24 Il leur proposa une autre parabole : " Il en va du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a semé du bon grain dans son champ. |
25 Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l'ivraie, au beau milieu du blé, et il s'en est allé. |
26 Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l'ivraie est apparue aussi. |
27 S'approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : "Maître, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il s'y trouve de l'ivraie ?" |
28 Il leur dit : "C'est quelque ennemi qui a fait cela. " Les serviteurs lui disent : "Veux-tu donc que nous allions la ramasser ?" |
29 "Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé. |
30 Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes que l'on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. " " |
Quiconque a possédé ne serait-ce qu'un lopin de terre sait que Jésus dit une chose absolument impossible. Comment peut-on ne pas désherber le sol ? Si l'on laisse les mauvaises herbes pousser jusqu'à la moisson, comme l'a fait le maître du champ, seules les mauvaises herbes pousseront et étoufferont les plantes utiles. Le Seigneur donne une explication : « de peur qu'en ramassant l'ivraie vous n'arrachiez le blé avec elle ». Mais Il vient de dire que le fruit est apparu et que έφάνη, ephanē, l'ivraie s'est montrée. Elle s'est déjà manifestée : comment peut-on alors la confondre avec le blé ? Et pourquoi la laisser si elle doit de toute façon être brûlée ?
Écoutons le texte original. Le Seigneur dit : « laissez croître ensemble άμφότερα, amphotera, l'un et l'autre ». Dans le langage moderne, l'« amphotérie » désigne la capacité de manifester des propriétés opposées. Tel est le mystère de la miséricorde du Tout-Puissant : la liberté de grandir nous est accordée. Et cette liberté implique la possibilité de choisir entre le bien et le mal. À l'ivraie est donnée la possibilité de devenir du blé.
Le Tout-Puissant est patient. Il nous supporte longtemps, nous donnant non seulement la liberté, mais aussi la possibilité de revenir à Sa vérité, à Sa lumière et à Sa vie. Tout d'abord, cette parabole répond à la question que Job avait déjà posée : « Pourquoi les méchants vivent-ils, vieillissent-ils et croissent-ils en force ? » (Jb 21,7 ss.). Pourquoi les gens indignes prospèrent-ils ? Afin de ne pas arracher le blé avec eux.
Si cette parabole et la propriété du Royaume des Cieux qu'elle décrit ne te plaisent pas, si elle te paraît injuste, cela signifie très probablement que tu te considères comme du blé. Alors se pose en toi cette question : « Pourquoi le maître de la maison tolère-t-il toutes sortes d'ivraie à côté de quelqu'un d'aussi remarquable que moi ? » Il est utile, dans ce cas, de se poser une autre question : faut-il vraiment m'identifier au blé ? Est-ce que je porte beaucoup de fruit pour Dieu ? Puisque nous sommes tous, au fond, de l'ivraie qui n'apporte rien au Créateur, Sa patience n'est pas l'espérance d'un autre, mais précisément notre unique espérance, notre seule chance de devenir du blé avant que ne sonne l'heure de ta moisson.
