Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour He 10:26-39

26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés.
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles.
28 Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Moïse ? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins.
29 D'un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l'Esprit de la grâce?
30 Nous connaissons, en effet, celui qui a dit : A moi la vengeance. C'est moi qui rétribuerai. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple.
31 Oh ! chose effroyable que de tomber aux mains du Dieu vivant !
32 Mais rappelez-vous ces premiers jours, où après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand assaut de souffrances,
33 tantôt exposés publiquement aux opprobres et aux tribulations, tantôt vous rendant solidaires de ceux qui étaient ainsi traités.
34 Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable.
35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense.
36 Vous avez besoin de constance, pour que, après avoir accompli la volonté de Dieu, vous bénéficiiez de la promesse.
37 Car encore un peu, bien peu de temps, Celui qui vient arrivera et il ne tardera pas.
38  Or mon juste vivra par la foi ; et s'il se dérobe, mon âme ne se complaira pas en lui.
39 Pour nous, nous ne sommes pas des hommes de dérobade, pour la perdition, mais des hommes de foi pour la sauvegarde de notre âme.
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Il y a déjà deux mille ans, l'auteur de l'Épître aux Hébreux disait : « Encore un peu, bien peu de temps, et Celui qui vient arrivera sans tarder. » Deux mille ans, est-ce vraiment si peu ? On est tenté de se dire qu'un tel « peu de temps » ressemble à quelque chose, en mathématiques, qui tend indéfiniment vers zéro sans jamais l'atteindre. Peut-être que cette venue n'aura jamais lieu ? Et, même si elle a lieu, ce ne sera certainement pas pour nous ! De quoi s'agit-il donc ? Pourquoi l'Église a-t-elle inclus dans le canon de la Sainte Écriture des paroles qui ressemblent à une prophétie manquée ? C'est probablement parce que ce « peu, bien peu de temps » est une manière de voir du point de vue de l'Éternité. Il viendra vraiment très bientôt, mais Lui seul sait quand ce « bientôt » arrivera. Pour chacun de nous, la rencontre avec Lui ne peut qu'être inattendue. Or le moment où cette rencontre advient pour nous, c'est la mort. Si nous devions voir Dieu dans cinq minutes, pourrions-nous Le regarder dans les yeux ? Voilà ce que l'Église nous rappelle dans la lecture d'aujourd'hui.

Autres réflexions

 
Pour He 10:26-27
26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés.
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles.
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Selon les représentations généralement acceptées dans le milieu yahvéiste et reflétées dans la Torah, l’homme ne pouvait être totalement pardonné que du péché commis involontairement, par exemple, par faiblesse ou par ignorance. Si le péché était commis expressément...  Lire la suite

Selon les représentations généralement acceptées dans le milieu yahvéiste et reflétées dans la Torah, l’homme ne pouvait être totalement pardonné que du péché commis involontairement, par exemple, par faiblesse ou par ignorance. Si le péché était commis expressément, c’est-à-dire consciemment et volontairement, on ne pouvait aucunement parler d’un total pardon de celui qui l’a commis. Certes, si pécheur se repentait sincèrement et s’adressait à Dieu pour la demande du pardon, Dieu pouvait le lui pardonner.

Mais les conséquences du péché, ce que dans la langue du Torah s'appelle souillure, prévalaient sur celui qui pèche volontairement tout le reste de la vie, affectant même assez souvent ses descendants. Tout a changé avec l'arrivée du Christ: le Royaume, dont les lois se distinguent fondamentalement des lois du monde non transformé est entré dans le monde. Chacun s’ayant associé au Royaume reçoit la possibilité de repartir à zéro.

Tous les péchés commis autrefois, restent dans la vie antérieure, qui se déroulait d'après les lois de notre monde pas encore transformé, et devant le chrétien nouvellement converti se trouve une feuille vierge pour une vie nouvelle, dans laquelle il ne peut et ne doit avoir place au péché.

Mais quoi, si le péché finit tout de même par pénétrer dans cette vie nouvelle ensemble avec ce qui n’est pas encore transformé, et c’est-à-dire pas encore libre du péché de la nature humaine? Alors, il est évident qu’un tel pécheur ne trouvera plus place dans le Royaume, et alors il ne lui restera que ce que les livres du Nouveau Testament appellent «les ténèbres» ou «l’étang de feu».

Heureusement pour nous, jusqu'à ce que le processus d'entrée dans le Royaume pour notre monde ne soit pas terminé, la possibilité de recommencer à zéro, d’essayer encore nous est donnée de nouveau et de nouveau. Mais cela ne rend pas la situation moins sérieuse : puisque nous ne connaissons pas, combien de temps nous avons encore en réserve. Et donc, chaque tentative peut bien s’avérer la dernière.

