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RÉFLEXIONS pour Lc 7:36-8:3

36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
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Les paroles de Jésus sur le lien entre le pardon et l'amour peuvent nous sembler étranges : « Ses nombreux péchés sont pardonnés parce qu'elle a beaucoup aimé, mais celui à qui l'on pardonne peu aime peu » (Lc 7:47). La première partie semble compréhensible, mais la suite ?.. Le Seigneur traite-t-Il vraiment différemment celui qui aime et celui qui n'aime pas ? Oui, différemment, mais pas comme nous pourrions le comprendre. Car derrière les mots « traitement différent » se cache l'idée d'un « traitement partial », alors que nous avons tendance à réclamer l'égalité des droits et la justice. Mais Dieu ne peut tout simplement pas nous traiter tous de manière identique. Nous sommes différents ; Il noue avec chacun de nous une relation particulière et aime chacun précisément comme il en a besoin. De plus, si le Seigneur n'était qu'un juge juste, punissant rigoureusement toutes les fautes, nous serions probablement depuis longtemps bien ailleurs que là où nous sommes aujourd'hui…

Et pourtant : pourquoi pardonne-t-on beaucoup à l'un et peu à l'autre ? Il est tout à fait possible que celui qui aime peu pèche davantage, puisque l'amour est l'exact contraire du péché. Car l'amour qui naît dans le cœur d'une personne guérit lui-même ce cœur, effaçant les traces destructrices du péché. Et la personne qui aime s'est déjà retournée vers le Seigneur, elle tend vers Lui, c'est-à-dire vers un lieu où le péché n'existe pas. Le Seigneur, qui répond toujours à cet élan, la purifie pour qu'elle puisse se rapprocher de Lui.

Autres réflexions

 
Pour Lc 8:1-3
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
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Bien des maîtres et des philosophes de l'Antiquité réunissaient autour d'eux une école de disciples ; beaucoup étaient suivis d'élèves qui buvaient chacune de leurs paroles. Mais aucun prédicateur de l'Antiquité n'était suivi d'un si grand nombre de femmes. Dans ce passage, l'évangéliste énumère avec précision...  Lire la suite

Bien des maîtres et des philosophes de l'Antiquité réunissaient autour d'eux une école de disciples ; beaucoup étaient suivis d'élèves qui buvaient chacune de leurs paroles. Mais aucun prédicateur de l'Antiquité n'était suivi d'un si grand nombre de femmes. Dans ce passage, l'évangéliste énumère avec précision les noms de celles qui étaient aussi proches du Seigneur que les douze apôtres. Luc souligne tout particulièrement qu'elles avaient été guéries ou délivrées d'esprits mauvais, attirant ainsi notre attention sur le fait que Jésus avait manifesté visiblement Sa puissance divine à travers elles. S'Il appelle les apôtres principalement par Sa parole, Il gagne les futures porteuses de myrrhe par des miracles. Marie Madeleine a connu le Christ lorsqu'elle a compris que les sept démons qui la tourmentaient avaient été chassés, et non lorsqu'elle a entendu l'appel à Le suivre.

Peut-être cela révèle-t-il une différence entre les hommes et les femmes dans leur perception de Dieu… Le Sauveur indique à la plupart de Ses disciples un chemin de vie entièrement nouveau, tandis qu'Il opère chez les femmes un changement qualitatif. Mais ce ne sont là que des manières dont le Seigneur attire les cœurs à Lui, des manières qui n'ont pas une grande importance. L'essentiel reste une seule chose : le Royaume de Dieu, quelle que soit la façon dont ton attention a été attirée sur lui.

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Pour Lc 8:1-3
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
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Le ministère terrestre du Sauveur était lié à des déplacements qui, bien que peu longs (la Palestine est petite), étaient constants. On pourrait bien sûr dire qu'il s'agissait d'un mode de vie assez habituel pour un prophète, et beaucoup considéraient Jésus comme tel. Mais avant tout, ce choix était naturellement dicté par...  Lire la suite

Le ministère terrestre du Sauveur était lié à des déplacements qui, bien que peu longs (la Palestine est petite), étaient constants. On pourrait bien sûr dire qu'il s'agissait d'un mode de vie assez habituel pour un prophète, et beaucoup considéraient Jésus comme tel. Mais avant tout, ce choix était naturellement dicté par la nécessité de prêcher le Royaume qu'Il avait apporté dans le monde.

Son entourage, à ce que l'on peut comprendre, se partageait en deux groupes : les uns prêchaient et cheminaient avec Lui ; les autres—il s'agit surtout des femmes—restaient chez eux et servaient Jésus, comme le dit l'Évangéliste, de leurs biens. Cette répartition était bien entendu due avant tout à la nécessité d'avoir, sinon une maison (dès le moment où Jésus commença à prêcher, Il n'eut plus de demeure terrestre jusqu'à la fin de Son ministère terrestre), du moins un endroit où Il pouvait séjourner quelque temps.

Mais ce n'était probablement pas la seule raison : déjà à cette époque, pendant Son ministère, devait apparaître dans le monde cet espace du Royaume que les assemblées ecclésiales deviendraient par la suite. Bien sûr, avant la Pentecôte, on ne pouvait encore parler de l'Église au plein sens du terme. Pourtant, les maisons où l'on attendait le Sauveur et où Il tenait Ses réunions en devenaient la préfiguration.

Le Royaume était naturellement partout où Jésus posait le pied. Pourtant, certaines maisons où l'on pouvait Le rencontrer donnaient au Royaume des contours terrestres précis. Cela était important—non pas, bien sûr, pour le Sauveur Lui-même, mais pour ceux qu'Il voulait sauver. Il en fut de même, plus tard, pour l'Église avec les maisons où se tenaient les assemblées eucharistiques. Elles devenaient en effet la préfiguration de cette maison dont Jésus Lui-même a dit, lors de la Cène, qu'elle comporte de nombreuses demeures—assez pour tous.

