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RÉFLEXIONS pour 2S 18:1-32

David passa en revue la troupe qui était avec lui et il mit à sa tête des chefs de mille et des chefs de cent.
David divisa la troupe en trois : un tiers aux mains de Joab, un tiers aux mains d’Abishaï, fils de Çeruya et frère de Joab, un tiers aux mains d’Ittaï le Gittite. Puis le roi dit à la troupe : « Je partirai en guerre avec vous moi aussi. »
Mais la troupe répondit : « Tu ne dois pas partir. Car, si nous prenions la fuite, on n’y ferait pas attention, et si la moitié d’entre nous mourait, on n’y ferait pas attention, tandis que toi tu es comme dix mille d’entre nous. Et puis, il vaut mieux que tu nous sois un secours prêt à venir de la ville. »
David leur dit : « Je ferai ce qui vous semble bon. » Le roi se tint à côté de la porte, tandis que l’armée sortait par unités de cent et de mille.
Le roi fit un commandement à Joab, à Abishaï et à Ittaï : « Par égard pour moi, ménagez le jeune Absalom ! » et toute l’armée entendit que le roi donnait à tous les chefs cet ordre concernant Absalom.
La troupe sortit en pleine campagne à la rencontre d’Israël et la bataille eut lieu dans la forêt d’Éphraïm.
Là, le peuple d’Israël fut battu devant les serviteurs de David, et ce fut ce jour-là une grande défaite, qui frappa vingt mille hommes.
Le combat s’éparpilla dans toute la région et, ce jour-là, la forêt fit dans l’armée plus de victimes que l’épée.
Absalom se heurta par hasard à des serviteurs de David. Absalom montait un mulet et le mulet s’engagea sous la ramure d’un grand chêne. La tête d’Absalom se prit dans le chêne et il resta suspendu entre ciel et terre tandis que continuait le mulet qui était sous lui.
10 Quelqu’un l’aperçut et prévint Joab : « Je viens de voir, dit-il, Absalom suspendu à un chêne. »
11 Joab répondit à l’homme qui portait cette nouvelle : « Puisque tu l’as vu, pourquoi ne l’as-tu pas abattu sur place ? J’aurais pris sur moi de te donner dix sicles d’argent et une ceinture ! »
12 Mais l’homme répondit à Joab : « Quand même je soupèserais dans mes paumes mille sicles d’argent, je ne porterais pas la main sur le fils du roi ! C’est à nos oreilles que le roi t’a donné cet ordre ainsi qu’à Abishaï et à Ittaï : « Surveillez quiconque s’en prendrait au jeune Absalom. »
13 Que si je m’étais menti à moi-même, rien ne reste caché au roi, et toi, tu te serais tenu à distance. »
14 Alors Joab dit : « Je ne vais pas ainsi perdre mon temps avec toi. » Il prit en mains trois épieux et les planta dans le cœur d’Absalom encore vivant au milieu du chêne.
15 Dix jeunes gens, les écuyers de Joab, se disposèrent en cercle, frappèrent Absalom et le mirent à mort.
16 Joab fit alors sonner du cor et la troupe cessa de poursuivre Israël, car Joab retint l’armée.
17 On prit Absalom, on le jeta dans une grande fosse en pleine forêt et on dressa sur lui un énorme monceau de pierres. Tous les Israélites s’étaient enfuis, chacun à ses tentes.
18 De son vivant, Absalom avait entrepris de s’ériger la stèle qui est dans la vallée du Roi, car il s’était dit : « Je n’ai pas de fils pour commémorer mon nom », et il avait donné son nom à la stèle. On l’appelle encore aujourd’hui le monument d’Absalom.
19 Ahimaaç, fils de Sadoq, dit : « Je voudrais courir et annoncer au roi cette bonne nouvelle, que Yahvé lui a rendu justice en le délivrant de ses ennemis. »
20 Mais Joab lui dit : « Tu ne serais pas un porteur de bonne nouvelle aujourd’hui ; tu le seras un autre jour, mais aujourd’hui tu ne porterais pas une bonne nouvelle, puisque le fils du roi est mort. »
21 Et Joab dit au Kushite : « Va rapporter au roi tout ce que tu as vu. » Le Kushite se prosterna devant Joab et partit en courant.