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Pour He 10:26-27
26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés.
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles.
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Selon les représentations généralement acceptées dans le milieu yahvéiste et reflétées dans la Torah, l’homme ne pouvait être totalement pardonné que du péché commis involontairement, par exemple, par faiblesse ou par ignorance. Si le péché était commis expressément...  Lire la suite

Selon les représentations généralement acceptées dans le milieu yahvéiste et reflétées dans la Torah, l’homme ne pouvait être totalement pardonné que du péché commis involontairement, par exemple, par faiblesse ou par ignorance. Si le péché était commis expressément, c’est-à-dire consciemment et volontairement, on ne pouvait aucunement parler d’un total pardon de celui qui l’a commis. Certes, si pécheur se repentait sincèrement et s’adressait à Dieu pour la demande du pardon, Dieu pouvait le lui pardonner.

Mais les conséquences du péché, ce que dans la langue du Torah s'appelle souillure, prévalaient sur celui qui pèche volontairement tout le reste de la vie, affectant même assez souvent ses descendants. Tout a changé avec l'arrivée du Christ: le Royaume, dont les lois se distinguent fondamentalement des lois du monde non transformé est entré dans le monde. Chacun s’ayant associé au Royaume reçoit la possibilité de repartir à zéro.

Tous les péchés commis autrefois, restent dans la vie antérieure, qui se déroulait d'après les lois de notre monde pas encore transformé, et devant le chrétien nouvellement converti se trouve une feuille vierge pour une vie nouvelle, dans laquelle il ne peut et ne doit avoir place au péché.

Mais quoi, si le péché finit tout de même par pénétrer dans cette vie nouvelle ensemble avec ce qui n’est pas encore transformé, et c’est-à-dire pas encore libre du péché de la nature humaine? Alors, il est évident qu’un tel pécheur ne trouvera plus place dans le Royaume, et alors il ne lui restera que ce que les livres du Nouveau Testament appellent «les ténèbres» ou «l’étang de feu».

Heureusement pour nous, jusqu'à ce que le processus d'entrée dans le Royaume pour notre monde ne soit pas terminé, la possibilité de recommencer à zéro, d’essayer encore nous est donnée de nouveau et de nouveau. Mais cela ne rend pas la situation moins sérieuse : puisque nous ne connaissons pas, combien de temps nous avons encore en réserve. Et donc, chaque tentative peut bien s’avérer la dernière.

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Pour He 10:30-31
30 Nous connaissons, en effet, celui qui a dit : A moi la vengeance. C'est moi qui rétribuerai. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple.
31 Oh ! chose effroyable que de tomber aux mains du Dieu vivant !
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Dans la vie spirituelle, comme dans la vie en général, il arrive souvent que l'homme doive porter les conséquences du choix d'un autre, choix qu'il n'a pas fait. Les porter dans un monde auquel appartiennent des enchaînements implacables de cause à effet. Une fois lancés par le choix imprudent de quelqu'un, ils n'obéissent plus aux intentions de personne...  Lire la suite

Dans la vie spirituelle, comme dans la vie en général, il arrive souvent que l'homme doive porter les conséquences du choix d'un autre, choix qu'il n'a pas fait. Les porter dans un monde auquel appartiennent des enchaînements implacables de cause à effet. Une fois lancés par le choix imprudent de quelqu'un, ils n'obéissent plus aux intentions de personne. Et Dieu doit agir précisément dans un tel monde. Un monde absolument impitoyable. Impitoyable d'abord à cause de l'irresponsabilité humaine. En effet, notre monde ressemble surtout à un mécanisme très complexe et, en cas de mauvaise conduite, très dangereux. Son fonctionnement dépend de nous. Or nous nous comportons comme des enfants dans un bac à sable jouant avec leurs jouets.

En nous vexant les uns les autres, nous sommes parfois prêts à mettre en œuvre une force qui détruira non seulement notre offenseur, mais aussi beaucoup de ceux qui n'ont aucun rapport avec lui. Peut-être même nous-mêmes. Et cette force, c'est la haine. La haine qui se manifeste le plus clairement dans la vengeance. Il est difficile de condamner l'homme qui recourt à la force pour se défendre contre le mal, lui-même, sa famille, sa maison. Dans le monde déchu, l'homme n'a parfois réellement pas d'autre possibilité de se protéger.

La vengeance est autre chose. On ne se venge pas pour se défendre, mais pour s'affirmer soi-même. Pour démontrer sa force, sa dureté, son absence de pitié. Pour effrayer. Et peu pensent alors que le mécanisme qu'ils ont lancé ne peut plus être arrêté par aucune force humaine. Il a fallu le sacrifice de la croix pour arrêter cette roue monstrueuse. La roue du péché consciemment commis, dont les conséquences, pensait-on, étaient ineffaçables.