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Pour Lc 8:1-3
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
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La lecture d'aujourd'hui se termine par les mots « et beaucoup d'autres, qui L'assistaient de leurs biens ». Ainsi passe devant...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui se termine par les mots « et beaucoup d'autres, qui L'assistaient de leurs biens ». Ainsi passe devant nous une suite de personnes inconnues de tous, sauf de Dieu, qui ont apporté à Ses pieds tout ce qu'elles avaient, Lui donnaient toute leur vie et n'exigeaient rien en retour. Car leur unique et principale récompense était la possibilité d'être auprès de Jésus.

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Pour Lc 8:1-3
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
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Encore et encore, l'Évangile nous dit qu'il y a place pour tous dans l'Église, que chacun peut suivre le Christ « proclamant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ! ». Chacun...  Lire la suite

Encore et encore, l'Évangile nous dit qu'il y a place pour tous dans l'Église, que chacun peut suivre le Christ « proclamant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ! ». Chacun, quel que soit son passé. Même lorsque nous sommes chrétiens depuis longtemps, nous pensons souvent que le passé ne peut pas être changé. Croire que Dieu tient dans ses mains notre présent et notre avenir n'est pas si difficile. Nous savons qu'il sait tout de notre passé. Mais il est très difficile de croire qu'il peut aussi changer le passé : il peut changer notre rapport à un passé lourd au point qu'il cesse d'influer sur notre vie ; il peut guérir les blessures reçues dans notre petite enfance, dont nous pouvons même ne pas nous souvenir, bien qu'elles déforment notre vie, notre perception de la réalité, notre compréhension de nous-mêmes, notre relation aux autres.

Nous voyons quels hommes et quelles femmes suivent le Christ à travers les villes et les villages. Ils sont différents, blessés, sans instruction, anciens possédés, malades, pécheresses et pécheurs ; et tous peuvent porter la Bonne, la Joyeuse Nouvelle, la nouvelle que le Royaume de Dieu vient sur la terre, la nouvelle que pour Dieu le temps n'existe pas et qu'il a le pouvoir de tout changer si nous lui permettons d'entrer dans notre coeur. Mais ce n'est pas seulement par la prédication que nous pouvons servir Dieu. Chez d'autres, le service est plus discret, silencieux. Ce n'est pas forcément la prière solitaire d'un reclus dans une cellule, ni le travail d'un médecin ou d'une infirmière. Servir Dieu peut aussi être ce que nous percevons très rarement ainsi : « beaucoup d'autres ... le servaient de leurs biens ». C'est-à-dire qu'elles aidaient matériellement. Elles nourrissaient, donnaient à boire, habillaient, accueillaient pour la nuit. Elles pouvaient ne faire aucun exploit, ne jamais prêcher. Elles partageaient simplement avec générosité ce qu'elles avaient.

Oui, bien sûr, dans l'Évangile, le Christ dit qu'« il est difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux ». Mais le riche, dans ce sens, n'est pas celui qui possède simplement beaucoup ; c'est celui qui ne comprend pas que ses biens lui ont été donnés par Dieu, qu'ils ne lui appartiennent pas. Ce n'est qu'en commençant à donner qu'il peut entrer dans le Royaume. En commençant à donner, il deviendra riche autrement. Car on ne peut donner que ce qui est à soi ; on ne donne pas ce qui appartient à autrui, et en décidant d'arracher quelque chose de soi, on acquiert le Royaume.

Nous sommes appelés à servir Dieu par les dons que lui-même nous a donnés : pour l'un, c'est le don de la parole ; pour un autre, le don de comprendre les autres ; pour un autre encore, le don d'aider par ses biens, que Dieu donne aussi.

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Pour Lc 8:1-3
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
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Dans le passage d'aujourd'hui, nous voyons le Christ entouré de femmes. Il a rendu à la femme sa...  Lire la suite

Dans le passage d'aujourd'hui, nous voyons le Christ entouré de femmes. Il a rendu à la femme sa dignité humaine, ce dont l'Évangile selon Luc témoigne avec une éloquence particulière. Nous ne devons pas l'oublier. L'une des conséquences socioculturelles importantes de la diffusion du christianisme est précisément celle-ci : la femme a acquis son indépendance spirituelle par rapport à l'homme. Le processus a toutefois suivi un chemin assez difficile. Dans les premières communautés chrétiennes, alors que tous les Événements étaient encore relativement proches, le rôle des femmes était très important. Elles accomplissaient les œuvres de miséricorde et le service social, elles devenaient martyres, puis saintes ; les femmes sont nombreuses parmi les premiers saints. Mais vers la fin du Moyen Âge, à la fin du XIVe et au début du XVe siècle, alors que l'Église traversait des temps difficiles et que tant de choses se faisaient, nous le comprenons aujourd'hui, à l'encontre de l'esprit de la prédication évangélique, la situation se dégrada aussi sur ce point. La femme fut considérée comme un réceptacle du péché, et la « chasse aux sorcières » commença. Les procès intentés aux femmes furent une restauration particulièrement manifeste de l'esprit du paganisme, toujours mêlé à une certaine opposition et à une attraction entre les sexes. À notre époque, sous l'influence de la culture séculière, la situation s'éloigne à nouveau de l'équilibre, mais cette fois dans le sens opposé. Nous devons seulement toujours nous souvenir de l'idéal d'harmonie que le Christ nous a donné.