22 Ahimaaç, fils de Sadoq, insista encore et dit à Joab : « Advienne que pourra, je veux courir moi aussi derrière le Kushite. » Joab dit : « Pourquoi courrais-tu, mon fils, sans bonne nouvelle qui te vaudrait une récompense ? »
23 Il reprit : « Advienne que pourra, je courrai ! » Joab lui dit : « Cours donc. » Et Ahimaaç partit en courant par le chemin de la Plaine et il dépassa le Kushite.
24 David était assis entre les deux portes. Le guetteur étant monté à la terrasse de la porte, sur le rempart, leva les yeux et aperçut un homme qui courait seul.
25 Le guetteur cria et avertit le roi, et le roi dit : « S’il est seul, c’est qu’il a une bonne nouvelle sur les lèvres. » Comme celui-là continuait d’approcher,
26 le guetteur vit un autre homme qui courait et il appela le portier en lui disant : « Voici un autre homme, qui court seul. » Et David dit : « Celui-ci est encore un porteur de bonne nouvelle. »
27 Le guetteur dit : « Je reconnais la façon de courir du premier, c’est la façon de courir d’Ahimaaç, fils de Sadoq. » Le roi dit : « C’est un homme de bien, il vient pour une bonne nouvelle. »
28 Ahimaaç cria et dit au roi : « Tout va bien. » Il se prosterna face contre terre devant le roi et poursuivit : « Béni soit Yahvé ton Dieu qui a livré les hommes qui avaient levé la main contre Monseigneur le roi ! »
29 Le roi demanda : « En va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Et Ahimaaç répondit : « J’ai vu un grand tumulte quand Joab a envoyé un serviteur du roi et ton serviteur, mais je ne sais pas ce que c’était. »
30 Le roi dit : « Range-toi et tiens-toi là. » Il se rangea et attendit.
31 Alors arriva le Kushite et il dit : « Que Monseigneur le roi apprenne la bonne nouvelle. Yahvé t’a rendu justice aujourd’hui en te délivrant de tous ceux qui s’étaient dressés contre toi. »
32 Le roi demanda au Kushite : « Tout va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Et le Kushite répondit : « Qu’ils aient le sort de ce jeune homme, les ennemis de Monseigneur le roi et tous ceux qui se sont dressés contre toi pour le mal ! »
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Avant la bataille décisive, David demande aux chefs de l’armée d’épargner la vie d’Absalom. Même au cœur du carnage, celui-ci reste pour David un « jeune homme », et David est prêt à considérer ses actes comme la désobéissance d’un enfant.

Mais Joab voit les choses autrement. Peu auparavant, c’est lui qui avait contribué à la réconciliation d’Absalom avec David, et voici que c’est Joab qui tue Absalom. L’acte de Joab est cruel, mais aussitôt après le meurtre, il donne aux soldats le signal de cesser de poursuivre l’ennemi. Il n’a pas épargné Absalom, mais il épargne le peuple qu’Absalom avait entraîné dans une aventure fratricide. Joab est placé devant un choix difficile : soit désobéir à l’ordre du roi, soit poursuivre les opérations militaires. Dans les deux cas, l’effusion de sang est inévitable, mais une tentative pour préserver la vie d’Absalom peut entraîner la mort d’un nombre bien plus grand de personnes. Afin de mettre fin à la guerre au plus vite, Joab prend le péché sur son âme. Mais le péché reste le péché, d’autant plus qu’Absalom a été tué à un moment où il était incapable de résister...

Le jour de la victoire devint pour David un jour de deuil.

Autres réflexions

 
Pour 2S 18:9-19:4
Absalom se heurta par hasard à des serviteurs de David. Absalom montait un mulet et le mulet s’engagea sous la ramure d’un grand chêne. La tête d’Absalom se prit dans le chêne et il resta suspendu entre ciel et terre tandis que continuait le mulet qui était sous lui.
