28 Et comme ils n'ont pas jugé bon de garder la vraie connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur esprit sans jugement, pour faire ce qui ne convient pas:
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Dans la tradition rabbinique, le chemin de la connaissance de Dieu et de la justice était d'abord lié à la question de la réflexion et de la prise de conscience de ses propres paroles, pensées et intentions concernant la vie spirituelle, et avant tout ses relations avec Dieu. Paul appelle cette réflexion et cette prise de conscience une connaissance raisonnable de Dieu, ou, comme dans la traduction synodale, « garder Dieu dans son intelligence » ; par « intelligence », il entend non pas l'intellect au sens strict, mais ce mot grec que les philosophes antiques eux-mêmes utilisaient pour désigner le centre spirituel de la personne, appelé cœur dans le langage de la Bible.
Sans une connaissance de Dieu réfléchie et consciente, cette « intelligence » se pervertit, et avec elle toute la vie de l'homme se pervertit, au même sens où les anciens sages parlaient d'un cœur perverti et de la vie débauchée de l'insensé qui ne connaît pas Dieu et ne possède pas la sagesse.
Autres réflexions
Pour Rm 1:16-32
16 Car je ne rougis pas de l'Évangile: il est une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit, du Juif d'abord, puis du Grec.
17 Car en lui la justice de Dieu se révèle de la foi à la foi, comme il est écrit : Le juste vivra de la foi. Les païens objet de la colère de Dieu.
18 En effet, la colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui tiennent la vérité captive dans l'injustice;
19 car ce qu'on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste: Dieu en effet le leur a manifesté.
20 Ce qu'il a d'invisible depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité, en sorte qu'ils sont inexcusables;
21 puisque, ayant connu Dieu, ils ne lui ont pas rendu comme à un Dieu gloire ou actions de grâces, mais ils ont perdu le sens dans leurs raisonnements et leur cœur inintelligent s'est enténébré:
22 dans leur prétention à la sagesse, ils sont devenus fous
23 et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible contre une représentation, simple image d'hommes corruptibles, d'oiseaux, de quadrupèdes, de reptiles.
24 Aussi Dieu les a-t-il livrés selon les convoitises de leur cœur à une impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps;
25 eux qui ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature de préférence au Créateur, qui est béni éternellement! Amen.
26 Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes: car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature;
27 pareillement les hommes, délaissant l'usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l'infamie d'homme à homme et recevant en leurs personnes l'inévitable salaire de leur égarement.
28 Et comme ils n'ont pas jugé bon de garder la vraie connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur esprit sans jugement, pour faire ce qui ne convient pas:
29 remplis de toute injustice, de perversité, de cupidité, de malice; ne respirant qu'envie, meurtre, dispute, fourberie, malignité; diffamateurs,
30 détracteurs, ennemis de Dieu, insulteurs, orgueilleux, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents,
31 insensés, déloyaux, sans cœur, sans pitié;
32 connaissant bien pourtant le verdict de Dieu qui déclare dignes de mort les auteurs de pareilles actions, non seulement ils les font, mais ils approuvent encore ceux qui les commettent.
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Pour Paul, la vie dans le Royaume est inséparable de la marche selon la Torah, et c'est pourquoi dans ses...
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Pour Paul, la vie dans le Royaume est inséparable de la marche selon la Torah, et c'est pourquoi dans ses épîtres, à l'image des auteurs de l'Ancien Testament, il oppose souvent deux chemins : le chemin de la justice et le chemin de l'impiété (v. 16-18). Certes, le témoignage de Paul ne s'adressait pas seulement aux Juifs, mais aussi à ceux qui, peu auparavant encore, étaient païens ; il impliquait un certain universalisme, et c'est pourquoi l'apôtre devait répondre, à lui-même et aux autres, à la question de savoir dans quelle mesure la Torah s'étend à ceux qui, très réellement, pouvaient n'en rien savoir.
Bien entendu, pour la première génération de chrétiens, dont les représentants étaient tous liés à la Synagogue à un degré ou à un autre, la connaissance de la Torah allait de soi ; mais l'apôtre s'adressait à quiconque était prêt à entendre son témoignage, et dans ce cas la question de ceux qui ne savaient rien de la Torah et des commandements cessait d'être une question purement spéculative.
En effet, si sans la connaissance de la Torah il est impossible de suivre le Christ et d'entrer dans le Royaume, que faire de ceux qui, pour des raisons objectives, pouvaient, comme beaucoup de païens, ne rien savoir de la Torah et même ne jamais en avoir entendu parler ? En répondant à cette question, Paul recourt à l'image de la Torah intérieure, en l'interprétant pour les païens comme ce que, par analogie avec la connaissance naturelle de Dieu, on pourrait appeler la « Torah naturelle ». Il dit qu'à ceux qui ne connaissaient pas la révélation, Dieu se révélait par Sa création, de sorte qu'ils ne peuvent pas se justifier par leur ignorance (v. 19-20). Il semblerait qu'une telle affirmation de l'apôtre ne sorte pas du cadre de l'idée d'une connaissance naturelle de Dieu. Mais Paul ne l'envisage nullement d'un point de vue purement naturel et psychologique. En parlant des limites de la connaissance naturelle de Dieu, l'apôtre ne les rattache nullement aux limitations propres à la raison humaine. Il remarque avant tout le choix que faisaient ceux qui connaissaient, au moment où, derrière la beauté et la grandeur de la création, se révélait à eux la présence du Créateur. Au lieu de la crainte sacrée et de l'action de grâce, la réponse à une telle révélation naturelle se traduisait souvent par des théories et des conceptions nées non pas tant du désir de connaître la vérité que de la soif de s'affirmer soi-même (v. 21-22).
C'est précisément ainsi que Paul explique l'apparition du paganisme comme religion et comme vision du monde, indissociable pour lui de la violation de la Torah, en l'occurrence du deuxième commandement (v. 23-25). La Torah est une réalité objective ; elle existe depuis aussi longtemps qu'existent les relations de Dieu avec l'homme, et donc depuis aussi longtemps qu'existe l'homme lui-même. Et la violation de la Torah n'est pas seulement un crime contre la loi morale donnée par Dieu, mais aussi la destruction des relations mêmes qui unissent Dieu et l'homme. Il n'est pas étonnant que la conséquence d'une telle destruction soit la dégradation spirituelle et morale dont parle l'apôtre (v. 26-32).
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