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Pour Lc 7:36-50
36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
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La rencontre avec Jésus se termine différemment pour chacun. Le pieux pharisien Simon ne peut même pas Le reconnaître comme prophète, simplement parce qu’Il a laissé une femme pécheresse Le toucher, tandis que cette femme...  Lire la suite

La rencontre avec Jésus se termine différemment pour chacun. Le pieux pharisien Simon ne peut même pas Le reconnaître comme prophète, simplement parce qu’Il a laissé une femme pécheresse Le toucher, tandis que cette femme reçoit le pardon et la vie « parce qu’elle a beaucoup aimé ». La même histoire se poursuit aujourd’hui : les uns ne remarquent pas le Christ, tandis que les autres trouvent en Lui le sens et la joie de leur vie, voyant et entendant ce que les hommes avaient attendu durant des siècles.

Qu’est-ce qui fait la différence ? Faut-il vraiment être un exclu de la société, comme cette pécheresse, pour Le rencontrer ? Il s’agit plutôt du lien entre la gratitude et l’amour pour Jésus, qui s’engendrent mutuellement. Car celui qui aime beaucoup reçoit beaucoup de pardon, et celui à qui il est beaucoup pardonné aime beaucoup.

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Pour Lc 7:36-50
36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
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L'histoire qui s'est déroulée dans la maison du pharisien, un homme sans aucun doute profondément religieux, nous montre une fois encore combien le Royaume et sa vie devaient paraître paradoxaux à la conscience religieuse. Pour l'homme religieux, le péché est quelque chose d'objectif et d'absolu. Pour lui, le pécheur...  Lire la suite

L'histoire qui s'est déroulée dans la maison du pharisien, un homme sans aucun doute profondément religieux, nous montre une fois encore combien le Royaume et sa vie devaient paraître paradoxaux à la conscience religieuse. Pour l'homme religieux, le péché est quelque chose d'objectif et d'absolu. Pour lui, le pécheur n'est qu'un pécheur; sa fréquentation est déconseillée à celui qui aspire à une vie juste, et le péché peut se transmettre comme une maladie infectieuse. Pour la conscience religieuse, le péché est une qualification spirituelle et morale qui rend l'homme impropre à la vie spirituelle telle qu'elle la comprend. En suivant cette logique, Jésus aurait dû chasser la pécheresse qui s'approchait de lui, sans tenir compte d'aucun repentir. D'autant plus qu'il devait s'agir ici d'un péché non accidentel, mais tout à fait conscient, dont les conséquences demeuraient insurmontables même si le pécheur se repentait.

Jésus regarde la situation autrement. Pour lui, le péché n'est pas une qualification spirituelle et morale de l'homme, mais son état ordinaire après la chute. La question n'est pas de savoir si un homme est digne ou non d'entrer dans le Royaume. Ici, tout est évident: après la chute, personne ne peut en être digne. La seule question est de savoir s'il est possible de sauver tel homme concret, s'il est possible de faire participer tel ou tel pécheur à la vie du Royaume.

Bien sûr, pour cela le pécheur devra cesser d'être pécheur et il ne pourra participer à la vie du Royaume que dans la mesure où il sera capable de résoudre cette tâche. Mais sa résolution est possible en principe, si seulement l'homme lui-même le désire. La seule question est de savoir si l'homme qui cherche le Royaume se décide à entrer en relation avec Jésus, qui a apporté le Royaume dans le monde. La femme qui pleurait en embrassant les pieds de Jésus avait manifestement une telle relation. Le pharisien... il est difficile de le dire avec certitude. Mais il ne se précipite manifestement pas vers Jésus comme la femme mentionnée dans le récit de l'évangéliste. Après tout, il pense que, dans l'ensemble, tout va bien pour lui, ne sachant pas encore qu'il se trompe. La femme ne le pense déjà plus: ses péchés lui sont plus évidents. Elle a quelque chose à demander au Maître.

Et voici que, paradoxalement, celui qui a davantage péché se révèle plus proche du Royaume que celui qui a moins péché. Non parce que le péché rapproche l'homme du Royaume, bien sûr. Simplement, un péché manifeste et grave, une fois reconnu, oblige l'homme à réfléchir sérieusement à son destin et à s'attacher plus fortement à celui qui peut l'aider. Et cela rapproche réellement l'homme du Royaume, malgré les péchés qu'il a commis.

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Pour Lc 7:36-50
36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
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À première vue, la situation peut paraître douteuse : faudrait-il donc, pour mériter le pardon, seulement « manifester de l’amour » au Christ, comme nous dirions aujourd’hui, Le « flatter » ? Ce serait compréhensible avec...  Lire la suite

À première vue, la situation peut paraître douteuse : faudrait-il donc, pour mériter le pardon, seulement « manifester de l’amour » au Christ, comme nous dirions aujourd’hui, Le « flatter » ? Ce serait compréhensible avec un chef au travail ou avec quelque fonctionnaire d’une administration, mais le Christ... Exige-t-Il donc, Lui aussi, une « avance » pour Son pardon ?

La parabole des deux débiteurs peut éclairer cette question : l’amour n’est pas le prix du pardon, l’amour est l’expression naturelle de la gratitude. Jésus compare les manifestations d’amour du pharisien, homme pieux et respecté, et de la « pécheresse », sans doute une femme publique, non pour lui reprocher sa dureté. Il illustre simplement Ses paroles : « celui à qui l’on pardonne peu aime peu ». Sous cet éclairage, le geste inhabituel de la femme signifie qu’elle n’est déjà plus pécheresse : son amour témoigne qu’elle est pardonnée. Cela nous permet de lire autrement, comme le font la plupart des traductions modernes, les paroles de Jésus à son sujet : « Ses nombreux péchés sont pardonnés, ce qui se voit à la force de son amour ». Et chez nous, est-ce visible ?

