon ta parole (Lc 1:38)». Pourtant nous nous adressons à elle par ces mots: «Réjouis-toi, hardiesse des mortels auprès de Dieu» (Acathiste à la Mère de Dieu, ikos 3). Autrement dit, nous devons comprendre ce qu'est la véritable humilité, qui, au moment opportun, cède la place à la véritable hardiesse, et ce qu'est le désir de s'élever, devant les hommes ou devant Dieu, pour exalter sa propre personne. Ici, tout n'est pas aussi simple qu'il y paraît au premier regard. Méditons cela dans la prière.
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