24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
En parlant de Son ministère, Jésus mentionne le Jugement et la résurrection des morts, tout ce qui, dans l’esprit de Ses auditeurs, était lié à la fin de l’histoire terrestre, à la venue du Messie et à l’avènement du Royaume messianique. Pourtant, Il ne Se nomme toujours pas Messie. C’est peut-être précisément ce qui provoquait de nombreux malentendus : tout en revendiquant des prérogatives messianiques, Jésus ne Se proclame pas Messie, alors que, selon les conceptions religieuses généralement admises à cette époque, rien de semblable n’était permis à un homme ordinaire, fût-il prophète. Pourquoi donc ne tente-t-Il pas de dissiper les malentendus en déclarant simplement Sa messianité ? L’attitude envers Ses paroles aurait alors certainement été différente, et les accusations auraient été moins nombreuses, peut-être même inexistantes. Après tout, on attendait du Messie le Jugement et une relation particulière avec Dieu, même si, bien sûr, il n’était pas question ici de nature divino-humaine au sens chrétien. Le problème, cependant, était qu’à cette époque, dans le milieu juif, on regardait le Messie et Ses tâches à travers le prisme de la tradition de ce messianisme militant qui, après avoir semblé s’éteindre complètement à l’époque hellénistique, reprit vie au temps des guerres des Maccabées. Celles-ci étaient considérées comme le début de la guerre messianique, pendant laquelle ou peu après laquelle le Messie apparaîtrait. Le Messie ne devait pas seulement Se déclarer, Il devait agir, et agir d’une manière tout à fait déterminée et attendue. Or Jésus n’avait nullement l’intention d’agir ainsi. Sa tâche principale durant Son bref ministère terrestre était de faire entrer le plus grand nombre possible de personnes dans la vie du Royaume. Sa mission consistait à aller révéler le Royaume là où le Père Le dirigeait et à créer une communauté de ceux qui étaient entrés dans le Royaume et prêts à se consacrer au témoignage rendu à celui-ci. Pour tous les autres, y compris même les apôtres, tout cela n’était qu’un prélude à ce qu’ils considéraient comme l’essentiel : la préparation de l’insurrection messianique et de la guerre messianique, qui devait s’achever par l’expulsion des Romains et la fondation d’un nouveau « royaume des justes ». Jésus, Lui, parle constamment de la même chose, du Royaume et de Sa véritable mission, sans Se nommer Messie précisément afin qu’on n’exige pas de Lui ce qu’Il ne pouvait en aucun cas accomplir, parce que cela n’entrait pas dans les plans de Son Père. Cela compliquait considérablement les choses et rapprochait le dénouement tragique, mais permettait d’éviter des malentendus qui auraient pu conduire à une grave tentation spirituelle, celle qui, en l’an 70, mena à la destruction de la ville et du Temple annoncée par le Sauveur.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
Le Seigneur parle de nouveau du jugement qui attend toutes les oeuvres des hommes. Il en fut sans doute question plus d'une fois pendant le ministère terrestre du Christ, et tous les évangélistes transmettent d'une manière ou d'une autre ce que disait le Maître. À la différence de la longue parabole du Jugement dernier transmise par l'évangéliste Matthieu, l'évangéliste Jean rapporte ici la révélation du pouvoir que le Père a remis au Fils.
Le Seigneur dit que le Père céleste lui a remis le pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est le Fils de l'homme. D'une part, il est question du Messie, que la Sainte Écriture appelle souvent Fils de l'homme ; nous pouvons donc comprendre le Sauveur ainsi : le jugement lui est remis parce qu'il est le Christ, le Sauveur et le Rédempteur du monde. D'autre part, rappelons-nous les paroles de l'apôtre Paul : « C'est pourquoi il devait devenir en tout semblable à ses frères, afin d'être un grand prêtre miséricordieux et fidèle devant Dieu, pour expier les péchés du peuple. Car, du fait qu'il a souffert lui-même et a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés » (He 2:17-18).