10 Quelqu’un l’aperçut et prévint Joab : « Je viens de voir, dit-il, Absalom suspendu à un chêne. »
11 Joab répondit à l’homme qui portait cette nouvelle : « Puisque tu l’as vu, pourquoi ne l’as-tu pas abattu sur place ? J’aurais pris sur moi de te donner dix sicles d’argent et une ceinture ! »
12 Mais l’homme répondit à Joab : « Quand même je soupèserais dans mes paumes mille sicles d’argent, je ne porterais pas la main sur le fils du roi ! C’est à nos oreilles que le roi t’a donné cet ordre ainsi qu’à Abishaï et à Ittaï : « Surveillez quiconque s’en prendrait au jeune Absalom. »
13 Que si je m’étais menti à moi-même, rien ne reste caché au roi, et toi, tu te serais tenu à distance. »
14 Alors Joab dit : « Je ne vais pas ainsi perdre mon temps avec toi. » Il prit en mains trois épieux et les planta dans le cœur d’Absalom encore vivant au milieu du chêne.
15 Dix jeunes gens, les écuyers de Joab, se disposèrent en cercle, frappèrent Absalom et le mirent à mort.
16 Joab fit alors sonner du cor et la troupe cessa de poursuivre Israël, car Joab retint l’armée.
17 On prit Absalom, on le jeta dans une grande fosse en pleine forêt et on dressa sur lui un énorme monceau de pierres. Tous les Israélites s’étaient enfuis, chacun à ses tentes.
18 De son vivant, Absalom avait entrepris de s’ériger la stèle qui est dans la vallée du Roi, car il s’était dit : « Je n’ai pas de fils pour commémorer mon nom », et il avait donné son nom à la stèle. On l’appelle encore aujourd’hui le monument d’Absalom.
19 Ahimaaç, fils de Sadoq, dit : « Je voudrais courir et annoncer au roi cette bonne nouvelle, que Yahvé lui a rendu justice en le délivrant de ses ennemis. »
20 Mais Joab lui dit : « Tu ne serais pas un porteur de bonne nouvelle aujourd’hui ; tu le seras un autre jour, mais aujourd’hui tu ne porterais pas une bonne nouvelle, puisque le fils du roi est mort. »
21 Et Joab dit au Kushite : « Va rapporter au roi tout ce que tu as vu. » Le Kushite se prosterna devant Joab et partit en courant.
22 Ahimaaç, fils de Sadoq, insista encore et dit à Joab : « Advienne que pourra, je veux courir moi aussi derrière le Kushite. » Joab dit : « Pourquoi courrais-tu, mon fils, sans bonne nouvelle qui te vaudrait une récompense ? »
23 Il reprit : « Advienne que pourra, je courrai ! » Joab lui dit : « Cours donc. » Et Ahimaaç partit en courant par le chemin de la Plaine et il dépassa le Kushite.
24 David était assis entre les deux portes. Le guetteur étant monté à la terrasse de la porte, sur le rempart, leva les yeux et aperçut un homme qui courait seul.
25 Le guetteur cria et avertit le roi, et le roi dit : « S’il est seul, c’est qu’il a une bonne nouvelle sur les lèvres. » Comme celui-là continuait d’approcher,
26 le guetteur vit un autre homme qui courait et il appela le portier en lui disant : « Voici un autre homme, qui court seul. » Et David dit : « Celui-ci est encore un porteur de bonne nouvelle. »
27 Le guetteur dit : « Je reconnais la façon de courir du premier, c’est la façon de courir d’Ahimaaç, fils de Sadoq. » Le roi dit : « C’est un homme de bien, il vient pour une bonne nouvelle. »
28 Ahimaaç cria et dit au roi : « Tout va bien. » Il se prosterna face contre terre devant le roi et poursuivit : « Béni soit Yahvé ton Dieu qui a livré les hommes qui avaient levé la main contre Monseigneur le roi ! »
29 Le roi demanda : « En va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Et Ahimaaç répondit : « J’ai vu un grand tumulte quand Joab a envoyé un serviteur du roi et ton serviteur, mais je ne sais pas ce que c’était. »
