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RÉFLEXIONS pour 1Tm 4:1

L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, certains renieront la foi pour s’attacher à des esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques,
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Qu'est-ce que Paul appelle « doctrines de démons » et pourquoi ? Avant tout, évidemment, les prescriptions religieuses du judaïsme liées à la cacherout, à la distinction entre aliments purs et impurs. On pourrait croire difficile d'attendre cela d'un homme qui n'a jamais renié sa judéité. Mais, devenu chrétien, Paul n'a plus jamais absolutisé sa religion, ni considéré ses normes comme obligatoires pour chaque chrétien.

Or, dans différentes communautés ecclésiales apparaissaient souvent des « docteurs » qui estimaient devoir exiger impérativement de leurs frères ce qui, tout récemment encore, n'était absolument pas obligatoire pour eux comme païens, et que les Juifs eux-mêmes ne leur avaient jamais demandé. Un autre problème était celui des prédicateurs d'un ascétisme parfois immodéré, ce que l'apôtre appelle « exercice corporel ».

Il ne s'agit évidemment pas ici d'exercices physiques ni de sport, mais d'exercices ascétiques, le mot grec « ascèse » signifiant justement « exercice ». Et Paul s'élève fermement contre l'ascèse corporelle pratiquée pour elle-même. Il apparaît qu'il y avait alors dans l'Église de tels « docteurs », exigeant de leurs disciples une ascèse corporelle extrêmement stricte sans très bien comprendre à quoi elle servait. Il faut remarquer que la Synagogue connaît sa propre tradition d'ascétisme très sévère, plongeant ses racines dans l'Antiquité, même si l'ascétisme dans la Synagogue n'a jamais pris l'ampleur qu'il a prise dans l'Église.

C'est à cette tradition que se référaient les « docteurs », zélateurs d'une ascèse rigoureuse. Or l'absolutisation de la religiosité comme telle et l'ascèse, surtout corporelle, devenue une fin en soi, représentent deux des principaux dangers sur tout chemin spirituel, et sur le chemin chrétien tout particulièrement. L'une comme l'autre détournent l'homme de l'essentiel : du travail spirituel comme tel et de cette dynamique de formation spirituelle qui en constitue le contenu.

Au lieu de se concentrer sur la dynamique spirituelle, sur la vie spirituelle, l'homme commence à se concentrer sur ce qui, dans le meilleur des cas, n'en constitue que la périphérie éloignée, et dans le pire n'a aucun rapport avec elle. En effet, la religiosité et l'ascétisme peuvent très bien exister hors du contexte lié aux relations entre Dieu et l'homme, et hors de cet espace des relations du Père et du Fils dans lequel doit normalement se dérouler la vie du chrétien. Et alors, au lieu de la vie spirituelle, il y a un sérieux danger d'obtenir son ersatz, qui mène à une impasse spirituelle ; c'est ce que Paul rappelle à Timothée.

Autres réflexions

 
Pour 1Tm 4:1-10
L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, certains renieront la foi pour s’attacher à des esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques,
séduits par des menteurs hypocrites marqués au fer rouge dans leur conscience :
ces gens-là interdisent le mariage et l’usage d’aliments que Dieu a créés pour être pris avec action de grâces par les croyants et ceux qui ont la connaissance de la vérité.
Car tout ce que Dieu a créé est bon et aucun aliment n’est à proscrire, si on le prend avec action de grâces
la parole de Dieu et la prière le sanctifient.
Si tu exposes cela aux frères, tu seras un bon serviteur du Christ Jésus, nourri des enseignements de la foi et de la bonne doctrine dont tu t’es toujours montré le disciple fidèle.
Quant aux fables profanes, racontars de vieilles femmes, rejette-les. Exerce-toi à la piété.
Les exercices corporels, eux, ne servent pas à grand-chose : la piété au contraire est utile à tout, car elle a la promesse de la vie, de la vie présente comme de la vie future.
Elle est sûre cette parole et digne d’une entière créance.
10 Si en effet nous peinons et combattons, c’est que nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant, le Sauveur de tous les hommes, des croyants surtout.
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En parlant des derniers temps, Paul mentionne certains faux docteurs à la « conscience cautérisée » qui, selon lui...  Lire la suite

En parlant des derniers temps, Paul mentionne certains faux docteurs à la « conscience cautérisée » qui, selon lui, tenteront d'interdire aux fidèles ce que Dieu ne leur interdit nullement (v. 1–5). Apparemment, certains de ces faux docteurs essayaient déjà de prêcher dans l'Église quelque chose de semblable, si l'on admet que les « fables de vieilles femmes » mentionnées par l'apôtre (v. 7–9) ont un rapport avec les faux enseignements dont il parle. Paul, à ce qu'il semble, ne mentionne pas ici par hasard les exercices physiques : le mot grec correspondant pouvait désigner non seulement la gymnastique au sens où nous en parlons aujourd'hui, mais aussi, plus généralement, un certain système de maintien du corps dans un état déterminé, y compris peut-être un système que nous appellerions aujourd'hui plutôt non pas gymnastique, mais ascèse.

