7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit. |
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis. |
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort. |
La rencontre des disciples à Troas a lieu le premier jour de la semaine, et cette assemblée est présentée comme quelque chose d'habituel. Or nous avons ici un témoignage important de la précocité avec laquelle, dans l'Église, le jour de la Résurrection est devenu le jour des assemblées de prière et d'eucharistie.
Pourquoi l'assemblée a-t-elle lieu la nuit? Seulement à cause des persécutions? Dans une certaine mesure, sans doute à cause d'elles, mais difficilement pour cette seule raison. Les nouveaux jours commençaient en effet le soir, et l'on peut imaginer avec quelle impatience les chrétiens, brûlant du désir de rencontrer au plus vite le Christ dans la prière et la fraction du Pain, cherchaient à se réunir aussitôt achevé le repos du sabbat observé par les frères issus des Juifs.
Dans la chambre haute, où les disciples étaient rassemblés, il y avait beaucoup de lampes, mais l'un des disciples était assis à l'écart près de la fenêtre; c'est pourquoi, sans doute, il s'est coupé de l'assemblée et s'est endormi, puis est tombé par la fenêtre. Tous ceux qui viennent dans l'Église n'ont pas forcément la réserve de forces spirituelles nécessaire, et pourtant le Maître a demandé aux disciples de veiller. Quant à ceux qui ne se sentent pas assez forts, il vaut mieux qu'ils ne se réfugient pas dans un coin discret, mais qu'ils aillent vers la lumière, pour ne pas tomber quelque part de plus abrupt encore que là où Eutychus est tombé.
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit. |
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis. |
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort. |
La rencontre des disciples à Troas a lieu le premier jour de la semaine, et cette assemblée est présentée comme quelque chose d'habituel. Or nous avons là un témoignage important sur la manière dont le jour de la Résurrection est devenu très tôt dans l'Église le jour des assemblées de prière et d'eucharistie. Pourquoi l'assemblée a-t-elle lieu la nuit, seulement à cause des persécutions? Apparemment, dans une certaine mesure à cause d'elles, mais guère pour cette seule raison. Car le nouveau jour commençait le soir, et l'on peut imaginer avec quelle impatience les chrétiens, brûlant du désir de rencontrer au plus vite le Christ dans la prière et la fraction du Pain, cherchaient à se réunir aussitôt que prenait fin le repos du sabbat observé par les frères venus du judaïsme.
Dans la chambre haute où les disciples étaient réunis, il y avait beaucoup de lampes, mais l'un d'eux était assis à l'écart, près de la fenêtre, ce qui l'a apparemment détaché de l'assemblée et l'a fait s'endormir; en conséquence, il est tombé par la fenêtre. En effet, tous ceux qui viennent dans l'Église n'ont pas nécessairement la réserve de forces spirituelles requise, et pourtant le Maître a demandé aux disciples de veiller. Quant à ceux qui ne se sentent pas de force, il vaut mieux pour eux ne pas se cacher dans un coin retiré, mais aller vers la lumière, afin de ne pas tomber quelque part plus rudement qu'Eutyque n'est tombé.
1 Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine. |
2 Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce, |
3 où il resta trois mois. Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s’embarquer pour la Syrie le décida à s’en retourner par la Macédoine. |
4 Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime. |
5 Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas. |
6 Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours. |
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit. |
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis. |
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort. |
10 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : « Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. » |
11 Puis il remonta, rompit le pain et mangea ; longtemps encore il parla, jusqu’au point du jour. C’est alors qu’il partit. |
12 Quant au jeune garçon, on le ramena vivant, et ce ne fut pas une petite consolation. |
13 Pour nous, prenant les devants par mer, nous gagnâmes le large vers Assos, où nous devions prendre Paul : ainsi en avait-il disposé. Lui-même viendrait par la route. |
14 Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord et gagnâmes Mitylène. |
15 De là, nous repartîmes le lendemain et parvînmes devant Chio. Le jour suivant, nous touchions à Samos, et, après nous être arrêtés à Trogyllion, nous arrivions le jour d’après à Milet. |
16 Paul avait en effet décidé de passer au large d’Éphèse, pour ne pas avoir à s’attarder en Asie. Il se hâtait afin d’être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem. |
17 De Milet, il envoya chercher à Éphèse les anciens de cette Église. |
18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit : « Vous savez vous-mêmes de quelle façon, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie, je n’ai cessé de me comporter avec vous, |
19 servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves que m’ont occasionnées les machinations des Juifs. |
20 Vous savez comment, en rien de ce qui vous était avantageux, je ne me suis dérobé quand il fallait vous prêcher et vous instruire, en public et en privé, |
