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RÉFLEXIONS pour Lc 9:49-56

49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
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Il est frappant que les disciples du Christ restent prisonniers des conceptions juives courantes jusqu'à Sa Résurrection même d'entre les morts. Confrontés au refus des Samaritains, ils sont déjà prêts à demander dans leur prière que le feu descende du ciel et citent le prophète Élie comme un exemple à imiter. On ne peut nier que cette forme de prédication ait semblé idéale à de nombreux chrétiens au cours des siècles. Dans un empire, on inventa même une théorie théologique particulière selon laquelle il fallait d'abord convertir l'empereur au christianisme ; celui-ci devait ensuite conquérir le monde entier par le feu et l'épée et contraindre à la foi tous les peuples soumis à son pouvoir. Tout aurait été parfait, si seulement l'empire n'était pas tombé avant d'avoir pu remplir la mission qui lui avait été confiée. Les paroles du Christ en réponse à cette étrange pensée des disciples sont simples et sévères : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. » Les empires ont beau avoir disparu aujourd'hui, probablement fort heureusement, cette tentation dans la vie de chacun et cette réprimande du Christ envers notre inclination à la violence restent très importantes. Il ne convient pas de défendre la vérité par la force, car la Vérité triomphe sur la Croix.

Autres réflexions

 
Pour Lc 9:49-56
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
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Il est frappant que les disciples du Christ, jusqu’à Sa Résurrection d’entre les morts, restent prisonniers des représentations juives courantes...  Lire la suite

Il est frappant que les disciples du Christ, jusqu’à Sa Résurrection d’entre les morts, restent prisonniers des représentations juives courantes. Confrontés au refus des Samaritains, ils sont déjà prêts à prier pour que le feu descende du ciel, et ils citent le prophète Élie comme exemple à imiter.

Il faut reconnaître qu’une telle forme de prédication a paru optimale à beaucoup de chrétiens au cours des siècles. Dans un empire, on a même inventé une théorie théologique spéciale selon laquelle il fallait convertir l’empereur au christianisme, après quoi celui-ci, par le feu et par l’épée, conquérirait le monde entier et pousserait tous les peuples soumis à la foi. Tout aurait été parfait ; dommage seulement que l’empire soit tombé avant d’avoir accompli la mission qu’on lui avait confiée.

Les paroles du Christ en réponse à cette étrange pensée des disciples sont simples et sévères : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ». Même si les empires, aujourd’hui, semblent avoir disparu (sans doute heureusement), dans la vie de chaque personne aussi cette tentation, et cette réprimande du Christ adressée à notre inclination à la violence, sont très importantes. Il ne convient pas de défendre la vérité par la force, car la Vérité triomphe sur la Croix.

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Pour Lc 9:49-56
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
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Qu'est-ce que la religion ? Et que vaut la religiosité humaine ? On en débat depuis plus d'un...  Lire la suite

Qu'est-ce que la religion ? Et que vaut la religiosité humaine ? On en débat depuis plus d'un siècle. Les uns voient dans la religion le principal moteur de la vie spirituelle ; les autres la considèrent comme une force terrible et destructrice, en montrant avant tout les formes que peut prendre une religiosité militante, intolérante à toute dissidence, et les phénomènes qu'elle engendre.

Les disciples de Jésus étaient sans aucun doute des hommes profondément religieux, comme la plupart des Juifs de leur époque. Au moment de l'épisode du village samaritain décrit par l'évangéliste, ils avaient déjà passé au moins un an avec leur Maître. Mais voici le refus, et leur première réaction, immédiate : que ce village soit maudit ! Que la foudre frappe ses habitants ! On pourrait bien sûr penser qu'ils parlent sous le coup de la colère, qu'il ne s'agit que d'une première réaction spontanée. Jésus en juge autrement. Il dit à Ses disciples : vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. Apparemment, ce qui a été dit ne l'a pas été simplement dans un mouvement d'emportement : ce n'est ni une erreur fortuite ni un lapsus, mais une position.

Une position tout à fait explicable à partir des conceptions religieuses des Juifs de l'époque évangélique. Une époque où les Samaritains étaient, à leurs yeux, pires que les païens : comme eux, ils se considéraient comme le peuple de Dieu et adoraient le même Dieu d'Abraham et de Moïse. On devine aisément que les Juifs ne pouvaient leur pardonner de telles prétentions. Les païens étaient simplement autres, sans lien avec le Dieu d'Israël ; les Samaritains avaient ce lien et revendiquaient devant Dieu la place occupée de droit par le peuple juif. Le sentiment religieux ne dictait qu'une réponse à de telles prétentions : la haine.