Jean Damascène dit la même chose dans l'irmos du canon de la Résurrection du premier ton, en s'adressant au Christ par ces mots : « Toi seul qui connais la faiblesse de la nature humaine et qui, par compassion, l'as assumée, ceins-moi de la force d'en haut... ». Le Fils, selon la pensée de l'apôtre Paul et de saint Jean, est le seul à connaître toute notre faiblesse ; c'est pourquoi le droit de nous juger lui est donné : lui-même a bu notre coupe jusqu'au fond.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
«Que signifient ces paroles?» Que signifie «a la vie éternelle» et «est passé de la mort à la vie»? En tout cas, non pas la délivrance de la mort physique, car tous les apôtres, et Jean le Théologien lui-même aussi, sont morts, alors que c'est précisément leur écoute de la parole et leur foi que nous considérons comme exemplaires! Comment cela, «ne vient pas en jugement»? Car il est bien dit: «Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement» (He 9:27).
Le mot «vie» peut aider. La vie n'est pas un fait accompli, mais un fait en train de s'accomplir. C'est pourquoi la vie appartient non pas à celui qui a «entendu» la parole, mais à celui qui l'écoute; et la foi aussi est une notion dynamique: entre la foi en l'existence de Dieu et la foi en la mort et la résurrection du Christ, il y a une distance immense. Ainsi, celui qui écoute et croit est celui qui s'est engagé sur le chemin de la vie, le chemin de la croissance, celui qui a quitté le chemin de la dégradation et de la disparition.
Et le jugement, alors? On peut l'interpréter ainsi: le croyant ne vient pas au jugement à venir parce qu'il est déjà devant le jugement, car «le jugement consiste en ceci: la lumière est venue dans le monde» (Jn 3:19); le Christ est cette lumière, et le croyant «marche dans la lumière», c'est-à-dire devant la Face de Celui à qui le Père a remis le jugement. À chaque instant, le Visage du Juge est tourné vers nous.
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
Un renvoi implicite vers le livre du prophète Daniel se cache dans ces mots du Christ (Dan 7:13-14). L'idée du jugement de Dieu n'était pas du tout étrangère à ceux qui écoutaient Jésus, ce jugement était annoncé par tous les prophètes. Et le fait que le Juge lors de ce jugement sera le Messie, le Christ, quelques des noms dont se sert le «Fils de l’homme », était aussi accepté par tous. Mais voici qu’un peu plus loin – rien que des questions. Qui sera le Messie ? Comment se passera ce jugement? Et quand aura t-il lieu (préférablement, pas de si tôt)? Voila Jésus vient avec les réponses à ces questions, mais comme il est difficile d’accepter Ses réponses! Il est avant tout le Messie, le Roi d’Israël - pauvre, incompris, humilié et, enfin, tué. Ensuite, le jugement est déjà "à présent". Et enfin, ce jugement est juste, et c'est pourquoi personne ne peut être justifié par ce jugement; mais Jésus Christ est venu non pour condamner, mais pour sauver, - et c’est en cela Son pouvoir et la volonté du Père qui L'a envoyé. Pour Autant que tout ceci est au dessus de toutes les attentes et les représentations humaines - ainsi, il en est et aujourd’hui.
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
31 Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas valable. |
32 Un autre témoigne de moi, et je sais qu'il est valable le témoignage qu'il me rend. |
33 Vous avez envoyé trouver Jean et il a rendu témoignage à la vérité. |
34 Non que je relève du témoignage d'un homme; si j'en parle, c'est pour votre salut. |
35 Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. |
36 Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les œuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie. |
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, |
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé. |
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, |
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! |
41 De la gloire, je n'en reçois pas qui vienne des hommes; |
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu; |
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. |
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. |
45 Ne pensez pas que je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir. |
46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit. |
47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? " |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre l'essence du conflit de Jésus avec cette partie de la Synagogue qui le rejetait et le condamnait. Il le dit lui-même de façon parfaitement claire: le principal problème de ses adversaires est qu'ils n'ont jamais connu le Dieu réel et vivant (v. 37-38). À première vue, une telle affirmation peut paraître étrange: en effet, les partisans comme les adversaires de Jésus étaient pour la plupart des hommes profondément religieux, connaissant l'Écriture et attendant, du moins en paroles, le Messie et le Royaume. Mais, manifestement, la religion était devenue pour eux une fin en soi au lieu d'être un moyen. Le Sauveur caractérise cette situation en une courte phrase: vous cherchez la gloire les uns auprès des autres, et non auprès de Dieu (v. 44).
