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RÉFLEXIONS pour Ac 27:25

25 Courage donc, mes amis! Je me fie à Dieu de ce qu'il en sera comme il m'a été dit.
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Qui le croyant doit croire plus: les hommes, les circonstances, ce qui s'appelle d'habitude les faits objectifs, ou Dieu? La question semble rhétorique. Mais est-ce vraiment toujours ainsi? Hélas, on peut aussi considérer cette question plutôt rhétorique. Pourquoi ainsi ? Probablement, pas en dernier lieu parce que le Christianisme est devenu pour plusieurs chrétiens (et pour certains, peut-être toujours) simplement une religion, tout comme beaucoup d’autres, et s’il est meilleur aux autres, c’est seulement dans ce sens, qu’une religion peut s’avérer pour une personne concrète en comparaison avec tous les autres plus proche ou plus convenant.

Dans un tel cas, les relations de l’homme avec Dieu, même si pour lui Dieu reste au premier plan, ne deviendront pas une réalité définissant sa vie. En fait, parce que celui qui vit dans le monde non transformé, en se soumettant à ses lois, et s’il est un réaliste, et non un romantique désespéré, ne peut ne pas comprendre que, même pour lui, Dieu ne recréera pas de nouveau le monde pour le rendre plus convenable aux croyants. C’est autre chose, une personne vivant dans le Royaume, un chrétien au sens initial et original du mot.

Pour une telle personne le Royaume est si ce n’est pas le seul, alors c’est la principale et décisive réalité: car, même en prenant en considération que, n'étant pas encore arrivé jusqu’à la plénitude de la transformation, il appartient encore partiellement à l'ordre non transformé des choses, une telle personne ne peut ne pas comprendre que sa vie est tout de même entièrement définie par le Royaume, tellement que, même s’il perd cette partie de la vie qui appartient au monde non transformé, il ne perdra tout de même pas l'essentiel : le Royaume et sa vie de loin surpassant cette ressemblance piteuse de la vie, qui porte ce nom dans le monde déchu. Et alors la réalité s'ouvre à lui autrement, pas parce qu'elle devient soudain foncièrement différente, mais parce qu'il commence à la voir dans tout son ensemble, et non cette petite partie, qu'appellent réalité ceux qui connaissent seulement le monde non transformé, se trouvant dans le mal.

Et même les justes de l'époque d'avant l'ère chrétienne vivaient avec un pressentiment du Royaume: seulement cela pouvait leur donner la force d’aller sur le chemin de la justice. Et il ne restait bien sûr plus chez Paul après la rencontre sur le chemin de Damas, aucun doute sur la réalité du Royaume qui est devenu une partie importante de sa vie personnelle. C'est pourquoi même le monde non transformé, il voit avec d'autres yeux. Avec les yeux d’un habitant du Royaume, où les promesses faites par Dieu ne peuvent ne pas être accomplies.

Autres réflexions

 
Pour Ac 27:25
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À qui le croyant doit-il croire davantage : aux hommes, aux circonstances qui se forment, à ce qu’on appelle d’ordinaire les faits objectifs, ou à Dieu ? La question paraît rhétorique. Mais en est-il toujours ainsi dans les faits ? Hélas, cette question aussi peut être considérée comme plutôt rhétorique.

Pourquoi en est-il ainsi ? Sans doute, entre autres raisons, parce que pour beaucoup de chrétiens le christianisme est devenu (et pour certains, peut-être, a toujours été) seulement une religion, semblable à beaucoup d’autres ; et s’il est meilleur que les autres, ce n’est meilleur que dans le sens où une religion peut, pour une personne concrète, être plus proche ou plus adaptée que toutes les autres. Dans ce cas, les relations de l’homme avec Dieu, même si elles restent pour lui au premier plan, ne deviennent pas pour autant la réalité qui détermine sa vie. En effet, l’homme vit dans un monde non transfiguré, soumis à ses lois, et, s’il est réaliste et non un romantique sans espoir, il ne peut pas ne pas comprendre que, même pour lui, Dieu ne recréera pas le monde afin de le rendre plus convenable pour les croyants.

Il en va autrement de l’homme qui vit dans le Royaume, du chrétien au sens originel et authentique du terme. Pour un tel homme, le Royaume est, sinon l’unique, du moins la réalité principale et déterminante : car, même en tenant compte du fait qu’il n’est pas encore parvenu à la plénitude de la transfiguration et qu’il appartient encore en partie à l’ordre non transfiguré des choses, un tel homme ne peut pas ne pas comprendre que sa vie est tout de même entièrement déterminée par le Royaume, au point que, même s’il perdait cette part de vie qui appartient au monde non transfiguré, il ne perdrait pas l’essentiel : le Royaume et sa vie, qui surpassent infiniment cette misérable apparence de vie portant ce nom dans le monde déchu. Alors la réalité s’ouvre à lui autrement, non parce qu’elle devient soudain radicalement autre, mais parce qu’il commence à la voir tout entière, et non seulement cette petite partie que ceux qui ne connaissent que le monde non transfiguré, gisant dans le mal, appellent réalité.

Même les justes de l’époque préchrétienne vivaient dans le pressentiment du Royaume : lui seul pouvait leur donner la force de marcher sur le chemin de la justice. Quant à Paul, après la rencontre sur le chemin de Damas, il n’avait naturellement plus aucun doute sur la réalité du Royaume, devenue une part déterminante de sa propre vie. C’est pourquoi il voit aussi le monde non transfiguré avec d’autres yeux. Avec les yeux d’un habitant du Royaume, où les promesses données par Dieu ne peuvent pas ne pas s’accomplir.