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Pour Lc 7:36-50
36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
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La courte parabole des deux débiteurs racontée par Jésus à Simon paraît paradoxale au premier regard : car, si l'on suit...  Lire la suite

La courte parabole des deux débiteurs racontée par Jésus à Simon paraît paradoxale au premier regard : car, si l'on suit sa logique, il en résulte que les relations d'un homme avec Dieu ou avec son prochain sont d'autant plus solides qu'il lui a été davantage pardonné. On n'est alors pas loin de cette « sagesse » populaire bien connue : « si tu ne pèches pas, tu ne te repens pas ; si tu ne te repens pas, tu n'es pas sauvé ». Le péché serait-il donc pour le salut ? Si nous étions des personnes normales, non abîmées par la chute, des raisonnements de ce genre seraient sans doute tout à fait justes. Le malheur, cependant, est qu'il n'en est pas ainsi.

La parabole racontée par Jésus à Simon, comme certaines autres de Ses paraboles, part de la situation réelle de l'homme déchu. Et là, il apparaît en effet que la mesure de l'amour de Dieu pour l'homme et la mesure de la confiance de l'homme en Dieu sont déterminées par ce que Dieu est prêt à pardonner à l'homme et par la mesure dans laquelle l'homme ose espérer le pardon.

On pourrait croire que la dépendance fait obstacle à l'amour. Dans le monde abîmé par le péché, c'est bien le cas. Mais il ne s'agit pas ici de la dépendance en tant que telle : l'homme dépend aussi de Dieu, et il en dépend réellement ; chacun de nous dépend de Lui comme de personne ni de rien d'autre. Il sait faire tourner la situation, conduire les choses de telle manière que nous ne remarquions pas le moins du monde cette dépendance. Nous pouvons même L'ignorer complètement, si nous le voulons. Et la seule forme de Sa relation avec nous se révèle être l'amour.

Ainsi, la dépendance en elle-même n'empêche nullement l'amour ; si des obstacles apparaissent, ce n'est que dans le monde déchu, non à cause de la dépendance en tant que telle, mais à cause du péché qui, dans un monde corrompu par le péché, déforme et pervertit toute relation. Dans le cas normal, la dépendance mutuelle des personnes est une chose tout à fait ordinaire et naturelle, qui par elle-même n'assombrit en rien leurs relations. Et la profondeur des relations peut alors réellement être déterminée par la profondeur de la dépendance.

Autre chose est que les lois du monde non transfiguré font parfois de cette dépendance un lourd fardeau pour celui qui dépend. C'est alors que la volonté d'alléger ce fardeau ou même de l'en délivrer complètement (par exemple, remettre sa dette à quelqu'un qui ne pourra jamais la rendre) devient l'expression d'un amour pratique et agissant envers la personne dépendante. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les relations soient ici liées à la profondeur de la dépendance de celui qui a reçu un soulagement envers celui qui l'a déchargé.

Bien sûr, dans le Royaume, une telle situation ne peut tout simplement pas exister, pas plus qu'elle n'aurait pu exister dans notre monde s'il n'avait pas été abîmé par la chute. Mais dans la situation concrète où nous nous trouvons tous aujourd'hui, les relations d'amour prennent parfois précisément la forme dont parle la parabole du Sauveur.

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Pour Lc 7:36-50
36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
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Simon le Pharisien reçut le Maître avec assez de hauteur, sans Lui rendre les marques de respect habituelles en Judée. Il ne Lui proposa pas...  Lire la suite

Simon le Pharisien reçut le Maître avec assez de hauteur, sans Lui rendre les marques de respect habituelles en Judée. Il ne Lui proposa pas de Lui laver les pieds et ne Le salua pas comme il convenait ; les invités s'étaient sans doute installés pour le repas près de l'entrée, où, semble-t-il, se pressaient les gens qui suivaient Jésus partout, ainsi que de simples curieux. Peut-être Simon s'entretenait-il simplement avec son Hôte sous un auvent, à l'abri du soleil.

Voici que, dans la foule à l'entrée (ou autour de l'auvent), apparut cette femme, et les paroles du Maître de Nazareth qu'elle entendit touchèrent tellement son coeur qu'elle se mit à pleurer. Car Il parlait de Dieu, de la vraie Lumière et du sens de la vie. Il parlait de l'amour bafoué du Créateur, de notre mesquine trahison humaine, et le coeur de cette femme n'y résista pas. Soudain, elle remarqua que ses larmes tombaient directement sur Ses pieds, car Simon Lui avait proposé une place non pas au fond de l'ombre, mais tout au bord de l'auvent, là où brûlaient les rayons du soleil de midi. Peut-être effrayée, cette femme se mit à essuyer les pieds du Maître avec ses cheveux, et, volontairement ou non, répandit aussi sur eux le parfum de son vase... Simon, qui s'irritait de la foule de badauds rassemblée près de sa maison, le remarqua et douta que Jésus fût vraiment prophète.

Dans le dialogue qui s'engage avec Simon, le Seigneur, en conclusion de la parabole des deux débiteurs auxquels furent remises respectivement cinq cents et cinquante pièces d'argent, approuve les paroles de Simon : le créancier sera davantage aimé par celui à qui il a davantage remis. En soi, cela signifie que l'homme qui a reçu le pardon de grands péchés aimera davantage Dieu. Mais ensuite le Seigneur dit de la pécheresse qui avait oint Ses pieds de parfum : ses nombreux péchés lui sont pardonnés parce qu'elle a beaucoup aimé. Le coeur de cette femme (probablement réellement peu irréprochable) s'est montré capable de répondre à la parole du Christ, à l'amour de Dieu. Au fond, elle s'est montrée capable de demander pardon, non par des mots, mais par des larmes. Selon la parole du Christ, on ne peut pas se représenter le pardon comme un acte purement formel et légal. Quand il est question d'amour et de repentir, les règles et la justice de la loi reculent, et une place apparaît pour l'amour et la miséricorde du Tout-Puissant. Voilà ce que Simon, semble-t-il, ne soupçonne pas.