La venue du Christ change la situation: désormais chacun a la possibilité de commencer une vie nouvelle en Dieu, depuis une page blanche. Mais d'autant plus grande devient la responsabilité de celui qui a commencé cette vie nouvelle envers la page blanche qu'il a reçue. Avant, toute vengeance, toute affirmation de sa force destructrice était une vengeance avant tout contre Dieu, qui n'est certainement en rien coupable de ce tourbillon du péché qui s'est mis à tourner sur la terre après la chute. Désormais, tout péché commis par un chrétien devient un coup porté au Royaume.

Bien sûr, ni Dieu ni le Royaume ne craignent de tels coups. Et la vengeance de Dieu n'est pas la vengeance de l'homme. Dieu ne se venge pas; Il vit simplement Sa vie. Une vie incompatible avec tout mal. Une vie qui, par sa seule existence, détruit toute affirmation du mal. Cette vie de Son Royaume, qui nie tout péché. C'est pourquoi elle est terrible pour tout pécheur qui ne veut pas se séparer de son péché. Mais joyeuse pour quiconque est prêt à quitter son péché et à franchir le seuil de ce Royaume.

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Pour He 10:32-39
32 Mais rappelez-vous ces premiers jours, où après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand assaut de souffrances,
33 tantôt exposés publiquement aux opprobres et aux tribulations, tantôt vous rendant solidaires de ceux qui étaient ainsi traités.
34 Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable.
35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense.
36 Vous avez besoin de constance, pour que, après avoir accompli la volonté de Dieu, vous bénéficiiez de la promesse.
37 Car encore un peu, bien peu de temps, Celui qui vient arrivera et il ne tardera pas.
38  Or mon juste vivra par la foi ; et s'il se dérobe, mon âme ne se complaira pas en lui.
39 Pour nous, nous ne sommes pas des hommes de dérobade, pour la perdition, mais des hommes de foi pour la sauvegarde de notre âme.
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Poursuivant son discours sur la vie chrétienne, l'auteur de l'épître appelle ses lecteurs à ne pas quitter le chemin sur lequel ils se sont engagés et dont ils ont déjà parcouru une certaine distance...  Lire la suite

Poursuivant son discours sur la vie chrétienne, l'auteur de l'épître appelle ses lecteurs à ne pas quitter le chemin sur lequel ils se sont engagés et dont ils ont déjà parcouru une certaine distance. On voit que l'auteur, disciple de l'apôtre, a vécu avec lui et avec quelques autres des persécutions pour le Christ, qu'il mentionne en termes généraux mais tout à fait clairement. Contrairement à son maître, l'auteur de l'épître n'a pas été exécuté, mais sa vie a sans doute été menacée à un moment donné, et cette menace était bien réelle.

D'autres se sont sans doute trouvés dans une situation semblable. Il n'est pas exclu que le sort de Paul et d'autres chrétiens aurait été différent si la révolte antiromaine qui commença à peu près à cette époque en Palestine, sous des mots d'ordre religieux et notamment messianiques, n'avait pas éclaté. Les Romains se mirent alors probablement à regarder les disciples de Jésus comme tous les messianistes en général: comme des rebelles agissant activement contre le pouvoir romain.

Dans une telle situation, les persécutions ne pouvaient naturellement que s'intensifier, du moins jusqu'à l'écrasement complet de la révolte. Et, d'après le témoignage de l'auteur de l'Épître aux Hébreux, beaucoup de ses destinataires se montrèrent de fidèles disciples du Christ. Mais maintenant, après que les espoirs d'un retour prochain du Christ se furent dissipés, ils se trouvaient manifestement dans un certain désarroi, ne comprenant pas ce qu'il fallait attendre ensuite et, peut-on penser, regardant vers divers groupes messianiques et sectes de type gnostique, car la gnose, en ces temps-là, était aussi propre au milieu juif qu'au milieu païen. C'est dans une telle situation que l'auteur écrit son épître à une communauté chrétienne juive, peut-être une communauté de Juifs chrétiens de Rome.

Il pouvait y en avoir beaucoup: la communauté juive de Rome était dans l'Antiquité l'une des plus importantes, et beaucoup y avaient été convertis au Christ, notamment sous l'influence de la prédication de Paul. Bien entendu, ces gens vivaient tout ce qui était lié à la catastrophe de l'an 70 aussi profondément que toute la communauté juive, qu'il s'agisse de Juifs orthodoxes ou de messianistes chrétiens. Et l'auteur de l'épître, demeurant fidèle à l'enseignement du Sauveur Lui-même et de son maître Paul, les appelle à ne pas désespérer et à rester fidèles à ce qui leur avait été révélé lors de leur conversion et à quoi ils avaient rendu témoignage par leur fidélité pendant les persécutions.