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Pour Ac 27:1-26
Quand notre embarquement pour l'Italie eut été décidé, on remit Paul et quelques autres prisonniers à un centurion de la cohorte Augusta, nommé Julius.
Nous montâmes à bord d'un vaisseau d'Adramyttium qui allait partir pour les côtes d'Asie, et nous prîmes la mer. Il y avait avec nous Aristarque, un Macédonien de Thessalonique.
Le lendemain, nous touchâmes à Sidon. Julius fit preuve d'humanité à l'égard de Paul en lui permettant d'aller trouver ses amis et de recevoir leurs bons offices.
Partis de là, nous longeâmes la côte de Chypre, parce que les vents étaient contraires.
Traversant ensuite les mers de Cilicie et de Pamphylie, nous arrivâmes au bout de quinze jours à Myre en Lycie.
Là, le centurion trouva un navire alexandrin en partance pour l'Italie et nous fit monter à bord.
Pendant plusieurs jours la navigation fut lente, et nous arrivâmes à grand-peine à la hauteur de Cnide. Le vent ne nous permit pas d'aborder, nous longeâmes alors la Crète vers le cap Salmoné,
et après l'avoir côtoyée péniblement, nous arrivâmes à un endroit appelé Bons-Ports, près duquel se trouve la ville de Lasaïa.
Il s'était écoulé pas mal de temps, et la navigation était désormais périlleuse, car même le Jeûne était déjà passé. Paul les en avertissait :
10 " Mes amis, leur disait-il, je vois que la navigation n'ira pas sans péril et sans grave dommage non seulement pour la cargaison et le navire, mais même pour nos personnes. "
11 Le centurion se fiait au capitaine et à l'armateur plutôt qu'aux dires de Paul;
12 le port se prêtait d'ailleurs mal à l'hivernage. La plupart furent donc d'avis de partir et de gagner, si possible, pour y passer l'hiver, Phénix, un port de Crète tourné vers le sud-ouest et le nord-ouest.
13 Un léger vent du sud s'étant levé, ils se crurent en mesure d'exécuter leur projet. Ils levèrent l'ancre et se mirent à côtoyer de près la Crète.
14 Mais bientôt, venant de l'île, se déchaîna un vent d'ouragan nommé Euraquilon.
15 Le navire fut entraîné et ne put tenir tête au vent; nous nous abandonnâmes donc à la dérive.
16 Filant sous une petite île appelée Cauda, nous réussîmes à grand-peine à nous rendre maîtres de la chaloupe.
17 Après l'avoir hissée, on fit usage des engins de secours : on ceintura le navire ; puis, par crainte d'aller échouer sur la Syrte, on laissa glisser l'ancre flottante. On allait ainsi à la dérive.
18 Le lendemain, comme nous étions furieusement battus de la tempête, on se mit à délester le navire
19 et, le troisième jour, de leurs propres mains, les matelots jetèrent les agrès à la mer.
20 Ni soleil ni étoiles n'avaient brillé depuis plusieurs jours, et la tempête gardait toujours la même violence; aussi tout espoir de salut était-il désormais perdu pour nous.
21 Il y avait longtemps qu'on n'avait plus mangé ; alors Paul, debout au milieu des autres, leur dit : " Il fallait m'écouter, mes amis, et ne pas quitter la Crète ; on se serait épargné ce péril et ce dommage.
22 Quoi qu'il en soit, je vous invite à avoir bon courage, car aucun de vous n'y laissera la vie, le navire seul sera perdu.
23 Cette nuit en effet m'est apparu un ange du Dieu auquel j'appartiens et que je sers,
24 et il m'a dit : "Sois sans crainte, Paul. Il faut que tu comparaisses devant César, et voici que Dieu t'accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi. "
25 Courage donc, mes amis! Je me fie à Dieu de ce qu'il en sera comme il m'a été dit.
26 Mais nous devons échouer sur une île. "
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Les simples paroles de l'ange: «Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi» nous ramènent encore à l'ancienne conviction que le monde...  Lire la suite

Les simples paroles de l'ange: «Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi» nous ramènent encore à l'ancienne conviction que le monde, ou dans le cas présent le navire, tient grâce à quelques justes. Paul, à qui Dieu a destiné d'aller à Rome, devient le garant du salut de plusieurs centaines de personnes: ses gardiens, des marchands et des matelots.

De toute évidence, la traversée se serait passée beaucoup plus favorablement si tous les passagers du navire avaient compris le rôle particulier du prisonnier qu'ils emmenaient à Rome. Cette traversée devient comme un modèle du monde entier et des communautés particulières: il y a ceux sur qui ce monde tient, semblables à l'unique Juste pour qui il a été créé et par qui il a été sauvé, et il y a ceux pour qui le rôle de ces justes n'est pas évident. Mais, et là se cache le grand mystère de la providence de Dieu, ils ne peuvent périr ou être sauvés qu'ensemble: car ils naviguent sur le même navire, vivent dans le même pays, dans le même monde, sur la même planète... Ainsi la lecture d'aujourd'hui nous confie une double tâche: nous attacher à ceux sur qui le monde tient, en commençant par l'Unique, et devenir nous-mêmes, autant que possible, un rayon de lumière dans notre royaume: au travail, dans la famille, dans le pays, etc.

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