8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ,
9 et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi;
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Paul nous dit qu'aucun mérite, aucun travail n'est quoi que ce soit en comparaison du Christ et du Royaume. Il semblerait que la justice soit la justice, qu'elle soit la même en tout temps, et que la venue du Messie ne puisse rien y changer.
Mais il ne s'agit pas ici du chemin de la justice comme tel, qui est effectivement unique pour tous les temps, mais du Royaume et de Celui qui l'a apporté au monde. Maintenant que la route vers le Royaume est ouverte, toute l'expérience antérieure de la vie juste doit être révisée radicalement dans le contexte de cette possibilité nouvellement ouverte. Et toutes les tentatives pour l'ignorer, pour faire comme si rien n'avait changé dans le monde avec la venue du Christ, se révèlent spirituellement malhonnêtes d'avance, dévaluant en fait tous les efforts de ceux qui agissent ainsi pour vivre une vie juste.
Bien sûr, le refus d'accepter l'évidence pouvait aussi être lié à la crainte de perdre tout ce qui avait été acquis auparavant, car la venue du Messie supposait la nécessité de recommencer la vie presque à partir d'une page blanche. Une représentation très répandue à l'époque dans les milieux religieux supposait que, avec la venue du Messie, ce chemin s'achèverait, et que tous les acquis obtenus par les justes deviendraient une sorte de monnaie spirituelle avec laquelle on pourrait payer l'entrée dans le Royaume. Mais tout s'est révélé autrement : le Royaume, comme il est apparu, ne peut être acheté par aucun argent ni par aucun mérite ; il est simplement offert gratuitement à tous ceux qui cherchent. Mais on ne peut y entrer qu'en recommençant le chemin spirituel. Et Paul comprend parfaitement que le salut est encore devant lui, qu'il faut encore l'atteindre ; le fait même de participer à la vie du Royaume suppose non pas l'achèvement du chemin, mais seulement son commencement, de sorte que l'essentiel est encore devant. La justice n'est pas dévalorisée, mais le chemin du juste ne peut désormais être que le chemin du Royaume, auquel l'apôtre appelle ses lecteurs.
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