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Pour Lc 7:36-50
36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
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Tous les livres bibliques nous parlent de deux chemins spirituels : le chemin de la justice, qui mène à la vie, et le chemin du péché, qui mène à la mort...  Lire la suite

Tous les livres bibliques nous parlent de deux chemins spirituels : le chemin de la justice, qui mène à la vie, et le chemin du péché, qui mène à la mort. Et voici que maintenant, lorsque le Messie est venu, il apparaît soudain que la situation n'est pas si univoque, que tout pécheur ne suit pas le chemin du péché et que tout juste ne se tient pas sur le chemin de la justice aussi solidement qu'il le pense.

D'ailleurs, si l'on y réfléchit, il n'y a là rien d'étonnant : car il n'existe pas dans le monde de justes absolus, totalement étrangers au péché, en dehors du Christ. C'est pourquoi la justice, par définition, n'est qu'un état relatif, qui dépend de la plénitude et de l'intensité de la communion avec Dieu accessible au juste. La justice est comme la respiration : elle n'est jamais statique ; si la communion avec Dieu cesse, elle disparaît, comme disparaît la respiration chez celui qui a cessé de respirer.

Alors il apparaît que le pécheur qui se repent est plus proche de la justice que le prétendu juste qui contemple sa propre justice et condamne les autres. En effet, pour se repentir, pour demander pardon du péché commis, il faut au minimum se tourner vers Dieu, et donc établir avec lui ces relations mêmes sans lesquelles il n'y a pas de justice. Dès lors, on peut considérer que l'affaire est faite : car Dieu n'a besoin que d'établir des relations avec nous ; ensuite, il trouvera le moyen et la possibilité de résoudre tous nos problèmes. Il lui suffit seulement d'entrer dans notre coeur, et alors peu importe déjà ce qui deviendra la cause de notre ouverture à lui. Même si cette cause est le regret du péché commis et le repentir de celui-ci, il trouvera comment accomplir dans notre coeur le travail spirituel dont nous avons besoin pour notre salut.

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Pour Lc 7:36-50
36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
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La lecture d'aujourd'hui nous ramène une nouvelle fois à la question du Royaume et du repentir. La situation est familière : d'un côté...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous ramène une nouvelle fois à la question du Royaume et du repentir. La situation est familière : d'un côté, un pharisien, homme religieux, respectable et sûr de sa justice (v. 36) ; de l'autre, une femme pleinement consciente de son péché, qui lave les pieds de Jésus (v. 37–38). Et deux logiques pour apprécier la situation.

En homme religieux, le pharisien comprend que fréquenter un pécheur rend impur. Il ne s'agit pas ici d'une sorte de répugnance morale, mais de l'idée communément admise à l'époque que le péché est semblable à une maladie contagieuse : le pécheur souille non seulement lui-même, mais aussi tous ceux qu'il touche. Bien sûr, nul ne peut faire d'un autre un pécheur : on ne le devient qu'en péchant soi-même. Mais le pécheur peut rendre un autre impur, car on voyait alors la souillure comme une sorte de contagion métaphysique qui n'est pas en elle-même un péché, mais fait obstacle à la communion avec Dieu. C'est pourquoi fréquenter un pécheur, auprès de qui l'on pouvait contracter cette contagion, était également considéré comme un péché. Le pharisien est absolument certain que si Jésus savait seulement à qui il a affaire, il interdirait tout simplement à cette femme de le toucher (v. 39).

Mais Jésus regarde la situation tout autrement. Ce qui compte pour lui, ce n'est pas le péché en lui-même, mais la relation du pécheur avec son prochain. Nous ne savons même pas exactement pour qui la femme du récit prenait Jésus : le texte n'en dit rien. Mais elle comprenait manifestement que, s'il était reçu chez un homme respecté, il devait lui-même être un homme respecté et un maître faisant autorité.

Consciente de ses péchés, elle n'osait prétendre à grand-chose ; au fond, elle a fait ce que faisait d'habitude un esclave domestique spécialement chargé d'accueillir les hôtes de marque, lorsqu'il y avait un tel esclave dans la maison. Mais Simon n'en avait apparemment pas, et lui-même n'avait rien fait de semblable pour son hôte (v. 44–46). Il s'est avéré que sa relation à elle avec Jésus était devenue pleinement réelle et très concrète, ce que l'on ne peut guère dire de celle du pharisien Simon. Mais s'il y a une relation avec Jésus, il y a aussi la possibilité d'entrer dans le Royaume. On aurait pu penser que Simon, assis à la même table que Jésus, avait lui aussi une telle relation.

Simon était manifestement certain qu'en homme religieux et pieux, le Royaume lui était déjà garanti. Car la conscience religieuse juge l'homme d'après ses qualités. Pour l'homme religieux, comme d'ailleurs pour tout autre, le monde entier se divise entre « bons » et « mauvais ». Seuls les critères diffèrent : les personnes religieuses ont leurs propres appréciations, souvent différentes de celles qui sont communément admises. Mais pour le Royaume, c'est manifestement autre chose qui compte : l'homme aime-t-il son prochain ou non ? Rien d'étonnant à cela : l'amour dont parle la Bible n'est ni une émotion ni un état, mais une relation fondée avant tout sur la volonté, la volonté du bien dirigée vers celui que l'on aime. Et si l'homme sait aimer, il aimera aussi Jésus lorsqu'il le rencontrera, même malgré son propre péché. Alors ses péchés resteront dans le passé, et le chemin du Royaume s'ouvrira devant lui.

