1 Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. |
2 Songez aux choses d'en haut, non à celles de la terre. |
3 Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu: |
4 quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui pleins de gloire. |
5 Mortifiez donc vos membres terrestres: fornication, impureté, passion coupable, mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie; |
6 voilà ce qui attire la colère divine sur ceux qui résistent. |
7 Vous-mêmes, vous vous conduisiez naguère de la sorte, quand vous viviez parmi eux. |
8 Eh bien! à présent, vous aussi, rejetez tout cela: colère, emportement, malice, outrages, vilains propos, doivent quitter vos lèvres; |
9 ne vous mentez plus les uns aux autres. Vous vous êtes dépouillés du vieil homme avec ses agissements, |
10 et vous avez revêtu le nouveau, celui qui s'achemine vers la vraie connaissance en se renouvelant à l'image de son Créateur. |
11 Là, il n'est plus question de Grec ou de Juif, de circoncision ou d'incirconcision, de Barbare, de Scythe, d'esclave, homme libre; il n'y a que le Christ, qui est tout et en tout. |
Notre vie visible, notre vie biologique, se déroule dans des villes et des pays bien précis. Mais, morts avec le Christ, nous avons reçu une vie nouvelle, la vie au sens biblique du terme : la vie éternelle que Dieu possède éternellement. Et dans son épître aux Colossiens, l'apôtre Paul écrit que, pour le moment, cette vie est cachée, secrète en Dieu, mais qu'elle se manifestera dans toute sa plénitude (« gloire ») lorsque le Christ viendra dans la gloire. Pourtant, bien qu'elle soit cachée, elle existe déjà et peut transformer notre vie biologique ici et maintenant, si nous consentons à rejeter tout notre manque d'amour humain, tout ce qui nous divise, et à accueillir en nous la primauté de la vie de l'Esprit de Dieu, l'Esprit qui nous unit tous dans un monde nouveau où « le Christ est tout et en tous ».
1 Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. |
2 Songez aux choses d'en haut, non à celles de la terre. |
3 Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu: |
4 quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui pleins de gloire. |
5 Mortifiez donc vos membres terrestres: fornication, impureté, passion coupable, mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie; |
6 voilà ce qui attire la colère divine sur ceux qui résistent. |
7 Vous-mêmes, vous vous conduisiez naguère de la sorte, quand vous viviez parmi eux. |
8 Eh bien! à présent, vous aussi, rejetez tout cela: colère, emportement, malice, outrages, vilains propos, doivent quitter vos lèvres; |
9 ne vous mentez plus les uns aux autres. Vous vous êtes dépouillés du vieil homme avec ses agissements, |
10 et vous avez revêtu le nouveau, celui qui s'achemine vers la vraie connaissance en se renouvelant à l'image de son Créateur. |
11 Là, il n'est plus question de Grec ou de Juif, de circoncision ou d'incirconcision, de Barbare, de Scythe, d'esclave, homme libre; il n'y a que le Christ, qui est tout et en tout. |
En poursuivant son propos sur la vie spirituelle, Paul aborde la question de l'avènement du Royaume dans notre monde en cours de transfiguration. Bien sûr, ce thème apparaît dans l'épître de l'apôtre non par hasard, mais en lien avec le chemin spirituel de personnes concrètes qui ont communié au Royaume et vivent en lui. Ce n'est évidemment pas par hasard qu'il écrit aux chrétiens de Colosses que leur vie est cachée auprès de Dieu, là même où le Christ est caché (v. 3). En disant «cachée», l'apôtre emploie un mot grec qui désignait quelque chose de dissimulé pour un temps aux regards étrangers, quelque chose qui se révélera nécessairement quand le moment viendra. Ce qui est caché se révélera manifestement le jour du retour du Sauveur, quand tout ce qui est secret deviendra manifeste (v. 4). Il s'agit ici, à ce qu'on voit, de cette plénitude du Royaume qui ne sera manifestée au monde qu'à la fin des temps, le jour de la seconde venue du Christ. Jusqu'à ce jour, la vie des chrétiens demeure pour l'essentiel invisible au monde, surtout en ce qui concerne son fondement spirituel: elle est aussi invisible pour le monde pas encore transfiguré que le Sauveur Lui-même l'est pour lui, Lui dont les hommes vivant selon les lois de ce monde non transfiguré sont parfaitement sincèrement convaincus qu'Il n'est pas avec nous.
