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RÉFLEXIONS pour Rm 14:1-23

À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions.
Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes :
que celui qui mange ne méprise pas l’abstinent et que l’abstinent ne juge pas celui qui mange ; Dieu l’a bien accueilli.
Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? Qu’il reste debout ou qu’il tombe, cela ne concerne que son maître ; d’ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir.
Celui-ci préfère un jour à un autre ; celui-là les estime tous pareils : que chacun s’en tienne à son jugement.
Celui qui tient compte des jours le fait pour le Seigneur ; et celui qui mange le fait pour le Seigneur, puisqu’il rend grâce à Dieu. Et celui qui s’abstient le fait pour le Seigneur, et il rend grâce à Dieu.
En effet, nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même ;
si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur.
Car le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants.
10 Mais toi, pourquoi juger ton frère ? et toi, pourquoi mépriser ton frère ? Tous, en effet, nous comparaîtrons au tribunal de Dieu,
11 car il est écrit : Par ma vie, dit le Seigneur, tout genou devant moi fléchira, et toute langue rendra gloire à Dieu.
12 C’est donc que chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même.
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. —
14 Je le sais, j’en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n’est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur ; en ce cas il l’est pour lui. —
15 En effet, si pour un aliment ton frère est contristé, tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas avec ton aliment faire périr celui-là pour qui le Christ est mort !
16 N’exposez donc pas votre privilège à l’outrage.
17 Car le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint.
18 Celui en effet qui sert le Christ de la sorte est agréable à Dieu et approuvé des hommes.
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle.
20 Ne va pas pour un aliment détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l’homme qui mange en donnant du scandale.
21 Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère.
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu’il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché.
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« Heureux celui qui ne se condamne pas dans le choix qu’il fait. » Se condamner soi-même, c’est ne pas accomplir ce que nous prenons sur nous devant Dieu. Ne pas nous condamner dans notre choix, c’est ne pas regarder en arrière ni nous abandonner à l’imagination, ne pas supposer : « Qu’aurait-il pu arriver si... ? » C’est l’habitude de marcher droit devant Dieu dans le secret du cœur. C’est savoir mener une vie patiente sans envier ceux qui vivent autrement. Il arrive que nous regardions ceux qui n’observent pas le jeûne et pensions que leur vie est plus facile, plus gaie, plus simple. Nous reculons alors devant notre choix du Christ. Par le doute et l’imagination, nous laissons entrer dans notre vie la duplicité et la méfiance envers Dieu.

Autres réflexions

 
Pour Rm 14:1
À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions.
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Paul a toujours traité avec respect les personnes qui observaient les normes et les règles de leur religion. Mais, d’un autre côté, dans les communautés d’Église de ce temps, il y avait beaucoup de ceux qui « ne distinguaient pas les jours », des païens, et en fait simplement...  Lire la suite

Paul a toujours traité avec respect les personnes qui observaient les normes et les règles de leur religion. Mais, d’un autre côté, dans les communautés d’Église de ce temps, il y avait beaucoup de ceux qui « ne distinguaient pas les jours », des païens, et en fait simplement, pour parler en langage moderne, des personnes laïques, pour qui aucune religion en soi n’était intéressante. Que fallait-il faire ? Car chez les personnes religieuses, une telle attitude envers la religion provoquait au minimum de l’incompréhension.

Mais Paul, comme on le voit, ne se hâte pas de les soutenir. Et cela ne nous étonnera guère si nous comprenons les motifs qui guident l’apôtre.