21 adjurant Juifs et Grecs de se repentir envers Dieu et de croire en Jésus, notre Seigneur. |
22 « Et maintenant voici qu’enchaîné par l’Esprit je me rends à Jérusalem, sans savoir ce qui m’y adviendra, |
23 sinon que, de ville en ville, l’Esprit Saint m’avertit que chaînes et tribulations m’attendent. |
24 Mais je n’attache aucun prix à ma propre vie, pourvu que je mène à bonne fin ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu. |
25 « Et maintenant voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j’ai passé en proclamant le Royaume. |
26 C’est pourquoi je l’atteste aujourd’hui devant vous : je suis pur du sang de tous. |
27 Car je ne me suis pas dérobé quand il fallait vous annoncer en son entier le dessein de Dieu. |
28 « Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par le sang de son propre fils. |
29 « Je sais, moi, qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, |
30 et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d’entraîner les disciples à leur suite. |
31 C’est pourquoi soyez vigilants, vous souvenant que, trois années durant, nuit et jour, je n’ai cessé d’admonester avec larmes chacun d’entre vous. |
32 « Et à présent je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a le pouvoir de bâtir l’édifice et de procurer l’héritage parmi tous les sanctifiés. |
33 « Argent, or, vêtements, je n’en ai convoité de personne : |
34 vous savez vous-mêmes qu’à mes besoins et à ceux de mes compagnons ont pourvu les mains que voilà. |
35 De toutes manières je vous l’ai montré : c’est en peinant ainsi qu’il faut venir en aide aux faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » |
36 À ces mots, se mettant à genoux, avec eux tous il pria. |
37 Tous alors éclatèrent en sanglots, et, se jetant au cou de Paul, ils l’embrassaient, |
38 affligés surtout de la parole qu’il avait dite : qu’ils ne devaient plus revoir son visage. Puis ils l’accompagnèrent jusqu’au bateau. |
La lecture d'aujourd'hui comprend un discours dans lequel Paul fait le bilan de son activité missionnaire (v. 17–38). Ce discours est à la fois un compte rendu et une exhortation. En parlant de son ministère, Paul ne mentionne pas par hasard que, durant tous ses voyages missionnaires, il n'a été à charge à personne (v. 33–35). Ce point avait apparemment pour lui une importance de principe, et rien d'étonnant à cela : il concernait le spirituel autant que le matériel. Il ne s'agissait pas seulement du fait qu'il aurait été pour le moins étrange de faire payer la prédication. Il s'agissait de l'attitude même envers le ministère confié par Dieu. Si on le considère comme un travail ordinaire, semblable à tous les autres, on peut bien sûr en réclamer la rémunération comme pour n'importe quel travail. Mais Paul semble suivre avec constance l'instruction donnée par Jésus à Ses disciples lorsqu'Il les envoyait prêcher, pendant Son ministère terrestre (Mt 10,8). Son souci principal paraît être que ceux que Dieu a placés à la tête des Églises conservent tout ce dont il leur a témoigné dans sa prédication (v. 27–32). Paul comprend que de faux docteurs et de faux prophètes apparaîtront très bientôt : leur apparition est inévitable, et il faut s'y préparer (v. 29–30). Rester fidèle à ce dont Paul a témoigné, c'est rester fidèle au Christ et au Royaume. Mais aucun homme n'en est capable seul ; Paul conseille donc aux responsables des Églises d'écouter à la fois eux-mêmes et leur Église (v. 28). À première vue, il semble s'agir seulement de ce que nous appellerions aujourd'hui la démocratie au sein de l'Église. Pourtant, il ne s'agit pas uniquement de l'organisation des communautés ecclésiales, mais de la manière dont Paul voit l'Église. Pour lui, elle est avant tout le nouveau peuple de Dieu, créé par le Christ Lui-même. Aucun homme ne peut gouverner une communauté ecclésiale au sens où l'on parle habituellement de gouvernement dans notre monde encore non transfiguré : si cette communauté reste l'Église, seul Jésus ressuscité peut, par définition, la gouverner. Le rôle du responsable d'une Église devient alors principalement fonctionnel : il peut et doit se tenir à la tête de la communauté et présider l'assemblée, mais il ne peut donner à son Église rien qu'un autre de ses membres ne puisse lui donner. Rien d'étonnant : toute communauté ecclésiale qui mène une vie spirituelle pleine reçoit du Christ Lui-même tout ce qui est nécessaire à cette vie. Il n'y a, et ne peut y avoir, d'autres sources dans l'Église. Mais alors, ce ne sont pas des individus, quelle que soit leur place dans la communauté, qui peuvent préserver l'expérience de la communion avec le Christ, et donc celle du Royaume : seule la communauté entière le peut. Il reste pourtant nécessaire de s'écouter soi-même : la communauté ecclésiale n'est pas un collectif où la personne se perd, mais une communauté de personnes qui suivent le Christ dans toute leur singularité. L'expérience de chacun revêt alors une importance exceptionnelle, sans pouvoir être considérée, bien sûr, comme la vérité ultime. Paul comprenait apparemment qu'on ne peut se protéger des faux docteurs qu'en menant une vie spirituelle pleine. Aucune structure ecclésiale, aucun concept théologique, pas même aucun symbole de foi ne peut, à lui seul, protéger l'Église de la destruction venue du dehors ou du dedans. Sa seule protection peut être la fidélité au Christ et la vie selon les lois du Royaume.