Bien sûr, on voit clairement ici l'attitude réservée et sceptique, propre au judaïsme, envers l'ascèse telle qu'elle existait dans certains systèmes religieux et philosophiques païens, y compris grecs. Par la suite, des pratiques de ce genre sont partiellement entrées dans la vie de l'Église, mais cela s'est produit sensiblement plus tard, déjà au Moyen Âge. Quant à l'Église des premiers chrétiens, d'après tout ce que nous savons d'elle aujourd'hui, elle les évitait, en s'orientant davantage vers la piété juive traditionnelle, où le rôle clé n'était pas joué par l'ascèse extérieure et corporelle, mais par la pratique de la prière continuelle et les efforts liés à l'acquisition de la Torah intérieure.

Mais, apparemment, il ne s'agissait pas seulement de cela. Paul, à en juger par toutes ses épîtres, n'accordait généralement pas une importance particulière à la religiosité et à la piété, les considérant comme peu importantes pour la vie spirituelle. Mais il s'est toujours opposé résolument à ce que la religion ou la piété traditionnelle se dressent sur le chemin de celui qui veut vivre la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Et maintenant, l'apôtre, à ce qu'il semble, ne s'oppose pas à une forme de piété au profit d'une autre, mais aux restrictions qui sont absolument inutiles à l'homme sur le chemin du Royaume. Il comprend parfaitement que l'ascèse est souvent liée non pas tant au désir d'accomplir la volonté de Dieu qu'au désir de s'affirmer soi-même, pour lequel les accomplissements ascétiques constituent un excellent terreau. C'est pourquoi l'apôtre s'élève avec vigueur contre ceux qui font de l'ascèse le centre et le sens de la vie spirituelle, indiquant avec justesse qu'un tel déplacement des accents n'a rien de commun avec la révélation chrétienne.

Et cela n'a rien d'étonnant : car l'ascèse comprise de cette manière suppose non pas cette « vie en abondance », selon les paroles du Sauveur, qu'Il a apportée au monde en ouvrant au monde le Royaume, mais une privation et une autolimitation éternelles. Une religiosité de ce genre amenait involontairement à penser que Dieu n'est pas du tout un Père aimant, qui ne manque de rien, mais un administrateur sévère et peu miséricordieux, distribuant avec parcimonie ses dons à ceux qui sont prêts à souffrir pour lui, à souffrir non pas parce que le monde gît dans le mal, mais parce que ces souffrances sont nécessaires à l'administrateur lui-même. Une telle religiosité n'était pas un témoignage, mais un contre-témoignage. Un contre-témoignage avec lequel l'apôtre ne pouvait ni ne voulait composer, en permettant à ceux qui le portaient d'obscurcir le visage de Dieu et d'égarer ceux qui cherchent le Royaume hors du bon chemin.

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Pour 1Tm 4:1-10
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Car tout ce que Dieu a créé est bon et aucun aliment n’est à proscrire, si on le prend avec action de grâces
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Si tu exposes cela aux frères, tu seras un bon serviteur du Christ Jésus, nourri des enseignements de la foi et de la bonne doctrine dont tu t’es toujours montré le disciple fidèle.
Quant aux fables profanes, racontars de vieilles femmes, rejette-les. Exerce-toi à la piété.
Les exercices corporels, eux, ne servent pas à grand-chose : la piété au contraire est utile à tout, car elle a la promesse de la vie, de la vie présente comme de la vie future.
Elle est sûre cette parole et digne d’une entière créance.
10 Si en effet nous peinons et combattons, c’est que nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant, le Sauveur de tous les hommes, des croyants surtout.
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Il est difficile de déterminer comment les mêmes paroles de l'Écriture sainte résonnent à travers les siècles. Peut-être la lecture d'aujourd'hui a-t-elle souvent...  Lire la suite

Il est difficile de déterminer comment les mêmes paroles de l'Écriture sainte résonnent à travers les siècles. Peut-être la lecture d'aujourd'hui a-t-elle souvent été actuelle au cours des deux mille ans d'histoire du christianisme, mais pour nous elle peut devenir une lecture quotidienne. Mangez ceci, ne mangez pas cela. Ce qui, durant toute l'histoire humaine, était considéré comme naturel est maintenant tenu pour nuisible, et inversement. Le mariage et la famille sont un mal, la vie ne vaut rien. L'essentiel n'est pas la piété, mais l'exercice, le régime et un sourire aux dents éclatantes. Pourtant, à tous ceux qui reprochent à l'Église et aux chrétiens d'adorer des choses rituelles, cérémonielles, donc extérieures, on ne peut opposer que les paroles de l'apôtre, qui restent jusqu'à ce jour la règle de vie de ceux qui croient à la mort et à la résurrection de Jésus : « ...l'exercice corporel est peu utile, tandis que la piété est utile à tout, car elle a la promesse de la vie présente et de la vie à venir. »

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