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Pour He 10:32-39
32 Mais rappelez-vous ces premiers jours, où après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand assaut de souffrances,
33 tantôt exposés publiquement aux opprobres et aux tribulations, tantôt vous rendant solidaires de ceux qui étaient ainsi traités.
34 Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable.
35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense.
36 Vous avez besoin de constance, pour que, après avoir accompli la volonté de Dieu, vous bénéficiiez de la promesse.
37 Car encore un peu, bien peu de temps, Celui qui vient arrivera et il ne tardera pas.
38  Or mon juste vivra par la foi ; et s'il se dérobe, mon âme ne se complaira pas en lui.
39 Pour nous, nous ne sommes pas des hommes de dérobade, pour la perdition, mais des hommes de foi pour la sauvegarde de notre âme.
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Poursuivant son propos sur la fidélité à l’alliance conclue une fois pour toutes, inséparable de la fidélité à l’Église, l’auteur...  Lire la suite

Poursuivant son propos sur la fidélité à l’alliance conclue une fois pour toutes, inséparable de la fidélité à l’Église, l’auteur de l’épître rappelle à ses lecteurs les persécutions qu’ils ont dû subir auparavant, probablement avant même la catastrophe de l’an 70 (v. 32-34). Ce rappel n’est manifestement pas fortuit : car la fidélité au temps des persécutions n’est possible que lorsque le Royaume est pour les persécutés une réalité évidente et immédiate de leur vie, évidente au point que même la mort physique ne les effraie pas ; car la vie du Royaume est plus grande que cette vie physique que l’on peut enlever à l’homme dans notre monde encore non transfiguré. Et maintenant l’auteur veut manifestement rappeler à ses destinataires ces temps où le Royaume était pour eux quelque chose de si manifeste que personne n’aurait songé à douter de sa proximité. La principale source de doute pour les fidèles fut, semble-t-il, le fait que même alors, après cette catastrophe dont le Sauveur avait parlé comme d’un événement précédant directement Son retour dans la gloire, le triomphe complet et définitif du Royaume était manifestement différé, et différé pour une durée indéterminée, car Jésus n’avait laissé à Ses disciples aucun autre repère à ce sujet.

Une telle situation n’effrayait pas tant qu’elle ne refroidissait beaucoup de personnes, de sorte que l’auteur de l’épître devait rappeler que l’histoire de la formation du Royaume et de son déploiement dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré, est encore loin d’être achevée. C’est pourquoi il appelle les fidèles à ne pas céder à l’abattement et à la déception, en les assurant que le retour du Sauveur est proche (v. 35-37). Bien sûr, il ne s’agit pas ici de dates concrètes : même Jésus Lui-même refusait d’en parler. Il s’agit d’autre chose : maintenant que s’est accompli ce qu’Il avait dit au sujet de Jérusalem et du Temple, l’histoire est entrée dans sa dernière ligne droite, qui mène directement au seuil du Royaume. C’est précisément maintenant, alors qu’il semble qu’il n’y ait plus rien à attendre, que la probabilité du retour du Sauveur est plus grande que jamais. Et c’est précisément maintenant que les fidèles ont besoin, plus que jamais, d’une disponibilité spirituelle, donc d’une résolution qui ne connaît pas d’hésitation (v. 38-39). En effet, il serait insensé et douloureux de perdre le Royaume à cause de la déception, du refroidissement et de l’indécision, au moment où l’on peut attendre chaque jour et chaque heure son triomphe complet et définitif.

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Pour He 10:32-38
32 Mais rappelez-vous ces premiers jours, où après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand assaut de souffrances,
33 tantôt exposés publiquement aux opprobres et aux tribulations, tantôt vous rendant solidaires de ceux qui étaient ainsi traités.
34 Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable.
35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense.
36 Vous avez besoin de constance, pour que, après avoir accompli la volonté de Dieu, vous bénéficiiez de la promesse.
37 Car encore un peu, bien peu de temps, Celui qui vient arrivera et il ne tardera pas.
38  Or mon juste vivra par la foi ; et s'il se dérobe, mon âme ne se complaira pas en lui.
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« ...Car encore un peu, bien peu de temps... » Parfois nous ne voulons pas y croire et nous disons : tu nous consoles seulement, apôtre Paul. Mais auparavant Paul dit ces paroles : « Il est redoutable de tomber entre les mains du Dieu vivant ! ». Or dans le texte grec...  Lire la suite

« ...Car encore un peu, bien peu de temps... » Parfois nous ne voulons pas y croire et nous disons : tu nous consoles seulement, apôtre Paul. Mais auparavant Paul dit ces paroles : « Il est redoutable de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » (He 10:31). Or dans le texte grec se trouve le mot « phoberon », qui s’associe assez nettement au russe « phobie ». Dans son sens russe, la phobie désigne justement un état intérieur maladif, alors qu’il n’y a pas de danger extérieur réel : seulement l’obscurité ou la hauteur, seulement un lieu clos, et ainsi de suite. Nous avons cet état intérieur : nous voulons la Fin, et nous en avons peur. C’est à cause de cette incertitude, à cause de notre trouble intérieur, que cette Fin ne vient pas.