1 Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine. |
2 Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce, |
3 où il resta trois mois. Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s’embarquer pour la Syrie le décida à s’en retourner par la Macédoine. |
4 Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime. |
5 Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas. |
6 Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours. |
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit. |
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis. |
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort. |
10 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : « Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. » |
11 Puis il remonta, rompit le pain et mangea ; longtemps encore il parla, jusqu’au point du jour. C’est alors qu’il partit. |
12 Quant au jeune garçon, on le ramena vivant, et ce ne fut pas une petite consolation. |
13 Pour nous, prenant les devants par mer, nous gagnâmes le large vers Assos, où nous devions prendre Paul : ainsi en avait-il disposé. Lui-même viendrait par la route. |
14 Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord et gagnâmes Mitylène. |
15 De là, nous repartîmes le lendemain et parvînmes devant Chio. Le jour suivant, nous touchions à Samos, et, après nous être arrêtés à Trogyllion, nous arrivions le jour d’après à Milet. |
16 Paul avait en effet décidé de passer au large d’Éphèse, pour ne pas avoir à s’attarder en Asie. Il se hâtait afin d’être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem. |
17 De Milet, il envoya chercher à Éphèse les anciens de cette Église. |
18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit : « Vous savez vous-mêmes de quelle façon, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie, je n’ai cessé de me comporter avec vous, |
19 servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves que m’ont occasionnées les machinations des Juifs. |
20 Vous savez comment, en rien de ce qui vous était avantageux, je ne me suis dérobé quand il fallait vous prêcher et vous instruire, en public et en privé, |
21 adjurant Juifs et Grecs de se repentir envers Dieu et de croire en Jésus, notre Seigneur. |
22 « Et maintenant voici qu’enchaîné par l’Esprit je me rends à Jérusalem, sans savoir ce qui m’y adviendra, |
23 sinon que, de ville en ville, l’Esprit Saint m’avertit que chaînes et tribulations m’attendent. |
24 Mais je n’attache aucun prix à ma propre vie, pourvu que je mène à bonne fin ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu. |
25 « Et maintenant voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage, vous tous au milieu de qui j’ai passé en proclamant le Royaume. |
26 C’est pourquoi je l’atteste aujourd’hui devant vous : je suis pur du sang de tous. |
27 Car je ne me suis pas dérobé quand il fallait vous annoncer en son entier le dessein de Dieu. |
28 « Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par le sang de son propre fils. |
29 « Je sais, moi, qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, |
30 et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d’entraîner les disciples à leur suite. |
31 C’est pourquoi soyez vigilants, vous souvenant que, trois années durant, nuit et jour, je n’ai cessé d’admonester avec larmes chacun d’entre vous. |
32 « Et à présent je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a le pouvoir de bâtir l’édifice et de procurer l’héritage parmi tous les sanctifiés. |
33 « Argent, or, vêtements, je n’en ai convoité de personne : |
34 vous savez vous-mêmes qu’à mes besoins et à ceux de mes compagnons ont pourvu les mains que voilà. |
35 De toutes manières je vous l’ai montré : c’est en peinant ainsi qu’il faut venir en aide aux faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » |
36 À ces mots, se mettant à genoux, avec eux tous il pria. |
37 Tous alors éclatèrent en sanglots, et, se jetant au cou de Paul, ils l’embrassaient, |
38 affligés surtout de la parole qu’il avait dite : qu’ils ne devaient plus revoir son visage. Puis ils l’accompagnèrent jusqu’au bateau. |
Cette conversation de l'apôtre Paul avec les presbytres d'Éphèse est sans doute l'un des passages les plus dramatiques du livre des Actes. Paul sait qu'il va au-devant des épreuves, qu'il ne reverra plus la plupart de ses frères et collaborateurs. C'est pourquoi ses paroles à leur adresse sont une sorte de testament spirituel, ce qu'il peut dire de plus important aux disciples du Christ.
