20 Alors, toute île prit la fuite, et les montagnes disparurent. |
21 Et des grêlons énormes - près de quatre-vingts livres ! - s'abattirent du ciel sur les hommes. Et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause de cette grêle désastreuse ; oui, elle est bien cause d'un effrayant désastre. |
Depuis le Trône de gloire, le Jugement est perçu comme l'effusion de la colère de Dieu, qui provoque cataclysmes et catastrophes. On pourrait croire que Dieu, qui aime Sa création, ne devrait pas laisser libre cours à Sa colère : auparavant, Il a tout fait pour sauver le monde qu'Il a créé. Mais ce salut a toujours fait partie de Son plan, qu'Il a réalisé tout au long de l'histoire du monde. Dieu est en effet une Personne, et non un Absolu impersonnel. Il a Sa volonté, et donc Ses préférences.
Dans la Bible, il est souvent dit de Dieu qu'Il a « oublié » quelqu'un ou quelque chose, puis qu'Il s'en est « souvenu ». Dieu, évidemment, n'est pas homme pour oublier ou se souvenir de quelque chose au sens humain du mot. Mais dans le monde déchu, il y a toujours quelque chose que Dieu ne veut pas regarder et à quoi Il ne veut pas participer. Alors Il se détourne. Il oublie.
Bien sûr, Il sait ce qui se passe, mais Il ne veut pas le voir et ne veut pas que ceux qui participent aux œuvres des ténèbres Le voient. Qu'ils sentent Sa présence. Afin que les hommes qui ne suivent pas Sa volonté et ne participent pas à Ses plans n'aient aucune illusion sur Sa participation à leurs affaires. Mais à la fin des temps aussi, de tels hommes, et pas seulement des hommes, demeurent. Bien plus : ils deviennent extrêmement actifs. Ils s'affermissent dans leur « non » à la volonté de Dieu, aux plans de Dieu et à l'amour de Dieu. Et ce « non » définitif signifie aussi le retrait définitif de Dieu.
Son départ définitif de leur vie. Ceux qui ont dit à l'amour de Dieu un « non » définitif ne verront plus Dieu. Mais ils rencontreront la force de Dieu : car ce monde demeure de toute façon le monde de Dieu, quoi qu'on en pense et quel que soit le désir de certains de se l'approprier définitivement et irrévocablement. Cette même force de Dieu sans l'amour de Dieu devient, pour ceux qui la rencontrent, la colère de Dieu. Une colère à laquelle il est facile d'échapper, et en même temps infiniment difficile pour beaucoup. Parce que, pour cela, il faut se confier à Dieu. Et renoncer à s'opposer à Lui, une fois pour toutes.
2 Et le premier s'en alla répandre sa coupe sur la terre; alors, ce fut un ulcère mauvais et pernicieux sur les gens qui portaient la marque de la Bête et se prosternaient devant son image. |
3 Et le deuxième répandit sa coupe dans la mer; alors, ce fut du sang - on aurait dit un meurtre! - et tout être vivant mourut dans la mer. |
4 Et le troisième répandit sa coupe dans les fleuves et les sources; alors, ce fut du sang. |
5 Et j'entendis l'Ange des eaux qui disait : " Tu es juste, "Il est et Il était", le Saint, d'avoir ainsi châtié ; |
6 c'est le sang des saints et des prophètes qu'ils ont versé, c'est donc du sang que tu leur as fait boire, ils le méritent ! " |
7 Et j'entendis l'autel dire : " Oui, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, tes châtiments sont vrais et justes. " |
8 Et le quatrième répandit sa coupe sur le soleil; alors, il lui fut donné de brûler les hommes par le feu, |
9 et les hommes furent brûlés par une chaleur torride. Mais, loin de se repentir en rendant gloire à Dieu, ils blasphémèrent le nom du Dieu qui détenait en son pouvoir de tels fléaux. |
10 Et le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la Bête; alors, son royaume devint ténèbres, et l'on se mordait la langue de douleur. |
11 Mais, loin de se repentir de leurs agissements, les hommes blasphémèrent le Dieu du ciel sous le coup des douleurs et des plaies. |
12 Et le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve Euphrate; alors, ses eaux tarirent, livrant passage aux rois de l'Orient. |