Car le Seigneur vient comme l’Époux lorsque l’amour s’est affermi. Imaginez un fiancé et une fiancée qui se préparent à recevoir le sacrement du mariage, mais la fiancée a peur, n’est pas sûre, hésite ; il n’y a pas encore en elle cet amour rayonnant, heureux et paisible qui désire ardemment se donner au service de l’être aimé. Leur mariage serait-il juste dans ce cas ? Il serait tout de même, sans doute, prématuré.

De même nous aussi, même si l’on ne parle que de l’Église et de ses membres, nous n’avons pas encore cet amour profond, silencieux et paisible. Nous avons encore peur nous-mêmes et nous effrayons les autres. Nous craignons le châtiment, nous craignons la vengeance, la rétribution ; nous avons simplement peur, sans savoir nous-mêmes de quoi, parce que « personne n’en est encore revenu ». De quelles « noces », c’est-à-dire de quelle Fin, peut-il être question ?

Mais cela ne signifie pas que nous sommes seuls. Nous sommes, pour ainsi dire, « fiancés » par la première venue du Christ, et il nous faut construire avec Lui une relation. En tout cas, Il est ici, Il est proche. Et, bien sûr, « encore un peu », parce que lorsqu’il y a l’amour, le temps s’écoule autrement : les séparations sont infinies, les rencontres semblent passer si vite, et dans l’ensemble demeure ce sentiment que voici, encore un peu, et l’éternité se répandra dans l’âme.

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Pour He 10:34
34 Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable.
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L’un des principes les plus importants de la vie spirituelle chrétienne, dans la langue de la tradition monastique orientale, s’appelle le non-attachement aux possessions. La tradition occidentale appelle ce non-attachement pauvreté, et le limite en le réduisant à un certain état matériel. Pourtant, si l’on comprend la pauvreté comme la comprenait, par exemple, Isaïe...  Lire la suite

L’un des principes les plus importants de la vie spirituelle chrétienne, dans la langue de la tradition monastique orientale, s’appelle le non-attachement aux possessions. La tradition occidentale appelle ce non-attachement pauvreté, et le limite en le réduisant à un certain état matériel. Pourtant, si l’on comprend la pauvreté comme la comprenait, par exemple, Isaïe de Jérusalem, on pourrait très bien l’appeler aussi non-attachement aux possessions.

D’ailleurs, le destin d’Isaïe peut servir d’illustration aux paroles de l’auteur de l’épître, bien que ce prophète ait vécu huit siècles avant la venue du Sauveur: aristocrate et homme riche, il se disait pauvre, et à la fin de sa vie, pendant les persécutions, il perdit réellement tout. Il existe même des indications peu claires selon lesquelles le prophète aurait terminé sa vie en martyr. Ce sentiment d’être pauvre indépendamment de la taille de ses biens, voilà ce qu’on appelle le non-attachement aux possessions. Dans un tel état spirituel, la perte même de ces biens n’est effectivement pas perçue comme une catastrophe.

L’homme comprend alors réellement que l’essentiel pour lui n’est pas la propriété, ou du moins pas celle qu’il possède sur la terre. Et ce n’est pas un renoncement, une auto-limitation, une pauvreté au nom de la liberté ou quelque chose de semblable. Il s’agit simplement de la vie dans le Royaume comme telle. Dans une réalité organisée autrement que notre monde non transfiguré. Et c’est précisément cette réalité qui devient pour l’homme authentique et absolue. Bien sûr, il n’est pas nécessaire que l’homme perde tout dans ce cas: la pratique monastique, en Orient comme en Occident, ne fait qu’extérioriser ce qui peut demeurer intérieur.

Il s’agit précisément de l’attitude envers ses propres biens. Lorsqu’ils sont perçus non comme une partie plus ou moins inséparable de soi-même, ce «moi bien-aimé», mais comme un instrument donné par Dieu pour accomplir les tâches fixées par Dieu. Un instrument que l’on ne possède pas, mais dont on se sert. Et même si cet instrument t’est enlevé et que Dieu n’intervient pas, cela signifie que Son plan ne suppose pas d’intervention. Peut-être ces instruments ne seront-ils plus nécessaires. Ou Dieu en a préparé d’autres. Quoi qu’il en soit, Il sait mieux que nous. Et Ses serviteurs peuvent ne pas s’inquiéter: c’est Son monde et Son plan.

