6 tandis que la justice née de la foi, elle, parle ainsi: Ne dis pas dans ton cœur: Qui montera au ciel? entends: pour en faire descendre le Christ; |
7 ou bien: Qui descendra dans l'abîme? entends: pour faire remonter le Christ de chez les morts. |
8 Que dit-elle donc ? La parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends : la parole de la foi que nous prêchons. |
Paul rappelle un passage du Deutéronome où il est dit que la Torah n'est ni au ciel ni au fond de la mer, qu'elle est accessible à l'homme, pourvu que l'homme lui-même veuille la suivre. Le sens du passage est tout à fait transparent : l'homme n'a pas à se justifier en disant que la Torah est trop complexe pour lui, ou qu'elle est trop haute ou trop profonde pour son intelligence. Elle peut et doit être dans le coeur de l'homme et sur ses lèvres, et il se peut bien qu'il s'agisse ici non seulement de suivre la Torah, mais aussi d'en témoigner.
Dans ce contexte, l'apôtre interprète allégoriquement les paroles sur le ciel et l'abîme marin comme se rapportant à la mort du Christ et à Sa résurrection d'entre les morts. Il fait ainsi comprendre que les personnes qui ne veulent pas voir la réalité liée au Christ et au Royaume rusent très certainement. Elles ne veulent précisément pas voir ce qu'elles pourraient facilement voir si elles le voulaient. Paul indique aussi les raisons de ce refus. Il s'agit de la manière dont l'homme comprend la justice. L'apôtre ne nie pas le zèle de ses compatriotes et coreligionnaires pour Dieu et pour la vie religieuse. Mais ce zèle est souvent lié à l'incompréhension de choses fondamentales, en particulier de ce qu'est la justice.
Paul oppose la justice de Dieu à la justice humaine. Il lui est évident que la plénitude et l'accomplissement de la Torah, c'est le Messie, le Christ. En tout cas, si l'on parle de la Torah intérieure : car le chemin de la Torah intérieure s'achève par la transformation de l'homme en Torah vivante, et hormis le Christ, personne n'a jamais donné au monde l'exemple d'une Torah vivante. Ainsi, celui qui cherche la plénitude de la justice et de la Torah vivante doit inévitablement suivre le Christ, s'il est honnête avec lui-même : car c'est précisément et seulement avec le Christ et dans Son Royaume qu'il peut espérer trouver ce qu'il cherche. Mais seulement si sa recherche est honnête et sans compromis. Or, au temps de Paul, il était devenu un lieu commun de la vie religieuse juive de rappeler ce fait évident : la Torah vivante est un idéal inaccessible à l'homme.
Tous s'en étaient accommodés comme d'une fatalité, en faisant de la Torah intérieure un but tout de même quelque peu réalisable dans la vie d'un homme ordinaire. On se mit alors à considérer comme justice non plus l'idéal inaccessible, mais la pratique réelle d'une vie spirituelle et ascétique réelle. Les personnes religieuses approuvaient une telle justice, même si toutes ne choisissaient pas ce chemin pour elles-mêmes : il s'agissait d'une sorte de compétition à laquelle chacun pouvait participer, mais dont personne ne pouvait espérer gagner le prix.
Le sport religieux et ascétique est, dans un milieu religieux, une occupation tout à fait honorable et encouragée. Mais seulement tant que personne ne revendique le prix principal. Tant que personne ne commence à jouer sérieusement en gardant en vue le but principal. Un tel homme sera au mieux regardé comme un parvenu audacieux, au pire comme l'ennemi de la religion dont il a dépassé les limites, en osant ce que les autres n'osent pas. On le comprend : le but est toujours au-delà de la religion. De toute religion. Il est dans le Royaume. Là où se trouve le Christ, le Fils de Dieu, rejeté par les personnes religieuses de Son époque, qui Lui ont préféré leur religion.