Une haine qui paraissait pleinement justifiée à la conscience religieuse : toute religion est, au fond, totale ; elle réclame l'homme tout entier et détermine entièrement sa vision du monde, son comportement et son système de valeurs. Et aucune religion ne tolère évidemment la concurrence : la tolérance entre religions apparaît généralement lorsque la tension religieuse retombe. Mais une autre raison est possible : on peut être tolérant envers la religiosité d'autrui non seulement lorsqu'on n'a pas encore atteint spirituellement le sentiment religieux, mais aussi lorsqu'on l'a dépassé spirituellement.

C'est précisément ce que veut dire le Sauveur lorsqu'Il dit aux apôtres qu'ils ne savent pas de quel esprit ils sont. Ils croient qu'en souhaitant anéantir les adversaires de leur Maître, ils rapprochent le triomphe de Son Royaume. En réalité, ils ne font que le retarder. Car le christianisme n'est pas une religion, mais la vie dans le Royaume, et le Messie est venu dans le monde non pour détruire Ses ennemis, mais pour sauver tous ceux qui peuvent être sauvés.

Mais ce n'est pas facile à comprendre. À vrai dire, les seuls efforts humains ne permettent pas de le comprendre, et le sentiment religieux n'y aide pas ; il peut même, semble-t-il, faire obstacle à la compréhension du Royaume apporté au monde par le Sauveur. Seul le souffle de Dieu révèle aux apôtres ce qu'est le Royaume. Après la Pentecôte, il ne leur viendra plus jamais à l'esprit d'établir le Royaume et d'implanter l'Église par la force. Même dans les situations les plus difficiles et avec les meilleures intentions.

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Pour Lc 9:49-50
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Il nous faut parcourir un assez long chemin avant de parvenir à cette pensée simple : qui n'est pas contre nous est pour nous. Il est plus facile de chercher des ennemis que de vivre parmi des compagnons de lutte et des collaborateurs. Il est plus agréable de se croire l'autorité ultime en matière de vérité que...  Lire la suite

Il nous faut parcourir un assez long chemin avant de parvenir à cette pensée simple : qui n'est pas contre nous est pour nous. Il est plus facile de chercher des ennemis que de vivre parmi des compagnons de lutte et des collaborateurs. Il est plus agréable de se croire l'autorité ultime en matière de vérité que de se reconnaître comme l'un parmi beaucoup d'autres. Il faut longtemps pour assimiler que l'on n'est pas le premier, mais le dernier parmi ceux que le Seigneur a appelés. Sur ce chemin, nous cherchons toujours à quitter « qui n'est pas contre vous est pour vous » pour aller vers « qui n'est pas avec moi est contre moi ». Nous cherchons à nous mettre sur le même plan que le Seigneur et à prendre la place du premier et du meilleur disciple, celui qui a tout compris et qui réorganisera aussitôt le monde selon sa propre compréhension. C'est précisément de cela que le Seigneur nous protège en nous donnant pour exemple l'attitude d'un enfant, d'un tout-petit, envers la hiérarchie, le pouvoir, l'avancement de carrière, notre place dans le monde et, finalement, envers ce que nous savons tout simplement de lui et de nous-mêmes.

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Pour Lc 9:50
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Les paroles du Sauveur selon lesquelles ceux qui ne sont pas contre les chrétiens sont, de ce fait, « pour » eux peuvent sembler quelque peu étranges à première vue. Il y a en effet bien des gens qui n'ont rien contre le Christ, ni même contre le christianisme, mais... qui, au fond, n'ont rien « pour » non plus. Ils sont simplement...  Lire la suite

Les paroles du Sauveur selon lesquelles ceux qui ne sont pas contre les chrétiens sont, de ce fait, « pour » eux peuvent sembler quelque peu étranges à première vue. Il y a en effet bien des gens qui n'ont rien contre le Christ, ni même contre le christianisme, mais... qui, au fond, n'ont rien « pour » non plus. Ils sont simplement indifférents à tout cela, soit en restant agnostiques, soit en choisissant d'autres traditions et d'autres chemins spirituels.

Peut-on qualifier une telle position de position « pour » le Christ ou « pour » le christianisme ? Si l'on considère le christianisme comme une sorte de religion nouvelle, la réponse ne peut évidemment être que négative. Toute religion a besoin de partisans, de préférence conscients, actifs et convaincus d'avoir raison, capables de la diffuser et de témoigner de sa vérité.

