À notre époque, où les mariages entre personnes de nations différentes sont courants, il est difficile non seulement d’évaluer correctement, mais même simplement de comprendre les raisons...
À notre époque, où les mariages entre personnes de nations différentes sont courants, il est difficile non seulement d’évaluer correctement, mais même simplement de comprendre les raisons de l’affliction d’Esdras. Après tout, les Juifs avaient déjà plus d’une fois épousé des étrangères ; pourquoi donc s’inquiéter ?
Le malheur n’est pourtant pas que les contemporains d’Esdras aient épousé des étrangères, mais que, dans un contexte d’affaiblissement de la foi, ils aient épousé des païennes. Ce n’est pas la pureté du sang qui est menacée ; il n’en est pas et il ne peut en être question, puisque quiconque accueille le Dieu unique devient membre du peuple d’Israël. Ce qui est menacé, c’est la pureté de la fidélité au Seigneur : l’unique peuple destiné à porter la fidélité au Dieu vivant peut se laisser entraîner vers des dieux étrangers, introduits dans les familles religieusement mixtes, et cela s’était déjà produit au temps de Salomon. Cela s’était mal terminé. Esdras, instruit par cette expérience amère, ne veut pas que l’apostasie de ces jours-là s’étende à l’ensemble du peuple.
Des générations passeront, et la nouvelle salvatrice du Dieu unique parviendra aux descendants de ces peuples voisins avec lesquels Esdras entend rompre les liens de parenté. Mais pour cela, il fallait que l’ardeur des cœurs fidèles au Seigneur, préservée par la sévérité d’Esdras, ne s’éteigne pas au sein du peuple juif.