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RÉFLEXIONS pour Mt 16:1-28

Les Pharisiens et les Sadducéens s’approchèrent alors et lui demandèrent, pour le mettre à l’épreuve, de leur faire voir un signe venant du ciel.
Il leur répondit : « Au crépuscule vous dites : Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu ;
et à l’aurore : Mauvais temps aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Ainsi, le visage du ciel vous savez l’interpréter, et pour les signes des temps vous n’en êtes pas capables !
Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. » Et les laissant, il s’en alla.
Comme ils passaient sur l’autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains.
Or Jésus leur dit : « Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
Et eux de faire en eux-mêmes cette réflexion : « C’est que nous n’avons pas pris de pains. »
Le sachant, Jésus dit : « Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ?
Vous ne comprenez pas encore ? Vous ne vous rappelez pas les cinq pains pour les cinq mille hommes, et le nombre de couffins que vous en avez retirés ?
10 Ni les sept pains pour les quatre mille hommes, et le nombre de corbeilles que vous en avez retirées ?
11 Comment ne comprenez-vous pas que ma parole ne visait pas des pains ? Méfiez-vous, dis-je, du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
12 Alors ils comprirent qu’il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l’enseignement des Pharisiens et des Sadducéens.
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
26 Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ?
27 « C’est qu’en effet le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume.
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La lecture d’aujourd’hui nous parle de la confession de Pierre (v. 13–20), précédée d’un entretien avec les pharisiens au sujet des signes (v. 1–4), puis avec les disciples au sujet du « levain des pharisiens et des sadducéens » (v. 5–12). Elle s’achève par le récit d’une conversation entre Pierre et Jésus, au cours de laquelle Jésus parle assez sévèrement à Son disciple (v. 21–28).

De toute évidence, l’événement central est précisément la confession de Pierre, qui reconnaît en Jésus le Messie, le Christ promis par Dieu, tandis que le peuple Le tenait pour un prophète (v. 14–16). Jésus confirme alors la conclusion de Pierre et dit qu’il n’a pu le comprendre que grâce à une révélation de Dieu (v. 17). On pourrait penser que les disciples de Jésus n’étaient pas seuls à attendre le Messie : à l’époque évangélique, l’attente messianique était très forte au sein du peuple juif. Mais le fait est que Jésus ressemblait moins que quiconque au Messie qu’attendaient tant le peuple que les rabbins érudits. Le peuple attendait un Messie-roi qui libérerait la Judée du pouvoir de Rome ; les rabbins érudits et les théologiens versés dans les Écritures voulaient voir un Messie conforme à leurs théories théologiques. Ce n’est pas par hasard que les pharisiens et les sadducéens demandent à Jésus de leur montrer l’un de ces signes messianiques qui, selon leurs propres conceptions, permettraient seuls de reconnaître le Messie. Mais Jésus refuse. Non pas, bien sûr, parce que cela Lui serait difficile, mais parce qu’Il ne voulait entrer dans aucune conception théologique et n’entendait correspondre aux représentations de personne. Un tel Messie, qui ne correspondait à aucune norme ni opinion généralement admise et en qui la majorité était prête à voir un impie et un transgresseur de la Torah plutôt que le Messie, ne pouvait vraiment être accueilli que par révélation. Puis vint pour Pierre et les autres disciples le temps d’apprendre ce qu’étaient la croix et la Résurrection (v. 21).

Il apparut alors que cette connaissance dépassait les forces humaines. On pouvait encore accepter un Messie persécuté et souffrant, d’autant que l’image du Messie souffrant était bien connue de tout Juif croyant grâce au Livre d’Isaïe ; mais il était absolument impossible d’accepter Sa défaite totale. Pierre et les autres apôtres ne percevaient la mort sur la croix que comme une défaite. La réalité de la résurrection en général, et de la Résurrection du Christ en particulier, n’était pour eux qu’une perspective lointaine ; ainsi, même après Sa Résurrection, ils ne purent longtemps encore y croire pleinement.

Il n’est donc pas étonnant que Pierre ne puisse accepter l’idée de la mort inévitable du Maître (v. 22). Mais ici encore Jésus demeure inflexible : on ne peut s’arrêter à mi-chemin, on ne peut accepter le Messie sans accepter Son chemin. Celui qui agit ainsi cesse d’être un disciple et devient un ennemi (v. 23). Il n’existe qu’une seule route vers le Royaume (v. 24–27), et l’on ne peut y parvenir qu’en la parcourant jusqu’au bout.

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Pour Mt 16:1-28
Les Pharisiens et les Sadducéens s’approchèrent alors et lui demandèrent, pour le mettre à l’épreuve, de leur faire voir un signe venant du ciel.
Il leur répondit : « Au crépuscule vous dites : Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu ;
et à l’aurore : Mauvais temps aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Ainsi, le visage du ciel vous savez l’interpréter, et pour les signes des temps vous n’en êtes pas capables !
Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. » Et les laissant, il s’en alla.
Comme ils passaient sur l’autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains.
Or Jésus leur dit : « Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
Et eux de faire en eux-mêmes cette réflexion : « C’est que nous n’avons pas pris de pains. »
Le sachant, Jésus dit : « Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ?
Vous ne comprenez pas encore ? Vous ne vous rappelez pas les cinq pains pour les cinq mille hommes, et le nombre de couffins que vous en avez retirés ?
10 Ni les sept pains pour les quatre mille hommes, et le nombre de corbeilles que vous en avez retirées ?
11 Comment ne comprenez-vous pas que ma parole ne visait pas des pains ? Méfiez-vous, dis-je, du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
12 Alors ils comprirent qu’il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l’enseignement des Pharisiens et des Sadducéens.
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
26 Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ?
27 « C’est qu’en effet le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume.
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La lecture d'aujourd'hui nous raconte la confession de Pierre, précédée des conversations de Jésus avec les pharisiens au sujet des signes (« prodiges ») et avec les disciples au sujet du « levain des pharisiens et des sadducéens ». Elle s'achève par la description du dialogue de Pierre avec Jésus, au cours duquel...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous raconte la confession de Pierre (v. 13-20), précédée des conversations de Jésus avec les pharisiens au sujet des signes (« prodiges », v. 1-4) et avec les disciples au sujet du « levain des pharisiens et des sadducéens » (v. 5-12). Elle s'achève par la description du dialogue de Pierre avec Jésus, au cours duquel Jésus parle de Son disciple avec assez de rudesse (v. 21-28).

Manifestement, l'événement central ici est précisément la confession de Pierre, qui reconnaît en Jésus le Messie-Christ promis par Dieu, tandis que le peuple Le tenait pour un prophète (v. 14-16). Alors Jésus, confirmant la conclusion de Pierre, dit qu'il n'a pu le comprendre que grâce à une révélation venant de Dieu (v. 17).

Il semblerait que les disciples de Jésus n'étaient pas les seuls à attendre le Messie : aux temps évangéliques, les attentes messianiques étaient très vives dans le peuple juif. Mais justement, Jésus ressemblait moins que tout au Messie qu'attendaient le peuple et les rabbins savants. Le peuple attendait un Messie-roi qui libérerait la Judée du pouvoir de Rome ; les rabbins savants et les théologiens scribes voulaient voir un Messie qui correspondrait à leurs théories théologiques. Ce n'est pas par hasard que les pharisiens et les sadducéens demandent à Jésus de leur montrer l'un de ces signes messianiques par lesquels, selon leurs propres conceptions, on pouvait seulement reconnaître le Messie. Et Jésus refuse, non parce que, bien sûr, cela Lui aurait été difficile, mais parce qu'Il ne voulait « s'inscrire » dans aucun concept théologique et n'avait pas l'intention de « correspondre » aux représentations de qui que ce soit. Accepter un tel Messie, ne correspondant à aucune norme ni opinion communément admise, en qui la majorité était prête à voir plutôt un impie et un transgresseur de la Torah qu'un Messie, n'était réellement possible que par révélation.

