14 Et voici qu'apparut à mes yeux une nuée blanche et sur la nuée était assis comme un Fils d'homme, ayant sur la tête une couronne d'or et dans la main une faucille aiguisée. |
15 Puis un autre Ange sortit du temple et cria d'une voix puissante à celui qui était assis sur la nuée : " Jette ta faucille et moissonne, car c'est l'heure de moissonner, la moisson de la terre est mûre. " |
L'image de la moisson, dans les livres de l'Ancien Testament comme dans l'Évangile, signifie la fin des temps et le bilan. C'est cette fin et ce bilan que voit l'apôtre. Quant à l'image de la vigne, dans l'Évangile, et peut-être déjà auparavant, elle est devenue le symbole du peuple de Dieu arrivé maintenant à l'achèvement de son histoire. Le fait que la dernière moisson soit ordonnée par « quelqu'un de semblable au Fils de l'homme » n'a rien d'étonnant : il s'agit en effet de l'achèvement de cette époque messianique qui a commencé avec la venue du Christ, Son ministère terrestre, Sa mort sur la croix et Sa résurrection.
Ce que Jean voit n'est pas simplement un épisode lié à la fin des temps, mais le résultat de processus commencés bien plus tôt. Au fond, c'est l'achèvement de cette époque dans laquelle il nous a été donné de vivre nous aussi. La moisson a été préparée et a mûri pendant tout le temps qui va de la venue du Christ à Son retour dans la gloire, tel que Jean L'a vu dans sa vision.
Bien sûr, il y a ici aussi le Jugement : car l'achèvement de l'époque signifie aussi l'achèvement des processus spirituels qui lui sont liés, et par conséquent l'achèvement du chemin spirituel de chacun de ceux qui ont vécu sur terre, aux temps chrétiens comme auparavant, avant même la venue du Christ. Et tout cela se trouve au centre de l'histoire du monde, tout comme la venue même du Messie, comme Sa naissance de la Vierge Marie montrée à l'apôtre peu auparavant. Le Sauveur, pendant la Cène, en Se comparant Lui-même à la vigne et Ses disciples aux sarments, ne parlait pas simplement en allégories.
Il avait en vue le lien spirituel réel entre Sa propre vie et la vie de chacun de ceux qui sont unis à Lui. Il n'est pas étonnant que le destin de chaque chrétien soit lié à Son chemin, et que Son chemin ne s'achève que maintenant, au jour du plein triomphe de Son Royaume. De même, c'est seulement maintenant que s'achève le chemin spirituel de chaque chrétien, qui dure bien plus longtemps que la vie humaine terrestre. Mais maintenant enfin, cette longue vie et ce long chemin reçoivent leur bilan, dont dépend le destin de l'homme au seuil du Royaume : pourra-t-il franchir le seuil, ou non ?
14 Et voici qu'apparut à mes yeux une nuée blanche et sur la nuée était assis comme un Fils d'homme, ayant sur la tête une couronne d'or et dans la main une faucille aiguisée. |
15 Puis un autre Ange sortit du temple et cria d'une voix puissante à celui qui était assis sur la nuée : " Jette ta faucille et moissonne, car c'est l'heure de moissonner, la moisson de la terre est mûre. " |
16 Alors celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée. |
17 Puis un autre Ange sortit du temple, au ciel, tenant également une faucille aiguisée. |
18 Et un autre Ange sortit de l'autel - l'Ange préposé au feu - et cria d'une voix puissante à celui qui tenait la faucille : " Jette ta faucille aiguisée, vendange les grappes dans la vigne de la terre, car ses raisins sont mûrs. " |
19 L'Ange alors jeta sa faucille sur la terre, il en vendangea la vigne et versa le tout dans la cuve de la colère de Dieu, cuve immense! |
Dans la lecture d’aujourd’hui, l’apôtre Jean parle du jour de la grande moisson. Est-ce déjà le jugement ? Il semble que non. Ce n’est encore que l’heure du bilan. Mais ce bilan lui-même est peu consolant : ce n’est pas par hasard que le raisin est jeté non pas simplement dans un pressoir, mais dans le pressoir de la colère de Dieu. Qu’est-ce que cela signifie pour nous aujourd’hui ? Peut-être un rappel que rien de ce que nous faisons ne disparaît dans le néant. Chacun de nos actes aura des conséquences. Et même s’il nous arrive de réussir à corriger quelque chose, nos possibilités de correction ne sont pas infinies. Le jour de la moisson viendra, le point final sera posé, et plus rien ne pourra être changé.