Ainsi, il leur rappelle qu'il ne leur a pas prêché une nouvelle doctrine, une nouvelle loi, une nouvelle religion : il est simplement devenu serviteur et témoin du commencement de leurs propres relations directes avec Dieu. Il ne les appelle pas à s'attacher à des autorités extérieures, mais à veiller sur eux-mêmes et sur le troupeau où demeure l'Esprit, que le Sauveur Christ S'est acquis. Désormais, Dieu conduira Son Église, et les presbytres ne seront que Ses serviteurs. Enfin, qu'ils se souviennent des paroles de Jésus, pleinement accomplies par Paul lui-même : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir ». Paul a montré que ces paroles parlent moins d'argent que de tout ce que l'homme possède : de l'âme, du temps, des forces, de toute sa vie.
1 Après que le tumulte eut pris fin, Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine. |
2 Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce, |
3 où il resta trois mois. Un complot fomenté par les Juifs contre lui au moment où il allait s’embarquer pour la Syrie le décida à s’en retourner par la Macédoine. |
4 Il avait pour compagnons Sopatros, fils de Pyrrhus, de Bérée ; Aristarque et Secundus, de Thessalonique ; Gaïus, de Dobérès, et Timothée, ainsi que les Asiates Tychique et Trophime. |
5 Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas. |
6 Nous-mêmes, nous quittâmes Philippes par mer après les jours des Azymes et, au bout de cinq jours, les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours. |
7 Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain ; Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec eux. Il prolongea son discours jusqu’au milieu de la nuit. |
8 Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute où nous étions réunis. |
9 Un adolescent, du nom d’Eutyque, qui était assis sur le bord de la fenêtre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas. On le releva mort. |
10 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit : « Ne vous agitez donc pas : son âme est en lui. » |
11 Puis il remonta, rompit le pain et mangea ; longtemps encore il parla, jusqu’au point du jour. C’est alors qu’il partit. |
12 Quant au jeune garçon, on le ramena vivant, et ce ne fut pas une petite consolation. |
13 Pour nous, prenant les devants par mer, nous gagnâmes le large vers Assos, où nous devions prendre Paul : ainsi en avait-il disposé. Lui-même viendrait par la route. |
14 Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord et gagnâmes Mitylène. |
15 De là, nous repartîmes le lendemain et parvînmes devant Chio. Le jour suivant, nous touchions à Samos, et, après nous être arrêtés à Trogyllion, nous arrivions le jour d’après à Milet. |
16 Paul avait en effet décidé de passer au large d’Éphèse, pour ne pas avoir à s’attarder en Asie. Il se hâtait afin d’être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem. |
Le chemin de Paul est celui d'un apôtre et d'un missionnaire, au plein sens du terme. Ce n'est pas seulement qu'après avoir parcouru toute l'Asie Mineure, il a laissé des Églises dans toutes ses grandes villes. C'est aussi ce qu'il porte avec lui. Ce n'est pas un hasard si l'auteur des Actes mentionne l'histoire du jeune homme qui, en écoutant la prédication de l'apôtre, est tombé, s'est tué, puis a été ressuscité par Paul.
C'est le seul événement que l'auteur sacré raconte à part ; il expose le reste de manière schématique, sans détails. C'est comme s'il voulait dire : désormais, de tels événements sont assez ordinaires. Ils peuvent se produire n'importe où et n'importe quand, simplement en chemin, presque au passage. Non en raison de capacités exceptionnelles de Paul ou de qui que ce soit, mais parce que Paul, comme tout autre témoin authentique, vit de la vie du Royaume dont il parle et au Roi duquel il rend témoignage.
Le Royaume accompagne Paul et les autres apôtres partout : ils en vivent et vivent en lui. S'ils ne se distinguent extérieurement en rien des gens ordinaires, cela tient uniquement à leur mission. Le Christ ressuscité, marchant auprès des disciples sur la route d'Emmaüs, semblait Lui aussi être un homme de notre monde non transfiguré, mais seulement pour un temps, jusqu'à ce qu'Il disparaisse à leurs yeux.
Il est alors apparu qu'entre Son monde et celui où vivaient alors les apôtres existait une frontière parfaitement nette, quoique invisible au premier abord : le Royaume et le monde non transfiguré sont deux réalités différentes, bien qu'elles se touchent. Paul, lui aussi, tout en restant un habitant du Royaume, agit dans un monde qui n'en fait pas encore partie, afin qu'il finisse par le devenir. Et tout son chemin, tout son ministère, n'est qu'un moyen d'accomplir cette tâche essentielle que Dieu lui a confiée.
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