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Pour He 10:35
35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense.
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On a beaucoup dit et écrit sur le courage au cours de la longue histoire de l’humanité. Mais qu’est-ce que le courage du point de vue spirituel ? Et pourquoi est-il si important ? Pour répondre à cette question, il faut...  Lire la suite

On a beaucoup dit et écrit sur le courage au cours de la longue histoire de l’humanité. Mais qu’est-ce que le courage du point de vue spirituel ? Et pourquoi est-il si important ? Pour répondre à cette question, il faut se rappeler autre chose, ce qui constitue le fondement de la vie spirituelle : la fidélité. Ce n’est pas un hasard si la Bible lie précisément à elle les relations entre Dieu et l’homme, entre Dieu et le peuple de Dieu. Dans la traduction russe, la fidélité est parfois appelée foi, mais dans la plupart des cas le mot grec ou hébreu correspondant désigne précisément la fidélité, ainsi que la confiance.

Mais si la fidélité joue un rôle clé dans les relations entre Dieu et l’homme, alors on peut en dire autant de la constance, sans laquelle il ne saurait être question de fidélité. Et la constance, à son tour, est impensable sans courage. Bien sûr, si nous avions à vivre dans un monde qui ne connaît pas le mal, tout serait peut-être autrement. Il est tout à fait possible qu’un tel monde ne connaisse même pas une notion comme le courage. Mais nous vivons, hélas, dans un monde atteint par le péché et gisant dans le mal. Or un tel monde, ou plutôt les forces du mal qui y agissent, n’a pas besoin de constance. D’aucune sorte et en rien.

L’expression « constance dans le mal » n’est en fait qu’une belle phrase qui ne signifie rien. Elle ne signifie pas plus que, par exemple, l’expression « dévaler de toutes ses forces une pente ». Pour faire le mal, il n’est besoin ni de recueillement spirituel ni de persévérance. Bien sûr, chacun pourrait citer de grands hommes dotés d’une forte volonté et d’autres qualités, qui se manifestaient aussi lorsqu’ils accomplissaient des actes mauvais. Mais ces qualités, ils ne les ont pas reçues du diable ni des forces obscures. Elles ont été placées en eux par Dieu, qui leur a donné la liberté, comme à tout autre. Et ils ont abusé de cette liberté, si bien que le don de Dieu est devenu en eux une force sombre et mauvaise. La force vient de Dieu ; le mal vient du refus de l’orienter vers l’œuvre de Dieu.

Au fond, pour faire le mal, il suffit de ne rien faire et de laisser d’autres utiliser ses talents et ses capacités reçus de Dieu ; tandis que pour ne pas faire le mal, il faut s’opposer et résister à ceux qui voudraient se servir de dons qui ne leur appartiennent pas. Dans le monde déchu, il faut défendre le don de Dieu, tout comme il faut y défendre sa fidélité à Dieu. Et le courage, c’est précisément la fidélité qui s’oppose aux forces du mal. Une fidélité qui, sans cette opposition, cesse d’être elle-même.

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Pour He 10:35
35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense.
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Durant la longue histoire de l'humanité beaucoup ont été dits et écrits sur le courage. Mais qu'est-ce que c'est le courage du point de vue spirituel? Et pourquoi il est si important? Pour répondre à cette question, il est important de se rappeler d'une autre chose, de ce qui forme la base de la vie spirituelle: la fidélité...  Lire la suite

Durant la longue histoire de l'humanité beaucoup ont été dits et écrits sur le courage. Mais qu'est-ce que c'est le courage du point de vue spirituel? Et pourquoi il est si important? Pour répondre à cette question, il est important de se rappeler d'une autre chose, de ce qui forme la base de la vie spirituelle: la fidélité. Ce n’est pas par hasard que c’est justement avec elle que la Bible lie la relation entre Dieu et l’homme, entre Dieu et le peuple de Dieu. Parfois dans la traduction française la fidélité s'appelle la foi, mais dans la plupart des cas le mot correspondant grec ou juif désigne notamment la fidélité, ainsi que la confiance. Mais si la fidélité joue un rôle clé dans les relations entre Dieu et l’homme, alors on peut aussi dire la même chose de la constance, sans laquelle on ne saura parler d’aucune fidélité. Et la constance à son tour, est inconcevable sans courage.