30 Le roi dit : « Range-toi et tiens-toi là. » Il se rangea et attendit.
31 Alors arriva le Kushite et il dit : « Que Monseigneur le roi apprenne la bonne nouvelle. Yahvé t’a rendu justice aujourd’hui en te délivrant de tous ceux qui s’étaient dressés contre toi. »
32 Le roi demanda au Kushite : « Tout va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Et le Kushite répondit : « Qu’ils aient le sort de ce jeune homme, les ennemis de Monseigneur le roi et tous ceux qui se sont dressés contre toi pour le mal ! »
Alors le roi frémit. Il monta dans la chambre au-dessus de la porte ; il parlait ainsi tandis qu’il s’en allait : « Mon fils Absalom ! mon fils ! mon fils Absalom ! que ne suis-je mort à ta place ! Absalom mon fils ! mon fils ! »
On prévint Joab : « Voici que le roi pleure et se lamente sur Absalom. »
La victoire, ce jour-là, se changea en deuil pour toute l’armée, car l’armée apprit ce jour-là que le roi était dans l’affliction à cause de son fils.
Et ce jour-là, l’armée rentra furtivement dans la ville, comme se dérobe une armée qui s’est couverte de honte en fuyant durant la bataille.
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Les relations entre David et Absalom, entre un père et son fils, sont si compréhensibles et si familières. Il est désormais impossible de discerner qui était coupable, qui a fait souffrir l’autre le premier...  Lire la suite

Les relations entre David et Absalom, entre un père et son fils, sont si compréhensibles et si familières. Il est désormais impossible de discerner qui était coupable, qui a fait souffrir l’autre le premier. Le père était-il injuste et inattentif, ou le fils vaniteux et ingrat ? Il est pratiquement impossible de démêler les relations humaines : si l’on n’est pas l’un des protagonistes, on ne peut tout simplement pas tout savoir ; si l’on est l’un de ceux qui s’affrontent, on se considère généralement dans son bon droit ou l’on trouve des excuses à ses actes. Quelle que soit notre appréciation de ce conflit, la conduite du père est ici bouleversante : quel que soit le chagrin qu’Absalom lui a causé — la révolte, la guerre, la division du peuple — rien de tout cela ne doit empêcher que la vie de l’enfant rebelle soit épargnée. Tout est déjà pardonné, alors même que l’issue de la lutte entre le père et le fils demeure incertaine. Et pour le roi, la victoire devient un terrible chagrin pour le père : son fils est mort et rien ne peut consoler David. Il nous offre un exemple saisissant de la possibilité, pour l’homme, de suivre au moins deux Béatitudes : il est miséricordieux et il pleure.

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Pour 2S 19:1-43
Alors le roi frémit. Il monta dans la chambre au-dessus de la porte ; il parlait ainsi tandis qu’il s’en allait : « Mon fils Absalom ! mon fils ! mon fils Absalom ! que ne suis-je mort à ta place ! Absalom mon fils ! mon fils ! »
On prévint Joab : « Voici que le roi pleure et se lamente sur Absalom. »
La victoire, ce jour-là, se changea en deuil pour toute l’armée, car l’armée apprit ce jour-là que le roi était dans l’affliction à cause de son fils.
Et ce jour-là, l’armée rentra furtivement dans la ville, comme se dérobe une armée qui s’est couverte de honte en fuyant durant la bataille.
Le roi s’était voilé le visage et poussait de grands cris : « Mon fils Absalom ! Absalom mon fils ! mon fils ! »
Joab se rendit auprès du roi à l’intérieur et dit : « Tu couvres aujourd’hui de honte le visage de tous tes serviteurs qui ont sauvé aujourd’hui ta vie, celle de tes fils et de tes filles, celle de tes femmes et celle de tes concubines,
parce que tu aimes ceux qui te haïssent et que tu hais ceux qui t’aiment. En effet, tu as manifesté aujourd’hui que chefs et serviteurs n’étaient rien pour toi, car je sais maintenant que, si Absalom vivait et si nous étions tous morts aujourd’hui, tu trouverais cela très bien.
