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RÉFLEXIONS pour Lc 18:16-17

16 Mais Jésus appela à lui ces enfants, en disant : « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu.
17 En vérité je vous le dis : quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n’y entrera pas. »
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Souvent les gens ne comprennent pas l'appel du Christ à ressembler aux petits enfants, à tâcher d'être comme des enfants, « car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent », comme nous le dit la lecture d'aujourd'hui. Qu'est-ce que cela signifie, disent-ils, puisque les enfants n'ont pas seulement pas la mesure de raison nécessaire, mais ils ne connaissent pas non plus l'amour sacrificiel ; leur amour est égoïste, et ce n'est qu'en grandissant, et encore pas tous, que les hommes maîtrisent cet art très difficile d'aimer sans rien recevoir en retour. Comme cela arrive souvent, dans cette incompréhension, l'apôtre Paul vient à notre secours. De ses lettres il ne ressort nullement qu'il faille aveuglément tâcher de ressembler aux petits enfants. Au contraire, quelque part il parle négativement de notre enfance : « Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant » (1 Co 13:11) ou, par exemple, 1 Co 3:1, Ep 4:14, He 5:13. Au début, cela paraît contredire l'appel du Christ. Mais la clé est donnée par un autre texte de l'apôtre : « frères, ne soyez pas des enfants quant au jugement ; pour le mal, soyez de petits enfants, mais quant au jugement, soyez des hommes faits » (1 Co 14:20). Voilà donc de quoi parle le Christ : que nous percevions le mal comme des petits enfants, avec la même absence de défense, sans avoir rien de commun avec lui. « C'est encore un homme non corrompu », dit-on dans de tels cas ; c'est à cette perception incorrompue du monde que le Seigneur nous appelle.

Autres réflexions

 
Pour Lc 18:16-17
16 Mais Jésus appela à lui ces enfants, en disant : « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu.
17 En vérité je vous le dis : quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n’y entrera pas. »
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Souvent, les hommes ne peuvent pas comprendre l'appel du Christ à ressembler aux petits enfants, à s'efforcer d'être comme des enfants, « car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent », comme nous le dit la lecture d'aujourd'hui. « Qu'est-ce que cela signifie ? demandent-ils. Car...  Lire la suite

Souvent, les hommes ne peuvent pas comprendre l'appel du Christ à ressembler aux petits enfants, à s'efforcer d'être comme des enfants, « car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent », comme nous le dit la lecture d'aujourd'hui. « Qu'est-ce que cela signifie ? demandent-ils. Car les enfants non seulement ne possèdent pas la mesure nécessaire de raison, mais ils ne connaissent pas non plus l'amour sacrificiel ; ce n'est qu'en grandissant, et encore pas tous, que les hommes maîtrisent cet art très difficile d'aimer sans rien recevoir en retour ».

Comme cela arrive souvent, dans cette incompréhension qui est la nôtre, l'apôtre Paul vient à notre aide. Il ne découle nullement de ses épîtres qu'il faille s'efforcer aveuglément de devenir semblable à des petits enfants. Au contraire, quelque part il parle négativement de notre enfance : « Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant » (1 Co 13:11), ou encore 1 Co 3:1, Ep 4:14, He 5:13. Et, au premier abord, cela paraît contredire l'appel du Christ.

Mais un autre texte de l'apôtre donne la clé : « Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement ; pour le mal, soyez de petits enfants, mais pour le jugement, soyez des hommes faits » (1 Co 14:20). Voilà donc de quoi parle le Christ : que nous percevions le mal comme des petits enfants, avec le même désarmement, en n'ayant rien de commun avec lui. « C'est une personne encore intacte », dit-on dans de tels cas. C'est à une telle perception intacte du monde que le Seigneur nous appelle.