Peu après cela, le temps vint pour Pierre et les autres disciples d'apprendre la croix et la Résurrection (v. 21), et il apparut alors que cette connaissance était insupportable pour l'homme. Accepter un Messie persécuté et souffrant était encore possible, d'autant que l'image du Messie souffrant était bien connue de tout Juif croyant par le livre d'Isaïe, mais se résigner à Sa défaite complète se révéla absolument impensable ; or la mort sur la croix était perçue par Pierre et les autres apôtres seulement comme une défaite. Quant à la réalité de la résurrection en général et de la Résurrection du Christ en particulier, elle n'était pour eux qu'une perspective lointaine, si bien que, même lorsqu'Il ressuscita, ils ne purent pas encore longtemps y croire jusqu'au bout.

Il n'est pas étonnant que Pierre ne puisse se résigner à l'idée de la nécessité de la mort du Maître (v. 22). Mais Jésus demeure ici aussi inflexible : on ne peut pas s'arrêter à mi-chemin, on ne peut pas accepter le Messie sans accepter Son chemin. L'homme qui agit ainsi se transforme de disciple en adversaire (v. 23). Il n'y a qu'un seul chemin vers le Royaume (v. 24-27), et l'on ne peut y parvenir qu'en le parcourant jusqu'au bout.

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Pour Mt 16:1-28
Les Pharisiens et les Sadducéens s’approchèrent alors et lui demandèrent, pour le mettre à l’épreuve, de leur faire voir un signe venant du ciel.
Il leur répondit : « Au crépuscule vous dites : Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu ;
et à l’aurore : Mauvais temps aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Ainsi, le visage du ciel vous savez l’interpréter, et pour les signes des temps vous n’en êtes pas capables !
Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. » Et les laissant, il s’en alla.
Comme ils passaient sur l’autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains.
Or Jésus leur dit : « Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
Et eux de faire en eux-mêmes cette réflexion : « C’est que nous n’avons pas pris de pains. »
Le sachant, Jésus dit : « Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ?
Vous ne comprenez pas encore ? Vous ne vous rappelez pas les cinq pains pour les cinq mille hommes, et le nombre de couffins que vous en avez retirés ?
10 Ni les sept pains pour les quatre mille hommes, et le nombre de corbeilles que vous en avez retirées ?
11 Comment ne comprenez-vous pas que ma parole ne visait pas des pains ? Méfiez-vous, dis-je, du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
12 Alors ils comprirent qu’il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l’enseignement des Pharisiens et des Sadducéens.
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
26 Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ?
27 « C’est qu’en effet le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume.
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La foi est l’une des réalités les plus mystérieuses au monde. D’où naît chez l’homme la disposition à s’adresser clairement et sans équivoque à un homme nommé Jésus...  Lire la suite

La foi est l’une des réalités les plus mystérieuses au monde. D’où naît chez l’homme la disposition à s’adresser clairement et sans équivoque à un homme nommé Jésus et à Lui dire : « Tu es le Christ », c’est-à-dire l’Oint, le Roi que tous les peuples de la terre attendent avec espérance ? Dans le cas des contemporains et compatriotes de Jésus, on peut peut-être l’expliquer par leur représentation du Messie comme héros national libérateur. Mais comment l’expliquer aujourd’hui, alors que chacun sait que l’action de Jésus a conduit à Son exécution ? Reconnaître seulement qu’il est aujourd’hui possible de s’adresser à Lui exige déjà de l’homme certaines conceptions du monde inhabituelles. Ces questions restent sans réponse dans l’Évangile. Ou plutôt, sans réponse humaine : « la chair et le sang », c’est-à-dire l’homme livré à lui-même, n’ont aucune raison de prononcer ces paroles. C’est un mystère. C’est l’action, en l’homme, de son Père céleste, qui le conduit vers Son Fils unique...

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Pour Mt 16:1-12
Les Pharisiens et les Sadducéens s’approchèrent alors et lui demandèrent, pour le mettre à l’épreuve, de leur faire voir un signe venant du ciel.
Il leur répondit : « Au crépuscule vous dites : Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu ;
et à l’aurore : Mauvais temps aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Ainsi, le visage du ciel vous savez l’interpréter, et pour les signes des temps vous n’en êtes pas capables !
Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. » Et les laissant, il s’en alla.
Comme ils passaient sur l’autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains.
Or Jésus leur dit : « Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
Et eux de faire en eux-mêmes cette réflexion : « C’est que nous n’avons pas pris de pains. »
Le sachant, Jésus dit : « Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ?
Vous ne comprenez pas encore ? Vous ne vous rappelez pas les cinq pains pour les cinq mille hommes, et le nombre de couffins que vous en avez retirés ?
10 Ni les sept pains pour les quatre mille hommes, et le nombre de corbeilles que vous en avez retirées ?
11 Comment ne comprenez-vous pas que ma parole ne visait pas des pains ? Méfiez-vous, dis-je, du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
12 Alors ils comprirent qu’il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l’enseignement des Pharisiens et des Sadducéens.
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L'amère ironie est que les pharisiens et les sadducéens savaient discerner les nuances les plus fines du ciel, mais n'ont pas remarqué...  Lire la suite

L'amère ironie est que les pharisiens et les sadducéens savaient discerner les nuances les plus fines du ciel, mais n'ont pas remarqué la venue du Christ, alors que mûrissaient des changements décisifs dans les relations entre Dieu et les hommes. Aujourd'hui, nous pouvons voir toutes sortes de signes dans le ciel et sur la terre, mais nous ne comprenons toujours pas que le temps est venu de vivre autrement. Le temps est venu de vivre dans l'unité et l'amour avec Dieu et avec nos prochains ; le temps de l'humanité dans les relations entre les personnes est venu. Quel dommage que nous ne le voyions pas, et combien terrible peut être le rappel qu'il manque de l'amour dans le monde.

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Pour Mt 16:1-6
Les Pharisiens et les Sadducéens s’approchèrent alors et lui demandèrent, pour le mettre à l’épreuve, de leur faire voir un signe venant du ciel.
Il leur répondit : « Au crépuscule vous dites : Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu ;
et à l’aurore : Mauvais temps aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Ainsi, le visage du ciel vous savez l’interpréter, et pour les signes des temps vous n’en êtes pas capables !
Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. » Et les laissant, il s’en alla.
Comme ils passaient sur l’autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains.
Or Jésus leur dit : « Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
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La réponse de Jésus à la demande des pharisiens de leur montrer un « signe venant du ciel » paraît quelque peu étrange. D'après le sens de ses paroles, il faut conclure qu'ils disposaient de suffisamment d'informations et n'avaient besoin d'aucun autre signe...  Lire la suite

La réponse de Jésus à la demande des pharisiens de leur montrer un « signe venant du ciel » paraît quelque peu étrange. D'après le sens de ses paroles, il faut conclure qu'ils disposaient de suffisamment d'informations et n'avaient besoin d'aucun autre signe. Le seul signe auquel Jésus fait manifestement allusion en parlant du « signe du prophète Jonas » est sa mort et sa résurrection. Que veut-il donc dire lorsqu'il affirme que, même sans signes, les pharisiens ont tout ce qu'il faut pour comprendre la situation? Et quel est ce « signe venant du ciel » qu'ils lui demandent?

