1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem |
2 en disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. " |
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. |
5 " A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : |
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. " |
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, |
8 et les envoya à Bethléem en disant : " Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. " |
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. |
10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. |
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
Aujourd’hui, en la fête de la Nativité du Christ, nous lisons aux matines le récit de l’évangéliste Matthieu sur la naissance du Sauveur et, à la liturgie, son récit de l’adoration des Mages. À propos de ces passages évangéliques, nous citerons des pensées exprimées à haute voix au début du VIIIe siècle par les auteurs de l’office de la Nativité du Christ, saint Jean Damascène et saint Cosmas de Maïouma. Voici ce qu’ils disent de la Nativité et de l’adoration des Mages dans l’ikos et l’hypakoï (traduit du grec) :
« Bethléem a ouvert l’Éden — venez, contemplons-le ; nous avons trouvé la joie cachée — venez, recevons le paradis dans la grotte. Là est apparue la Racine que nul n’a arrosée et qui a fait germer le pardon ; là fut trouvé le Puits que nul n’a creusé et auquel David désirait boire. Là, en enfantant le Petit Enfant, la Vierge étancha la soif d’Adam et de David. Hâtons-nous donc vers le lieu où est né le petit Enfant — le Dieu prééternel. »
« À Toi, l’Enfant couché dans la crèche, le ciel a offert les prémices des nations, conduisant les Mages par une étoile ; ils ne s’émerveillaient ni des sceptres ni des trônes, mais de l’extrême pauvreté. Car qu’y a-t-il de plus misérable qu’une grotte ? Qu’y a-t-il de plus humble que les langes dans lesquels a resplendi la richesse de Ta divinité ? Seigneur, gloire à Toi. »
1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem |
2 en disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. " |
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. |
5 " A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : |
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. " |
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, |
8 et les envoya à Bethléem en disant : " Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. " |
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. |
10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. |
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
Combien de créateurs — écrivains, poètes, peintres — ce court récit a inspirés. Pourquoi ? Extérieurement, c'est un événement tout à fait ordinaire, la naissance d'un Enfant, mais en son honneur une étoile inhabituelle s'allume dans le ciel, et cette étoile conduit à Bethléem trois mages. Et voici — trois vieillards qui s'inclinent devant l'Enfant, trois païens — devant le Roi des Juifs, trois savants sages — devant Celui sur qui repose en secret l'Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d'intelligence (Is. 11:2).
Toute la sagesse humaine, toute la connaissance humaine ne sont capables que de cela — nous conduire à Dieu pour la véritable connaissance et nous suggérer quels dons nous pouvons apporter avec nous.
1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem |
2 en disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. " |
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. |
5 " A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : |
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. " |
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, |
8 et les envoya à Bethléem en disant : " Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. " |
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. |
10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. |
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
Le Christ nous a promis le second avènement. Nous L'attendons. Mais nous L'attendons d'une manière particulière. Et ce n'est pas du tout ainsi que nous attendons Noël. Nous savons qu'il y aura l'office de Noël, que beaucoup de monde viendra, que tous se féliciteront les uns les autres. Mais si nous y réfléchissions, nous comprendrions que la fête de Noël n'est pas seulement le souvenir de Son incarnation passée. C'est la venue du Christ dans le monde. Une venue qui n'a pas encore eu lieu, que nous attendons seulement. Cela signifie qu'elle est à la fois l'écho de la première venue et l'annonce de la seconde; c'est là la propriété étonnante et unificatrice de cette fête.
1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem |
2 en disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. " |
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. |
5 " A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : |
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. " |
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, |
8 et les envoya à Bethléem en disant : " Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. " |
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. |
10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. |
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
Aujourd'hui, nous célébrons un office particulier, les Heures royales, ou heures de la veille de la Nativité du Christ. Aux Heures royales, nous lisons plusieurs passages de l'Ancien Testament, de l'épître aux Hébreux, ainsi que les récits des évangélistes Matthieu et Luc sur la Nativité. Dans cet office inhabituel, le plus important est son caractère pascal fortement souligné. Au fond, c'est presque une copie exacte des Heures célébrées le jour de la mort du Christ sur la Croix, le Grand Vendredi.