Allons, je t’en prie, sors et parle au cœur de tes serviteurs, car, je le jure par Yahvé, si tu ne sors pas, il n’y aura personne qui passe cette nuit avec toi, et ce sera pour toi un malheur plus grand que tous les malheurs qui te sont advenus depuis ta jeunesse jusqu’à présent. »
Le roi se leva et vint s’asseoir à la porte. On l’annonça à toute l’armée : « Voici, dit-on, que le roi est assis à la porte », et toute l’armée se rendit devant le roi.Israël s’était enfui chacun à ses tentes.
10 Dans toutes les tribus d’Israël, tout le peuple discutait. On disait : « C’est le roi qui nous a délivrés de la main de nos ennemis, c’est lui qui nous a sauvés de la main des Philistins et maintenant il a dû s’enfuir du pays, loin d’Absalom.
11 Quant à Absalom que nous avions oint pour qu’il régnât sur nous, il est mort dans la bataille. Qu’attendez-vous donc pour faire revenir le roi ? »
12 De son côté le roi David envoya dire aux prêtres Sadoq et Ébyatar : « Parlez ainsi aux anciens de Juda : “Pourquoi seriez-vous les derniers à faire revenir le roi à la maison ? La parole de tout Israël est pourtant parvenue au roi.
13 Vous êtes mes frères. Mes os et ma chair c’est vous. Pourquoi seriez-vous les derniers à faire revenir le roi ?” »
14 Et vous direz à Amasa : “N’es-tu pas mes os et ma chair ? Que Dieu me fasse ce mal et qu’il ajoute cet autre si tu n’es pas chef de l’armée en ma présence pour toujours à la place de Joab.” »
15 Il rallia ainsi le cœur de tous les hommes de Juda comme d’un seul homme et ils envoyèrent dire au roi : « Reviens, toi et tous tes serviteurs. »
16 Le roi revint donc et atteignit le Jourdain. Juda était arrivé à Gilgal, venant à la rencontre du roi, pour aider le roi à passer le Jourdain.
17 En hâte, Shiméï, fils de Géra, le Benjaminite de Bahurim, descendit avec les gens de Juda au-devant du roi David.
18 Il avait avec lui mille hommes de Benjamin et Çiba, le domestique de la maison de Saül, ses quinze fils et ses vingt serviteurs avec lui. Ils se précipitèrent au Jourdain au-devant du roi.
19 Le bac allait d’un bord à l’autre pour faire traverser la famille du roi et satisfaire son bon plaisir.Shiméï fils de Géra se jeta aux pieds du roi quand il traversait le Jourdain,
20 et il dit au roi : « Que Monseigneur ne m’impute pas de faute ! Ne te souviens pas du mal que ton serviteur a commis le jour où Monseigneur le roi est sorti de Jérusalem. Que le roi ne le prenne pas à cœur !
21 Oui, ton serviteur le sait : j’ai péché, et voici que je suis venu aujourd’hui le premier de toute la maison de Joseph pour descendre au-devant de Monseigneur le roi. »
22 Abishaï fils de Çeruya prit alors la parole et dit : « Shiméï ne mérite-t-il pas la mort pour avoir maudit l’oint de Yahvé ? »
23 Mais David dit : « Qu’ai-je à faire avec vous, fils de Çeruya, pour que vous deveniez aujourd’hui mes adversaires ? Quelqu’un pourrait-il aujourd’hui être mis à mort en Israël ? N’ai-je pas l’assurance qu’aujourd’hui je suis roi sur Israël ? »
24 Le roi dit à Shiméï : « Tu ne mourras pas », et le roi le lui jura.
25 Mephibaal, le fils de Saül, était descendu aussi au-devant du roi. Il n’avait pris soin ni de ses pieds ni de sa moustache, il n’avait pas lavé ses vêtements depuis le jour où le roi était parti jusqu’au jour où il revint en paix à Jérusalem.