Paul lui-même était bien sûr un homme religieux ; il parle de lui comme d’un « pharisien issu de pharisiens ». Mais il n’absolutise nullement sa propre religiosité. Et il y a des raisons à cela. Si la religion pouvait être le salut par elle-même, si elle pouvait ouvrir à ses adeptes le chemin du Royaume, l’apôtre la traiterait sans doute autrement. Mais il comprend parfaitement que, s’il en était ainsi, le Christ n’aurait pas eu besoin de venir vers nous pour nous sauver. Et si la religion ne sauve pas, si elle est une affaire humaine, il faut la traiter en conséquence, comme une affaire humaine. S’il y a dans l’Église des personnes pour qui la religion est importante, c’est une affaire de conscience, et l’apôtre était bien sûr loin de vouloir combattre la religiosité de qui que ce soit. Mais il comprenait parfaitement aussi tous les dangers que la religion porte pour la vie spirituelle.

L’un des principaux dangers était précisément l’absolutisation, par les personnes religieuses, de leur religiosité comme forme unique possible et unique acceptable de la vie chrétienne. Une telle absolutisation non seulement repoussait les personnes non religieuses, mais déformait l’essence même du christianisme, qui, dans une telle approche, se transformait en une sorte de nouvelle religion, se vidant ainsi de sa substance et perdant son essence spirituelle. Et Paul s’y oppose fermement : non à la religion comme telle, mais à l’absolutisation de toute religiosité, y compris celle dont il était lui-même porteur. On ne pouvait éviter une telle absolutisation que d’une seule manière : en laissant le choix de la religion à la discrétion de chaque membre de l’Église. Afin que chacun choisisse lui-même la forme de vie dans l’Église, et donc dans le Royaume, qui lui convienne le mieux.

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Pour Rm 14:3-4
que celui qui mange ne méprise pas l’abstinent et que l’abstinent ne juge pas celui qui mange ; Dieu l’a bien accueilli.
Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? Qu’il reste debout ou qu’il tombe, cela ne concerne que son maître ; d’ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir.
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Dans l'Église de Rome vivaient côte à côte des judéo-chrétiens, qui observaient strictement toutes les prescriptions religieuses...  Lire la suite

Dans l'Église de Rome vivaient côte à côte des judéo-chrétiens, qui observaient strictement toutes les prescriptions religieuses, et d'anciens païens. Pour les zélateurs des coutumes et traditions religieuses, leur observance était inséparable de la possibilité même d'entrer dans le Royaume et d'y demeurer. Pour les uns, la question de la nourriture cachère était une question de vie et de mort spirituelles ; d'autres y étaient assez indifférents. Paul conseille de laisser de côté la dispute sur les subtilités des prescriptions religieuses, qui, selon lui, peuvent fort bien être laissées au discernement de chacun.

Il ne s'agit pas seulement du fait que chacun de ceux qui ont reçu le Royaume a ses propres relations avec Celui qui lui a ouvert ce Royaume. Il s'agit du fait que la religiosité comme telle n'a absolument pas de rapport direct avec le Royaume. Pour ceux qui ont déjà reçu le Royaume, tout se révèle également opérant sur le chemin spirituel : les fêtes religieuses et leur absence, la nourriture et l'abstinence de nourriture, et même la vie elle-même ou la mort, car dans le Royaume elles cessent d'être ce qu'elles sont dans ce monde, de sorte que la mort, dans le Royaume, n'est que la continuation de la vie sous une autre forme.

Dans ce cas, les disputes sur les rites religieux, et plus encore la condamnation de ceux qui les voient autrement que les personnes religieuses n'en ont l'habitude, deviennent non seulement absurdes, mais directement nuisibles, car de telles disputes conduisent souvent à condamner ceux qui ne méritent aucune condamnation. Quiconque cherche le Royaume et l'a reçu comparaîtra devant le jugement de Dieu et Lui rendra compte de tout ce qu'il a fait. Autrefois, on pouvait encore en partie juger de la vie spirituelle d'un homme d'après des signes extérieurs, religieux, de sorte que le non-respect de certaines normes religieuses, surtout fondamentales, pouvait servir de base à un jugement sur la vie spirituelle et l'état spirituel d'une personne. Maintenant qu'il s'agit déjà des habitants du Royaume, le critère religieux cesse totalement de fonctionner. Seule la violation ouverte des commandements, surtout lorsque celui qui les viole ne s'en repent en rien, est réellement incompatible avec la présence dans le Royaume. La religiosité comme telle n'a pas d'importance particulière pour le Royaume. L'essentiel est qu'elle ne gêne pas, qu'elle ne conduise pas à condamner ceux qui ne méritent nullement d'être condamnés, et que les disputes sur la religion n'effraient pas ceux qui cherchent dans l'Église non pas une nouvelle religion, mais le Royaume.