Mais le christianisme n'est pas une religion nouvelle : c'est une vie nouvelle. Une vie avec le Christ dans Son Royaume, qu'Il a apporté au monde. Or, avec la vie, les choses ne sont pas aussi simples qu'avec les opinions et les convictions, qu'elles soient politiques, sociales, scientifiques ou même religieuses. On ne peut adhérer à certaines opinions ou convictions que lorsqu'on les comprend et les accepte pleinement. Certes, toute religion compte parmi ses partisans des personnes peu au fait de ses subtilités théologiques, voire parfois doctrinales. Pourtant, même ces adeptes peu versés dans les subtilités expriment leur soutien à leur religion de manière tout à fait consciente et sans équivoque, parfois même plus résolument que tous les autres. Avec la vie, en revanche, il arrive souvent que les hommes la passent entièrement, ou en grande partie, sans se demander comment, de quoi et pourquoi ils vivent.

Il en va de même pour la vie du Royaume, qui s'est maintenant approché, selon la parole du Sauveur. Il arrive qu'un être humain sente le souffle du Royaume sans bien comprendre ce qui lui arrive ni à quoi il a affaire. Cela se produit souvent depuis la venue du Christ : le Royaume s'est approché de tous, et pas seulement des chrétiens. C'est une réalité spirituelle objective, et non une expérience spirituelle appartenant à une confession particulière, encore moins monopolisée par elle. Aujourd'hui, chacun peut sentir le souffle du Royaume, à condition, bien sûr, de ne pas rejeter d'avance tout ce qui se rapporte au Christ et au christianisme. Alors, une personne qui semble n'avoir aucun lien avec le christianisme peut se révéler « pour » le Christ et « pour » les chrétiens, si, bien entendu, elle prend son expérience et sa vie au sérieux.

Certes, un tel christianisme « anonyme » ne garantit pas encore que la personne s'engagera consciemment sur ce chemin ; mais, très probablement, elle ne deviendra pas non plus ennemie du Christ et des chrétiens. Le chemin du Royaume lui sera donc ouvert, et la possibilité de le parcourir pourra lui rester offerte assez longtemps : aussi longtemps que le voudra Celui qui a apporté le Royaume au monde.

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Pour Lc 9:51-56
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
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Nous ne savons pas de quel esprit nous sommes. Aujourd'hui, la possibilité de juger ne nous étonne pas ; nous jugeons facilement non seulement en notre propre nom, mais aussi au... nom des chrétiens, au nom de toute l'Église  Lire la suite

Nous ne savons pas de quel esprit nous sommes. Aujourd'hui, la possibilité de juger ne nous étonne pas ; nous jugeons facilement non seulement en notre propre nom, mais aussi au nom des chrétiens, au nom de toute l'Église. On entend souvent : « les saints Pères disent... », ou « le Pape a dit », etc., etc. Au nom de l'Église, nous accusons les gens de péchés sans voir la poutre dans notre propre oeil. Dans toutes les confessions, il y eut des périodes où l'on tuait des hommes au nom de l'Église : l'Inquisition, la lutte contre les vieux-croyants, les guerres de religion... Dans ce texte, nous voyons que, même du vivant de Jésus, les apôtres voulaient, en Son nom, exterminer ceux qui ne L'avaient pas accueilli.

C'était une manifestation d'amour pour Lui, mais non d'un amour véritable. Car l'amour de Dieu est impossible sans l'amour du prochain. Nous ne savons pas de quel esprit nous sommes, mais nous savons avec certitude que Machiavel avait tort lorsqu'il écrivit que la fin justifie les moyens. On ne peut pas implanter l'amour pour son Maître et Dieu par la violence. Par la violence on ne peut rien obtenir, et encore moins l'amour. Dieu et la violence sont incompatibles. Dieu est mort pour chaque habitant de ce village samaritain qui ne L'a pas accueilli ; Il est mort aussi pour chacun des apôtres, Il est mort pour Judas, Il est mort pour chacun de nous, et en dehors de Lui, personne ne peut juger.

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Pour Lc 9:56
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
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Jésus prononce ces paroles en réponse à l'étrange proposition des disciples de faire descendre le feu du ciel et de détruire ceux qui n'avaient pas voulu les recevoir. « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes », s'exclame amèrement le Sauveur. Et ces paroles contiennent...  Lire la suite

Jésus prononce ces paroles en réponse à l'étrange proposition des disciples de faire descendre le feu du ciel et de détruire ceux qui n'avaient pas voulu les recevoir. « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes », s'exclame amèrement le Sauveur. Et ces paroles contiennent un aspect très important de notre foi.