26 Or, lorsqu’il vint au-devant du roi, celui-ci lui demanda : « Pourquoi n’es-tu pas venu avec moi, Mephibaal ? »
27 Il répondit : « Monseigneur le roi, mon serviteur m’a trompé. Ton serviteur s’était dit : « Je vais seller mon ânesse pour la monter et partir avec le roi », car ton serviteur est boiteux.
28 Il a calomnié ton serviteur auprès de Monseigneur le roi. Mais Monseigneur le roi est comme l’Ange de Dieu : agis comme il te semble bon.
29 Car toute la famille de mon père méritait seulement la mort de la part de Monseigneur le roi, et pourtant tu as admis ton serviteur parmi ceux qui mangent à ta table. Quel droit puis-je avoir d’implorer encore le roi ? »
30 Le roi dit : « Pourquoi parles-tu encore de ton affaire ? Je le déclare : toi et Çiba vous partagerez les terres. »
31 Mephibaal dit au roi : « Qu’il prenne donc tout puisque Monseigneur le roi est rentré en paix chez lui ! »
32 Barzillaï le Galaadite était descendu de Roglim et avait continué avec le roi vers le Jourdain pour prendre congé de lui au Jourdain.
33 Barzillaï était très âgé, il avait quatre-vingts ans. Il avait pourvu à l’entretien du roi pendant son séjour à Mahanayim, car c’était un homme très riche.
34 Le roi dit à Barzillaï : « Continue avec moi et je prendrai soin de toi auprès de moi à Jérusalem. »
35 Mais Barzillaï répondit au roi : « Combien d’années me reste-t-il à vivre, pour que je monte avec le roi à Jérusalem ?
36 J’ai maintenant quatre-vingts ans : puis-je distinguer ce qui est bon et ce qui est mauvais ? Ton serviteur a-t-il le goût de ce qu’il mange et de ce qu’il boit ? Puis-je entendre encore la voix des chanteurs et des chanteuses ? Pourquoi ton serviteur serait-il encore à charge à Monseigneur le roi ?
37 Pour un peu ton serviteur passerait le Jourdain avec le roi. Mais pourquoi le roi m’accorderait-il une telle récompense ?
38 Permets à ton serviteur de s’en retourner : je mourrai dans ma ville près du tombeau de mon père et de ma mère. Mais voici ton serviteur Kimhâm, qu’il continue avec Monseigneur le roi, et agis comme bon te semble à son égard. »
39 Le roi dit : « Que Kimhâm continue donc avec moi, je ferai pour lui ce qui te plaira et tout ce que tu solliciteras de moi, je le ferai pour toi. »
40 Tout le peuple passa le Jourdain, le roi passa, il embrassa Barzillaï et le bénit, et celui-ci s’en retourna chez lui.
41 Le roi continua vers Gilgal. Kimhâm continua avec lui ainsi que tout le peuple de Juda. Ils firent passer le roi et aussi la moitié du peuple d’Israël.
42 Et voici que tous les hommes d’Israël vinrent auprès du roi et lui dirent : « Pourquoi nos frères, les hommes de Juda, t’ont-ils enlevé et ont-ils fait passer le Jourdain au roi et à sa famille, et à tous les hommes de David avec lui ? »
43 Tous les hommes de Juda répondirent aux hommes d’Israël : « C’est que le roi m’est plus apparenté ! Pourquoi t’irriter à ce propos ? Avons-nous mangé quelque chose qui vienne du roi ? A-t-on prélevé quelque chose pour nous ? »
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Aux yeux de Joab, le deuil de David pour Absalom n'est pas seulement excessif, mais offensant. Pourtant David ne s'afflige pas seulement de la mort de son fils, mais aussi de la division du peuple...  Lire la suite

Aux yeux de Joab, le deuil de David pour Absalom n'est pas seulement excessif, mais offensant. Pourtant David ne s'afflige pas seulement de la mort de son fils, mais aussi de la division du peuple. Le désir de David de se réconcilier avec ses ennemis récents s'accorde difficilement avec la conscience des soldats qui venaient de combattre contre eux, mais la réconciliation est nécessaire pour revenir à une vie normale. Pour la même raison, David pardonne aussi aux transfuges qui l'avaient abandonné pour Absalom et qui, après sa défaite, se sont de nouveau tournés vers David.