Toute religion est œuvre des mains humaines. Certes, la révélation donnée par Dieu a souvent besoin d'une enveloppe religieuse pour être conservée et transmise aux générations à venir, mais son rôle demeure alors purement auxiliaire; la religiosité comme telle n'a aucun rapport avec la révélation. Mais, comme toute œuvre humaine, la religion offre un vaste champ à l'expression créatrice de soi, car s'y unissent des formes de culture aussi différentes que la science, l'art et l'ascèse. Et, comme toute œuvre humaine, la religion peut parfaitement saisir l'homme tout entier. Bien plus, elle est capable, comme rien d'autre, d'influencer la formation du système de valeurs des individus et de communautés entières.
Il n'est pas étonnant que toute religion, et plus encore une religion comme le judaïsme, fondée sur une tradition multiséculaire liée à la révélation donnée par Dieu, se referme tôt ou tard dans ses propres cadres et devienne autosuffisante. Alors ses adeptes doivent faire des efforts particuliers pour percer à travers leur religiosité jusqu'à Dieu. Mais, manifestement, les adversaires de Jésus n'étaient nullement disposés à de tels efforts. Toutes leurs forces étaient au contraire dirigées vers le maintien de cette enveloppe religieuse qui, en théorie, devait protéger la révélation autrefois reçue de Dieu, mais qui, en réalité, avait depuis longtemps cessé de remplir cette fonction. Ce n'est pas un hasard si Jésus dit que la Torah elle-même, donnée par Moïse, deviendra pour eux un jugement (v. 45): car garder fidélité à la Torah signifie garder fidélité à Dieu et à Celui qu'il envoie, et non à la tradition religieuse en elle-même, même si celle-ci devait son origine à la Torah (v. 46-47).
Et il ne s'agit pas du fait que le Seigneur serait blessé par ceux qui ne l'acceptent pas: il se soucie peu de gloire ou de renommée (v. 41). Il s'agit du fait que le temps du Jugement est déjà proche, et qu'il veut que chacun entre dans le Royaume (v. 34). Car le Jugement place chacun devant le choix entre la vie et la mort. Et aucune religion ne peut ici aider personne. Seul peut aider Celui qui a apporté le Royaume dans le monde.
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
31 Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas valable. |
32 Un autre témoigne de moi, et je sais qu'il est valable le témoignage qu'il me rend. |
33 Vous avez envoyé trouver Jean et il a rendu témoignage à la vérité. |
34 Non que je relève du témoignage d'un homme; si j'en parle, c'est pour votre salut. |
35 Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. |
36 Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les œuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie. |
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, |
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé. |
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, |
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! |
41 De la gloire, je n'en reçois pas qui vienne des hommes; |
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu; |
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. |
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. |
45 Ne pensez pas que je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir. |
46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit. |
47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? " |
«L'heure vient, et elle est déjà venue»: dans l'Évangile de Jean, nous entendons ces paroles lorsque le Seigneur parle de Sa mission sur la terre. Les premiers chrétiens comprenaient souvent les promesses du Seigneur Jésus comme la description de ce qui adviendra bientôt: le Jour du Seigneur, la fin de ce monde, lorsqu'Il jugera les vivants et les morts après la résurrection générale dans la chair. Mais si l'on rapporte cet événement à l'avenir (proche ou lointain), alors, premièrement, on ne comprend pas ce que signifie que l'heure «est déjà venue»; et deuxièmement, les paroles sur l'avenir peuvent être importantes comme promesse de notre résurrection, mais non comme description de ce qui se produit réellement maintenant.
Or l'Évangile est un livre très réel. Il a été écrit pour que nous ayons la vie maintenant, et non simplement pour que nous soyons effrayés par le Jugement futur et que nous nous conduisions bien. S'il en est ainsi, la justification au jugement du Fils de l'homme et la vie éternelle du Père agissent déjà, se produisent déjà dans la vie de celui qui a cru à Ses paroles, et Sa voix vivifie dès maintenant «ceux qui sont dans les tombeaux».