Dans une telle situation, le seul témoignage de la réalité du Royaume pour les hommes qui n'y ont pas communié reste la vie spirituelle des chrétiens dans ses manifestations visibles même dans notre monde pas encore transfiguré. C'est précisément d'elles que parle Paul, en appelant les chrétiens de Colosses à penser non pas tant à l'observance des normes et règles religieuses qu'au témoignage, qui est la tâche principale des chrétiens comme habitants du Royaume se révélant dans le monde en voie de transfiguration. Voilà pourquoi l'apôtre appelle les chrétiens de Colosses à penser aux choses célestes («d'en haut») et non aux choses terrestres (v. 1-2): car eux, comme tous les chrétiens en général, devront vivre selon les lois du Royaume dans un monde qui ne vit pas encore selon elles. Et ce que signifie une telle vie dans la pratique, Paul le décrit avec assez de détail et d'éloquence (v. 5-11), et cette description nous permet mieux que tout de comprendre quels témoins du Royaume l'apôtre voulait voir. Mais il comprend aussi que le témoignage du Royaume est impensable sans la transfiguration de la nature humaine elle-même, sans que l'on «ôte» de soi l'ancienne humanité atteinte par le péché pour la remplacer par une humanité nouvelle, libre du péché et transparente à tout souffle et toute action de Dieu (v. 9 - 10). Et pour cet homme nouveau, toutes les différences terrestres passent au second plan, de sorte que seuls le Christ et le Royaume demeurent importants (v. 11).
3 Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu: |
4 quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui pleins de gloire. |
Paul attire l’attention sur le fait que la vie du chrétien est directement liée à la vie et à la personne du Christ Lui-même, « cachée dans le Christ », comme l’appelle l’apôtre. Cela se comprend : car le Royaume lui-même est inséparable des relations qui unissent le Fils au Père, et la vie de chaque chrétien individuel l’est d’autant plus. Cette vie est visible au monde dans la mesure où le Royaume lui-même lui est visible, et il se révèle à lui à mesure de la transfiguration. Dans la mesure où le monde est transfiguré, la vie du Royaume, et donc celle de ses habitants, lui devient visible ; dans la mesure où il demeure encore non transfiguré, elle lui reste inconnue. Mais au jour de la transfiguration complète du monde et du retour du Sauveur, tout ce qui était auparavant invisible deviendra visible et manifeste pour tous, de sorte qu’il ne restera plus rien de secret pour le monde.
Cependant, pour que la vie d’un chrétien concret soit pleine, elle ne doit pas se réduire à une simple présence passive dans le Royaume, dans l’espace des relations qui unissent le Père et le Fils. D’ailleurs, demeurer passivement dans le Royaume est à peine possible : car lui-même n’existe que dans une dynamique continue, dans la mesure où toute relation est toujours dynamique et ne peut exister qu’en se renouvelant constamment. Mais outre cette dynamique extérieure, il doit nécessairement y avoir aussi dans la vie du chrétien une dynamique intérieure, liée au renouvellement spirituel et à la transfiguration de sa propre nature humaine. Après la transfiguration complète, la nature de tout homme doit devenir telle qu’est devenue la nature humaine du Sauveur après Sa Résurrection. Mais la transfiguration n’est pas un acte instantané ; c’est un processus lié à la personne même du Sauveur, à Sa vie et au processus par lequel le Royaume entre dans le monde.
L’achèvement du chemin du chrétien, et donc de la transfiguration de sa nature humaine, coïncide avec l’achèvement de la transfiguration de toute la nature restante, de toute la création. Et, bien sûr, ce chemin ne se limite pas au cadre de la vie terrestre de l’homme, puisqu’il continue après sa fin. Mais il commence à l’étape actuelle, terrestre, du chemin, et Paul le décrit de manière imagée comme le fait pour l’homme de « se dépouiller » de son ancienne nature et de « revêtir » la nouvelle, correspondant à l’état spirituel que suppose la présence dans le Royaume. Bien sûr, le changement de la nature physique de l’homme est impossible à l’étape actuelle de son chemin ; en revanche, le changement de sa nature psychique, de son âme, est tout à fait possible, ce que l’apôtre rappelle aux destinataires de sa lettre en les appelant à exclure de leur vie la débauche sous toutes ses formes, l’impureté, la cupidité, la colère et tout le reste de ce qui est propre à la nature psychique de l’homme dans son état déchu. Et s’ils y parviennent, ils auront fait le premier pas vers la pleine transfiguration de leur nature, et donc vers la plénitude de la vie du Royaume.
3 Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu: |
Dans les lettres apostoliques, on rencontre souvent l’expression «mourir au monde». Paul l’emploie aussi, notamment dans son épître aux Colossiens. On interprète d’ordinaire cette expression dans un sens éthique ou anthropologique. On suppose que l’homme mort au monde vit selon un système de valeurs tout à fait différent de celui des hommes de «ce monde».
Bien sûr, cela aussi est important: le Sauveur Lui-même disait qu’il est impossible de servir deux maîtres. Mais s’il ne s’agissait que d’un système de valeurs, d’une éthique pratique, même de ce que les philosophes appellent un choix existentiel, nous resterions tout de même dans les frontières et les cadres de «ce monde».
