Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Lc 18:19-20

19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul.
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. "
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Les paroles de Jésus : « nul n'est bon, sinon Dieu seul » provoquent parfois la perplexité : signifient-elles qu'Il témoigne Lui-même de l'absence en Lui de toute divinité, qu'Il se sépare de Dieu dans la même mesure que tout homme en est séparé, et de plus un homme pécheur ? À première vue, c'est ainsi, et beaucoup d'historiens des religions se sont appuyés sur ces paroles de Lui pour affirmer que la divinité du Sauveur est une idée tardive, qui n'existait pas au départ dans le milieu proprement juif. Pourtant la réponse de Jésus à l'homme qui courait vers Lui était parfaitement compréhensible dans le contexte même de la question. Celui qui s'adressait à Lui ne soupçonnait évidemment rien de la divinité de Celui à qui il parlait. Il cherchait précisément un maître, un maître qui lui permettrait de participer à la bonté de Dieu parce que lui-même y avait participé.

Un tel regard sur les maîtres et les guides spirituels n'était pas rare dans le judaïsme de l'époque du Second Temple : le chemin de la Torah intérieure, dont chacun savait alors quelque chose, même si tous ne le suivaient pas, ainsi que l'idéal de la « Torah vivante » que devait devenir à la fin de son chemin celui qui suivait la voie de la Torah intérieure, obligeaient à supposer au moins la possibilité de participer à cette bonté même de Dieu dont le monde était plein avant la chute, lorsque, selon le Poème biblique de la création, il était « très bon ». Devenir lui-même « très bon » était le but de celui qui parvenait au bout, jusqu'à devenir « Torah vivante ». Un tel maître peut faire participer ses disciples à la « bonté » ; l'homme qui s'était approché de Jésus était sûr d'avoir trouvé celui qui pourrait l'y aider.

Il ne restait qu'à lui demander ce qu'il fallait faire pour atteindre le résultat. Jésus, pourtant, ne propose aucun chemin particulier en dehors des commandements, toujours la même Torah intérieure. Il dit comme ceci : va par le chemin que tu connais. La réponse suit aussitôt : j'y vais, « tout cela, je l'ai gardé depuis ma jeunesse », mais le résultat n'est pas là. Que faire encore pour atteindre ce qui est désiré ? C'est alors que retentissent les paroles rappelant la pauvreté spirituelle.

Précisément spirituelle, sinon les disciples, qui avaient tout quitté, n'auraient pas demandé avec trouble : « qui donc peut être sauvé ? ». Le but du chemin ne s'atteint pas au moyen de procédés ascétiques ou de prière particuliers ; il n'est accessible que par l'abandon total de soi à la volonté de Dieu. Et c'est cela qui est le plus difficile pour l'homme déchu. Difficile, mais absolument nécessaire. Et devant cette nécessité, tôt ou tard, Jésus place chacun de Ses disciples ; alors chacun choisit le sien : le chemin vers le Royaume ou le maintien dans sa richesse.

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