2 David se dit : « J’agirai avec bonté envers Hanûn, fils de Nahash, parce que son père a agi avec bonté envers moi. » Et David envoya des messagers lui présenter des condoléances au sujet de son père. Mais lorsque les serviteurs de David arrivèrent au pays des Ammonites, auprès de Hanûn, à l’occasion de ces condoléances,
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L'étiquette diplomatique a eu de tout temps ses particularités. De nos jours, il est d'usage d'exprimer ses condoléances à l'occasion de la mort du chef d'un État, si du moins des relations normales sont entretenues avec cet État. D'ailleurs, le refus du protocole diplomatique dans ce cas est proche de l'annonce d'une rupture des relations diplomatiques ; aujourd'hui, l'étape suivante devient alors le rappel des ambassadeurs.
Quelque chose de semblable se pratiquait aussi dans l'Antiquité. Mais le monde ancien ne connaissait pas les ambassades au sens moderne. On appelait alors ambassade non une représentation diplomatique comme de nos jours, mais une délégation gouvernementale envoyée dans tel ou tel pays avec tels ou tels pouvoirs. C'est une telle ambassade que David envoie au souverain d'un petit État voisin afin de lui exprimer officiellement ses condoléances à l'occasion de la mort de son père, comme il était d'usage à cette époque entre bons voisins.
Il arrivait cependant que de tels cas soient utilisés pour établir ou renforcer des relations, et parfois pour sonder le terrain en vue de les établir. Apparemment, les relations de David avec son voisin étaient tendues, et David décida de profiter de l'occasion pour détendre la situation. Désormais, tout dépendait de son voisin. Par son attitude envers les envoyés, il pouvait exprimer aussi son attitude envers David lui-même. D'ailleurs, l'étiquette diplomatique exigeait au moins un minimum de respect envers les membres des ambassades officielles, sauf bien sûr s'il s'agissait d'une déclaration de guerre.
Le respect minimal supposait à son tour une certaine étiquette, dont l'absence, ou des actes manifestement méprisants envers les membres de l'ambassade, signifiaient une rupture des relations, pouvant être suivie d'une déclaration de guerre : un tel mépris équivalait à une atteinte contre une représentation diplomatique dans le monde moderne. Or le voisin de David choisit précisément cette option, ce qui conduisit aux conséquences correspondantes, extrêmement désagréables pour lui. David, comme dirigeant, ne se distinguait pas par son agressivité, mais quand il fallait faire la guerre, il agissait toujours vite et résolument.
Autres réflexions
Pour 1Ch 19:1-19
1 Après cela, il advint que Nahash, roi des Ammonites, mourut et que son fils régna à sa place.
2 David se dit : « J’agirai avec bonté envers Hanûn, fils de Nahash, parce que son père a agi avec bonté envers moi. » Et David envoya des messagers lui présenter des condoléances au sujet de son père. Mais lorsque les serviteurs de David arrivèrent au pays des Ammonites, auprès de Hanûn, à l’occasion de ces condoléances,
3 les princes des Ammonites dirent à Hanûn : « T’imagines-tu que David veuille honorer ton père parce qu’il t’a envoyé des porteurs de condoléances ? N’est-ce pas plutôt pour explorer, renverser et espionner le pays que ses serviteurs sont venus à toi ? »
4 Alors Hanûn se saisit des serviteurs de David, il les rasa et coupa leurs vêtements à mi-hauteur jusqu’aux fesses, puis les congédia.
5 On alla informer David de ce qui était arrivé à ces hommes : il envoya quelqu’un à leur rencontre, car ces gens étaient couverts de honte, et le roi leur fit dire : « Restez à Jéricho jusqu’à ce que votre barbe ait repoussé, puis vous reviendrez. »
6 Les Ammonites virent bien qu’ils s’étaient rendus odieux à David ; Hanûn et les Ammonites envoyèrent mille talents d’argent pour prendre à leur solde des Araméens de Mésopotamie, des Araméens de Maaka et des gens de Çoba, chars et charriers.