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Pour Lc 18:1-17
Et il leur disait une parabole sur ce qu’il leur fallait prier sans cesse et ne pas se décourager.
« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et n’avait de considération pour personne.
Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait le trouver, en disant : « Rends-moi justice contre mon adversaire ! »
Il s’y refusa longtemps. Après quoi il se dit : « J’ai beau ne pas craindre Dieu et n’avoir de considération pour personne,
néanmoins, comme cette veuve m’importune, je vais lui rendre justice, pour qu’elle ne vienne pas sans fin me rompre la tête ». »
Et le Seigneur dit : « Écoutez ce que dit ce juge inique.
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, tandis qu’il patiente à leur sujet !
Je vous dis qu’il leur fera prompte justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
Il dit encore, à l’adresse de certains qui se flattaient d’être des justes et n’avaient que mépris pour les autres, la parabole que voici :
10 « Deux hommes montèrent au Temple pour prier ; l’un était Pharisien et l’autre publicain.
11 Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : « Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain ;
12 je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j’acquiers. »
13 Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! »
14 Je vous le dis : ce dernier descendit chez lui justifié, l’autre non. Car tout homme qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »
15 On lui présentait aussi les tout-petits pour qu’il les touchât ; ce que voyant, les disciples les rabrouaient.
16 Mais Jésus appela à lui ces enfants, en disant : « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu.
17 En vérité je vous le dis : quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n’y entrera pas. »
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Quand nous disons que Dieu n'est pas comme nous, cela ne veut pas seulement dire qu'Il est meilleur, plus fort, plus sage que nous. Cela veut dire que...  Lire la suite

Quand nous disons que Dieu n'est pas comme nous, cela ne veut pas seulement dire qu'Il est meilleur, plus fort, plus sage que nous. Cela veut dire qu'Il voit le monde autrement que nous. Lorsque se trouvent devant nous en même temps une personne pieuse, honnête et convenable, et un riche collecteur d'impôts, qui a sur la conscience bien des larmes et des malheurs, nos sympathies se portent spontanément non du côté du «nouveau riche». C'est précisément sur cette réaction que repose le récit du pharisien et du publicain: Dieu voit autrement, Il a d'autres idées sur la foi. Si l'un dit: «Merci, tout va bien pour moi», et l'autre: «Aie pitié de moi», le point décisif n'est ni la piété, ni l'observance du jeûne ou d'autres prescriptions. Simplement, l'un a besoin de louange, et l'autre d'amour. Dieu voit le cœur de chacun; quant à nous, c'est déjà bien si nous voyons le nôtre.

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Pour Lc 18:1-17
Et il leur disait une parabole sur ce qu’il leur fallait prier sans cesse et ne pas se décourager.
« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et n’avait de considération pour personne.
Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait le trouver, en disant : « Rends-moi justice contre mon adversaire ! »
Il s’y refusa longtemps. Après quoi il se dit : « J’ai beau ne pas craindre Dieu et n’avoir de considération pour personne,
néanmoins, comme cette veuve m’importune, je vais lui rendre justice, pour qu’elle ne vienne pas sans fin me rompre la tête ». »
Et le Seigneur dit : « Écoutez ce que dit ce juge inique.
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, tandis qu’il patiente à leur sujet !
Je vous dis qu’il leur fera prompte justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
Il dit encore, à l’adresse de certains qui se flattaient d’être des justes et n’avaient que mépris pour les autres, la parabole que voici :
10 « Deux hommes montèrent au Temple pour prier ; l’un était Pharisien et l’autre publicain.
11 Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : « Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain ;
12 je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j’acquiers. »
13 Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! »
14 Je vous le dis : ce dernier descendit chez lui justifié, l’autre non. Car tout homme qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »
15 On lui présentait aussi les tout-petits pour qu’il les touchât ; ce que voyant, les disciples les rabrouaient.
16 Mais Jésus appela à lui ces enfants, en disant : « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu.
17 En vérité je vous le dis : quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n’y entrera pas. »
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En quel sens Jésus nous appelle-t-Il à être « comme des enfants » ? En quoi la perception du monde propre à l'enfant diffère-t-elle tellement de la nôtre ? On peut trouver une indication de la réponse dans la parabole du publicain et du pharisien. Il semblerait que le pharisien dise sur lui-même l'entière vérité. Il était peu probable qu'il fût hypocrite lorsqu'il...  Lire la suite