Les Heures royales du Vendredi saint comme celles de la Nativité du Christ furent composées par le patriarche Sophrone de Jérusalem (mort en 644) dans la première moitié du VIIe siècle ; leur profonde ressemblance vise à désigner le commencement et l'achèvement de l'action salvatrice de Dieu : la Nativité du Christ et son sacrifice sur la Croix. Ces événements nous révèlent le dessein de Dieu comme le passage salvateur de Dieu à travers notre monde, qui s'achève dans le triomphe de la Croix et de la Résurrection.
Et saint Sophrone écrit ainsi au sujet de la raison de la Nativité : « Comme descendante de la lignée de David, Marie fut autrefois recensée à Bethléem avec le vieillard Joseph, portant en son sein le Fruit sans semence ; lorsque le temps de l'enfantement arriva, il n'y avait aucun lieu où loger, et la grotte apparut à la Reine comme un beau palais. Ainsi le Christ naît pour relever son image tombée autrefois ». La Nativité est donc le commencement du chemin de la Croix, et c'est précisément ainsi que l'Église l'aborde.
1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem |
2 en disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. " |
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. |
5 " A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : |
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. " |
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, |
8 et les envoya à Bethléem en disant : " Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. " |
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. |
10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. |
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
À la lecture du récit évangélique de la visite des mages, une question naturelle se pose : pourquoi Hérode craignait-il tant le Messie, dont il ne sait même pas avec certitude s'Il est né ou non ? La réponse est claire pour quiconque connaît la situation politique de la Palestine aux temps évangéliques : dans le Messie qui, selon les représentations communément admises alors chez les Juifs, devait devenir roi de Judée, Hérode ne pouvait voir qu'un rival politique menaçant son pouvoir. Pour nous, qui connaissons l'histoire évangélique, ces craintes ne peuvent que paraître ridicules. Et pourtant elles ont conduit à une tragédie, à ce massacre de Bethléem auquel l'enfant Jésus a échappé, mais au cours duquel beaucoup d'autres enfants ont péri.
Il n'y a pas à parler de la cruauté du pouvoir, elle est évidente. Mais une autre chose ne l'est pas moins : l'absurdité, le non-sens tragique de ce qui se passe. Hérode ne sait rien du Messie, il ne L'a jamais vu et n'a jamais voulu Le voir. Dans son attitude envers Jésus, il se guide au fond sur ces légendes populaires, ces mythes à cause desquels Jésus a caché Son messianisme presque jusqu'à la fin de Son ministère terrestre. Et cette peur fondée sur une illusion fait d'Hérode un meurtrier.
Certes, aucun pouvoir dans le monde déchu ne se passe de sang versé. Mais, apparemment, lorsque le pouvoir se guide sur des mythes et des idées reçues qui n'ont aucun rapport avec la réalité, le sang coule particulièrement abondamment. Au fond, on demandait peu à Hérode dans cette situation : simplement aller voir. Et comprendre que cet Enfant couché dans la mangeoire ne prétendrait jamais à son pouvoir, pas plus qu'au pouvoir de tout autre souverain terrestre, dont Il n'a pas besoin.
Mais Hérode ne va nulle part. Il reste prisonnier de ses propres illusions et de sa propre peur. Et il devient meurtrier.