Avec la venue du Christ dans le monde, tout comme au moment où chaque personne entre en contact avec lui, le jugement commence. Selon la parole du Seigneur lui-même, le jugement consiste en ceci : la Lumière est venue dans le monde, et les actes comme les intentions de chacun deviennent visibles dans cette Lumière. Chacun de nous choisit entre la Lumière et le repentir, ou les ténèbres et la satisfaction de soi. Des difficultés et des dangers nous guettent sur ce chemin ; malgré toute son évidence, ce choix est très difficile à faire. Et souvent, très souvent, nous nous trouvons incapables de suivre le Christ.

Voici donc que le Seigneur dit qu'il n'est pas venu pour nous « prendre en faute » lorsque nous ne sommes pas prêts à le recevoir, puis nous vouer à la perdition. Non, le but de sa venue est de sauver les âmes humaines. C'est l'une des raisons les plus importantes pour lesquelles il met si souvent et si instamment ses disciples en garde contre le jugement et la condamnation. Et c'est une espérance étonnante pour nous qui sommes indignes de son sacrifice.

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Pour Lc 9:51-62
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Comme la réaction des apôtres nous est proche. D'un côté, il n'y a là rien d'étonnant, car nous sommes tous des hommes et, de plus, ressembler à un futur apôtre est même très bien. Mais de l'autre, en quoi leur ressemblons-nous?..  Lire la suite

Comme la réaction des apôtres nous est proche. D'un côté, il n'y a là rien d'étonnant, car nous sommes tous des hommes et, de plus, ressembler à un futur apôtre est même très bien. Mais de l'autre, en quoi leur ressemblons-nous? Précisément en ce que nous sommes des hommes, avec nos réactions «communes à tous les hommes». Les disciples, brûlant de zèle pour le Maître, sont offensés de ce qu'on n'ait pas voulu Le recevoir. Quelqu'un a traité leur Maître comme n'importe quel autre homme: on a refusé l'hospitalité à un voyageur. Et voilà déjà devant nous la «colère juste» qui gronde, car ces simples pêcheurs ne prononçaient sans doute pas calmement les paroles appelant le feu céleste vengeur, même si l'Évangile le rapporte sans émotion (voir Lc. 9:54). Et ces hommes simples s'estiment en droit de venger une attitude si peu accueillante envers leur Seigneur. Peut-être sont-ils mus par les paroles du Christ qui les envoie prêcher: «Et si quelqu'un ne vous reçoit pas et ne vous écoute pas, en sortant de là, secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux. Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette ville» (Mc. 6:11). Or il s'agissait alors d'eux-mêmes, tandis qu'ici il s'agit de leur Maître! La punition doit donc être proportionnée!..

Et si l'on imaginait que Joseph se soit comporté ainsi lorsque personne ne voulait les accueillir, lui et Marie qui était sur le point d'enfanter? Combien de gens et de maisons auraient été brûlés par le feu?

Il est étonnant que les disciples aient ici la foi que le feu viendra à leur demande! Et la question ne sonne pas ainsi: «Le feu descendra-t-il du ciel si nous le demandons?», mais «Veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume?» (Lc 9:54).

Et comme il est merveilleux que la foi en Dieu et dans le fait que «tout ce qu'ils demanderont leur sera accordé par Mon Père céleste» s'accompagne d'un dialogue avec le Seigneur! Car Il rejette la proposition des disciples et le leur interdit (Lc. 9:55), dirigeant leurs sentiers sur le droit chemin.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Aujourd'hui, nous avons lu une petite sélection de brefs récits sur Jésus, réunis par l'évangéliste afin de montrer tout ce que Son Message a d'extraordinaire....  Lire la suite

Aujourd'hui, nous avons lu une petite sélection de brefs récits sur Jésus, réunis par l'évangéliste afin de montrer tout ce que Son Message a d'extraordinaire et combien il est incompatible avec les conceptions humaines normales. Dans le Royaume de Dieu qui vient, tout sera différent de ce qui est admis sur terre : les plus importants et les plus respectés seront ceux qui ont le moins de valeur aux yeux des hommes (car, avant leur majorité, les enfants n'avaient aucun droit et étaient considérés comme la propriété de leurs parents, au même titre que les esclaves, tandis que Jésus les donne en exemple aux disciples). Jésus interdit aux disciples de diviser les hommes entre « les nôtres » et « les autres », bien que ce soit un principe fondamental de la société humaine (pour comparaison, regardez les nouvelles à la télévision). Son Royaume sort de notre système de valeurs ; il est plus important même que le devoir sacré d'enterrer son père, plus important qu'une maison confortable et une famille. Il saisit l'homme tout entier : celui qui a interrogé Jésus sur Son Royaume a déjà « mis la main à la charrue », déjà commencé le chemin paradoxal vers Dieu...