1 Frères, certes l'élan de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c'est qu'ils soient sauvés. |
2 Car je leur rends témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu: mais c'est un zèle mal éclairé. |
3 Méconnaissant la justice de Dieu et cherchant à établir la leur propre, ils ont refusé de se soumettre à la justice de Dieu. |
4 Car la fin de la Loi, c'est le Christ pour la justification de tout croyant. |
5 Moïse écrit en effet de la justice née de la Loi qu'en l'accomplissant l'homme vivra par elle, |
6 tandis que la justice née de la foi, elle, parle ainsi: Ne dis pas dans ton cœur: Qui montera au ciel? entends: pour en faire descendre le Christ; |
7 ou bien: Qui descendra dans l'abîme? entends: pour faire remonter le Christ de chez les morts. |
8 Que dit-elle donc ? La parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends : la parole de la foi que nous prêchons. |
9 En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. |
10 Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut. |
11 L'Écriture ne dit-elle pas: Quiconque croit en lui ne sera pas confondu? |
12 Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec: tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l'invoquent. |
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
Le prophète Joël, que cite l’apôtre Paul, parle de « ce jour » où le Seigneur répandra son Esprit et rendra ainsi le salut possible. Or ce jour est arrivé, et Paul montre que le salut ne s’accomplit pas automatiquement, sans notre participation. Il faut non seulement nos actions personnelles — invoquer, croire, entendre —, mais aussi des actions entre les personnes — prêcher —, ce qui signifie que nous sommes également nécessaires au salut des autres ! Puis Paul poursuit son raisonnement et nous ramène à nouveau à la source véritable du salut : en définitive, ce n’est pas nous, mais Dieu qui nous donne sa parole.
1 Frères, certes l'élan de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c'est qu'ils soient sauvés. |
2 Car je leur rends témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu: mais c'est un zèle mal éclairé. |
3 Méconnaissant la justice de Dieu et cherchant à établir la leur propre, ils ont refusé de se soumettre à la justice de Dieu. |
4 Car la fin de la Loi, c'est le Christ pour la justification de tout croyant. |
5 Moïse écrit en effet de la justice née de la Loi qu'en l'accomplissant l'homme vivra par elle, |
6 tandis que la justice née de la foi, elle, parle ainsi: Ne dis pas dans ton cœur: Qui montera au ciel? entends: pour en faire descendre le Christ; |
7 ou bien: Qui descendra dans l'abîme? entends: pour faire remonter le Christ de chez les morts. |
8 Que dit-elle donc ? La parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends : la parole de la foi que nous prêchons. |
9 En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. |
10 Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut. |
11 L'Écriture ne dit-elle pas: Quiconque croit en lui ne sera pas confondu? |
12 Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec: tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l'invoquent. |
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. |
Poursuivant sa réflexion sur la justice véritable et la justice illusoire, Paul dit de ses coreligionnaires qu'ils étaient très zélés dans leur désir de plaire à Dieu. Le problème, selon l'apôtre, était que leurs efforts étaient dirigés dans la mauvaise direction, et que ces zélateurs n'y réfléchissaient pas (v. 2-3). C'est pourquoi l'apôtre prie pour ses coreligionnaires : il a pitié d'eux et regrette que tant d'efforts soient perdus en vain (v. 1). Il parle du problème principal de la justice illusoire : ses partisans étaient, semble-t-il, convaincus que la justice est une affaire exclusivement, ou principalement, humaine (v. 3). C'est pourquoi ils n'ont pas compris l'essentiel : la couronne et la plénitude de la Torah, c'est le Messie-Christ envoyé par Dieu, sans la rencontre avec qui une telle plénitude devient impossible en principe (v. 4). Pour Paul, la justice et la Torah sont inséparables du Royaume que le Sauveur a apporté au monde, et toutes les tentatives de l'obtenir autrement sont pour lui des tentatives avec de mauvais moyens. Rappelant l'appel bien connu de la Torah (Dt 29:11-14), l'apôtre le réinterprète en l'appliquant au Christ, à Sa mort et à Sa résurrection (v. 5-8). La Torah n'a de sens pour lui que lorsqu'elle aide à suivre le Christ et conduit au Royaume. Or ce chemin est impossible sans deux choses : la fidélité et le témoignage (v. 9-10).
En effet, la Torah intérieure, dont on parlait tant à l'époque de Paul dans le milieu rabbinique, est inconcevable sans une fidélité inconditionnelle à Dieu. Et pour l'apôtre, elle est inconcevable sans fidélité au Christ et au Royaume qu'Il a apporté au monde. Quant au témoignage, il se révèle au fond l'état naturel de quiconque vit dans le Royaume. Car, pour notre monde encore non transfiguré, il est quelque chose de totalement étranger par nature, et quiconque en vit devient nécessairement l'expression de la réalité dont il vit. Et si le témoignage ne reste pas seulement en paroles, si le témoin participe réellement à ce dont il parle, un tel témoignage ne pourra être confondu avec rien d'autre. Pour Paul, la fidélité et le témoignage sont moins les conditions de l'obtention du Royaume que les signes de sa présence ; on peut donc affirmer avec un haut degré de certitude que quiconque les porte vit dans le Royaume. Ce sont précisément ces signes qui distinguent le nouveau peuple de Dieu, ceux qui vivent dans le Royaume et en témoignent. Et ici il n'y a plus de différence entre le Juif parvenu à la plénitude de la justice et l'ancien païen qui a obtenu le Royaume (v. 11-13).
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