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Pour Lc 7:36-50
36 Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
37 Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum.
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
39 À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! »
40 Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire » ­ « Parle, maître », répond-il. ­
41 « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante.
42 Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ? »
43 Simon répondit : « Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. » Il lui dit : « Tu as bien jugé. »
44 Et, se tournant vers la femme : « Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
45 Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
46 Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds.
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
48 Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont remis. »
49 Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ? »
50 Mais il dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée ; va en paix. »
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Ce texte répond à la question de ceux qui ne comprennent pas comment parvenir à aimer Dieu. Il existe sans doute de nombreux...  Lire la suite

Ce texte répond à la question de ceux qui ne comprennent pas comment parvenir à aimer Dieu. Il existe sans doute de nombreux chemins pour découvrir ce sentiment étonnant qu'est l'amour du Créateur. Les uns passent par l'amour de la création, de la nature, de l'homme ; les autres par la gratitude pour la vie reçue. Un autre chemin passe par la souffrance et la conscience que Dieu prend part à notre souffrance. Les chemins sont multiples ; nous ne pouvons pas tous les énumérer ici. Mais en voici encore un. Ce n'est pas l'un des plus faciles : c'est celui qu'a suivi la femme pécheresse, en prenant conscience de toute la profondeur de son péché. Peu de gens s'appliquent ce texte à eux-mêmes. « Quel pécheur suis-je donc, à côté du monde d'aujourd'hui, plongé dans la débauche ?! » Mais justement, c'est non vers le monde, mais vers Dieu que nous devons porter notre regard. Et face à Sa sainteté absolue, chacun de nous ressemble à cette femme.

Bien sûr, cette seule prise de conscience ne suffit pas. Et il n'est pas seulement insuffisant, mais très dangereux de n'avoir qu'elle. Il faut encore apprendre à l'exprimer par les larmes. « Ne communie jamais sans larmes », dit l'un des Pères. Mais les larmes non plus ne suffisent pas. Il faut encore autre chose. Et lorsqu'on réfléchit à ce qui manque encore, on parvient précisément au but de ce chemin : l'amour. Tout s'accomplit dans un amour ardent, conscient que le Seigneur, dans toute Sa sainteté, descend jusqu'à notre état de pécheurs afin de nous élever de nouveau à Sa sainteté.

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Pour Lc 7:38
38 Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
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Il est impossible d'imaginer une personne saine d'esprit qui s'agenouille volontairement devant quelqu'un, en veillant à ce que cela ne se voie pas, sans rien exiger ni rien demander. Ne pouvant retenir ses larmes et les voyant...  Lire la suite

Il est impossible d'imaginer une personne saine d'esprit qui s'agenouille volontairement devant quelqu'un, en veillant à ce que cela ne se voie pas, sans rien exiger ni rien demander. Ne pouvant retenir ses larmes et les voyant tomber par hasard sur Ses pieds, cette personne les essuie de ses cheveux, puis embrasse ces pieds meurtris par la route et y verse un parfum très coûteux. Qu'est-ce donc : de la folie, une sensibilité excessive ?

Notre retenue nous joue un mauvais tour. Il est difficile de faire place en soi à la conscience que le Christ est à la fois Dieu et homme. Mais nous tentons aussi de nous protéger de cette réalité par la bonne éducation, le bon sens et la bienséance. Il est plus facile d'accepter que Dieu soit un Souverain lointain, incompréhensible et tout-puissant que de prendre conscience qu'Il est à la fois Dieu et Homme.

Si l'on comprend, ne serait-ce qu'une seconde, qu'on peut toucher Sa main et en sentir la chaleur, il devient impossible de se contenir. Voici notre Dieu : Il est assis à côté de nous à table, Il parle de quelque chose, Il mange, Il est fatigué du voyage. Il n'est pas là-bas, au loin, dans les nuages, au milieu d'une lumière éclatante : Il est ici, à portée de main. Impossible de renoncer au désir de Le toucher ; on tombe involontairement à genoux et on Lui embrasse les pieds.

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Pour Lc 7:47
47 À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. »
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Il est peu probable que nous aurions construit cette phrase de la sorte s’il nous fallait exprimer une idée similaire. Nous aurions surement dit...  Lire la suite

Il est peu probable que nous aurions construit cette phrase de la sorte s’il nous fallait exprimer une idée similaire. Nous aurions surement dit: «Ses péchés, ses nombreux péchés lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour, mais on remet peu a celui qui montre peu d’amour». Et tout aurait été explicite et univoque. Quelle est donc l’ampleur de ce que dit Jésus ?

Premièrement, Sa phrase suggère cette idée: «Si je sens qu’on me pardonne peu, alors cela veut dire apparemment que je montre peu d’amour». C'est-à-dire c’est juste par insuffisance de mon amour envers Dieu si je pense que mes péchés sont peu.

Deuxièmement, il apparait quelque chose de plus ici. Celui à qui on remet devient capable de montrer plus d’amour, un grand amour ouvre la porte à une grande rémission et cette grande rémission à un plus grand amour et ainsi de suite. Et ce qu’on a l’habitude de percevoir comme acte de rémission, est conçu comme processus cultivant en nous l’amour.

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Pour Lc 8:1-15
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s’acheminait vers lui, il dit par parabole :
5 « Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé.
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s’est desséchée faute d’humidité.
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l’ont étouffée.
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. » Et, ce disant, il s’écriait : « Entende, qui a des oreilles pour entendre ! »
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole.
10 Il dit : « À vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c’est en paraboles, afin qu’
ils voient sans voir
et entendent sans comprendre.
11 « Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c’est la parole de Dieu.
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés.
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l’ont entendue, mais ceux-là n’ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l’épreuve ils font défection.
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n’arrivent pas à maturité.
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance.
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Parmi les paraboles sur le Royaume racontées par le Sauveur, la parabole du semeur, la parabole de la parole que Dieu sème dans le cœur humain, occupe une place particulière. Le Royaume et la parole: comment sont-ils liés? Comment la parole qui entre dans le cœur humain...  Lire la suite

Parmi les paraboles sur le Royaume racontées par le Sauveur, la parabole du semeur, la parabole de la parole que Dieu sème dans le cœur humain, occupe une place particulière. Le Royaume et la parole: comment sont-ils liés? Comment la parole qui entre dans le cœur humain est-elle liée au Verbe? Le Verbe avec une majuscule s’incarne dans le Christ. Et la parole de Dieu avec une minuscule? Comment entre-t-elle dans le cœur de l’homme? Quelle est-elle, cette parole? La parole par laquelle Dieu crée le monde. La parole que les prophètes entendent. La parole qui, comme le dit l’hymnographe, ne revient pas à Dieu sans avoir accompli sa mission. Il s’avère qu’elle est donnée à chacun. Elle est semée, comme des semences dans un champ, d’une main généreuse. Seulement, elle n’est pas toujours reçue comme une terre bien préparée reçoit les semences.