24 Il leur proposa une autre parabole : " Il en va du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a semé du bon grain dans son champ. |
25 Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l'ivraie, au beau milieu du blé, et il s'en est allé. |
26 Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l'ivraie est apparue aussi. |
27 S'approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : "Maître, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il s'y trouve de l'ivraie ?" |
28 Il leur dit : "C'est quelque ennemi qui a fait cela. " Les serviteurs lui disent : "Veux-tu donc que nous allions la ramasser ?" |
29 "Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé. |
30 Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes que l'on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. " " |
31 Il leur proposa une autre parabole : " Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et semé dans son champ. |
32 C'est bien la plus petite de toutes les graines, mais, quand il a poussé, c'est la plus grande des plantes potagères, qui devient même un arbre, au point que les oiseaux du ciel viennent s'abriter dans ses branches. " |
33 Il leur dit une autre parabole : " Le Royaume des Cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout ait levé. " |
34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole; |
35 pour que s'accomplît l'oracle du prophète : J'ouvrirai la bouche pour dire des paraboles, je clamerai des choses cachées depuis la fondation du monde. |
36 Alors, laissant les foules, il vint à la maison ; et ses disciples s'approchant lui dirent : " Explique-nous la parabole de l'ivraie dans le champ. " |
37 En réponse il leur dit : " Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; |
38 le champ, c'est le monde; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume; l'ivraie, ce sont les sujets du Mauvais; |
39 l'ennemi qui la sème, c'est le Diable; la moisson, c'est la fin du monde; et les moissonneurs, ce sont les anges. |
40 De même donc qu'on enlève l'ivraie et qu'on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde: |
41 le Fils de l'homme enverra ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d'iniquité, |
42 et les jetteront dans la fournaise ardente: là seront les pleurs et les grincements de dents. |
43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Entende, qui a des oreilles ! |
La parabole de l'ivraie nous parle de ce qu'il est si difficile de suivre au quotidien. Nous voyons bien que le Seigneur nous recommande d'être prudents et de nous abstenir de jugements hâtifs. Mais encore et encore nous nous sentons « comme des dieux, connaissant le bien et le mal » et prononçant des décisions sur les destinées humaines.
Il est très facile de s'écrier : « mauvaise herbe hors du champ » et de commencer à déraciner tout ce qui est mauvais ou nous paraît tel (et souvent, précisément, ne fait que nous le paraître, rien de plus). Et si le maître du champ craint d'endommager le bon épi en arrachant les mauvaises herbes, de telles difficultés ne nous effraient pas. Bien plus, nous sommes prêts à piétiner la moitié de la récolte pourvu que nous puissions nuire aux mauvaises herbes.
Il est vrai qu'en faisant cela nous ne voulons pas penser non plus que ce qui aujourd'hui ressemble à une mauvaise herbe peut demain se révéler une herbe utile. Dans le monde de la nature vivante, bien sûr, de telles transformations sont exceptionnelles, mais nous vivons parmi des hommes, et avec notre prochain des changements encore plus grands sont possibles.
Cependant, l'ivraie n'est pas semée seulement parmi ceux qui nous entourent, mais aussi dans nos propres coeurs. Or il est absurde de déraciner les mauvaises herbes qui nous entourent sans toucher à celles qui poussent de nous-mêmes. À ce compte-là, nous ne remarquerons pas que nous serons envahis jusqu'au sommet de la tête, voire que nous deviendrons nous-mêmes de l'ivraie.
Et voici que dans la terre où poussent à la fois les épis et les mauvaises herbes est jetée une toute petite graine presque imperceptible. Et chose étrange : les mauvaises herbes ne parviennent pas à l'étouffer, même si, au début, elles peuvent la cacher, tant elle est petite.
Mais c'est précisément ce qui paraît insignifiant qui se révèle souvent le plus important. Car c'est justement ce qui pousse de cette petite graine, devenu plus grand que tous les arbres, qui séparera le blé de l'ivraie.