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
31 Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas valable. |
32 Un autre témoigne de moi, et je sais qu'il est valable le témoignage qu'il me rend. |
33 Vous avez envoyé trouver Jean et il a rendu témoignage à la vérité. |
34 Non que je relève du témoignage d'un homme; si j'en parle, c'est pour votre salut. |
35 Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. |
36 Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les œuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie. |
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, |
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé. |
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, |
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! |
41 De la gloire, je n'en reçois pas qui vienne des hommes; |
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu; |
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. |
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. |
45 Ne pensez pas que je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir. |
46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit. |
47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? " |
1 Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades. |
Parlant de l'essence de Son conflit avec les pharisiens, Jésus met au premier plan leur défiance envers Dieu. L'accusation paraît étrange : il s'agit pourtant de gens profondément religieux, prêts à beaucoup pour leur religion, y compris, s'il le fallait, au sacrifice. Certes, cette religiosité comportait parfois beaucoup de dureté ; la disposition à mourir pour sa foi voisinait souvent avec la disposition à tuer pour cette même foi. Mais l'une et l'autre choses se faisaient au nom de Dieu et de la foi !
Et pourtant Jésus parle de l'absence, chez Ses auditeurs, d'amour et de confiance envers Dieu. Qu'est-ce donc : une particularité de la religiosité pharisienne ? S'il en était ainsi, tout serait plus simple, surtout pour nous qui n'avons aucun rapport avec la religion des pharisiens. Mais l'affaire, à ce qu'il apparaît, n'est pas si simple. Car Jésus dit directement que ce n'est pas Lui qui juge les pharisiens qui Le rejettent, mais la Torah, dont ils essaient de L'accuser de violer les prescriptions. Et Lui répond que la Torah témoigne de Lui.
Une telle affirmation peut paraître étrange : dans la Torah, en effet, si l'on ne tente pas de l'interpréter avec des efforts forcés, rien n'est dit du Messie. Mais c'est précisément la Torah, sur laquelle se fonde le judaïsme, qui n'a jamais été contenue jusqu'au bout en lui, pas plus qu'elle ne se laisse contenir tout entière dans aucun cadre religieux. D'autre part, c'est justement la Torah, et avant tout, bien sûr, la Torah intérieure, que ces mêmes pharisiens ne pouvaient ignorer, qui aurait dû conduire les auditeurs de Jésus au-delà des limites de leur propre religion, en leur ouvrant quelque chose de plus grand, si seulement ils avaient été conséquents jusqu'au bout dans leur fidélité à la Torah.
Mais le malheur de toute religion est là : au début, elle stimule l'homme à la vie spirituelle ; puis, à un certain moment, elle commence inévitablement à lui faire obstacle dans cette vie, en fixant un plafond spirituel donné et en exigeant de ses adeptes un compromis entre ses exigences et ce à quoi Dieu appelle celui qui marche sur le chemin de la justice. Alors l'homme doit choisir entre Dieu et une religion si habituelle et si commode. Et Jésus voit que Ses auditeurs ont fait le choix de leur religion. Il dit que la Torah, qui indique le chemin vers le Royaume, deviendra désormais pour eux non un appui, mais un jugement. Comme pour quiconque rejette Dieu et la Torah au profit de quoi que ce soit, fût-ce même de sa propre religion. Quelle que soit cette religion.
17 Mais il répondit : " Mon Père est à l'œuvre jusqu'à présent et j'œuvre moi aussi " |
18 Aussi les Juifs n'en cherchaient que davantage à le tuer, puisque, non content de violer le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu. |
19 Jésus reprit donc la parole et leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. |
20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, à vous en stupéfier. |
21 Comme le Père en effet ressuscite les morts et leur redonne vie, ainsi le Fils donne vie à qui il veut. |
22 Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le jugement tout entier, |
23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
Il est frappant de voir à quel point nous pouvons percevoir différemment ce que nous lisons, « entendre » différemment. La perception semble dépendre de l’heure, de l’état physique du lecteur (tout simplement, du fait qu’il ait assez dormi ou non) et de son désir de recevoir une information. Pourtant, il y a dans ce monde Quelqu’un qui peut tout faire concourir au bien, y compris les obstacles (voir Rm 8,28). Au verset 24, Jésus prononce des paroles étonnantes. Mais même ces paroles peuvent être entendues de différentes manières. Parfois, par la grâce de Dieu, quelque chose s’embrase en nous en réponse à ce que nous avons lu. Il nous l’accorde soit lorsque nous demandons à entendre ainsi, soit lorsqu’Il tient Lui-même absolument à ce que nous entendions. C’est probablement de cette écoute attentive et de cette réponse à Sa parole que parle Jésus, et non de quelque chose que nous pourrions accomplir par nos seules forces humaines. Ce n’est pas sans raison qu’Il a répété à plusieurs reprises : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » (Mt 11,15). Qui donc ne possède pas ces oreilles ? Mais seul le Seigneur peut les ouvrir. Demandons donc à Dieu le don d’entendre, afin que les mots « celui qui écoute Ma parole » puissent s’appliquer à nous.