En quel sens Jésus nous appelle-t-Il à être « comme des enfants » ? En quoi la perception du monde propre à l'enfant diffère-t-elle tellement de la nôtre ? On peut trouver une indication de la réponse dans la parabole du publicain et du pharisien. Il semblerait que le pharisien dise sur lui-même l'entière vérité. Il était peu probable qu'il fût hypocrite lorsqu'il remerciait Dieu de ne pas être comme le publicain qui se tenait à côté de lui. Aucun pharisien ne se serait jamais permis de commettre sciemment un péché. Il y avait bien sûr des exceptions, mais dans l'ensemble les pharisiens, gens profondément et sincèrement religieux, cherchaient réellement à éviter tout péché.

Or devenir publicain, percepteur d'impôts, et collaborer avec le pouvoir romain constituait aux yeux des pharisiens un péché manifeste. Et le publicain lui-même, il faut le remarquer, n'en doute absolument pas : il demande seulement à Dieu de lui pardonner les péchés qu'il a commis, sans même essayer de se justifier. Il comprend aussi bien que le pharisien qui se tient à côté de lui qu'en dehors de ses péchés, il n'a rien à présenter à Dieu. Le pharisien est dans une autre situation : il a quelque chose à dire à Dieu et quelque chose dont Le remercier. En effet, quelle personne religieuse ne remercie pas Dieu pour la vie qu'Il lui a donnée ? Du moins tant que cette vie se déroule plus ou moins régulièrement, sans crises particulières ni effondrements spirituels.

Le problème n'est pas ici de savoir avec quoi chacun est venu devant Dieu. Le problème est de savoir qui le pharisien regarde et qui le publicain regarde. Le pharisien se regarde lui-même. Il énumère ses mérites devant Dieu et s'admire. C'est comme s'il disait à Dieu : regarde comme Tu m'as bien réussi ! Merci, Seigneur, de m'avoir fait si bon. Et même une telle gratitude n'aurait rien de mauvais, à ceci près que le pharisien n'a pas le temps de communiquer avec Dieu. Il est occupé à se mettre en scène. Il se présente lui-même à son Dieu.

Mais Dieu veut une communication simple et ordinaire. Il connaît déjà chacun, Il sait que le pharisien a réussi sa vie religieuse. Ce qui Lui importe, c'est qu'il réussisse tout autant sa vie spirituelle. Et pour cela, la personne doit regarder non pas elle-même, mais Dieu, même si elle est très religieuse, et peut-être surtout si elle l'est. On ne peut vivre d'une vie spirituelle qu'en gardant les yeux fixés sur Dieu. Comme le publicain. Il se repent de ses péchés sans détacher son regard de Dieu. C'est cela l'essentiel. Dieu fera le reste. Il n'existe pour Lui aucun péché insurmontable. Et c'est ici que les enfants ont plus de facilité que les adultes.

Jusqu'à un certain âge, ils ne prêtent généralement presque aucune attention à eux-mêmes ni à l'apparence qu'ils ont aux yeux des autres. Ils ne sont pas centrés sur eux-mêmes. Même si un enfant est nettement introverti, il ne se regarde pas. Il vit simplement dans son monde intérieur et regarde ce monde intérieur, non lui-même. Ce détachement de soi est la condition la plus importante d'une vie spirituelle pleine. Autrement, il est impossible de garder les yeux fixés sur Dieu, et un tel regard est une condition nécessaire du salut. Nécessaire et, dans l'ensemble, suffisante, car rien n'est impossible à l'amour de Dieu.

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