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée au thème du Royaume, ainsi qu'à la manière dont les hommes qui entouraient Jésus le comprenaient...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée au thème du Royaume, ainsi qu'à la manière dont les hommes qui entouraient Jésus le comprenaient, y compris Ses disciples les plus proches. Et de nouveau, nous nous heurtons à une incompréhension totale, même chez les apôtres, de ce qu'est le Royaume et de ce que sont ses lois. La question même de la primauté, de savoir qui est le plus grand dans le Royaume (v. 46), y perd tout sens. Jésus a su l'expliquer en montrant aux disciples un enfant que la question de la primauté, du fait de son âge, ne préoccupe encore absolument pas (v. 47-48).

Selon les lois de notre monde pas encore transfiguré, est grand celui qui est grand par sa propre grandeur; dans le Royaume, manifestement, la grandeur propre ne signifie rien, et moins l'homme s'appuie sur elle, plus la grandeur du Royaume transparaît à travers lui. Voilà pourquoi il n'est pas nécessaire d'imposer ce Royaume par la force, comme les apôtres avaient pensé le faire dans un village samaritain où, comme d'habitude, on n'appréciait pas les Juifs (v. 51-54): car on ne peut ainsi démontrer que sa propre force et prouver sa propre importance, mais il est impossible de rapprocher les hommes du Royaume par ce moyen. Ce n'est pas par hasard que Jésus dit aux disciples qu'ils n'agissent pas selon l'esprit du Royaume: pour le Royaume, aucune violence n'est acceptable; on ne peut y faire entrer personne par la force, car pour y entrer, il faut avant tout une relation avec Dieu et avec Celui qu'Il envoie, une relation non imposée, mais librement acceptée.

Un Royaume imposé par la force n'est pas le Royaume, mais seulement son fantôme, qui peut perdre l'homme mais ne peut pas le sauver. Et puisque le Royaume n'est pas un lieu, mais une relation, il n'est limité par aucune structure; même la communauté apostolique, si on la regarde non comme une communauté de personnes vivant dans le Royaume, mais comme une sorte d'organisation chargée de propager l'idée du Royaume de Dieu, ne le limite pas. C'est pourquoi quiconque témoigne de lui au nom du Christ, en manifestant autour de lui sa puissance et son efficacité, y trouve sa place, même s'il n'a formellement aucun rapport avec la communauté apostolique (v. 49-50). Ainsi, en dissipant les mythes si répandus à cette époque dans la conscience religieuse de masse, Jésus affermit dans le coeur de Ses disciples les représentations du Royaume qui devaient les aider à traverser Sa mort sur la croix et à accueillir Sa résurrection.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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On voit que Jésus explique sans cesse à ses disciples, par différents exemples, ce qu'est la vie du Royaume, quelle elle est. Et l'évangéliste réunit ces exemples, en fait une sorte de résumé qui en contient une brève description...  Lire la suite

On voit que Jésus explique sans cesse à ses disciples, par différents exemples, ce qu'est la vie du Royaume, quelle elle est. Et l'évangéliste réunit ces exemples, en fait une sorte de résumé qui en contient une brève description. Voici les disciples qui se disputent pour savoir qui est le plus grand dans le Royaume. Enfin, après le Maître, bien sûr. Voici ces mêmes disciples prêts à faire éclater le tonnerre sur un village samaritain où on ne les reçoit pas. Pas pour eux-mêmes, bien sûr, mais pour le Maître. Et pour la vérité, cela va de soi.

Et voici les gens qu'ils rencontrent en chemin. L'un est prêt à partir, mais Jésus lui dit: Je n'ai nulle part où t'inviter. À un autre, Jésus dit Lui-même: suis-Moi, et celui-ci demande la permission d'enterrer son père; il reçoit une réponse qui paraît impitoyable. Comme encore un autre: la réponse est extérieurement plus douce, mais au fond elle dit: laisse, oublie tout le monde, sinon il faudra oublier le Royaume.

