15 Car nous sommes bien, pour Dieu, la bonne odeur du Christ parmi ceux qui se sauvent et parmi ceux qui se perdent;
16 pour les uns, une odeur qui de la mort conduit à la mort; pour les autres, une odeur qui de la vie conduit à la vie. Et de cela qui est capable?
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Ces paroles rappellent les descriptions traditionnelles des sacrifices dans le Lévitique, où l'on parle d'ordinaire des sacrifices comme de « parfums agréables à Yahvé ». L'apôtre fait sans aucun doute allusion aux textes correspondants de la Torah en comparant son témoignage à un sacrifice.
Cela n'a rien d'étonnant : tout sacrifice a toujours été, avant tout, une forme de communion avec Dieu, sanctifiant l'homme qui venait à l'autel et participait au repas sacrificiel. C'était une forme de participation de l'homme à la présence de Dieu qui demeure auprès de l'autel. Et l'« efficacité » du sacrifice dépendait de l'ouverture de l'homme, de sa disposition à changer et à être sanctifié.
Il en va de même pour le témoignage. Paul témoignait du Royaume, étant lui-même son habitant, vivant de sa vie. Témoigner signifie porter cette vie plus loin, l'ouvrir à ceux à qui l'on témoigne. En écoutant un véritable témoin du Christ, l'homme se trouve pour ainsi dire auprès de l'autel, dans la présence de Dieu, sentant sur lui le souffle du Royaume dont vit le véritable témoin du Christ.
Et, comme toujours dans la présence de Dieu, l'homme se trouve devant un choix : accepter ou rejeter, dire « oui » ou « non » à Dieu. Ensuite tout dépend de la réponse. Car ce « parfum », cette « bonne odeur » dont parle l'apôtre contient non seulement le souffle du Royaume, mais aussi la réponse de l'homme.
Si la réponse est négative, le souffle du Royaume devient mortel pour l'homme, il détruit celui qui ne veut pas de sa vie. Mais si l'homme dit « oui » à Dieu, le souffle du Royaume lui ouvre toute la plénitude de la vie. Il ne peut en aller autrement avec un véritable témoin : car, comme le dit l'apôtre, il ne trafique pas la parole, mais la porte dans toute sa plénitude. Et ce n'est plus l'homme qui décide quelle mesure de Dieu lui convient ; c'est Dieu qui vient à l'homme, le prenant tout entier pour Lui. Ou le laissant, si l'homme ne le veut pas, mais là encore tout entier.
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