7 Ils prirent à leur solde le roi de Maaka, ses troupes, et trente-deux mille chars ; ils vinrent camper devant Médba tandis que les Ammonites, après avoir quitté leurs villes et s’être rassemblés, arrivaient pour la bataille.
8 À cette nouvelle, David envoya Joab avec toute l’armée, les preux.
9 Les Ammonites sortirent et se rangèrent en bataille à l’entrée de la ville, mais les rois qui étaient venus étaient à part en rase campagne.
10 Voyant qu’il avait un front de combat à la fois devant et derrière lui, Joab fit choix de toute l’élite d’Israël et la mit en ligne face aux Araméens.
11 Il confia à son frère Abishaï le reste de l’armée et le mit en ligne face aux Ammonites.
12 Il dit : « Si les Araméens l’emportent sur moi, tu viendras à mon secours ; si les Ammonites l’emportent sur toi, je te secourrai.
13 Aie bon courage et montrons-nous forts pour notre peuple et pour les villes de notre Dieu ! et que Yahvé fasse ce qui lui semblera bon ! »
14 Joab et la troupe qui était avec lui engagèrent le combat contre les Araméens, qui lâchèrent pied devant eux.
15 Quand les Ammonites virent que les Araméens avaient fui, ils lâchèrent pied à leur tour devant Abishaï, le frère de Joab, et rentrèrent dans la ville. Alors Joab retourna à Jérusalem.
16 Voyant qu’ils avaient été battus devant Israël, les Araméens envoyèrent des messagers et mobilisèrent les Araméens qui sont de l’autre côté du Fleuve ; Shophak, général de Hadadézer, était à leur tête.
17 Cela fut rapporté à David qui rassembla tout Israël, passa le Jourdain, les atteignit et prit position près d’eux. Puis David se rangea en ordre de combat en face des Araméens, qui lui livrèrent bataille.
18 Mais les Araméens lâchèrent pied devant Israël et David leur tua sept mille attelages et quarante mille hommes de pied ; il fit aussi périr Shophak le général.
19 Quand les vassaux de Hadadézer se virent battus devant Israël, ils firent la paix avec David et lui furent assujettis. Les Araméens ne voulurent plus porter secours aux Ammonites.
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Encore une guerre, l'une des nombreuses guerres de cette époque sanglante. Cette fois, la guerre est provoquée par la peur...
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Encore une guerre, l'une des nombreuses guerres de cette époque sanglante. Cette fois, la guerre est provoquée par la peur née d'une image de l'ennemi, elle-même créée par la peur. C'est précisément la peur qui paralyse la raison et fait survenir ce que les hommes redoutent ; c'est sous l'effet de la peur qu'on peut commettre cela même qu'on aurait voulu éviter.
On peut comprendre la méfiance des Ammonites à l'égard de David, qui avait maintes fois vaincu ses voisins. Mais la peur a détruit une prudence raisonnable et les a poussés à chercher un piège même là où il n'y en avait pas. Et même si David avait réellement voulu ce qu'on lui prêtait, il était inadmissible de violer les usages concernant le traitement des envoyés. Puis le conflit prend de l'ampleur, et voici que les Ammonites ne cherchent même plus à tenter une réconciliation. Au lieu de cela, ils entraînent aussi leurs voisins syriens dans la guerre.
Mais peut-on dire que la guerre n'a été provoquée que par la peur ? Il vaut la peine d'y réfléchir : et si les ennemis de David s'étaient si facilement convaincus de son agressivité précisément parce qu'ils le jugeaient d'après eux-mêmes ? Il semble bien qu'il en ait été ainsi : en ce temps-là, rares étaient ceux qui se distinguaient par leur amour de la paix.
Mais que celui qui trame le mal contre son prochain soit prêt à le voir retomber sur lui. Et que celui qui a cédé volontiers à la provocation ne se justifie pas en disant que ses ennemis l'ont provoqué.
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