Cela se comprend: la parole n’est pas simplement une révélation donnée une fois pour toutes. C’est l’instrument de l’action de Dieu, que Dieu utilise pour transformer l’homme. Pour le préparer à la plénitude de la communion avec Dieu. À la vie dans le Royaume. Or l’homme ne le veut pas toujours. Pour des raisons très diverses. Parfois simplement parce qu’il n’a pas le temps. Si la parole de Dieu n’est pas l’essentiel pour l’homme, si Dieu se trouve pour lui quelque part au bord du chemin qu’il suit, la parole de Dieu ne deviendra jamais dans son cœur l’instrument de l’action divine. Mais même si elle le devient, ce n’est pas encore tout.

La vie spirituelle, en effet, n’est pas pour un jour, ni pour un mois, ni pour un an. Elle est pour toujours. Et si un homme a aujourd’hui du temps pour «la spiritualité», mais pas demain, alors sa «spiritualité» mérite vraiment les guillemets. Et bien sûr, il faut aussi la fermeté au temps des épreuves. L’homme qui désire une vie juste, une vie avec Dieu, a toujours été l’ennemi du mal dans lequel repose le monde déchu. Et le chrétien lui est doublement ennemi: car non seulement il n’accepte pas lui-même ce mal, mais il apporte encore dans le monde le Royaume qui détruit le mal sans pitié, sans lui laisser de place dans la création.

Il n’est pas étonnant que, si ce monde hait en général les justes, il haïsse doublement les justes chrétiens. Et pourtant, les persécutions en elles-mêmes ne sont pas aussi redoutables que ce refus quotidien et organique de la vie spirituelle qui caractérise le monde déchu. Les persécutions mobilisent spirituellement; leur absence relâche. Ce n’est qu’en surmontant l’une et l’autre que l’on peut commencer une vie spirituelle normale. Avec dans le cœur la parole qui reflète ce Verbe même qui s’est incarné dans le Christ. Et qui, si on la laisse transformer son cœur, le rendra capable d’accueillir la vie du Royaume dans toute la plénitude accessible à l’homme.

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Pour Lc 8:1-21
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s’acheminait vers lui, il dit par parabole :
5 « Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé.
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s’est desséchée faute d’humidité.
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l’ont étouffée.
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. » Et, ce disant, il s’écriait : « Entende, qui a des oreilles pour entendre ! »
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole.
10 Il dit : « À vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c’est en paraboles, afin qu’
ils voient sans voir
et entendent sans comprendre.
11 « Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c’est la parole de Dieu.
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés.
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l’ont entendue, mais ceux-là n’ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l’épreuve ils font défection.
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n’arrivent pas à maturité.
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance.
16 « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière.
17 Car rien n’est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir lui sera enlevé. »
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l’aborder à cause de la foule.
20 On l’en informa : « Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. »
21 Mais il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »
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La parole, la semence que sème le semeur, porte en elle le germe du Royaume des Cieux. Tombant dans notre cœur, elle commence à produire l'épi d'une vie nouvelle. Mais dans cette parabole, le semeur...  Lire la suite

La parole, la semence que sème le semeur, porte en elle le germe du Royaume des Cieux. Tombant dans notre cœur, elle commence à produire l'épi d'une vie nouvelle. Mais dans cette parabole, le semeur n'agit pas seul. Sans le sol, c'est-à-dire sans nous, la semence ne peut germer. Comme le remarque Jésus, plus nous participons à ce processus, plus nous portons de fruit. Il en résulte une apparente injustice: plus nous sommes riches, plus nous nous enrichissons. Pourtant, il s'agit probablement moins de richesse spirituelle que de la part de notre capital — temps, attention, forces et, enfin, toute notre vie — que nous sommes prêts à investir dans ce processus commun de croissance du Royaume.

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Pour Lc 8:1-21
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s’acheminait vers lui, il dit par parabole :
5 « Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé.
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s’est desséchée faute d’humidité.
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l’ont étouffée.
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. » Et, ce disant, il s’écriait : « Entende, qui a des oreilles pour entendre ! »
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole.
10 Il dit : « À vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c’est en paraboles, afin qu’
ils voient sans voir
et entendent sans comprendre.
11 « Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c’est la parole de Dieu.
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés.
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l’ont entendue, mais ceux-là n’ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l’épreuve ils font défection.
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n’arrivent pas à maturité.
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance.
16 « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière.
17 Car rien n’est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir lui sera enlevé. »
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l’aborder à cause de la foule.
20 On l’en informa : « Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. »
21 Mais il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »
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Les paraboles de Jésus sont quelque chose entre de petites histoires amusantes de la vie quotidienne et des énigmes : par elles, Il explique en langage humain simple l’inexprimable, le Message de Son Royaume. Beaucoup commencent ainsi...  Lire la suite

Les paraboles de Jésus sont quelque chose entre de petites histoires amusantes de la vie quotidienne et des énigmes : par elles, Il explique en langage humain simple l’inexprimable, le Message de Son Royaume. Beaucoup commencent ainsi : « Le Royaume de Dieu est semblable à ce qui arrive quand... », puis Il dessine une situation familière aux auditeurs, leur ouvrant le sens de Son Évangile.