13 Puis, de la gueule du Dragon, et de la gueule de la Bête, et de la gueule du faux prophète, je vis surgir trois esprits impurs, comme des grenouilles - |
14 et de fait, ce sont des esprits démoniaques, des faiseurs de prodiges, qui s'en vont rassembler les rois du monde entier pour la guerre, pour le grand Jour du Dieu Maître-de-tout. - |
15 Voici que je viens comme un voleur : heureux celui qui veille et garde ses vêtements pour ne pas aller nu et laisser voir sa honte. |
16 Ils les rassemblèrent au lieu dit, en hébreu, Harmagedôn. |
17 Et le septième répandit sa coupe dans l'air ; alors, partant du temple, une voix clama : " C'en est fait ! " |
18 Et ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres, avec un violent tremblement de terre; non, depuis qu'il y a des hommes sur la terre, jamais on n'avait vu pareil tremblement de terre, aussi violent! |
19 La Grande Cité se scinda en trois parties, et les cités des nations croulèrent; et Babylone la grande, Dieu s'en souvint pour lui donner la coupe où bouillonne le vin de sa colère. |
20 Alors, toute île prit la fuite, et les montagnes disparurent. |
21 Et des grêlons énormes - près de quatre-vingts livres ! - s'abattirent du ciel sur les hommes. Et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause de cette grêle désastreuse ; oui, elle est bien cause d'un effrayant désastre. |
Les châtiments décrits dans ce chapitre rappellent les plaies d’Égypte, mais les dépassent en sévérité. Les quatre premiers anges châtient ceux qui ont adoré l’Antichrist ; les trois dernières coupes sont versées sur la ville de l’Antichrist, hostile à Dieu. À ce moment même, le jugement approche : « Voici que Je viens comme un voleur »—en secret, à l’improviste, comme vient un voleur qui s’introduit dans une maison. Cette comparaison, proche des paroles du Seigneur dans l’Évangile, indique que l’homme sera pris au dépourvu. Il ne sera pas prêt pour le jugement, pour la venue du Seigneur dans la gloire. Il ne sera pas prêt non plus pour l’ultime combat du bien et du mal, qui est inévitable. Mais nous ignorons ce que sera cette dernière bataille de l’histoire.
2 Et le premier s'en alla répandre sa coupe sur la terre; alors, ce fut un ulcère mauvais et pernicieux sur les gens qui portaient la marque de la Bête et se prosternaient devant son image. |
3 Et le deuxième répandit sa coupe dans la mer; alors, ce fut du sang - on aurait dit un meurtre! - et tout être vivant mourut dans la mer. |
4 Et le troisième répandit sa coupe dans les fleuves et les sources; alors, ce fut du sang. |
5 Et j'entendis l'Ange des eaux qui disait : " Tu es juste, "Il est et Il était", le Saint, d'avoir ainsi châtié ; |
6 c'est le sang des saints et des prophètes qu'ils ont versé, c'est donc du sang que tu leur as fait boire, ils le méritent ! " |
7 Et j'entendis l'autel dire : " Oui, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, tes châtiments sont vrais et justes. " |
8 Et le quatrième répandit sa coupe sur le soleil; alors, il lui fut donné de brûler les hommes par le feu, |
9 et les hommes furent brûlés par une chaleur torride. Mais, loin de se repentir en rendant gloire à Dieu, ils blasphémèrent le nom du Dieu qui détenait en son pouvoir de tels fléaux. |
10 Et le cinquième répandit sa coupe sur le trône de la Bête; alors, son royaume devint ténèbres, et l'on se mordait la langue de douleur. |
11 Mais, loin de se repentir de leurs agissements, les hommes blasphémèrent le Dieu du ciel sous le coup des douleurs et des plaies. |
12 Et le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve Euphrate; alors, ses eaux tarirent, livrant passage aux rois de l'Orient. |
13 Puis, de la gueule du Dragon, et de la gueule de la Bête, et de la gueule du faux prophète, je vis surgir trois esprits impurs, comme des grenouilles - |