En parlant d'un « signe venant du ciel », les interlocuteurs de Jésus entendaient apparemment une preuve de sa messianité. Il existait au sujet de telles preuves certaines idées généralement admises, selon lesquelles le Messie devait donner des signes connus de l'appui d'en haut, des signes visibles et compréhensibles pour tous. Il y avait manifestement parmi les pharisiens des hommes prêts à voir en Jésus le Messie, mais un Messie « comme il faut ». Or il n'avait aucune intention de devenir ce Messie « comme il faut ».

Il dit directement à ceux qui exigeaient des signes: vous en avez vu assez pour prendre une décision; si vous étiez honnêtes envers vous-mêmes, il ne vous serait pas plus difficile de décider que de comprendre, à l'aspect du ciel, s'il faut bientôt attendre un temps clair ou pluvieux. En effet, tout au long de son ministère terrestre, Jésus a donné à quiconque voulait voir bien assez de témoignages de la proximité et de l'action du Royaume qu'il avait apporté dans le monde. Celui qui voulait voir pouvait voir tout ce qui était nécessaire. Seul ne voyait ni ne remarquait l'évidence celui qui ne voulait pas voir, celui pour qui ses propres représentations religieuses et ses conceptions théologiques étaient plus importantes que le Royaume et le témoignage qui lui est rendu.

Jésus n'avait aucune intention d'entrer dans le jeu de tels hommes. Non que leurs idées fussent meilleures ou pires que d'autres, mais parce que la position qu'ils avaient adoptée les séparait d'avance du Royaume. Ils n'étaient prêts à l'accepter qu'à leurs propres conditions. Or les conditions de l'entrée dans le Royaume n'étaient nullement déterminées par eux et n'étaient pas du tout telles qu'ils l'imaginaient. Ceux qui désiraient le Royaume devaient choisir entre le Royaume et leur religiosité. Et Jésus n'avait aucune intention de leur cacher ce fait.

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Pour Mt 16:6
Or Jésus leur dit : « Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
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Les paroles de Jésus ne sont pas toujours faciles à comprendre, et au début leur vrai sens reste caché même à ses disciples. Ce n'est qu'après les explications du Maître qu'ils comprennent qu'il ne s'agit pas de pain, mais...  Lire la suite

Les paroles de Jésus ne sont pas toujours faciles à comprendre, et au début leur vrai sens reste caché même à ses disciples. Ce n'est qu'après les explications du Maître qu'ils comprennent qu'il ne s'agit pas de pain, mais des enseignements caractéristiques de ces deux partis religieux. Essayons de comprendre ce que Jésus veut dire.

Le Christ parle du levain dans d'autres cas aussi. C'est l'image de quelque chose de petit qui, en entrant dans un certain milieu, agit sur lui et en change les propriétés. Tels sont, avertit Jésus, les enseignements des pharisiens et des sadducéens: ils sont capables d'empoisonner tout le peuple de Dieu.

En quoi consiste donc la toxicité de ces enseignements? Dans le passage parallèle de l'Évangile selon Luc (Lc 12:1), le levain des pharisiens est appelé hypocrisie. Le légalisme des pharisiens, la réduction de la relation avec Dieu à l'observation d'une liste formelle de commandements au lieu d'un véritable changement intérieur, voilà le poison de l'hypocrisie. Si le peuple de Dieu, ou le nouveau peuple de Dieu, l'Église, est imprégné de ce poison, il ne reste plus en lui de place pour l'amour.

Le levain des sadducéens est appelé dans l'Évangile selon Marc le levain d'Hérode (Mc 8:15). Les sadducéens étaient non pas tant un parti religieux qu'un parti politique, qui cherchait avant tout le pouvoir terrestre, étatique. Et là encore nous voyons qu'une telle approche peut elle aussi devenir pour l'Église une tentation mortellement dangereuse. Elle est appelée non pas à chercher la force au sens « mondain », mais à manifester la force de Dieu, la force de la justice, la force de l'amour.

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Pour Mt 16:6
Or Jésus leur dit : « Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »
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La religiosité, est-ce bien ou mal? Si on la compare à l’incroyance complète, c’est sans doute bien. Mais examinons tout de même ce que c’est  Lire la suite

La religiosité, est-ce bien ou mal? Si on la compare à l’incroyance complète, c’est sans doute bien. Mais examinons tout de même ce que c’est. La religion est notre système humain de tentatives pour rétablir le lien avec Dieu, selon telle ou telle représentation humaine de Lui. Cela suppose que le lien est rompu et que Dieu est quelque part loin. En ce sens, le christianisme propose quelque chose de totalement opposé: ce n’est pas nous qui rétablissons le lien avec Dieu, mais Lui-même; Dieu n’est pas éloigné, Il est «avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde». Mais il existe toujours, toujours, la tentation de réduire la foi vivante, les relations vivantes avec Dieu, à une religion. Jésus met Ses disciples en garde contre ce danger, et même contre deux types d’une telle «religiosité»: celle des pharisiens, lorsque l’accomplissement prend la place des relations d’amour, accomplissement des commandements, du devoir, des rites; et celle des sadducéens, lorsque nos intérêts humains, personnels et sociaux, passent au premier plan, et que l’Église se transforme en combinat au service de ces intérêts. Le Christ dit que ces mélanges sont dangereux même en petites quantités, parce qu’un peu de levain fait lever toute la pâte.

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Pour Mt 16:13-28
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
26 Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ?
27 « C’est qu’en effet le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume.
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Les apôtres ne comprennent pas immédiatement Jésus. Pierre, en L'appelant Christ, c'est-à-dire Oint, Roi d'Israël, ne peut...  Lire la suite

Les apôtres ne comprennent pas immédiatement Jésus. Pierre, en L'appelant Christ, c'est-à-dire Oint, Roi d'Israël, ne peut contenir Ses prédictions concernant Sa propre mort à Jérusalem.

Et nous, comprenons-nous ce que signifie être chrétiens ? Car pour nous, le christianisme est le plus souvent associé à une certaine forme de vie spirituelle, à une vision particulière du monde, à un comportement particulier, à des règles de vie particulières. Notre « salut de l'âme » ne contraste-t-il pas avec les paroles sur ceux qui « veulent sauver leur âme (leur vie) » ? Il ne parle pas de règles, ni de vision du monde, ni de « valeurs chrétiennes ». Il parle de la croix, du port de la croix, comme du signe du chrétien.

Si cela nous est difficile à comprendre et à contenir, nous ne devons pas désespérer : les apôtres non plus ne le pouvaient pas. L'important est seulement d'avancer sur le chemin de cette prise de conscience. Et pour avancer, il faut connaître le but.

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Pour Mt 16:13-23
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
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Le passage du livre des Nombres raconte la méfiance humaine, la manière dont cette foule sortie d'Égypte ne voit pas, derrière ses problèmes...  Lire la suite

Le passage du livre des Nombres raconte la méfiance humaine, la manière dont cette foule sortie d'Égypte ne voit pas, derrière ses problèmes, la présence de Celui qui peut résoudre tous ses problèmes.

Comme l'opinion de la foule est contagieuse ! Même Moïse, semble-t-il, tombe sous son influence et, perdant confiance, frappe deux fois le rocher de son bâton au lieu d'en faire sortir l'eau par la PAROLE. Cette petite hésitation de celui « à qui il a été beaucoup donné » conduit pour lui à l'impossibilité d'entrer dans la terre promise tant désirée.