1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem |
2 en disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. " |
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. |
5 " A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : |
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. " |
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, |
8 et les envoya à Bethléem en disant : " Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. " |
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. |
10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. |
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
Ce que nous possédons ne nous appartient pas—ou, plus précisément, ne devient nôtre que si nous comprenons que cela vient de Dieu. On ne peut donner à autrui que ce qui est à soi, mais seul est vraiment à nous ce que Dieu nous a donné. Les dons de Dieu sont à la fois ce qui nous appartient le plus et ce qui nous appartient le moins. C’est l’un des nombreux paradoxes qui, en réalité, n’augmentent pas nos doutes, mais ne font que fortifier notre foi.
Chacun de nous est un mage. Chacun de nous a quelque chose à apporter à Dieu. Pourtant, ce que nous considérons comme de l’or, de l’encens et de la myrrhe n’est parfois que poussière pour Dieu, tandis que ce qui n’est que poussière pour nous est, pour Dieu, le meilleur des cadeaux. Pour comprendre que nous avons des dons et qu’il y a Quelqu’un à qui les offrir, nous avons besoin d’une étoile. Et Dieu allume parfois plus d’une étoile à notre horizon. Notre étoile qui nous guide peut être un ami qui nous a parlé du Christ ou qui a simplement cru en nous, en notre valeur ; une œuvre d’art ou un événement de notre vie, même douloureux, peut devenir une étoile. Alors nous apportons nos dons, parfois sans même savoir rendre grâce pour eux et pour la possibilité de donner, et le Christ naît dans notre cœur.
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
La venue des mages troubla non seulement Hérode, mais aussi, comme il est noté, tout Jérusalem. L’inquiétude d’Hérode se comprend, car, comme tout dirigeant cruel, il voit partout sinon des complots, du moins des concurrents. Mais d’autres personnes, auxquelles les penchants d’Hérode ne semblent pourtant pas propres, s’inquiètent aussi que la naissance de l’Enfant puisse introduire des changements importants dans leur vie. Or tout changement, même le plus longtemps attendu, est inévitablement lié à un inconfort.
Ainsi, dès les premiers jours de la vie terrestre du Messie, commence une rupture dramatique dans l’âme de beaucoup de ceux qui, après une longue attente de Sa venue, se sont trouvés incapables de Le rencontrer. Mais ces mêmes jours commencent aussi la venue au Christ de beaucoup de ceux qui avaient longtemps erré sur des chemins éloignés de la vraie connaissance de Dieu, mais qui, même dans la forêt du paganisme, ont su trouver le sentier qui en sortait. Et si les mages sont parvenus à Bethléem en suivant l’étoile, ils sont repartis après avoir déjà reçu une révélation, et donc sans avoir besoin de leurs anciennes divinations. Les mages ne sont pas repartis par un autre chemin seulement à cause du danger venant d’Hérode, mais aussi parce que les anciens chemins, après la venue du Christ dans le monde, étaient épuisés.
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
L’Évangile selon Matthieu nous a conservé la tradition de la visite faite à Marie, peu après qu’Elle eut donné naissance à Jésus, par ceux que le texte synodal russe appelle, à la manière slave, les mages. Les traducteurs ont ainsi rendu le mot grec «magi», que nous trouvons dans le texte original de l’Évangile.
Qui étaient ces «magi» venus d’Orient? À l’est de l’Empire romain se trouvait la Perse, dont les relations avec Rome étaient loin d’être amicales. La religion d’État de la Perse aux temps évangéliques était le zoroastrisme. Les prêtres de cette religion étaient appelés en grec «mages». D’ailleurs, ces hommes ne pratiquaient pas la magie au sens moderne du mot.
Ils étaient les serviteurs du grand dieu bon nommé Ahura Mazda. Et ils menaient la guerre contre son sombre adversaire, appelé Angra Mainyu, ou, dans la prononciation grecque, Ahriman. Ils attendaient aussi celui qu’ils appelaient dans leur langue Saoshyant, ou Libérateur. Celui qui devait venir pour prendre la tête, sur la terre, de la grande guerre des forces de la lumière contre les forces des ténèbres. Et sans doute certains de ces hommes savaient-ils qu’ils n’étaient pas les seuls à attendre le Saoshyant. Qu’il y avait à l’Occident, dans une terre appelée Judée par ses habitants, un peuple qui attendait le même que lui. Seulement, ce peuple l’appelait autrement: l’Oint, le Messie. Et il s’est trouvé des hommes qui ont osé partir vers un pays ennemi pour trouver celui qu’ils attendaient tant.