17 Mais il répondit : " Mon Père est à l'œuvre jusqu'à présent et j'œuvre moi aussi " |
18 Aussi les Juifs n'en cherchaient que davantage à le tuer, puisque, non content de violer le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu. |
19 Jésus reprit donc la parole et leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. |
20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, à vous en stupéfier. |
21 Comme le Père en effet ressuscite les morts et leur redonne vie, ainsi le Fils donne vie à qui il veut. |
22 Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le jugement tout entier, |
23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
Il est intéressant de considérer les versets 19–20 comme une description des relations entre un père et un fils terrestres. En effet, pendant un certain temps, les enfants apprennent et grandissent en imitant leurs parents. Un père aimant enseigne à son enfant ce qu’il faut faire et comment le faire, en compliquant progressivement les tâches. Une fois devenu adulte, le fils enseignera à son tour à ses enfants ce qu’il sait et sait faire. C’est ainsi que les connaissances et l’expérience se transmettent de génération en génération. La situation avec Dieu est quelque peu semblable. Seulement, les « générations » sont ici au nombre de trois : le Père, le Fils et nous. La relation entre le Père et le Fils est un grand mystère, mais là n’est pas la question. La question est que nous ne pouvons pas imiter directement le Père, puisque « personne n’a jamais vu Dieu » (voir Jn 1:18). Mais Celui dont l’imitation constitue, au fond, le but de notre vie nous a été révélé. Ce n’est que par le Fils que nous venons au Père (voir Jn 14:6). Ainsi, celui qui honore le Fils honore le Père. Celui qui écoute les paroles du Fils entend le Père. Celui qui est ouvert à ce que le Christ dit par l’Esprit Saint après Sa vie terrestre, y compris de nos jours, et qui écoute — obéit — accomplit cette parole, celui-là « a la vie éternelle et ne vient pas en jugement » (Jn 5:24). Et lorsque nous lisons comment les apôtres, à juste titre, font même preuve d’un certain égoïsme — ils préfèrent écouter Dieu —, c’est-à-dire qu’ils font tout ce qui dépend d’eux pour « passer de la mort à la vie ». Comme le dit leur Maître, ils s’amassent un trésor dans les cieux.
17 Mais il répondit : " Mon Père est à l'œuvre jusqu'à présent et j'œuvre moi aussi " |
18 Aussi les Juifs n'en cherchaient que davantage à le tuer, puisque, non content de violer le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu. |
19 Jésus reprit donc la parole et leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. |
20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, à vous en stupéfier. |
21 Comme le Père en effet ressuscite les morts et leur redonne vie, ainsi le Fils donne vie à qui il veut. |
22 Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le jugement tout entier, |
23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
En parlant de son ministère, Jésus mentionne le Jugement et la résurrection des morts, tout ce qui, dans la conscience de ses auditeurs, était lié à la fin de l'histoire terrestre, à la venue du Messie et à l'avènement du Royaume messianique. Mais il ne se nomme pourtant pas Messie. C'est peut-être précisément cela qui suscitait de nombreux malentendus : tout en revendiquant des prérogatives messianiques, Jésus ne se proclame pas Messie ; or un simple homme, même prophète, n'avait pas le droit de se permettre rien de semblable selon les représentations religieuses généralement admises en ce temps-là. Pourquoi donc ne tente-t-il pas de dissiper les malentendus en annonçant simplement sa messianité ? Alors, l'attitude envers ses paroles aurait sûrement été différente, et les accusations, par conséquent, auraient été moins nombreuses, voire inexistantes : car on attendait du Messie le Jugement et une relation particulière avec Dieu, même s'il n'était évidemment pas question ici de la divino-humanité au sens chrétien.
