RÉFLEXIONS pour Matteo 16:1-28 — le 4 mai 2023

RÉFLEXIONS pour Мф 16:1-28

La lecture d’aujourd’hui nous parle de la confession de Pierre (v. 13–20), précédée d’un entretien avec les pharisiens au sujet des signes (v. 1–4), puis avec les disciples au sujet du « levain des pharisiens et des sadducéens » (v. 5–12). Elle s’achève par le récit d’une conversation entre Pierre et Jésus, au cours de laquelle Jésus parle assez sévèrement à Son disciple (v. 21–28).

De toute évidence, l’événement central est précisément la confession de Pierre, qui reconnaît en Jésus le Messie, le Christ promis par Dieu, tandis que le peuple Le tenait pour un prophète (v. 14–16). Jésus confirme alors la conclusion de Pierre et dit qu’il n’a pu le comprendre que grâce à une révélation de Dieu (v. 17). On pourrait penser que les disciples de Jésus n’étaient pas seuls à attendre le Messie : à l’époque évangélique, l’attente messianique était très forte au sein du peuple juif. Mais le fait est que Jésus ressemblait moins que quiconque au Messie qu’attendaient tant le peuple que les rabbins érudits. Le peuple attendait un Messie-roi qui libérerait la Judée du pouvoir de Rome ; les rabbins érudits et les théologiens versés dans les Écritures voulaient voir un Messie conforme à leurs théories théologiques. Ce n’est pas par hasard que les pharisiens et les sadducéens demandent à Jésus de leur montrer l’un de ces signes messianiques qui, selon leurs propres conceptions, permettraient seuls de reconnaître le Messie. Mais Jésus refuse. Non pas, bien sûr, parce que cela Lui serait difficile, mais parce qu’Il ne voulait entrer dans aucune conception théologique et n’entendait correspondre aux représentations de personne. Un tel Messie, qui ne correspondait à aucune norme ni opinion généralement admise et en qui la majorité était prête à voir un impie et un transgresseur de la Torah plutôt que le Messie, ne pouvait vraiment être accueilli que par révélation. Puis vint pour Pierre et les autres disciples le temps d’apprendre ce qu’étaient la croix et la Résurrection (v. 21).

Il apparut alors que cette connaissance dépassait les forces humaines. On pouvait encore accepter un Messie persécuté et souffrant, d’autant que l’image du Messie souffrant était bien connue de tout Juif croyant grâce au Livre d’Isaïe ; mais il était absolument impossible d’accepter Sa défaite totale. Pierre et les autres apôtres ne percevaient la mort sur la croix que comme une défaite. La réalité de la résurrection en général, et de la Résurrection du Christ en particulier, n’était pour eux qu’une perspective lointaine ; ainsi, même après Sa Résurrection, ils ne purent longtemps encore y croire pleinement.

Il n’est donc pas étonnant que Pierre ne puisse accepter l’idée de la mort inévitable du Maître (v. 22). Mais ici encore Jésus demeure inflexible : on ne peut s’arrêter à mi-chemin, on ne peut accepter le Messie sans accepter Son chemin. Celui qui agit ainsi cesse d’être un disciple et devient un ennemi (v. 23). Il n’existe qu’une seule route vers le Royaume (v. 24–27), et l’on ne peut y parvenir qu’en la parcourant jusqu’au bout.