24 Il leur proposa une autre parabole : " Il en va du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a semé du bon grain dans son champ. |
25 Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l'ivraie, au beau milieu du blé, et il s'en est allé. |
26 Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l'ivraie est apparue aussi. |
27 S'approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : "Maître, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il s'y trouve de l'ivraie ?" |
28 Il leur dit : "C'est quelque ennemi qui a fait cela. " Les serviteurs lui disent : "Veux-tu donc que nous allions la ramasser ?" |
29 "Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé. |
30 Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes que l'on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. " " |
31 Il leur proposa une autre parabole : " Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et semé dans son champ. |
32 C'est bien la plus petite de toutes les graines, mais, quand il a poussé, c'est la plus grande des plantes potagères, qui devient même un arbre, au point que les oiseaux du ciel viennent s'abriter dans ses branches. " |
33 Il leur dit une autre parabole : " Le Royaume des Cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout ait levé. " |
34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole; |
35 pour que s'accomplît l'oracle du prophète : J'ouvrirai la bouche pour dire des paraboles, je clamerai des choses cachées depuis la fondation du monde. |
36 Alors, laissant les foules, il vint à la maison ; et ses disciples s'approchant lui dirent : " Explique-nous la parabole de l'ivraie dans le champ. " |
37 En réponse il leur dit : " Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; |
38 le champ, c'est le monde; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume; l'ivraie, ce sont les sujets du Mauvais; |
39 l'ennemi qui la sème, c'est le Diable; la moisson, c'est la fin du monde; et les moissonneurs, ce sont les anges. |
40 De même donc qu'on enlève l'ivraie et qu'on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde: |
41 le Fils de l'homme enverra ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d'iniquité, |
42 et les jetteront dans la fournaise ardente: là seront les pleurs et les grincements de dents. |
43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Entende, qui a des oreilles ! |
Encore un récit absurde dans le domaine de l'agriculture. Chacun des auditeurs de Jésus sait parfaitement qu'il faut arracher les mauvaises herbes le plus tôt possible, avant qu'elles n'aient absorbé la sève des céréales utiles, d'autant qu'il n'est pas très difficile pour un cultivateur expérimenté de distinguer l'une de l'autre. Mais (comme vous le devinez sans doute), l'absurdité du contenu de cette parabole est précisément destinée à montrer aux auditeurs combien le jugement humain diffère du jugement de Dieu. Même les « moissonneurs », les anges, ne sont pas capables de distinguer l'ivraie du blé dans ce champ des vies humaines. Beaucoup de « bonnes personnes » voudraient certainement se débarrasser une fois pour toutes des « mauvaises personnes » qui les empêchent de vivre pleinement. Mais le sarclage des mauvaises herbes peut entraîner la perte du blé ; il n'y a donc pas de distinction nette entre les « bons » et les « mauvais » : les premiers peuvent devenir les derniers, et inversement.
24 Il leur proposa une autre parabole : " Il en va du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a semé du bon grain dans son champ. |
25 Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l'ivraie, au beau milieu du blé, et il s'en est allé. |
26 Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l'ivraie est apparue aussi. |
27 S'approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : "Maître, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il s'y trouve de l'ivraie ?" |
28 Il leur dit : "C'est quelque ennemi qui a fait cela. " Les serviteurs lui disent : "Veux-tu donc que nous allions la ramasser ?" |
29 "Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé. |
30 Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes que l'on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. " " |
31 Il leur proposa une autre parabole : " Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et semé dans son champ. |
32 C'est bien la plus petite de toutes les graines, mais, quand il a poussé, c'est la plus grande des plantes potagères, qui devient même un arbre, au point que les oiseaux du ciel viennent s'abriter dans ses branches. " |
33 Il leur dit une autre parabole : " Le Royaume des Cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout ait levé. " |
34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole; |
35 pour que s'accomplît l'oracle du prophète : J'ouvrirai la bouche pour dire des paraboles, je clamerai des choses cachées depuis la fondation du monde. |
36 Alors, laissant les foules, il vint à la maison ; et ses disciples s'approchant lui dirent : " Explique-nous la parabole de l'ivraie dans le champ. " |
37 En réponse il leur dit : " Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; |
38 le champ, c'est le monde; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume; l'ivraie, ce sont les sujets du Mauvais; |
39 l'ennemi qui la sème, c'est le Diable; la moisson, c'est la fin du monde; et les moissonneurs, ce sont les anges. |
40 De même donc qu'on enlève l'ivraie et qu'on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde: |
41 le Fils de l'homme enverra ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d'iniquité, |
42 et les jetteront dans la fournaise ardente: là seront les pleurs et les grincements de dents. |
43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Entende, qui a des oreilles ! |
Dieu Lui-même refuse de faire un « nettoyage » dans le monde qu'Il a créé. Cela signifie que, pour Lui, les hommes ne se divisent pas en « honnêtes citoyens » et en « terroristes ». Même si certains ressemblent fortement à des bandits et à des violents, à des « mauvaises herbes de la société » (ou de l'Église, ou de la famille), le Seigneur ne se hâte pas de sarcler le champ. Et cela, alors même que Lui sait parfaitement de quoi chacun est capable dans cette vie ! Il attend que chacun puisse se manifester, sans abandonner l'espérance du repentir de chacun.