On pourrait croire que la division du peuple peut prendre fin ; en tout cas, des efforts sont faits en ce sens. Mais non : après une fissure, une autre grandit. Les désaccords entre les deux parties du peuple remontent à la surface. La querelle des Judéens et des Israélites pour savoir lesquels d'entre eux devaient accompagner le roi n'était hélas pas une simple dispute, et elle ne devint même pas la continuation de vieilles querelles et divergences. Dans ce conflit s'est manifesté le même esprit d'hostilité et de désunion, qu'il est beaucoup plus difficile de vaincre que de battre des ennemis.

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Pour 2S 18:9-19:4
Absalom se heurta par hasard à des serviteurs de David. Absalom montait un mulet et le mulet s’engagea sous la ramure d’un grand chêne. La tête d’Absalom se prit dans le chêne et il resta suspendu entre ciel et terre tandis que continuait le mulet qui était sous lui.
10 Quelqu’un l’aperçut et prévint Joab : « Je viens de voir, dit-il, Absalom suspendu à un chêne. »
11 Joab répondit à l’homme qui portait cette nouvelle : « Puisque tu l’as vu, pourquoi ne l’as-tu pas abattu sur place ? J’aurais pris sur moi de te donner dix sicles d’argent et une ceinture ! »
12 Mais l’homme répondit à Joab : « Quand même je soupèserais dans mes paumes mille sicles d’argent, je ne porterais pas la main sur le fils du roi ! C’est à nos oreilles que le roi t’a donné cet ordre ainsi qu’à Abishaï et à Ittaï : « Surveillez quiconque s’en prendrait au jeune Absalom. »
13 Que si je m’étais menti à moi-même, rien ne reste caché au roi, et toi, tu te serais tenu à distance. »
14 Alors Joab dit : « Je ne vais pas ainsi perdre mon temps avec toi. » Il prit en mains trois épieux et les planta dans le cœur d’Absalom encore vivant au milieu du chêne.
15 Dix jeunes gens, les écuyers de Joab, se disposèrent en cercle, frappèrent Absalom et le mirent à mort.
16 Joab fit alors sonner du cor et la troupe cessa de poursuivre Israël, car Joab retint l’armée.
17 On prit Absalom, on le jeta dans une grande fosse en pleine forêt et on dressa sur lui un énorme monceau de pierres. Tous les Israélites s’étaient enfuis, chacun à ses tentes.
18 De son vivant, Absalom avait entrepris de s’ériger la stèle qui est dans la vallée du Roi, car il s’était dit : « Je n’ai pas de fils pour commémorer mon nom », et il avait donné son nom à la stèle. On l’appelle encore aujourd’hui le monument d’Absalom.
19 Ahimaaç, fils de Sadoq, dit : « Je voudrais courir et annoncer au roi cette bonne nouvelle, que Yahvé lui a rendu justice en le délivrant de ses ennemis. »
20 Mais Joab lui dit : « Tu ne serais pas un porteur de bonne nouvelle aujourd’hui ; tu le seras un autre jour, mais aujourd’hui tu ne porterais pas une bonne nouvelle, puisque le fils du roi est mort. »
21 Et Joab dit au Kushite : « Va rapporter au roi tout ce que tu as vu. » Le Kushite se prosterna devant Joab et partit en courant.
22 Ahimaaç, fils de Sadoq, insista encore et dit à Joab : « Advienne que pourra, je veux courir moi aussi derrière le Kushite. » Joab dit : « Pourquoi courrais-tu, mon fils, sans bonne nouvelle qui te vaudrait une récompense ? »
23 Il reprit : « Advienne que pourra, je courrai ! » Joab lui dit : « Cours donc. » Et Ahimaaç partit en courant par le chemin de la Plaine et il dépassa le Kushite.