Le passage de l'Évangile apparaît comme une sorte de réponse à cette histoire. Jésus, après avoir entendu les opinions diverses sur Lui qui viennent de la foule, demande aux disciples : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ? » Il les aide ainsi à surmonter cette pression de la foule. Et Il reçoit la réponse inspirée de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

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Pour Mt 16:13-20
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
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Pour qui les gens prennent-ils Jésus ? Cette question se pose encore à chacun de nous, et les réponses que l’on entend sont diverses  Lire la suite

Pour qui les gens prennent-ils Jésus ? Cette question se pose encore à chacun de nous, et les réponses que l’on entend sont diverses.

D’abord, Il interroge les disciples sur les opinions qui circulent dans le peuple. Les opinions rapportées par les disciples diffèrent, au fond, par le nom mentionné, mais elles se ramènent toutes à voir en Jésus un grand prophète. Et cette opinion, à vrai dire, n’a pas disparu, car le maximum que les gens puissent conclure, en regardant de loin, c’est qu’Il est prophète. À notre époque, on ajouterait d’autres définitions, par exemple « grand maître », etc. Mais, jusqu’à un certain moment, toutes ces définitions relèvent de l’information abstraite.

Puis Il demande aux disciples leur opinion personnelle, et cette question nous est adressée à tous. Ici cesse la théorie nue, et vient l’heure du choix. De celui que je reconnais être le Christ dépend la manière dont je vais vivre.

C’est pourquoi la confession de Pierre ne fut pas seulement sa reconnaissance personnelle de Jésus comme Christ, Fils de Dieu. Par sa bouche, tous les apôtres ont confessé le Christ, et à cette confession se joignent les disciples de tous les temps et de tous les peuples. Ce ne sont pas la chair et le sang qui l’ont révélé à Pierre : cela signifie que ce ne sont ni les réflexions ni les traditions humaines, mais le Père céleste. Les réflexions humaines peuvent mener jusqu’au seuil de la vérité, mais c’est le Seigneur Lui-même qui nous aide, mystérieusement et imperceptiblement pour la perception ordinaire, à franchir ce seuil.

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Pour Mt 16:13-19
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
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La question de savoir pour qui chacun tient Jésus de Nazareth peut paraître formelle. En effet, lorsqu'il s'agit des relations sur lesquelles repose toute la vie spirituelle, la question d'une confession formelle n'est généralement pas la principale. Beaucoup venaient auprès de Jésus...  Lire la suite

La question de savoir pour qui chacun tient Jésus de Nazareth peut paraître formelle. En effet, lorsqu'il s'agit des relations sur lesquelles repose toute la vie spirituelle, la question d'une confession formelle n'est généralement pas la principale. Beaucoup venaient auprès de Jésus, se retrouvaient dans le Royaume et étaient guéris tout en Le considérant comme un prophète ou un maître. La confession de Pierre est importante sous un autre rapport. Ce qui passe ici au premier plan, c'est la profondeur, la plénitude et la permanence du lien qui unit les disciples du Christ à leur Maître.

Bien entendu, Jésus n'a jamais repoussé aucun de ceux qui venaient à Lui avec un cœur pur et des intentions sincères. Il n'exigeait de personne aucun symbole de foi. Pourtant, ceux qui s'approchaient de Lui repartaient souvent. Ayant reçu ce qu'ils demandaient, ils retournaient à leur vie d'avant. Peut-être tout de même pas exactement à la même, car de telles rencontres ne restent pas sans traces, mais ils n'établissaient pas avec Jésus ces relations stables, durables et conscientes qui sont nécessaires pour devenir Son disciple.

Avec les apôtres, en revanche, les relations devaient être précisément de cette nature. Il s'agissait ici d'une vie de disciple à part entière, d'un chemin à la suite du Christ, chemin non seulement extérieur mais aussi intérieur, où la personne ne se contente pas de suivre Jésus, mais change intérieurement et devient à chaque pas davantage semblable à son Maître. Dans ce contexte, la question du Sauveur prenait un sens tout particulier. Elle devenait une question sur ce que les disciples attendaient de leur Maître et sur ce qu'ils voulaient de Lui.

Bien entendu, même la confession de Pierre ne donnait encore aucune garantie. Pierre voit en Jésus le Messie, mais ses représentations messianiques ressemblent très peu à qui Jésus est réellement et à la raison pour laquelle Il est venu. En même temps, Pierre se décide malgré tout à appeler Jésus le Messie, en dépit de tout ce que Celui-ci fait. Jésus avait déjà fait bien assez pour décevoir quiconque voyait en Lui précisément le Messie. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit : on exigeait constamment de Jésus qu'Il déclare enfin ouvertement Sa messianité, et Son refus obstiné de le faire en a détourné beaucoup de Lui. La confession de Pierre signifiait qu'il faisait confiance à son Maître précisément comme au Messie, malgré les représentations messianiques généralement admises. C'est ce « malgré » qui rendait possible la poursuite du chemin, car il signifiait la volonté de rejeter toutes ses propres idées sur la manière « correcte » dont les choses devraient se passer et d'accepter le Messie réel tel qu'Il est.

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Pour Mt 16:13-19
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
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Pierre se distingue des autres disciples du Christ non seulement par son âge et par les traits de caractère d'un chef. Mais tout cela ne suffit pas pour la promesse saisissante que Jésus lui donne...  Lire la suite

Pierre se distingue des autres disciples du Christ non seulement par son âge et par les traits de caractère d'un chef. Mais tout cela ne suffit pas pour la promesse saisissante que Jésus lui donne (Mt 16:18). Peut-être la qualité la plus importante de Pierre, qui fait de lui le deuxième personnage de l'Évangile par son importance, est-elle le fait qu'il réagit immédiatement et activement à chaque situation nouvelle dans sa relation avec le Christ. Il réfléchit à peine, se trompe souvent, mais il n'est pas passif: il fait des efforts. C'est Pierre qui essaie de marcher sur les eaux, et c'est lui qui, le premier des disciples, accomplit des miracles de guérison et de résurrection.

Bien sûr, il existe d'autres chemins de sainteté, mais le Christ place la sainteté de Pierre au fondement de la sainteté de l'Église.

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Pour Mt 16:13-19
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
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La confession de Pierre est l’un des épisodes évangéliques clés. Non seulement parce qu’ici Pierre reconnaît pour la première fois en Jésus le Messie, mais aussi parce qu’au moment même de cette reconnaissance il devient le chef de la communauté apostolique...  Lire la suite

La confession de Pierre est l’un des épisodes évangéliques clés. Non seulement parce qu’ici Pierre reconnaît pour la première fois en Jésus le Messie, mais aussi parce qu’au moment même de cette reconnaissance il devient le chef de la communauté apostolique. Tout est logique : celui qui, le premier, a reconnu dans le Messie le Messie devient le chef. Et pourtant il y a ici encore autre chose, qui ne se réduit plus à une confession comme formule verbale.

Il y a précisément une reconnaissance, une rencontre, une prise de conscience. Ce n’est pas par hasard que la conversation commence par la question du Sauveur sur ce que les gens pensent de Lui. La réponse donne tout l’ensemble des clichés traditionnels de ce temps : Jean le Baptiste ressuscité d’entre les morts, Élie descendu des cieux, l’un des anciens prophètes que Dieu aurait ressuscité pour témoigner de la vérité. Mais pas le Messie : sur ce point, tout le chemin terrestre du Sauveur réfutait les idées courantes de la religiosité populaire traditionnelle.

En restant dans le cadre de ces représentations, il était absolument impossible de Le prendre pour le Messie. Pour reconnaître en Lui précisément le Messie, il fallait simplement Le regarder, face à face, sans aucun « point de vue » fixé d’avance, sans se retourner vers toutes les opinions, tous les modèles et tous les concepts traditionnels. Il fallait la pureté d’une perception immédiate, lorsque celui qui, ou ce qui, se trouve devant toi est perçu directement, par un seul acte volontaire et entier, sans réflexion, sans regard vers tout le « bagage » accumulé au cours d’une longue vie.