Paul parle de davantage. Il parle d’une vie nouvelle, celle qui n’existe pas pour le monde. Le pressentiment de cette autre vie était présent dans le monde avant même la venue du Christ, et pas seulement chez les prophètes bibliques. Les prophètes percevaient le souffle de cette autre vie assez clairement, même de loin. Quant à ceux qui, dans le monde païen, avaient parfois capté des reflets de cette autre vie, ils la décrivaient souvent comme l’absence de la vie habituelle de «ce monde».
À peu près comme l’a fait Bouddha, qui décrivit le Royaume qui s’était légèrement entrouvert à lui un instant, avec sa vie, comme l’absence de la vie sous ses formes terrestres habituelles. Cette vie, légèrement et fugitivement entrouverte devant lui, était trop différente de ce que nous avons l’habitude d’appeler vie. Du point de vue du monde déchu, on ne peut pas appeler vie la vie du Royaume. C’est sans doute pourquoi, dans les livres du Nouveau Testament, il est si souvent question de mort au monde.
Le Christ a apporté le Royaume dans le monde; cela signifie que, si nous sommes chrétiens, nous sommes morts pour le monde, et qu’il n’y a rien en nous de sa vie. Mais la vie du Royaume, qui est dans le Christ, elle est nôtre. Elle est cachée en Lui comme toute la plénitude du Royaume fut cachée en Lui jusqu’au moment voulu. Bien sûr, ce secret n’est que provisoire; autrement, Sa venue dans notre monde n’aurait pas eu de sens. Cela signifie donc que ce qui était caché se révélera un jour. Dans toute sa plénitude.
11 Là, il n'est plus question de Grec ou de Juif, de circoncision ou d'incirconcision, de Barbare, de Scythe, d'esclave, homme libre; il n'y a que le Christ, qui est tout et en tout. |
L'apôtre Paul parle dans l’épître aux Colossiens de la «nouvelle personne», dont tout membre du corps de Christ est appelé à revêtir. C’est catégorique pour le Nouveau Testament, et c’est surtout l’apôtre Paul qui parle plus que les autres de cela.
Quand cet appel se réalise, toutes les divisions humaines perdent leur signification : il n'y a point dans l’Église les nationalités et les couches sociales, il n'y a pas de divisions ethnoculturelles et rituelles – dit l’apôtre. Du point de vue humain, un tel universalisme est très difficile, car nous considérons très souvent l'appartenance à telle ou telle catégorie terrestre de personnes comme notre mérite (ou le tort pour d'autres gens).
On n’a pas besoin d’expliquer la position de l'apôtre; cependant il est important pour chacun de nous d'entendre et tâcher d'accepter le sens propre de ses mots. Aucunes catégories humaines n’ont de valeur dans le Royaume de Dieu. On entre ou n’entre pas dans le Royaume de Dieu indépendamment de la nationalité. On entre ou n’entre pas dans le Royaume de Dieu indépendamment du niveau de culture. Il n’existe pas nos subdivisions sociales dans le Royaume de Dieu. Et nous sommes appelés à réaliser ce Royaume universel dans notre vie. C’est notamment de cela que parle l'apôtre Paul, en témoignant de la vie même de Christ s'accomplissant en lui.
11 Là, il n'est plus question de Grec ou de Juif, de circoncision ou d'incirconcision, de Barbare, de Scythe, d'esclave, homme libre; il n'y a que le Christ, qui est tout et en tout. |
L'apôtre Paul parle dans l’épître aux Colossiens de la «nouvelle personne», dont tout membre du corps de Christ est appelé à revêtir. C’est catégorique pour le Nouveau Testament, et c’est surtout l’apôtre Paul qui parle plus que les autres de cela.
Quand cet appel se réalise, toutes les divisions humaines perdent leur signification : il n'y a point dans l’Église les nationalités et les couches sociales, il n'y a pas de divisions ethnoculturelles et rituelles – dit l’apôtre. Du point de vue humain, un tel universalisme est très difficile, car nous considérons très souvent l'appartenance à telle ou telle catégorie terrestre de personnes comme notre mérite (ou le tort pour d'autres gens).
On n’a pas besoin d’expliquer la position de l'apôtre; cependant il est important pour chacun de nous d'entendre et tâcher d'accepter le sens propre de ses mots. Aucunes catégories humaines n’ont de valeur dans le Royaume de Dieu. On entre ou n’entre pas dans le Royaume de Dieu indépendamment de la nationalité. On entre ou n’entre pas dans le Royaume de Dieu indépendamment du niveau de culture. Il n’existe pas nos subdivisions sociales dans le Royaume de Dieu. Et nous sommes appelés à réaliser ce Royaume universel dans notre vie. C’est notamment de cela que parle l'apôtre Paul, en témoignant de la vie même de Christ s'accomplissant en lui.
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