14 Et voici qu'apparut à mes yeux une nuée blanche et sur la nuée était assis comme un Fils d'homme, ayant sur la tête une couronne d'or et dans la main une faucille aiguisée. |
15 Puis un autre Ange sortit du temple et cria d'une voix puissante à celui qui était assis sur la nuée : " Jette ta faucille et moissonne, car c'est l'heure de moissonner, la moisson de la terre est mûre. " |
16 Alors celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée. |
17 Puis un autre Ange sortit du temple, au ciel, tenant également une faucille aiguisée. |
18 Et un autre Ange sortit de l'autel - l'Ange préposé au feu - et cria d'une voix puissante à celui qui tenait la faucille : " Jette ta faucille aiguisée, vendange les grappes dans la vigne de la terre, car ses raisins sont mûrs. " |
19 L'Ange alors jeta sa faucille sur la terre, il en vendangea la vigne et versa le tout dans la cuve de la colère de Dieu, cuve immense! |
20 Puis on la foula hors de la ville, et il en coula du sang qui monta jusqu'au mors des chevaux et sur une étendue de mille six cents stades. |
L’avènement du Royaume et le jour du Jugement qui le précède, Jésus les a plus d’une fois comparés, déjà au temps de Son ministère terrestre, à la moisson, à la récolte déjà mûre qui attend les moissonneurs et les cueilleurs. Et l’image de la vigne, dans les paraboles qu’Il a racontées, a toujours été associée au peuple de Dieu. Et voici que maintenant, dans sa vision apocalyptique, Jean voit le jour du Jugement et de l’avènement du Royaume précisément comme un jour de moisson (v. 15–16). Cette moisson, comme on le voit, achève l’histoire terrestre : le jour du Jugement est arrivé, le temps est venu de cette séparation du blé et de l’ivraie dont parlait le Sauveur dans Sa parabole (Mt 13:24–30). Et pour la « vigne », pour le peuple de Dieu (donc pour l’Église terrestre), la moisson, ou plutôt la vendange, devient le jour de la colère de Dieu ; ce n’est pas étonnant si l’on se souvient des jugements que Jésus porte sur les Églises demeurant sur la terre, auxquelles Il s’adresse par Son apôtre (v. 18–20).
Certes, le flot de sang qui sort du pressoir produit une impression terrifiante. Mais, si l’on réfléchit à l’image révélée à Jean, il n’est pas difficile de voir que nous sommes précisément devant la situation de la fin de l’histoire, lorsque le Jugement commence non parce que Dieu serait las d’attendre ou n’aurait plus de temps, mais parce qu’il n’y a manifestement plus rien à attendre : l’humanité dans son ensemble, et chaque homme destiné à passer sur la terre en particulier, ont fait leur choix, et il ne reste qu’à en tirer le bilan. Ceux qui ont choisi le Royaume versent leur sang comme des martyrs ; ceux qui ont choisi l’ordre existant des choses le versent parce que le monde, selon le témoignage du Sauveur, « gît dans le mal ». Dans un monde abîmé par le péché, l’homme n’a pas à choisir s’il versera son sang ou non ; il peut seulement choisir au nom de qui ou de quoi il le versera. Et pour l’Église terrestre, pour quiconque a avec elle un lien, ne serait-ce qu’à un faible degré, même seulement en paroles, ce choix devient particulièrement grave : de lui dépendra si celui qui choisit recevra le Royaume ou le perdra.
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