Bien sûr, s’il nous arrivait de vivre dans un monde ne connaissant pas le mal, tout aurait probablement été différent. Il est tout à fait probable qu'un tel monde n’aurait pas du tout connu une telle notion comme le courage. Mais nous vivons malheureusement dans un monde frappé par le péché et se trouvant dans le mal. Et un tel monde (ou, plus exactement, les forces du mal, agissant en lui) n’a pas besoin de la constance. Aucune et en rien. L'expression «constance dans le mal» est au fond, seulement belle, mais c’est une phrase vide de sens. Pour faire le mal, il ne faut ni la concentration spirituelle, ni l’obstination.

Certes, chacun pourrait indiquer des grands hommes possédant une forte volonté et d'autres qualités, qui se manifestaient même lorsqu’ils faisaient des mauvaises choses. Mais ils n’ont pas reçu ces qualités du diable et non des forces des ténèbres. Elles y ont été mises par Dieu, Qui leur a accordé la liberté, comme à tout autre. Mais ils ont abusé de cette liberté, et le Don de Dieu est devenu en eux une force sombre et méchante. La puissance vient de Dieu, le mal — de la mauvaise volonté de la diriger à l’œuvre de Dieu.

Au fond, pour faire le mal, il suffit de ne rien faire et permettre aux autres d’utiliser ses talents et capacités reçus de Dieu. Mais pour ne pas permettre cela, il faut s’opposer et résister à ceux qui voudraient se servir des dons ne leur appartenant pas. Il arrive à protéger le don de Dieu dans le monde déchu, ainsi qu'il arrive à protéger dans ce monde sa fidélité à Dieu. Et le courage est la fidélité résistant aux forces du mal. La fidélité, qui sans une telle opposition cesse d'être elle-même.

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Pour He 10:19-31
19 Ayant donc, frères, l'assurance voulue pour l'accès au sanctuaire par le sang de Jésus,
20 par cette voie qu'il a inaugurée pour nous, récente et vivante, à travers le voile - c'est-à-dire sa chair -,
21 et un prêtre souverain à la tête de la maison de Dieu,
22 approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs nettoyés de toutes les souillures d'une conscience mauvaise et le corps lavé d'une eau pure.
23 Gardons indéfectible la confession de l'espérance, car celui qui a promis est fidèle,
24 et faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes;
25 ne désertez pas votre propre assemblée, comme quelques-uns ont coutume de le faire, mais encouragez-vous mutuellement, et d'autant plus que vous voyez approcher le Jour.
26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés.
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles.
28 Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Moïse ? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins.
29 D'un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l'Esprit de la grâce?
30 Nous connaissons, en effet, celui qui a dit : A moi la vengeance. C'est moi qui rétribuerai. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple.
31 Oh ! chose effroyable que de tomber aux mains du Dieu vivant !
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Poursuivant son propos sur le Christ comme Grand Prêtre, l'auteur de l'épître parle des relations entre lui et les fidèles comme de l'essence de ce que les prophètes d'Israël appelaient la nouvelle alliance. En effet: l'essence de toute union-alliance consiste...  Lire la suite

Poursuivant son propos sur le Christ comme Grand Prêtre, l'auteur de l'épître parle des relations entre lui et les fidèles comme de l'essence de ce que les prophètes d'Israël appelaient la nouvelle alliance. En effet: l'essence de toute union-alliance consiste, en fin de compte, dans la sanctification de l'homme par Dieu, dans l'action que Dieu exerce sur l'homme en changeant sa vie spirituelle, et parfois même sa nature. Et la nouvelle union, cette nouvelle alliance même dont Jérémie a parlé le premier, supposait non seulement la Torah écrite dans le coeur, mais aussi une mesure de Présence dans la vie d'une personne et du peuple de Dieu telle qu'il n'y en avait jamais eu auparavant.

C'est cette plénitude de la Présence qui était liée à la personne du Sauveur, et c'est pourquoi l'auteur de l'épître l'appelle Grand Prêtre avec une majuscule. Mais aucune mesure de Présence, fût-elle absolue, ne garantit à l'homme le salut, la purification, la sanctification ni quoi que ce soit d'autre. L'homme est libre, et tout se détermine en fin de compte précisément par son choix.

L'auteur de l'épître rappelle que le péché commis consciemment est irréparable en ce sens qu'il est impossible de se débarrasser de ses conséquences. Il en a toujours été ainsi, et même les sacrifices de purification yahvistes étaient ici impuissants, bien que la présence de Dieu auprès des autels yahvistes fût une réalité indubitable. La venue du Christ change qualitativement la situation à cet égard: désormais on peut être délivré même des conséquences de péchés autrefois commis consciemment, parce qu'en se confiant au Christ, l'homme ne reste plus seul devant Dieu avec ses péchés.

Désormais le Christ lui-même est prêt à aider l'homme à régler les conséquences de ses péchés, pourvu seulement que l'homme se repente de ce qu'il a commis et fasse confiance à son Sauveur. Mais si quelqu'un, devenu chrétien, estime possible pour lui de pécher consciemment, cela équivaut à l'apostasie et au reniement du Christ, comme l'auteur de l'épître le rappelle à ses lecteurs.