Ainsi, la parabole la plus connue raconte comment la Parole de Dieu, semblable à une semence, doit tomber dans une bonne terre pour porter du fruit et ne pas disparaître en vain. L’évangéliste complète remarquablement la parabole en donnant aussitôt après le récit de la famille de Jésus, où Il adresse aux disciples une nouvelle énigme, exprimant le même Message, mais en d’autres mots : « Celui qui écoute la Parole et la met en pratique est entré dans Ma famille ».

Il ne reste aux auditeurs qu’à comparer ces paraboles-énigmes pour comprendre en quoi consiste le Royaume que leur Maître a apporté sur la terre. Par son livre, l’évangéliste propose cette tâche non plus seulement au petit cercle des disciples, mais à tous les lecteurs de l’Évangile.

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Pour Lc 8:1-21
1 Et il advint ensuite qu’il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons,
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens.
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s’acheminait vers lui, il dit par parabole :
5 « Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé.
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s’est desséchée faute d’humidité.
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l’ont étouffée.
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. » Et, ce disant, il s’écriait : « Entende, qui a des oreilles pour entendre ! »
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole.
10 Il dit : « À vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c’est en paraboles, afin qu’
ils voient sans voir
et entendent sans comprendre.
11 « Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c’est la parole de Dieu.
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés.
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l’ont entendue, mais ceux-là n’ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l’épreuve ils font défection.
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n’arrivent pas à maturité.
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance.
16 « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière.
17 Car rien n’est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir lui sera enlevé. »
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l’aborder à cause de la foule.
20 On l’en informa : « Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. »
21 Mais il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »
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À la différence de Matthieu, Luc place la parabole du semeur dans le contexte de paroles que Matthieu rapporte dans d'autres enseignements du Sauveur...  Lire la suite

À la différence de Matthieu, Luc place la parabole du semeur dans le contexte de paroles que Matthieu rapporte dans d'autres enseignements du Sauveur (v. 16–17 ; Mt 5:15, 10:26–27). Il n'est plus possible aujourd'hui de dire avec certitude si Luc cite ces paroles pour rappeler au lecteur ce que Jésus avait dit en une autre occasion, ou si le Maître, après avoir raconté sa parabole aux disciples, leur a effectivement rappelé ce dont il avait déjà eu à parler. Une chose est claire : pour l'évangéliste, comme pour Jésus lui-même, le Royaume est inséparable du témoignage. On peut lire la parabole du semeur non seulement comme une parabole sur ce qui empêche l'homme d'accueillir le Royaume et d'y entrer, mais aussi sur ce qui l'empêche de témoigner du Christ et du Royaume. Les soucis de la vie, si on leur accorde trop d'attention (v. 14), la peur des persécutions et des poursuites, si l'on y cède (v. 13), et la simple légèreté envers la révélation reçue de Dieu (v. 12) peuvent tous faire obstacle au témoin fidèle. Il ne s'agit pas seulement du fait que tout cela détourne l'homme d'une certaine activité en tournant son cœur, et donc son attention, vers autre chose.

Il s'agit aussi du fait qu'un témoignage pleinement accompli n'est pas un simple récit, mais une démonstration visible de ce qu'est la vie avec le Christ dans son Royaume. Or tout ce qui est énuméré dans la parabole du semeur détruit l'unité spirituelle de l'homme qui rend cette démonstration possible. Ce n'est pas un hasard si les commentateurs qui interprètent les versets 16–17 discutent encore de ce que Jésus entend par les secrets qui seront tôt ou tard révélés : les uns sont certains qu'il s'agit d'actes mauvais soigneusement dissimulés ou de faiblesses dont il n'est ni habituel ni aisé de parler à voix haute ; les autres affirment qu'il parlait du Royaume qui, tout en demeurant caché un certain temps, se révélera tôt ou tard dans toute sa plénitude et deviendra alors visible à tous.

Le verset 18 peut cependant aider à trancher ce débat : il appelle ceux qui écoutent à une forme particulière d'attention spirituelle. Les Évangiles évoquent souvent la situation de ceux qui écoutent sans entendre. Il ne s'agit pas simplement de laisser les paroles entrer par une oreille et sortir par l'autre : la culture juive est une culture du dialogue, non seulement entre les hommes, mais aussi entre l'homme et Dieu. Il est question de ce qui empêche parfois l'homme d'entendre son interlocuteur, et dont parle la parabole du semeur. Celui qui écoute ne suit pas lui-même ce qui se passe : son attention ne se concentre ni sur celui qui parle ni sur ses paroles, mais sur autre chose. S'il manque d'unité spirituelle, il peut pourtant ne pas s'en apercevoir, car il n'a ni l'habitude ni la capacité de surveiller ce vers quoi son attention se porte.

Un tel état d'inconscience est malheureusement la norme pour l'homme déchu. Mais ce relâchement spirituel ne convient pas au Royaume, car ce qui compte avant tout pour le Royaume, ce sont les relations ; l'attention et la conscience de ce vers quoi elle se porte deviennent ici essentielles. Sans ce recueillement spirituel, l'homme n'obtiendra pas le Royaume qu'il espère recevoir. Il ne s'agit pas d'une épreuve pour l'épreuve : l'homme spirituellement relâché n'a tout simplement pas l'organe nécessaire pour vivre dans le Royaume. Ou bien il l'a, mais cet organe est si faible que, même entré dans le Royaume, il ne peut s'y maintenir : les forces spirituelles lui manquent pour garder au centre de son attention Dieu et son prochain, sans lesquels il n'y a pas de Royaume. Alors, le contact avec le Royaume devient un moment de vérité : ce qui était auparavant caché, peut-être même à celui qui cherche — car l'homme déchu est enclin à se tromper sur son propre compte —, devient manifeste et connu de tous. On voit alors si l'homme est prêt à entrer dans le Royaume.

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