C’était une révélation, un moment de vérité, familier à quiconque a cherché sérieusement la vérité. Pour voir ainsi l’homme qui se tenait devant soi, il fallait se trouver dans une autre réalité. Plus exactement, dans la plénitude de la réalité : car le Royaume n’est rien d’autre que la plénitude de la réalité du grand monde de Dieu, ouverte à l’homme autant qu’il peut la recevoir.

Dans une telle plénitude, et seulement en elle, on peut voir dans le Messie le Messie. Il ne s’agit pas ici de la confession de la divino-humanité du Christ, comme on le pense parfois ; il n’y a ici aucune affirmation de concepts théologiques, il y a simplement la Rencontre. C’était la rencontre avec le Christ dans toute la plénitude de Sa personne, donc dans la plénitude divino-humaine, mais il n’y avait pas ici cette réflexion théologique qui engendre les formulations doctrinales.

Une telle expérience fait de l’homme un disciple du Messie, en l’associant à la vie du Royaume, et c’est pourquoi Pierre devient le chef de la communauté apostolique. Bien sûr, non pas de manière héréditaire : une telle expérience ne peut être transmise à personne ; on peut seulement en témoigner, et chacun doit la vivre lui-même s’il veut devenir le successeur de l’apôtre Pierre non par statut, mais par l’esprit. De même que chaque chrétien doit la vivre, s’il veut devenir chrétien non seulement en paroles, mais en actes, devenir disciple du Messie et habitant du Royaume.

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Pour Mt 16:13-19
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? »
14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. » —
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
17 En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. »
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L’époque où l’on doutait de l’existence du Jésus « historique » est presque révolue...  Lire la suite

L’époque où l’on doutait de l’existence du Jésus « historique » est presque révolue. Aujourd’hui, presque tout le monde estime qu’un tel homme a vraisemblablement vécu dans la Palestine du premier siècle. Mais ce n’est pas la reconnaissance ou le refus du fait de l’existence de Jésus, c’est la question de savoir Qui Il est pour nous qui s’avère décisive sur notre chemin. La réponse parfaitement juste de Pierre fut pour lui un saut au-delà de ses propres capacités, qui montrait son ouverture à l’action de Dieu. Nous connaissons maintenant cette réponse juste, mais notre adhésion intérieure à celle-ci exige un saut de foi non moins grand. Alors l’Évangile devient pour nous non plus seulement un bel enseignement moral, mais une porte qui s’ouvre sur la vie du Christ.

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Pour Mt 16:15-16
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
16 Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
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Il est difficile de prendre la responsabilité de son choix. Il est difficile d'exprimer une opinion déterminée, difficile de prendre une décision, car tu portes la responsabilité de toutes ses conséquences et de tous ses fruits. Et si ce choix, cette décision, relève du domaine religieux ou moral, il faut en répondre...  Lire la suite

Il est difficile de prendre la responsabilité de son choix. Il est difficile d'exprimer une opinion déterminée, difficile de prendre une décision, car tu portes la responsabilité de toutes ses conséquences et de tous ses fruits. Et si ce choix, cette décision, relève du domaine religieux ou moral, il faut en répondre par toute sa vie. Et il est difficile de prendre des décisions en général: l'homme peut-il savoir quoi que ce soit avec certitude?

C'est pourquoi le moment où l'apôtre Pierre, en son propre nom ou au nom des Douze, se décide à prononcer les paroles: « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », est si important. Par cette confession, Pierre reçoit le Seigneur Jésus comme Sauveur. Tout ce qui suit, le témoignage, la prédication, le poids de la nuit de Gethsémani et le don de la Pentecôte, est fondé sur cette décision de Pierre, sur son acte personnel et sa confession. Devenant le fondement de l'Église, il participe sinon à la nature divine, car la Cène est encore loin, du moins à l'autorité divine du Christ.

Pierre lui-même semble avoir profondément vécu ce moment. Dans son épître, écrite vers l'an 63, lorsqu'il parle de l'essence de la foi et de la vie, il mentionne précisément la disposition à « rendre compte de l'espérance » (1 P 3:15). À proprement parler, l'apostolat des Douze consiste d'abord dans leur confession, et seulement ensuite dans la prédication sur toute la face de la terre. Et cela vaut pleinement pour tous leurs disciples.

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Pour Mt 16:15
15 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? »
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Qui crois-tu que soit Jésus de Nazareth ? Il est impossible d'esquiver cette question. « Qui es-Tu ? Pour qui Te fais-Tu passer ? » Le Fils de l'homme, qui est-Il ? « Pour qui Me prenez-vous ? » est l'une des questions les plus importantes de l'Évangile. Lorsqu'on Lui amena un possédé et qu'Il le guérit, la foule...  Lire la suite

Qui crois-tu que soit Jésus de Nazareth ? Il est impossible d'esquiver cette question. « Qui es-Tu ? Pour qui Te fais-Tu passer ? » Le Fils de l'homme, qui est-Il ? « Pour qui Me prenez-vous ? » est l'une des questions les plus importantes de l'Évangile. Lorsqu'on Lui amena un possédé et qu'Il le guérit, la foule se mit à dire : « Ne serait-ce pas le Christ, le Fils de David ? N'est-Il pas Celui qui doit sauver le monde ? » Mais Lui-même dit : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. » La réponse à la question de savoir qui est Jésus est précisément ce glaive qui pénètre jusqu'au plus profond, « jusqu'à la division des jointures et des moelles » ; on ne peut y répondre de manière évasive.

Ainsi, Pharaon s'endurcit lorsque Dieu, par Moïse, lui ordonne de laisser partir Son peuple. Le livre de l'Exode dit : « J'endurcirai le cœur de Pharaon » (Ex 4:21). Il serait naïf de penser que Dieu, par un acte créateur particulier, le contraint à refuser. Seuls les démons agissent ainsi, en prenant possession de la volonté humaine. Mais, placé devant la nécessité de choisir, Pharaon ne peut plus rester poliment évasif. Soit Celui qui a envoyé Moïse est Dieu, et il faut Lui obéir ; soit il n'y a en Égypte qu'un seul dieu vivant : Pharaon.

Comme Pharaon, les pharisiens sont placés devant un choix : soit cet Homme est le Sauveur du monde, soit... Il n'y a pas ici de place pour une « rectitude politique » sentimentale. En réalité, cette question capitale de la vie transforme le cœur hésitant et sans volonté en lui donnant la qualité opposée ; mais, selon la réponse qu'on lui apporte, il en résultera soit la fermeté d'une foi vivante, soit l'endurcissement et la cruauté, comme chez Pharaon et les pharisiens.

C'est précisément ce que constate Jésus lorsqu'Il dit : « Qui n'est pas avec Moi est contre Moi, et qui ne rassemble pas avec Moi disperse. » À notre époque, une telle manière de poser la question semble excessivement rigoriste ; nous préférerions éviter une réponse directe. Mais rien, sinon cette réponse à l'appel du Christ, ne rendra ton cœur ferme et ta vie véritable. C'est pourquoi cette question est un don de Dieu pour nous.

