20 Frères, ne soyez pas des enfants pour le jugement; des petits enfants pour la malice, soit, mais pour le jugement soyez des hommes faits. |
L’apôtre Paul nous explique aujourd’hui que la petite enfance et la majorité sont deux parties du paradoxe existantes simultanément dans notre vie. Nous sommes appelés à être à la fois petits, impuissant, stupide partout, où nous tentons de faire la malice, - pour que notre malice soit petit, impuissant et stupide, - et adultes, sages là, où nous suivons le Christ. On peut voir un exemple spécial d'une telle vie dans la sainteté des fol en Christ, tant respectés à l'Église. Du point de vue de ce monde le christianisme peut se montrer "dinguerie", mais, comme écrit Paul, «nous avons l'esprit du Christ».
20 Frères, ne soyez pas des enfants pour le jugement; des petits enfants pour la malice, soit, mais pour le jugement soyez des hommes faits. |
Selon les mots de Paul, les problèmes avec la compréhension adéquate des mots du Sauveur que ne peuvent entrer dans le Royaume que ceux qui ressemblent aux enfants, étaient déjà aux chrétiens de la première et deuxième génération. Il y avait probablement,dans l'église Corinthienne des gens pensant qu’être enfants signifie refuser l'usage de sa propre raison, que s'il faille être comme des enfants, la tête n'en a pas besoin, mais il faut vivre avec «le cœur». En pratique une telle position amène soit à l'incohérence totale dans la vie spirituelle (et non seulement dans le spirituel), soit en ce que celui, qui ne souhaite pas vivre avec son esprit, est obligé de vivre celui d’autre.
La situation étrange à première vue, pour une grande personne est simple, cependant cela s’explique par le fait qu'elle permet ainsi au vivant de se décharger de toute responsabilité pour sa propre vie, la mettant sur quelqu'un d'autre, en plus sur une base tout à fait «évangélique». Et l'apôtre était obligé de rappeler dans son message aux chrétiens corinthiens que Jésus, comparant ceux qui viennent au Royaume aux enfants, voulait dire quelque chose de tout à fait différent. Il parlait de la relation des enfants à ce mal, qui est plus qu’assez dans le monde déchu. Et le problème ici n’est pas probablement dans le fait que les enfants ne connaissent pas le mal: déjà Augustin observant attentivement les enfants, comprenait parfaitement que les enfants pèchent moins que les adultes pas parce qu'il y a moins de péché en eux, mais parce qu’il ne leur suffit pas la force de pécher «de manière adulte». Probablement, l'apôtre voulait aussi dire la même chose: en général le chrétien doit pouvoir penser, comme savent le faire de grandes personnes, mais, lorsqu’il s’agit du mal, il serait bon que la raison du chrétien refuse de l’aider à participer aux mauvaises oeuvres.
Un tel raisonnement de Paul, comme on voit, est considéré comme idéal pour les chrétiens. Mais il y a un autre aspect ici: la relation au mal. Dans le cas normal, le regard sur le monde d'enfant est un regard optimiste, il faut beaucoup tâcher pour faire d’un petit enfant un pessimiste, ou surtout un misanthrope (bien qu’il n’ait bien sûr ici rien d’impossible pour l’homme déchu). Mais l'optimisme d'enfant ne signifie pas que les enfants ne remarquent pas ce mal, dans lequel se trouve le monde. C’est juste que cette connaissance ne les fait pas pessimistes. Le mal n'est pas dans la vision du monde de l’enfant définissant ce monde au commencement. Et ici les chrétiens adultes ont vraiment de quoi apprendre des enfants.
13 C'est pourquoi celui qui parle en langue doit prier pour pouvoir interpréter. |
14 Car, si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence n'en retire aucun fruit. |
15 Que faire donc? Je prierai avec l'esprit, mais je prierai aussi avec l'intelligence. Je dirai un hymne avec l'esprit, mais je le dirai aussi avec l'intelligence. |
16 Autrement, si tu ne bénis qu'en esprit, comment celui qui a rang de non-initié répondra-t-il " Amen ! " à ton action de grâces, puisqu'il ne sait pas ce que tu dis ? |
17 Ton action de grâces est belle, certes, mais l'autre n'en est pas édifié. |
18 Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en langues plus que vous tous; |
19 mais dans l'assemblée, j'aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, pour instruire aussi les autres, que dix mille en langue. |
20 Frères, ne soyez pas des enfants pour le jugement; des petits enfants pour la malice, soit, mais pour le jugement soyez des hommes faits. |
21 Il est écrit dans la Loi : C'est par des hommes d'une autre langue et par des lèvres d'étrangers que je parlerai à ce peuple, et même ainsi ils ne m'écouteront pas, dit le Seigneur. |
22 Ainsi donc, les langues servent de signe non pour les croyants, mais pour les infidèles: la prophétie, elle, n'est pas pour les infidèles mais pour les croyants. |
23 Si donc l'Église entière se réunit ensemble et que tous parlent en langues, et qu'il entre des non-initiés ou des infidèles, ne diront-ils pas que vous êtes fous? |
24 Mais si tous prophétisent et qu'il entre un infidèle ou un non-initié, le voilà repris par tous, jugé par tous; |
25 les secrets de son cœur sont dévoilés, et ainsi, tombant sur la face, il adorera Dieu, en déclarant que Dieu est réellement parmi vous. |
En poursuivant son propos sur la prophétie et la glossolalie, Paul souligne l'importance de l'interprétation de la révélation que reçoit celui qui « parle en langues » (v. 13-15). Il comprend parfaitement la différence entre une extase spontanée, qui peut ne laisser aucune conséquence spirituelle chez celui qui la vit, et la révélation comme telle, qui touche nécessairement le « moi » spirituel (« l'intelligence ») de l'homme. L'extase se trouve parfois être réellement la conséquence de l'action directe du souffle de Dieu sur la nature humaine, mais le « moi » spirituel propre de l'homme, celui qui fait de lui ce qu'il est, peut très bien rester intact. Alors cet homme ne pourra ni comprendre le sens de la révélation ni la transmettre aux autres (v. 16-17).
Pourtant, pour le chrétien, s'il se considère comme un membre adulte et spirituellement mûr de l'Église et s'il l'est réellement, la tâche de son propre développement spirituel et de celui de sa communauté ecclésiale doit passer au premier plan, et non la joie tirée de ses expériences extatiques, semblable à celle que les enfants éprouvent devant un jouet qui leur plaît (v. 17-20).
Certes, parfois, surtout pour les incroyants, la glossolalie, comme toute autre action manifeste de l'Esprit de Dieu, peut devenir une sorte de témoignage de la réalité du monde spirituel, auquel la plupart des gens ne pensent pas d'ordinaire. Mais pour les chrétiens eux-mêmes, la glossolalie n'est pas un témoignage, car elle n'ajoute rien à l'expérience spirituelle ni de ceux qui la vivent ni de ceux qui l'observent de l'extérieur (v. 21-22). Il en va autrement de la prophétie sous sa forme traditionnelle : ici le profit spirituel est évident, car la révélation prend alors une forme dans laquelle elle peut être reçue et assimilée.
De nouveau, ce qui passe au premier plan pour l'apôtre, ce ne sont pas les expériences de personnes particulières prises en elles-mêmes, même si elles sont liées à leur vie spirituelle, mais la mesure de leur participation à la vie de l'Église, et donc à la vie du Royaume, liée à ces expériences. En effet, toutes les expériences spirituelles, même les plus intenses, viennent et passent. Seul demeure le Royaume, ainsi que la mesure de participation réelle à sa vie, qui détermine le destin de l'homme dans l'éternité.
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