24 David était assis entre les deux portes. Le guetteur étant monté à la terrasse de la porte, sur le rempart, leva les yeux et aperçut un homme qui courait seul.
25 Le guetteur cria et avertit le roi, et le roi dit : « S’il est seul, c’est qu’il a une bonne nouvelle sur les lèvres. » Comme celui-là continuait d’approcher,
26 le guetteur vit un autre homme qui courait et il appela le portier en lui disant : « Voici un autre homme, qui court seul. » Et David dit : « Celui-ci est encore un porteur de bonne nouvelle. »
27 Le guetteur dit : « Je reconnais la façon de courir du premier, c’est la façon de courir d’Ahimaaç, fils de Sadoq. » Le roi dit : « C’est un homme de bien, il vient pour une bonne nouvelle. »
28 Ahimaaç cria et dit au roi : « Tout va bien. » Il se prosterna face contre terre devant le roi et poursuivit : « Béni soit Yahvé ton Dieu qui a livré les hommes qui avaient levé la main contre Monseigneur le roi ! »
29 Le roi demanda : « En va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Et Ahimaaç répondit : « J’ai vu un grand tumulte quand Joab a envoyé un serviteur du roi et ton serviteur, mais je ne sais pas ce que c’était. »
30 Le roi dit : « Range-toi et tiens-toi là. » Il se rangea et attendit.
31 Alors arriva le Kushite et il dit : « Que Monseigneur le roi apprenne la bonne nouvelle. Yahvé t’a rendu justice aujourd’hui en te délivrant de tous ceux qui s’étaient dressés contre toi. »
32 Le roi demanda au Kushite : « Tout va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Et le Kushite répondit : « Qu’ils aient le sort de ce jeune homme, les ennemis de Monseigneur le roi et tous ceux qui se sont dressés contre toi pour le mal ! »
Alors le roi frémit. Il monta dans la chambre au-dessus de la porte ; il parlait ainsi tandis qu’il s’en allait : « Mon fils Absalom ! mon fils ! mon fils Absalom ! que ne suis-je mort à ta place ! Absalom mon fils ! mon fils ! »
On prévint Joab : « Voici que le roi pleure et se lamente sur Absalom. »
La victoire, ce jour-là, se changea en deuil pour toute l’armée, car l’armée apprit ce jour-là que le roi était dans l’affliction à cause de son fils.
Et ce jour-là, l’armée rentra furtivement dans la ville, comme se dérobe une armée qui s’est couverte de honte en fuyant durant la bataille.
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Les relations entre David et Absalom, entre un père et son fils, sont si compréhensibles et si familières. Il est désormais impossible de discerner qui était coupable, qui a fait souffrir l’autre le premier...  Lire la suite

Les relations entre David et Absalom, entre un père et son fils, sont si compréhensibles et si familières. Il est désormais impossible de discerner qui était coupable, qui a fait souffrir l’autre le premier. Le père était-il injuste et inattentif, ou le fils vaniteux et ingrat ? Il est pratiquement impossible de démêler les relations humaines : si l’on n’est pas l’un des protagonistes, on ne peut tout simplement pas tout savoir ; si l’on est l’un de ceux qui s’affrontent, on se considère généralement dans son bon droit ou l’on trouve des excuses à ses actes. Quelle que soit notre appréciation de ce conflit, la conduite du père est ici bouleversante : quel que soit le chagrin qu’Absalom lui a causé — la révolte, la guerre, la division du peuple — rien de tout cela ne doit empêcher que la vie de l’enfant rebelle soit épargnée. Tout est déjà pardonné, alors même que l’issue de la lutte entre le père et le fils demeure incertaine. Et pour le roi, la victoire devient un terrible chagrin pour le père : son fils est mort et rien ne peut consoler David. Il nous offre un exemple saisissant de la possibilité, pour l’homme, de suivre au moins deux Béatitudes : il est miséricordieux et il pleure.

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