Le problème, pourtant, tenait au fait qu'en ce temps-là, dans le milieu juif, on regardait le Messie et ses tâches à travers le prisme de la tradition de ce messianisme militant qui, après avoir apparemment presque disparu à l'époque hellénistique, avait reçu une vie nouvelle au temps des guerres des Maccabées, vues comme le début de la guerre messianique pendant laquelle, ou peu après laquelle, le Messie devait apparaître. Le Messie ne devait pas seulement se déclarer ; il devait agir, et agir d'une manière tout à fait précise et attendue. Or Jésus n'avait nullement l'intention d'agir ainsi. Sa tâche principale durant son bref ministère terrestre était de faire participer à la vie du Royaume le plus grand nombre possible de personnes. Sa mission se réduisait à aller et à manifester le Royaume là où le Père l'indiquerait, et à créer une communauté de ceux qui avaient participé au Royaume et étaient prêts à se consacrer au témoignage à son sujet. Pour tous les autres, y compris même les apôtres, tout cela n'était qu'un prélude à ce qu'ils tenaient pour l'essentiel : la préparation du soulèvement messianique et de la guerre messianique qui devait s'achever par l'expulsion des Romains et la fondation d'un nouveau « royaume des justes ».
Jésus, lui, parle constamment d'une seule et même chose : du Royaume et de sa véritable mission. Il ne se nomme pas Messie précisément pour qu'on n'exige pas de lui ce qu'il ne pouvait en aucun cas faire, parce que cela n'entrait pas dans les plans de son Père. Cela compliquait beaucoup les choses, rapprochait le dénouement tragique, mais permettait d'éviter des malentendus qui auraient pu conduire à une grave tentation spirituelle. Une tentation qui, en 70 apr. J.-C., conduisit à la ruine de la ville et du Temple, annoncée par le Sauveur.
17 Mais il répondit : " Mon Père est à l'œuvre jusqu'à présent et j'œuvre moi aussi " |
18 Aussi les Juifs n'en cherchaient que davantage à le tuer, puisque, non content de violer le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu. |
19 Jésus reprit donc la parole et leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. |
20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, à vous en stupéfier. |
21 Comme le Père en effet ressuscite les morts et leur redonne vie, ainsi le Fils donne vie à qui il veut. |
22 Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le jugement tout entier, |
23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
Pour les Juifs qui écoutaient le Christ, ce qu'il y avait sans doute de plus saisissant et d'impossible, c'était qu'Il appelait Dieu Son Père. Dans une certaine mesure, ils avaient raison: qui parmi les hommes, en effet, oserait appeler Dieu son Père? C'est seulement dans le Seigneur Jésus-Christ que s'ouvre pour nous la possibilité d'une telle adoption filiale; dans le cadre des relations vétérotestamentaires avec Dieu, cela est résolument impossible. Et nous voyons ici ce cas rare où le Seigneur ne reproche pas aux Juifs leur incrédulité, mais apporte la preuve qu'Il a le droit d'appeler ainsi le Père: ce sont les œuvres du Christ, dans lesquelles la gloire de Dieu est manifestée sans équivoque. Sur la base de ces œuvres mêmes, le Seigneur appelle à honorer le Fils comme le Père.
Mais ensuite, dans le passage d'aujourd'hui, le Seigneur dit encore une chose étonnante et très importante. Le fait est que la vie de l'homme hors de la Nouvelle Alliance conclue par le Christ se déroule, d'une manière ou d'une autre, dans l'attente du jugement et dans la préparation à celui-ci. Depuis la plus haute antiquité, les hommes l'ont compris; c'est pourquoi presque toutes les religions anciennes représentaient les maîtres du royaume souterrain avec une balance dans les mains, et c'est pourquoi les anciens Égyptiens gravaient encore sur les murs des tombeaux des assurances adressées aux dieux au nom des défunts: «Je n'ai pas tué, je n'ai pas volé, je n'ai pas fait le mal...».