Qu'est-ce donc: une forme particulière de sélection? Oui, bien sûr: car Jésus voit le coeur de chacun, il est pour Lui aussi transparent que pour son Père céleste. Mais il y a aussi quelque chose de commun. Le Royaume est ouvert à chacun. Mais à une condition: il doit être à la première place dans la vie de celui qui veut l'atteindre. Dans le Royaume, on ne finit pas sa vie, on vit. Or ceux qui refusent de partir veulent, d'une manière ou d'une autre, finir leur vie. Rester avec ceux qui finissent la leur. Sans comprendre que finir sa vie, seul ou avec d'autres, peut durer indéfiniment. Dans le monde déchu, en effet, il n'y a pas de vraie vie; il n'y en a que les restes. Et il faut choisir: soit ramasser ces restes et essayer d'en tirer jusqu'à la dernière goutte, soit aller là où la vie est en abondance. Sans essayer de traîner avec soi les restes de ce semblant de vie que l'on peut trouver dans le monde déchu.

Mais là-bas, dans le Royaume, les lois sont autres. Il n'y a pas de chefs et de subordonnés, mais des services à porter, et celui qui sait mieux le faire est le principal. Au principal, dans le Royaume, ne reviennent pas les meilleures places, mais les services les plus responsables. Et là-bas, il n'est pas nécessaire de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Dans ce monde non plus, il n'est pas nécessaire de prouver le Royaume à qui que ce soit.

Le montrer, bien sûr, est possible. Mais le prouver est insensé. Car la preuve, surtout lorsqu'elle fait appel aux tonnerres du ciel, suppose toujours le désir de convaincre de force. De contraindre à accepter, à croire. Et peu importe alors quels seront les arguments irréfutables: dans tous les cas, ils supposent que l'homme se rend devant l'inévitable, que ce soit une force à laquelle on ne peut échapper ou une évidence à laquelle on ne peut se soustraire. Le Royaume, bien sûr, est force et évidence. Mais c'est une force dont on peut s'éloigner, et une évidence que l'on peut ne pas remarquer si on le veut. Dieu ne s'impose pas, et l'homme est libre. À l'homme libre, la liberté; au sauvé, le paradis.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ceux qui veulent tout juste se mettre à la suite de Jésus, mais aussi aux disciples eux-mêmes — et à nous. Ne nous vient-il jamais « à l'esprit » de savoir lequel...  Lire la suite

Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ceux qui veulent tout juste se mettre à la suite de Jésus, mais aussi aux disciples eux-mêmes — et à nous. Ne nous vient-il jamais « à l'esprit » de savoir lequel d'entre nous est le plus grand ? Ou ne ressentons-nous jamais le désir d'« interdire » à quelqu'un qui pense autrement ? Ou de demander à Dieu que le feu du ciel tombe sur nos ennemis, « comme Élie l'a fait » ? Savons-nous toujours de quel Esprit nous sommes ? Beaucoup d'entre nous n'ont pas seulement « mis la main à la charrue », mais ont déjà bel et bien labouré la moitié du champ. Et pourtant, regardons-nous de nouveau en arrière ?

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Pour Lc 9:46-50
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Les apôtres posent à Jésus l’une de ces questions dont la réponse devait flatter leur amour-propre. Manifestement, ils se considéraient...  Lire la suite

Les apôtres posent à Jésus l’une de ces questions dont la réponse devait flatter leur amour-propre. Manifestement, ils se considéraient comme des personnes particulières, « avancées », spécialement proches du Maître et donc plus importantes que les autres. Mais la réponse de Jésus se révèle tout à fait inattendue : elle bouleverse toutes leurs idées et réduit à néant toute vanité. Il s’avère qu’à l’échelle divine, ce que le monde considère comme petit devient grand et ce qu’il considère comme insignifiant devient important. Les disciples cherchaient la réponse parmi des adultes comme eux, des personnes rendues sages par l’expérience, alors qu’il leur suffisait de regarder quelque chose de tout à fait différent. Pour entrer dans le Royaume des Cieux, il est inutile de développer à l’extrême en soi les qualités appréciées par la société. Le Christ nous appelle à « naître d’en haut », à devenir tout autres. Il est étonnant que l’image la plus proche, celle qui nous indique ce que doit être cette personne nouvelle, soit celle d’un enfant sans défense que l’on peut tout simplement « prendre et placer devant Lui ».