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Pour Mt 16:18
18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.
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Sur quoi l'Église est-elle fondée ? Quelles qualités font de Simon, fils de Jonas, Pierre, la pierre posée au fondement de l'Église ? Une foi ardente ? Une résolution sans retour ? Un charisme de chef ? Peut-être...  Lire la suite

Sur quoi l'Église est-elle fondée ? Quelles qualités font de Simon, fils de Jonas, Pierre, la pierre posée au fondement de l'Église ? Une foi ardente ? Une résolution sans retour ? Un charisme de chef ? Peut-être... Toutes ces qualités se trouvent chez Pierre. Mais il semble qu'autre chose soit plus important. Jésus prononce ces paroles non pas immédiatement après que Pierre L'a appelé Christ, Fils du Dieu vivant ; d'abord Jésus dit que Pierre n'est pas parvenu à cette confession par ses propres forces humaines, mais par une révélation du Père.

Ainsi Jésus met au premier plan l'ouverture de Pierre à Dieu. C'est réellement le cas : Pierre est étonnamment ouvert ; il ne comprend pas toujours tout correctement ni immédiatement, il se hâte parfois, se trompe parfois, manifeste parfois de la faiblesse, mais il est ouvert, actif et hardi. Et telle devient l'Église des temps apostoliques : elle est sans cesse instruite par l'Esprit Saint, elle ne s'enferme pas entre quatre murs, portant sans crainte le témoignage du Christ au monde entier. L'invulnérabilité de l'Église face aux forces du mal, le fait que « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle », s'explique précisément par son ouverture à Dieu, par l'accueil de la force de Dieu, de la force de l'Esprit Saint, qui chasse tout mal.

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Pour Mt 16:20-24
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
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Nous avons tous fréquenté l'école, et certains d'entre nous y travaillent même. Nous connaissons tous l'enchaînement logique: donne la bonne réponse, reçois la meilleure note de la maîtresse et obtiens de ta mère qu'une promenade au zoo remplace la visite chez le dentiste. Ainsi, après que Pierre confesse Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant...  Lire la suite

Nous avons tous fréquenté l'école, et certains d'entre nous y travaillent même. Nous connaissons tous l'enchaînement logique: donne la bonne réponse, reçois la meilleure note de la maîtresse et obtiens de ta mère qu'une promenade au zoo remplace la visite chez le dentiste. Ainsi, après que Pierre confesse Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant, les paroles « Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas » nous semblent tout à fait naturelles. Mais ensuite: « Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. » Même la pensée de cela effraie les disciples; c'est pourquoi Pierre dit: « Non, cela ne t'arrivera pas! »

Confesser Jésus comme Fils de Dieu nous ouvre le chemin de la récompense, mais cette récompense est d'une espèce particulière: la possibilité de contempler et d'éprouver la profondeur de la miséricorde divine, une profondeur effrayante. C'est la possibilité de toucher la nature cachée et ineffable de l'amour de Dieu: il a donné son Fils unique afin que le monde soit sauvé par lui. Dans cette profondeur se trouve une réponse à chacune de nos questions murmurées, mais il faut accueillir Jésus comme le Fils de Dieu et oser entendre ses paroles.

Pour l'homme, cette profondeur de miséricorde demeure toujours incompréhensible. La divinité est impassible, le Tout-Puissant ne peut souffrir: tel est le cri de Pierre et des Juifs, des philosophes grecs et des théologiens chrétiens hellénisés. Le Fils de Dieu incarné a souffert pour nous dans la chair; dans notre effroi, soit nous disons, comme les Juifs, qu'il n'est que chair, soit nous démontrons jusqu'à l'enrouement, comme les Grecs, qu'il a souffert dans la chair, uniquement dans la chair, tandis que le divin en lui est demeuré impassible. Mais lui-même dit: « Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent » (Os 11:8), et c'est pourquoi « il lui fallait s'en aller à Jérusalem et y souffrir beaucoup ».

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Pour Mt 16:20-24
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
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Non seulement beaucoup de pharisiens, mais les apôtres eux-mêmes ne comprenaient pas leur Maître en tout. C'est au fond ce qui explique, semble-t-il, la réaction de Pierre aux paroles de Jésus...  Lire la suite

Non seulement beaucoup de pharisiens, mais les apôtres eux-mêmes ne comprenaient pas leur Maître en tout. C'est au fond ce qui explique, semble-t-il, la réaction de Pierre aux paroles de Jésus sur Sa mort et Sa résurrection à venir. En ce qui concerne la mort et la résurrection, les disciples, semble-t-il, ne comprirent jamais vraiment Jésus, et ce n'est qu'après Sa résurrection que la situation s'éclaircit quelque peu pour eux.

Il est évident que Pierre et les autres apôtres s'en tenaient tout de même à des vues plus ou moins traditionnelles sur le Messie et le messianisme. Et ils ne comprenaient absolument pas comment le Messie pouvait mourir. Il ne s'agissait même pas du fait qu'Il ressusciterait ensuite d'entre les morts: les apôtres, comme tous leurs contemporains juifs, connaissaient bien sûr la résurrection générale au jour du Jugement. Le problème était que le Messie ne pouvait pas, ne devait pas mourir, car Il devait prendre la tête du soulèvement messianique afin de conduire ensuite la guerre sainte pour l'établissement sur la terre du Royaume de Dieu.

Et Pierre, lorsqu'il dit à Jésus: «Que cela ne T'arrive pas!», s'effraie non pas tant de la mort en elle-même, car il dira ensuite très sincèrement, pendant la Cène, qu'il est prêt à mourir auprès du Maître, que du fait que la mission de Jésus s'avérerait avoir échoué, que rien de ce qu'il attend, lui et les autres apôtres, ne se réaliserait. Cela ne pouvait tout simplement pas être, car le Messie est celui qui accomplit les plans de Dieu sur la terre; il ne peut y avoir ici d'échec. L'échec n'est possible que dans un seul cas: si cet Homme n'est pas le Messie. Mais Pierre et les autres apôtres avaient peur même de penser une telle chose.

C'est pourquoi les paroles de Jésus sur Sa mort et Sa résurrection à venir les plongent dans le choc. Mais, comme on le voit, personne en dehors de Pierre n'osa exprimer à voix haute ses craintes et ses perplexités, peut-être par peur d'entendre le pire. Il ne restait qu'à suivre le Maître et à voir ce qui se passerait ensuite.

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Pour Mt 16:20
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
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Les interprètes de l'Évangile et les spécialistes du Nouveau Testament ont beaucoup discuté de ce qu'on appelle le «secret messianique» de Jésus. Pourquoi interdit-il aux disciples de parler de lui comme du Messie? Pourquoi, même lorsque Pierre a reconnu en lui précisément le Messie, le premier des apôtres et, sans doute...  Lire la suite

Les interprètes de l'Évangile et les spécialistes du Nouveau Testament ont beaucoup discuté de ce qu'on appelle le «secret messianique» de Jésus. Pourquoi interdit-il aux disciples de parler de lui comme du Messie? Pourquoi, même lorsque Pierre a reconnu en lui précisément le Messie, le premier des apôtres et, sans doute, le premier des hommes, Jésus lui ordonne-t-il de se taire, tout en reconnaissant que le mystère de sa messianité a été révélé à Pierre par l'Esprit de Dieu? La réponse la plus répandue est assez simple: Jésus n'avait pas l'intention de devenir le Messie des représentations messianiques populaires.

Or le peuple attendait du Messie des actes parfaitement compréhensibles et évidents: le Messie devait restaurer un État juif indépendant, établir dans cet État des lois conformes à la Torah et en devenir le roi. L'image du Messie-Roi était, dans la conscience populaire, inséparable de l'image d'un royaume terrestre et d'un souverain juste, semblable à David, dont le Messie devait être le descendant. Jésus, naturellement, n'avait pas l'intention de faire quoi que ce soit de semblable; c'est pourquoi une popularité «messianique» parmi le peuple ne lui était d'aucune utilité. Pourtant, il pouvait facilement obtenir une telle popularité: les miracles qu'il accomplissait étaient visibles et connus de tous. Voilà pourquoi Jésus coupe court à toutes les rumeurs sur sa messianité, et interdit même à certains de raconter les miracles qu'il a accomplis.