Alors revenir en arrière devient très, très difficile: en péchant consciemment et de son plein gré, l'homme s'oppose en fait à son Sauveur. Celui-ci fait tout pour délivrer l'homme de la puissance du péché, tandis que l'homme, de son côté, se livre au pouvoir du péché, et cela en pleine conscience. Une telle vie dresse un mur entre l'homme et le Christ, même si auparavant cette même personne s'était tournée vers le Christ avec une parfaite sincérité et était devenue son disciple. Voilà ces choses fondamentales pour la vie chrétienne que l'auteur de l'épître rappelle à ses lecteurs.

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Pour He 10:19-31
19 Ayant donc, frères, l'assurance voulue pour l'accès au sanctuaire par le sang de Jésus,
20 par cette voie qu'il a inaugurée pour nous, récente et vivante, à travers le voile - c'est-à-dire sa chair -,
21 et un prêtre souverain à la tête de la maison de Dieu,
22 approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs nettoyés de toutes les souillures d'une conscience mauvaise et le corps lavé d'une eau pure.
23 Gardons indéfectible la confession de l'espérance, car celui qui a promis est fidèle,
24 et faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes;
25 ne désertez pas votre propre assemblée, comme quelques-uns ont coutume de le faire, mais encouragez-vous mutuellement, et d'autant plus que vous voyez approcher le Jour.
26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés.
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles.
28 Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Moïse ? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins.
29 D'un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l'Esprit de la grâce?
30 Nous connaissons, en effet, celui qui a dit : A moi la vengeance. C'est moi qui rétribuerai. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple.
31 Oh ! chose effroyable que de tomber aux mains du Dieu vivant !
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La catastrophe de l'an 70 s'est apparemment répercutée sur l'état spirituel non seulement de la Synagogue, mais aussi de l'Église. Beaucoup...  Lire la suite

La catastrophe de l'an 70 s'est apparemment répercutée sur l'état spirituel non seulement de la Synagogue, mais aussi de l'Église. Beaucoup de communautés ecclésiales traversaient sans doute alors une crise spirituelle et, avec elle, organisationnelle. C'est manifestement à cette crise qu'étaient liés les appels de l'auteur de l'épître à ne pas abandonner les assemblées de l'Église (v. 25). On peut penser qu'une telle pratique était avant tout provoquée par la déception et le désarroi liés à la destruction du Temple et à l'arrêt des sacrifices. Il n'est pas exclu que, pour de nombreux chrétiens, et d'abord pour les judéo-chrétiens, la destruction du Temple ait signifié l'impossibilité non seulement du sacrifice, mais aussi de la fraction du pain, si bien qu'ils ne voyaient plus de sens à participer aux assemblées de l'Église. Cela n'a rien d'étonnant: les représentations juives traditionnelles de l'époque ne séparaient pas l'un de l'autre, et les Juifs comme les judéo-chrétiens voyaient dans la fraction du pain et les repas rituels dont elle était le centre la continuation du repas sacrificiel, sans lequel la fraction du pain paraissait spirituellement et religieusement tout à fait impossible.

Cependant, l'auteur de l'épître appelle ses coreligionnaires à garder l'ancien ordre de la vie ecclésiale, en indiquant que, même en l'absence du Temple et des sacrifices yahvistes traditionnels, une vie spirituelle pleine demeure possible pour les chrétiens: car Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, devenant pour Ses disciples le véritable Grand Prêtre, ne revient ni sur les promesses données une fois pour toutes ni sur l'alliance conclue une fois pour toutes (v. 19-24). Bien plus: l'auteur considère le départ de l'Église comme une trahison de cette alliance, le comparant à l'apostasie qui, selon les normes de la Torah, est punie de mort (v. 28-31). Il rappelle que la Torah admet la possibilité d'une purification seulement pour le péché commis par faiblesse ou par ignorance, mais nullement pour le péché commis consciemment et volontairement. Et l'abandon volontaire de l'assemblée ecclésiale est pour lui précisément un exemple d'un tel péché, équivalant à une apostasie volontaire (v. 26-27). Cela n'a rien d'étonnant: par la fraction du pain, qui a lieu dans l'assemblée à laquelle le Ressuscité participe directement, se réalise cette alliance nouvelle dont parlait déjà Jérémie et qui est devenue réalité avec la venue du Sauveur dans le monde. Une alliance qui ouvre le Royaume à ceux qui le cherchent. Et le refus de participer à la fraction du pain ne signifie donc rien d'autre que le refus de l'alliance, et par conséquent du Royaume.

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