Dieu a conduit ces hommes là où ils désiraient tant arriver. Et Il leur a donné de voir Celui qu’ils désiraient tant voir. Quant à eux, ils ont laissé à l’Enfant divin et à Sa Mère un cadeau royal. L’or, comme offrande au roi. L’encens, pour l’onction royale. Et la myrrhe, herbe sacrée des zoroastriens. Puis ils sont repartis comme ils étaient venus. Attendre le jour où le Saoshyant qu’ils avaient trouvé commencerait Sa guerre. Comme beaucoup de Juifs l’attendaient aussi. Ni les uns ni les autres ne savaient que la guerre serait tout autre que ce qu’ils imaginaient. Mais le Royaume aussi s’est révélé autre que ce que la majorité attendait. Et pourtant, celui qui voulait l’accueillir l’a accueilli. Car il s’agit, en fin de compte, de ce vers quoi l’on tend, et non de la manière dont on se le représente.
1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem |
2 en disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. " |
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. |
5 " A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : |
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. " |
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, |
8 et les envoya à Bethléem en disant : " Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. " |
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. |
10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. |
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
13 Après leur départ, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : " Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; et restes-y jusqu'à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. " |
14 Il se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte; |
15 et il resta là jusqu'à la mort d'Hérode, pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : D'Égypte j'ai appelé mon fils. |
16 Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, fut pris d'une violente fureur et envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans, d'après le temps qu'il s'était fait préciser par les mages. |
17 Alors s'accomplit l'oracle du prophète Jérémie: |
18 Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte : c'est Rachel pleurant ses enfants ; et elle ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus. |
19 Quand Hérode eut cessé de vivre, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph, en Égypte, |
20 et lui dit : " Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d'Israël ; car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant. " |
21 Il se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, et rentra dans la terre d'Israël. |
22 Mais, apprenant qu'Archélaüs régnait sur la Judée à la place d'Hérode son père, il craignit de s'y rendre; averti en songe, il se retira dans la région de Galilée |
23 et vint s'établir dans une ville appelée Nazareth ; pour que s'accomplît l'oracle des prophètes : Il sera appelé Nazôréen. |
L’arrivée à Jérusalem des « mages » venus « d’Orient » (v. 1), décrite dans la lecture d’aujourd’hui, soulève toute une série de questions. Qui étaient ces « mages » ? Pourquoi la question de la naissance du Messie-Christ les intéressait-elle, alors qu’elle semblait, à cette époque, ne pouvoir intéresser que les Juifs ? Et quelle mystérieuse « étoile » (v. 2) les guidait ? La réponse traditionnelle à cette dernière question a consisté à dire que les « mages », qui connaissaient bien l’astronomie de leur temps, avaient pu remarquer dans le ciel étoilé un phénomène inhabituel qu’ils avaient interprété comme un signe que le Messie était réellement né. Mais une telle réponse suppose que ces « mages » connaissaient non seulement bien l’astronomie, mais attendaient aussi la venue du Messie tout autant que les Juifs eux-mêmes.
La Palestine faisait alors partie de l’Empire romain, qui, à l’est, avait pour voisin la Perse, que les Romains ne parvinrent jamais à conquérir malgré de nombreuses tentatives. La religion d’État de la Perse était alors le zoroastrisme, et les prêtres de cette religion étaient appelés en grec, dans l’Empire romain, des « mages ». Or le zoroastrisme se distinguait par le fait que ses adeptes, comme les Juifs, attendaient un Messie qui viendrait sur la terre à la fin des temps pour y conduire la dernière bataille des fils de la Lumière contre les fils des ténèbres. Il semble qu’il se soit trouvé parmi les prêtres zoroastriens des hommes qui osèrent sortir du cadre de leur propre religion prescrit par la tradition. Ce sont eux qui partirent en Judée pour y trouver le Messie qu’ils attendaient tant.