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Pour Lc 9:44-50
44 « Vous, mettez-vous bien dans les oreilles les paroles que voici : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
45 Mais ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur demeurait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens, et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Un enfant, un tout-petit... cet être est tant aimé du Seigneur. Et si cet enfant est abaissé non seulement par son jeune âge, mais aussi par la maladie...  Lire la suite

Un enfant, un tout-petit... cet être est tant aimé du Seigneur. Et si cet enfant est abaissé non seulement par son jeune âge, mais aussi par la maladie, alors c'est un ange dans la chair, qui atteint ici-bas des hauteurs tout à fait inaccessibles pour nous, tandis que nous le regardons d'en bas. Un jour, un de ces enfants, âgé de huit ans et gravement atteint d'un cancer, a dit avant une opération extrêmement lourde : « Ne m'en voulez pas si je meurs. » Voilà une petitesse multipliée qui rapproche de Dieu comme rien d'autre. Nous avons pris l'habitude de considérer leur vie spirituelle avec condescendance. Nous disons qu'ils ne doivent pas jeûner ni se confesser avant un certain âge. Dans la plupart des cas, c'est probablement juste. Mais voici ce qu'écrit le prophète Joël : « Maintenant encore, dit le Seigneur, revenez à Moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les lamentations. <...> Rassemblez le peuple, convoquez l'assemblée, invitez les anciens, rassemblez les enfants et les nourrissons... » (Jl 2,12, 16). Il dit que les enfants et les nourrissons doivent participer même aux assemblées de pénitence, non bien sûr pour tourmenter leur chair, mais pour que le Seigneur voie, dans le miroir de leurs âmes transparentes, notre amour pour Lui.

Une autre enfant, âgée de quatre ans et en parfaite santé, a un jour raconté cette histoire de son invention : « Il était une fois une fille. Et on l'a tuée. Puis on l'a tuée encore une fois. Ensuite, on l'a emmenée à l'hôpital et les médecins lui ont fait des piqûres, mais ils ne l'ont pas guérie. Puis on l'a emmenée à Christos (c'est ainsi qu'elle le dit encore), et Il l'a guérie. Et elle s'est mise à danser. Voilà, c'est bientôt la fin de l'histoire. » Cette enfant ne sait pas encore qu'un médecin peut ne pas guérir, car, en quatre ans, elle n'a jamais eu de maladie plus grave que la grippe. Pourtant, elle est déjà parvenue, d'une certaine manière, à comprendre que ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu (cf. Mt 19,26 ou Mc 10,27). Cette compréhension nous coûte énormément, à nous adultes ; pour eux, c'est ce dont ils vivent, ce qui leur vient comme « de soi-même », simplement par la communion aux saints Mystères du Christ et par d'autres chemins que nous ignorons. C'est précisément pourquoi retentissent ces paroles : « Par la bouche des petits enfants et des nourrissons, Tu as établi la louange, à cause de Tes ennemis, pour réduire au silence l'ennemi et le vengeur » (Ps 8,3). Car leurs lèvres, bien qu'elles ne connaissent pas encore la loi, sont pleines de grâce. Et la grâce triomphe de la loi (cf. « la miséricorde triomphe du jugement », Jc 2,13).

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Pour Lc 9:44-50
44 « Vous, mettez-vous bien dans les oreilles les paroles que voici : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
45 Mais ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur demeurait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens, et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Continuant à révéler l'essence du chemin de croix qu'Il propose, le Seigneur nous parle aujourd'hui de l'abaissement de soi. L'évangéliste rapporte qu'une pensée vint aux disciples qui suivaient le Christ : lequel d'entre eux pouvait être le plus grand ? Une pensée très humaine, malheureusement familière aussi à beaucoup...  Lire la suite

Continuant à révéler l'essence du chemin de croix qu'Il propose, le Seigneur nous parle aujourd'hui de l'abaissement de soi. L'évangéliste rapporte qu'une pensée vint aux disciples qui suivaient le Christ : lequel d'entre eux pouvait être le plus grand ? Une pensée très humaine, malheureusement familière aussi à beaucoup de ceux qui Le suivent à toutes les époques. Nous avons besoin de faire l'expérience de l'amour de Dieu, de sentir que Dieu nous accueille. Le Christ répond à ce besoin en disant qu'Il est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

L'homme perdu doit encore ressusciter d'entre les morts et être purifié de nombreux péchés. Nous pensons souvent que Dieu nous attend au tournant tandis que nous avançons maladroitement sur ce chemin, légèrement irrité par notre lenteur. En réalité, Il est venu dans ce monde pour nous accueillir tels que nous sommes et nous conduire à Sa suite sur le chemin de la sainteté. Chaque personne doit faire elle-même l'expérience de tout cela ; sans elle, il est impossible de vivre.