Que dire alors de nous, pour qui l'âme d'autrui est ténèbres ? Quel droit avons-nous de diviser le monde en bons et en mauvais ? Et personne ne nous a nommés moissonneurs...
24 Il leur proposa une autre parabole : " Il en va du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a semé du bon grain dans son champ. |
25 Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l'ivraie, au beau milieu du blé, et il s'en est allé. |
26 Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l'ivraie est apparue aussi. |
27 S'approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : "Maître, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il s'y trouve de l'ivraie ?" |
28 Il leur dit : "C'est quelque ennemi qui a fait cela. " Les serviteurs lui disent : "Veux-tu donc que nous allions la ramasser ?" |
29 "Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé. |
30 Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes que l'on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. " " |
31 Il leur proposa une autre parabole : " Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et semé dans son champ. |
32 C'est bien la plus petite de toutes les graines, mais, quand il a poussé, c'est la plus grande des plantes potagères, qui devient même un arbre, au point que les oiseaux du ciel viennent s'abriter dans ses branches. " |
33 Il leur dit une autre parabole : " Le Royaume des Cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout ait levé. " |
34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole; |
35 pour que s'accomplît l'oracle du prophète : J'ouvrirai la bouche pour dire des paraboles, je clamerai des choses cachées depuis la fondation du monde. |
36 Alors, laissant les foules, il vint à la maison ; et ses disciples s'approchant lui dirent : " Explique-nous la parabole de l'ivraie dans le champ. " |
37 En réponse il leur dit : " Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; |
38 le champ, c'est le monde; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume; l'ivraie, ce sont les sujets du Mauvais; |
39 l'ennemi qui la sème, c'est le Diable; la moisson, c'est la fin du monde; et les moissonneurs, ce sont les anges. |
40 De même donc qu'on enlève l'ivraie et qu'on la consume au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde: |
41 le Fils de l'homme enverra ses anges, qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d'iniquité, |
42 et les jetteront dans la fournaise ardente: là seront les pleurs et les grincements de dents. |
43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Entende, qui a des oreilles ! |
« Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de moutarde qu'un homme a pris et semé dans son champ ; bien qu'il soit le plus petit de toutes les semences, quand il a poussé, il devient plus grand que les plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent s'abriter dans ses branches ».Cette image merveilleuse que le Seigneur nous propose aujourd'hui a peut-être été inspirée à l'évangéliste par les paroles du prophète Ézéchiel :« Je le planterai sur la haute montagne d'Israël ; il produira des branches, portera du fruit et deviendra un cèdre magnifique ; toutes sortes d'oiseaux habiteront sous lui, toutes sortes d'ailés habiteront à l'ombre de ses branches »(Ez 17:23).
Mais pour comprendre correctement la nuance subtile qui distingue l'image du prophète de celle que Jésus nous donne, il faut savoir qu'il y a très probablement ici une imprécision de traduction qui efface cette différence subtile.
Tournons-nous vers l'ouvrage de Jean Carmignac, prêtre français connu et hébraïsant, « La naissance des évangiles synoptiques » : «Mt 13:32etLc 13:19disent que le grain de moutarde « devient un arbre », ce qui est une exagération évidente, car cette plante ne dépasse pas un mètre cinquante ou deux mètres. <...> Tout s'expliquerait si Marc, qui, apparemment, s'était inspiré deEz 17:23, avait écrit NP (prononcé anaph), « branche », comme chez Ézéchiel, et si le copiste dont la copie précédait Matthieu et Luc avait lu S (prononcé es), « arbre », parce que, dans l'écriture de Qumrân, les lettres NP, lorsqu'elles se touchent, ressemblent à la lettre S ».
Et s'il s'agit d'une branche, le sens théologique devient aussitôt clair, car la branche indique réellement qu'il faut lire ces deux textes en parallèle. Mais voici la différence essentielle : un cèdre puissant ou un petit arbre de moutarde. Force et faiblesse. La force de l'Ancien Testament devient faiblesse dans le Nouveau, afin de devenir une autre Force nouvelle.
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