Bien sûr, les représentations messianiques zoroastriennes traditionnelles différaient sensiblement des représentations bibliques. Mais, pour ceux qui partirent en Palestine, le désir de trouver la vérité fut manifestement plus fort que l’influence des opinions admises et la pression du milieu. Cette pression pouvait être très forte : l’Empire romain et la Perse étaient traditionnellement ennemis, et partir en Judée signifiait pour les mages se rendre directement dans le camp adverse. De plus, ils n’avaient évidemment aucune garantie de trouver réellement Celui qu’ils cherchaient. Mais, à ce qu’on voit, trouver le Messie dont parlaient non seulement les livres bibliques, mais aussi les livres zoroastriens, était absolument nécessaire pour ces hommes. C’est pourquoi ils trouvèrent Celui qu’ils cherchaient (v. 9-11).
Dieu n’a pas destiné chacun à naître dans le peuple de Dieu. Mais la recherche de la vérité est accessible à chacun. Et si cette recherche est sincère et persévérante, tôt ou tard elle conduira inévitablement celui qui cherche vers Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.
1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem |
2 en disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. " |
3 L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. |
4 Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. |
5 " A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : |
6 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. " |
7 Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, |
8 et les envoya à Bethléem en disant : " Allez vous renseigner exactement sur l'enfant ; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage. " |
9 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. |
10 À la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. |
11 Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. |
12 Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays. |
13 Après leur départ, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : " Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; et restes-y jusqu'à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. " |
14 Il se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte; |
15 et il resta là jusqu'à la mort d'Hérode, pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur : D'Égypte j'ai appelé mon fils. |
16 Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, fut pris d'une violente fureur et envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans, d'après le temps qu'il s'était fait préciser par les mages. |
17 Alors s'accomplit l'oracle du prophète Jérémie: |
18 Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte : c'est Rachel pleurant ses enfants ; et elle ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus. |
19 Quand Hérode eut cessé de vivre, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph, en Égypte, |
20 et lui dit : " Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d'Israël ; car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant. " |
21 Il se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, et rentra dans la terre d'Israël. |
22 Mais, apprenant qu'Archélaüs régnait sur la Judée à la place d'Hérode son père, il craignit de s'y rendre; averti en songe, il se retira dans la région de Galilée |
23 et vint s'établir dans une ville appelée Nazareth ; pour que s'accomplît l'oracle des prophètes : Il sera appelé Nazôréen. |
Pour l’évangéliste, l’Enfant qui vient de naître est le Messie promis, Celui qui doit accomplir en Lui-même toute l’Histoire sainte du peuple d’Israël et la mener à sa plénitude. C’est pourquoi le récit d’aujourd’hui laisse reconnaître des détails de l’histoire de Moïse, de la sortie d’Égypte et de la marche à travers le désert. Un roi cruel veut anéantir l’espérance d’Israël et tue des enfants innocents (Ex 1) ; Dieu fait sortir Israël d’Égypte (ce parallèle est confirmé par la citation du prophète) ; des sages venus d’Orient, guidés par une étoile, bénissent Israël (Nb 24:17). Dieu ne sauve pas Son peuple de l’extérieur de l’histoire, mais en Se tenant en son cœur même : le Christ naît sur terre pour traverser toutes les épreuves et les peines de Son peuple et, plus largement, de tous les hommes. Le mystère merveilleux de la participation à Dieu s’accomplit en Celui qui a marché sur notre terre, respiré notre air, contemplé notre ciel, vécu dans notre monde et rempli notre histoire et notre vie...
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