Mais il ne s'agissait sans doute pas seulement d'une gloire «messianique» dont Jésus n'avait pas besoin. Il s'agissait aussi des disciples eux-mêmes. Eux aussi regardaient Jésus, le Messie, à peu près comme leurs contemporains, malgré tous les efforts de Jésus pour les aider à voir la situation autrement. Le même Pierre, presque aussitôt après sa confession messianique, se met à discuter avec Jésus quand celui-ci commence à lui parler, ainsi qu'aux autres disciples, de la mort qui l'attend. Même Pierre, qui l'avait reconnu comme Messie, ne comprenait ni le sens de son chemin et de son ministère, ni la véritable signification du Messie et de son rôle dans le salut de l'humanité. Dans un tel état, il est impossible de témoigner.

Ou plutôt, c'est possible, mais ce sera un témoignage non pas sur le Messie tel qu'il est réellement, mais sur ses propres vues et suppositions concernant qui est le Messie et ce qu'il doit faire. C'est pourquoi, pour Pierre comme pour les autres apôtres, il valait mieux se taire sur la messianité de Jésus. Le Royaume est autre chose: la prédication du Royaume était accessible aux disciples, et à un certain moment Jésus lui-même les envoie prêcher ainsi, avec un succès réel.

Ce succès venait aussi de ce qu'il n'y avait là aucune représentation personnelle, aucune fantaisie ni construction conceptuelle: pendant la prédication, chacun des disciples devint simplement un instrument de l'action directe de Dieu. En revanche, dans leur relation avec lui, avec leur Maître, aucun des apôtres, y compris Pierre, n'était prêt à quelque chose de semblable: trop d'humain se dressait entre Jésus et ses disciples durant son ministère terrestre. Et il leur ordonne de se taire sur sa messianité. Jusqu'à la Résurrection, jusqu'à la Pentecôte. Jusqu'au temps où tout leur deviendra clair.

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Pour Mt 16:21-23
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! »
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
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Les paroles du Sauveur sur Ses souffrances et Sa mort sur la croix n'ont jamais suscité chez les apôtres que peur et incompréhension. Pourquoi donc ? La réponse la plus simple est qu'ils avaient peur pour le Maître aimé, peur de Le perdre. Et pourtant il ne s'agissait sans doute pas seulement de cela. Il s'agissait aussi de ces...  Lire la suite

Ces paroles du Sauveur n'ont jamais suscité chez les apôtres que peur et incompréhension. Pourquoi donc ? La réponse la plus simple est qu'ils avaient peur pour le Maître aimé, peur de Le perdre. Et pourtant il ne s'agissait sans doute pas seulement de cela. Il s'agissait aussi des représentations messianiques que les disciples de Jésus partageaient avec leurs contemporains. À cette époque, on attendait du Messie avant tout qu'Il rétablisse un État juif indépendant et qu'Il y établisse des lois conformes à la Torah.

On regardait le Messie comme un Roi, vainqueur des païens, et comme un juste Gouvernant à qui Dieu aiderait à vaincre et à établir Son pouvoir en envoyant à Son secours l'armée angélique céleste. Un tel Messie ne pouvait tout simplement pas mourir. Il est vrai que l'image du Messie souffrant était connue de la tradition juive de cette époque. Mais un Messie souffrant n'est pas la même chose qu'un Messie qui périt.

On supposait que le Messie, bien sûr, pouvait ne pas parvenir immédiatement au pouvoir. La guerre serait longue et il y aurait peut-être, au cours de cette guerre, des moments où le Messie serait menacé, où Il se trouverait même fort probablement au bord de la mort. Mais Dieu ne Le laisserait pas périr : car une telle mort signifierait la fin, l'échec du plan de Dieu et l'effondrement de toutes les espérances du peuple de Dieu. Or Jésus parle entre-temps, et de façon tout à fait claire et univoque, précisément de Sa mort, et d'une mort non au combat, mais sur la croix, de la mort d'un criminel, non d'un guerrier héros.

Cela n'entrait tout simplement pas dans l'esprit de Pierre. Pas plus, d'ailleurs, que dans celui des autres apôtres. Mais Pierre était plus décidé dans sa franchise et osa dire ce que les autres n'avaient pas osé prononcer à haute voix. Et il se trouva, bien sûr involontairement, du côté de Satan, qui avait tenté le Sauveur dans le désert. Car l'idéal messianique traditionnel supposait justement ce que Satan avait proposé à Jésus lors de cette épreuve : établir Son Royaume sur la terre selon les lois du monde déchu, qui gît dans le mal.

L'établir non comme Royaume de l'amour, mais comme royaume de la force. Ce n'est pas un hasard si Satan n'était même pas opposé à donner à Jésus la possibilité d'agir librement en échange d'un seul signe, purement symbolique, de reconnaissance de son autorité, à lui, Satan. En échange d'une seule prosternation, dont personne ne saurait jamais rien, puisqu'il n'y avait pas de témoins. Il sait que tout royaume construit selon les lois du monde déchu lui appartiendra. Pierre, contrairement à son Maître, ne le comprend pas. Et il reçoit une réponse d'une dureté extrême. Pour son propre bien.

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Pour Mt 16:24-28
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
26 Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ?
27 « C’est qu’en effet le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume.
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Les paroles du Christ sur l'âme, qu'il est facile de perdre mais que l'on peut aussi sauver, sont parfois comprises d'une manière quelque peu spiritualiste. On parle de l'âme en entendant par là un principe immortel dans l'homme, qu'il est facile de perdre si l'on se soucie trop de sa vie terrestre, mais que l'on peut sauver si...  Lire la suite

Les paroles du Christ sur l'âme, qu'il est facile de perdre mais que l'on peut aussi sauver, sont parfois comprises d'une manière quelque peu spiritualiste. On parle de l'âme en entendant par là un principe immortel dans l'homme, qu'il est facile de perdre si l'on se soucie trop de sa vie terrestre, mais que l'on peut sauver si on le remet au Christ et si on Le suit en prenant sa croix. Pourtant, dans les textes du Nouveau Testament, le mot « âme » désigne le plus souvent non pas quelque principe immortel qui survit au corps et qu'il faudrait absolument conserver intact sous peine de mourir entièrement, mais la vie tout entière, dans toute sa plénitude et dans toutes ses manifestations.

Le problème ne consiste pas ici à préserver en soi quelque chose de particulier qu'il ne faudrait perdre à aucun prix, fût-ce au prix de tout le reste, mais à permettre au courant de vie que la Bible appelle l'âme de couler librement, sans perdre sa plénitude ni sa profondeur. L'homme lui-même joue bien sûr ici un rôle immense : son « moi » spirituel, que la Bible appelle le cœur et d'où proviennent les désirs et les aspirations qui déterminent le cours de sa vie.

Dans la Bible, ces aspirations et ces désirs sont généralement appelés pensées ou intentions. Il ne s'agit pas ici des pensées elles-mêmes, comme le croit parfois le lecteur moderne, mais précisément des intentions, des aspirations et des élans qui déterminent l'état spirituel de l'homme, le cours du courant de sa vie et, par conséquent, son chemin. À toutes les époques, chez tous les peuples, dans toutes les traditions spirituelles, les hommes qui cherchaient le chemin ont essayé de résoudre précisément cette tâche, celle qui touche à la qualité spirituelle de leur propre vie. Dans le yahvisme, puis dans le judaïsme, le chemin de la Torah intérieure devint une telle solution ; ses racines remontent à la période antérieure à l'exil, à l'époque de la prédication du prophète Jérémie.