Mais, sous l'influence du péché, l'âme humaine déforme ce besoin de faire l'expérience de l'amour de Dieu et le transforme en ce que la psychologie appelle une estime de soi positive. Nous dépendons de la manière dont nous nous évaluons nous-mêmes et dont les autres nous évaluent, et cela s'exprime précisément dans la pensée qui « vint » aux disciples : lequel d'entre eux pouvait être le plus grand ? Nous ne savons pas exactement s'il s'agissait de savoir qui était le plus proche du Maître, le plus juste, le plus intelligent ou simplement le plus endurant... Quant à nous, à la différence des disciples du Christ, nous nous mesurons généralement à des choses plus primitives, jusqu'à l'argent.

Ce qui importe, c'est la réponse de Jésus aux disciples. Premièrement, Il ne rejette pas l'idée même de grandeur, si chère aux hommes, mais propose une autre échelle pour se « mesurer ». Cela signifie avant tout ne pas rechercher sa propre grandeur, mais, en se considérant comme le dernier, prendre soin des autres ; et puisqu'Il S'est Lui-même abaissé jusqu'au bout pour nous sauver, cette échelle devient celle de la ressemblance avec Dieu. Deuxièmement, comme dans tout ce que Jésus dit, par exemple au sujet du pardon, Il nous propose, pour faire l'expérience de l'accueil que Dieu nous réserve, d'accueillir nous-mêmes les autres, et tout particulièrement les plus faibles et les plus insignifiants. Ainsi, Ses paroles sur ceux qui accueillent un enfant et accueillent par là Celui qui L'a envoyé deviennent une réponse directe et précise aux pensées des disciples sur la grandeur.

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Pour Lc 9:43-62
43 Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu.Comme tous étaient étonnés de tout ce qu’il faisait, il dit à ses disciples :
44 « Vous, mettez-vous bien dans les oreilles les paroles que voici : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
45 Mais ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur demeurait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens, et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Manifestement, les apôtres se représentaient encore mal ce qu’était le Royaume dont Jésus leur parlait. Ils l’imaginaient clairement...  Lire la suite

Manifestement, les apôtres se représentaient encore mal ce qu’était le Royaume dont Jésus leur parlait. Ils l’imaginaient clairement comme quelque chose de semblable aux royaumes terrestres, avec peut-être ses particularités, des miracles quotidiens, mais ressemblant tout de même aux États du monde non transfiguré. En tout cas, d’après le témoignage de l’évangéliste, ils ne doutaient nullement que ce royaume serait gouverné comme n’importe quel royaume de « ce monde » : le Roi serait bien sûr Jésus Lui-même, mais ensuite... ensuite commençait le plus intéressant : qui ferait-Il entrer parmi Ses proches ? Comment répartirait-Il les places dans Son Royaume entre Ses disciples ?

Jésus s’efforce constamment d’expliquer aux disciples que Son Royaume n’est « pas de ce monde », non parce qu’il est rempli de miracles et de phénomènes surnaturels, mais parce qu’il se construit autrement, non selon les lois du monde non transfiguré, mais selon ses propres lois, qui peuvent paraître pour le moins étranges aux gens de « ce monde ». Est grand celui qui est le plus petit de tous : du point de vue du monde non transfiguré, c’est bien sûr une absurdité totale. Mais tout État terrestre se construit sur la force ; il doit toujours exister un centre de force qui devient aussi le centre du pouvoir fondé sur cette force.

Le Royaume que le Sauveur a apporté au monde se construit sur l’amour, dont la source est le souffle de Dieu ; et ce qui lui donne sa forme, c’est le réseau de relations qui lie ses habitants entre eux, chacun d’eux à Dieu et au Christ, et le Christ Lui-même à Son Père céleste. Dans un tel Royaume, l’importance d’une personne ne dépend pas de sa puissance potentielle, quelle que soit la nature de cette puissance, mais de la mesure d’amour qu’elle est capable d’accueillir.

Cette mesure, on le devine aisément, dépend de son degré de transparence au souffle de Dieu. C’est alors que deviennent compréhensibles les paroles de Jésus sur les enfants : les enfants sont réellement réceptifs à toute action de Dieu, non parce qu’ils sont sans péché, mais parce qu’ils n’ont pas encore eu le temps de perdre cette intégrité spirituelle que l’adulte ne possède pas, à moins d’y penser et d’en prendre soin délibérément. C’est ainsi que se résout dans le Royaume la question de la primauté, question principale du monde non transfiguré.

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