L'Ancienne Alliance ne nous libère pas non plus de cette expérience d'être justiciables pour toutes nos actions, nos actes et nos pensées. La Loi est précisément là pour que l'on soit jugé selon elle... Pour les païens, le Seigneur Jésus Lui-même parle aussi du Jugement dernier, comme nous le rapporte l'évangéliste Matthieu au chapitre 25. Ce jugement est une sorte de poste de contrôle après lequel tu entreras, ou tu n'entreras pas, dans la vie éternelle.
Ainsi donc, la nouveauté exceptionnelle de l'alliance du Christ consiste, selon Ses paroles, en ce que celui qui croit en Lui n'est pas jugé et ne vient pas en jugement, mais est déjà passé de la mort à la vie. Il va de soi que le mot «croyant» ne désigne pas celui qui se contente de «confesser de la bouche», mais celui qui accomplit avec amour la volonté du Christ. Pour un tel homme, le Royaume des cieux commence dès maintenant. En disant: «Repentez-vous, car le Royaume des cieux s'est approché de vous», le Seigneur nous propose à tous d'y entrer.
1 Après cela, il y eut une fête des Juifs et Jésus monta à Jérusalem. |
2 Or il existe à Jérusalem, près de la Probatique, une piscine qui s'appelle en hébreu Bethesda et qui a cinq portiques. |
3 Sous ces portiques gisaient une multitude d'infirmes, aveugles, boiteux, impotents, qui attendaient le bouillonnement de l'eau. |
4 Car l'ange du Seigneur descendait par moments dans la piscine et agitait l'eau; le premier alors à y entrer, après que l'eau avait été agitée, se trouvait guéri, quel que fût son mal. |
5 Il y avait là un homme qui était infirme depuis trente-huit ans. |
6 Jésus, le voyant étendu et apprenant qu'il était dans cet état depuis longtemps déjà, lui dit : " Veux-tu guérir ? " |
7 L'infirme lui répondit : " Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine, quand l'eau vient à être agitée ; et, le temps que j'y aille, un autre descend avant moi. " |
8 Jésus lui dit : " Lève-toi, prends ton grabat et marche. " |
9 Et aussitôt l'homme fut guéri; il prit son grabat et il marchait. Or c'était le sabbat, ce jour-là. |
10 Les Juifs dirent donc à celui qui venait d'être guéri : " C'est le sabbat. Il ne t'est pas permis de porter ton grabat. " |
11 Il leur répondit : " Celui qui m'a guéri m'a dit : Prends ton grabat et marche. " |
12 Ils lui demandèrent : " Quel est l'homme qui t'a dit : Prends ton grabat et marche ? " |
13 Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était; Jésus en effet avait disparu, car il y avait foule en ce lieu. |
14 Après cela, Jésus le rencontre dans le Temple et lui dit : " Te voilà guéri ; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive pire encore. " |
15 L'homme s'en fut révéler aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri. |
16 C'est pourquoi les Juifs persécutaient Jésus: parce qu'il faisait ces choses-là le jour du sabbat. |
17 Mais il répondit : " Mon Père est à l'œuvre jusqu'à présent et j'œuvre moi aussi " |
18 Aussi les Juifs n'en cherchaient que davantage à le tuer, puisque, non content de violer le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu. |
19 Jésus reprit donc la parole et leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. |
20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, à vous en stupéfier. |
21 Comme le Père en effet ressuscite les morts et leur redonne vie, ainsi le Fils donne vie à qui il veut. |
22 Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le jugement tout entier, |
23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
Peu à peu, le Seigneur commence à révéler aux disciples, et pas seulement à eux, le mystère de son ministère. Il est venu sur la terre pour « faire » ce que « fait » son Père. Comme le Père donne la vie aux hommes le jour du sabbat, ainsi Jésus vivifie les hommes de la vie du Père. Il en a le droit, parce qu'il est la présence même du Père, celui qui accomplit son œuvre: juger et donner la vie.
Et l'évangéliste nous appelle à cette percée qu'il nomme la foi: voir ce qui n'est pas évident, voir, derrière ce qui se produit dans notre vie, qu'il s'agisse d'une guérison ou du sentiment de la paix divine dans le cœur, le visage de Jésus accomplissant la volonté du Père, nous conduisant à la connaissance de Celui que nous ne sommes pas capables de voir par nous-mêmes, mais que nous attendons et honorons. Et celui qui honore le Père doit traiter avec le même respect et le même amour Celui qu'il a envoyé.
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