Ce chemin se révélait toutefois extrêmement difficile pour l'homme, car les conséquences de la Chute n'avaient pas disparu et l'empêchaient d'atteindre la perfection. Jésus propose une voie parfaitement claire et simple : donne-Moi ta vie, unis-la à Ma vie, et elle ne se perdra pas. Non seulement elle sera préservée dans toute sa plénitude, mais elle acquerra une plénitude plus grande encore, dont l'homme du monde déchu n'aurait même pu rêver. Tel est le chemin chrétien : toujours le même chemin de la Torah intérieure, parcouru dans l'unité de vie avec Celui qui est venu révéler au monde la Torah vivante dans toute sa plénitude.

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Pour Mt 16:24-28
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
26 Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ?
27 « C’est qu’en effet le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume.
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« Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. » Là où le texte russe dit « aller », le texte grec emploie...  Lire la suite

« Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. » Là où le texte russe dit « aller », le texte grec emploie « ἐλθεῖν », l'infinitif aoriste de « ἔρχομαι », aller, venir. Le sens littéral est donc: celui qui veut venir à ma suite. Il ne s'agit pas simplement de marcher quelque part derrière lui, mais de parvenir à sa suite jusqu'à un but déterminé. On peut marcher sans effort ni engagement particuliers; mais si tu veux le suivre jusqu'au but, alors entrent en vigueur les conditions qu'il propose. Et ce sont les paroles du Christ lui-même sur ce que nous devons faire.

Renie-toi toi-même. Nous ne pouvons renoncer qu'à une richesse que nous possédons ou pourrions posséder. Il est impossible de renoncer au processus de formation des icebergs en Antarctique. Mais aux icebergs eux-mêmes, oui: qu'en ferais-je? Renoncer à quelque chose signifie cesser de revendiquer le pouvoir sur cette chose. Il est impossible de renoncer à être un homme vivant. Mais il est possible de renoncer à diriger la vie de cet homme, toi-même. Se renier soi-même signifie accepter comme justes et bonnes non les fins et les circonstances de la vie qui te plaisent, mais celles que Dieu voudra te donner. Pour la plupart d'entre nous, cela signifie d'abord consentir à demeurer inaperçus et ne pas nous laisser guider par notre propre vanité ni par celle des autres.

Charge-toi de ta croix. Dans l'Évangile, la croix désigne toujours ce qui se produit au contact du divin avec ce monde pécheur. Lorsque nous sentons de l'hostilité, nous prenons habituellement la fuite ou répondons de la même manière — et souvent les deux à la fois. Le Christ ne fait ni l'un ni l'autre; il accepte la douleur et la souffrance comme les compagnes inévitables de l'amour et de l'innocence dans un monde frappé par le péché. Il s'ensuit d'ailleurs que, si tu veux te charger de ta croix, il ne suffit pas d'y consentir. Toi aussi, tu dois acquérir l'amour des autres et l'innocence, c'est-à-dire cesser de faire le mal et commencer à faire le bien.

Et suis-moi. Contrairement à l'opinion commune, la vie éternelle ne peut commencer après la mort. Ou bien elle commence déjà ici, ou bien elle ne commence pas du tout. On ne peut commencer à suivre Jésus que dans cette vie; autrement, il sera trop tard. Pour nous, les hommes, l'essentiel dans cette marche est de chercher la conduite de Dieu, de chercher la souveraineté du Saint-Esprit.

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Pour Mt 16:24-28
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
26 Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ?
27 « C’est qu’en effet le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume.
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À en juger par les paroles du Sauveur, la question du Royaume n'est pas religieuse, mais vitale au plein sens du terme. C'est une question de vie et de mort...  Lire la suite

À en juger par les paroles du Sauveur, la question du Royaume n'est pas religieuse, mais vitale au plein sens du terme. C'est une question de vie et de mort. En effet, à quoi bon tout obtenir et perdre la vie, «l'âme»? Or, dans le monde déchu, la situation, comme on le voit, est précisément celle-là. Théoriquement, chacun de ceux qui vivent sur la terre peut recevoir le monde entier en son pouvoir. Mais il ne pourra pas retenir sa propre vie dans le monde déchu; le jour viendra où, malgré tout le pouvoir accessible à l'homme, sa propre vie le quittera comme l'eau s'en va dans le sable.

Telle est la particularité du monde déchu: il est impossible de le posséder véritablement, en essence; il n'y a en lui rien qui permette à l'homme d'être au sens plein, spirituel, du mot. Il contient beaucoup de choses que l'homme peut s'approprier, des choses que l'on peut avoir. Mais il n'y a rien qui permette à l'homme d'être, de correspondre au dessein de Dieu sur lui-même, conformité qui seule peut permettre à l'homme de devenir lui-même au sens authentique de ces mots. Et, comme tout ce qui n'est pas authentique, l'être imaginaire de l'homme dans le monde déchu finit par se transformer en non-être, c'est-à-dire ce qu'est tout être dans un monde coupé de son Créateur.

Il n'est pas étonnant que toutes les tentatives pour retenir, pour conserver pour soi cette misérable apparence de vie que l'on appelle ainsi dans le monde déchu ne mènent à rien. Le seul moyen de survivre est de prendre part à une autre vie, la vie véritable, la vie de ce Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde. Ici, il ne s'agit plus d'une apparence, mais de la vraie vie dans toute sa plénitude. Mais on ne peut la recevoir qu'en renonçant à s'accrocher à cet ordre des choses auquel appartient l'apparence de vie dont nous vivons dans le monde déchu. Sinon, cela ne marchera pas. On nous propose un voyage sur un luxueux paquebot, mais pour monter à bord, il faudra quitter la planche à laquelle nous nous agrippons maintenant et qui nous permet pour un temps de rester à flot.

Et Jésus rappelle à Ses disciples la vie du Royaume, Il la leur rappelle précisément au moment où ils sont effrayés et désemparés. Car cette vie nouvelle est justement le Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Et c'est pourquoi Sa résurrection devient le triomphe du Royaume. Mais les apôtres ne le comprendront qu'après Sa résurrection. Pour l'instant, il ne leur reste qu'à s'interroger.

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Pour Mt 16:24
24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
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Pourquoi Dieu aurait-il besoin que l'homme renonce à lui-même, à sa personnalité? Pourquoi voudrait-il l'effacement du visage? Mais il nous appelle à renoncer non à la personne, mais au moi replié sur soi. La personne comme réalité unique se manifeste lorsque...  Lire la suite

Pourquoi Dieu aurait-il besoin que l'homme renonce à lui-même, à sa personnalité? Pourquoi voudrait-il l'effacement du visage? Mais il nous appelle à renoncer non à la personne, mais au moi replié sur soi. La personne comme réalité unique se manifeste lorsque nous entrons en relation avec les autres, tandis que le moi refermé sur ses propres intérêts nous rend indiscernables les uns des autres. Dans l'orgueil, nous sommes tous identiques!

Les paroles de Jésus sur la croix sont étonnantes. Aujourd'hui, nous y mettons notre représentation de certains désagréments de la vie. Mais au temps de Jésus, ce mot ne pouvait pas avoir une telle signification: la croix était une exécution terrible et honteuse, et rien d'autre. C'est pourquoi les paroles du Christ ne pouvaient signifier qu'un appel à consentir à la souffrance, à la mort et à la honte. Et pour quoi tout ce renoncement à soi? Tout simplement: « Si quelqu'un veut venir à ma suite »...

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