14 et de fait, ce sont des esprits démoniaques, des faiseurs de prodiges, qui s'en vont rassembler les rois du monde entier pour la guerre, pour le grand Jour du Dieu Maître-de-tout. - |
15 Voici que je viens comme un voleur : heureux celui qui veille et garde ses vêtements pour ne pas aller nu et laisser voir sa honte. |
16 Ils les rassemblèrent au lieu dit, en hébreu, Harmagedôn. |
17 Et le septième répandit sa coupe dans l'air ; alors, partant du temple, une voix clama : " C'en est fait ! " |
18 Et ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres, avec un violent tremblement de terre; non, depuis qu'il y a des hommes sur la terre, jamais on n'avait vu pareil tremblement de terre, aussi violent! |
19 La Grande Cité se scinda en trois parties, et les cités des nations croulèrent; et Babylone la grande, Dieu s'en souvint pour lui donner la coupe où bouillonne le vin de sa colère. |
20 Alors, toute île prit la fuite, et les montagnes disparurent. |
21 Et des grêlons énormes - près de quatre-vingts livres ! - s'abattirent du ciel sur les hommes. Et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause de cette grêle désastreuse ; oui, elle est bien cause d'un effrayant désastre. |
Comme on le voit, le témoignage au sujet du Royaume peut se retourner pour le monde non seulement en parole de l’amour de Dieu, mais aussi en effusion de la colère de Dieu. À première vue, un tel tournant des événements paraît étrange pour le Dieu d’amour. Mais cela s’explique, semble-t-il, par le fait qu’il s’agit de la fin de l’histoire, d’une situation où chacun a déjà fait son choix définitif et en récolte désormais les fruits. Celui qui reçoit Dieu et le Messie envoyé par Lui entre dans le Royaume, et le souffle de Dieu qui pénètre ce Royaume se révèle à lui comme souffle d’amour. Celui qui rejette Dieu ressent Son souffle comme une force de feu, purifiante, qui lui paraît impitoyable parce que, dans le monde en train d’être renouvelé, il n’y a pas pour lui de place, cette place qu’il avait lui-même auparavant refusée.
Auparavant, vu de la terre, l’annonce du jour prochain du Jugement et du triomphe du Royaume se révélait à Jean comme le son des trompettes angéliques ; maintenant, vu du ciel, depuis le Trône, elle se révèle à lui comme les coupes de la colère de Dieu versées sur la terre. Elles sont sept, tout comme les sept trompettes angéliques. Les quatre premières coupes, comme les quatre premières trompettes, touchent la nature et l’homme (v. 2–9 ; cf. Ap 8:7–13). La « grêle de feu », provoquant chez ceux qu’elle atteint certaines « plaies », la « montagne de feu » qui s’abat dans la mer et y fait périr tout ce qui vit, l’« étoile du ciel » à cause de laquelle l’eau des fleuves devient « sanglante » et impropre à boire, les rayons du soleil qui brûlent les hommes : tout cela, bien sûr, peut s’expliquer par des causes naturelles, mais il faut alors reconnaître que les cataclysmes naturels deviennent la norme à la fin de l’histoire. Manifestement, Dieu n’a plus de raison de retenir le monde du chaos en observant l’alliance conclue jadis avec Noé : car il ne reste plus de justes dans le monde.
Les trois autres coupes touchent déjà directement le « trône de la bête », provoquant la résistance des forces obscures, qui mène finalement à l’affrontement décisif, à cette dernière bataille des forces de la lumière contre les forces des ténèbres qui précède le triomphe définitif du Royaume (v. 10–21 ; cf. Ap 9). Jean décrit son avènement en recourant à la langue et au style des derniers prophètes (v. 18–21 ; cf. Is 2:19–21). D’ailleurs, pour ceux qui refusent de percevoir la réalité du Royaume, ce qui arrive apparaît non comme le renouvellement et la transfiguration du monde, mais comme une catastrophe qui détruit tout l’ordre des choses auquel ils sont habitués. Mais même alors, ils ne se souviennent de Dieu que pour L’accuser de tous leurs malheurs et de toutes leurs souffrances (v. 21).
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