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Pour Rm 14:7-8
En effet, nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même ;
si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur.
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En quoi l'existence de l'homme diffère-t-elle de l'être de toute autre créature? D'abord par la question du sens: pourquoi, pour quoi est-ce que je vis?...  Lire la suite

En quoi l'existence de l'homme diffère-t-elle de l'être de toute autre créature? D'abord par la question du sens: pourquoi, pour quoi est-ce que je vis? Une existence dépourvue de sens est vide et indigne de l'homme, et il en va de même d'une vie vécue pour soi-même: c'est la vie d'une plante ou d'un animal, non celle d'un homme. L'homme ne peut pas toujours dire qu'il a déjà trouvé et défini pour lui-même ce sens, mais la recherche même de ce sens remplit déjà sa vie de contenu.

Et voici que nous lisons aujourd'hui ce que l'apôtre Paul écrit de sa vie, lui qui en a trouvé le sens sur le chemin de Damas (Ac. 9). Pour lui, l'essentiel, ce sont les relations avec Dieu, l'appartenance à Dieu. C'est Dieu, qui a créé le monde selon son dessein, qui donne son sens à toute créature; notre être a du sens quand il correspond à ce sens divin. Il en résulte que nous ne vivons pas pour nous-mêmes, mais pour le Seigneur. Tout moment de notre existence lui appartient, y compris la mort. Cela signifie que la mort n'est pas un événement très important dans notre vie, parce qu'elle ne change rien à l'essentiel: notre appartenance à Dieu.

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Pour Rm 14:8-9
si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur.
Car le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants.
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Parfois lors des conversations sérieuses entre les gens, se forme l’impression que l’événement le plus important de la vie humaine est la mort. Seulement après...  Lire la suite

Parfois lors des conversations sérieuses entre les gens, se forme l’impression que l’événement le plus important de la vie humaine est la mort. Seulement après la rencontre avec la mort ou après une réflexion la concernant, que nous commençons à estimer la vie et même peut-être réfléchir par rapport à Dieu. Pour l'apôtre Paul (et en général dans le christianisme) c’est tout le contraire.

Dieu, Son existence éternelle, Sa plénitude de la vie, est à la première place. Le suivant selon la signification de faits est notre appartenance à Lui. Et c’est déjà sous cette lumière qu’on examine la question de notre vie humaine et de la mort. Et il s’avère alors que ma mort physique ne change rien en ce qu'est plus signifiant : en l'existence de Dieu et en mon appartenance à Lui, - et donc, elle n’est pas trop importante dans ma vie, elle ne peut pas cesser ma vie. En ceci, se consiste probablement la victoire Christique sur la mort dans mon cas concret.

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Pour Rm 14:13-23
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. —
14 Je le sais, j’en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n’est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur ; en ce cas il l’est pour lui. —
15 En effet, si pour un aliment ton frère est contristé, tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas avec ton aliment faire périr celui-là pour qui le Christ est mort !
16 N’exposez donc pas votre privilège à l’outrage.
17 Car le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint.
18 Celui en effet qui sert le Christ de la sorte est agréable à Dieu et approuvé des hommes.
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle.
20 Ne va pas pour un aliment détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l’homme qui mange en donnant du scandale.
21 Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère.
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu’il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché.
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Poursuivant la discussion sur la religion dans son rapport au Royaume, Paul propose...  Lire la suite

Poursuivant la discussion sur la religion dans son rapport au Royaume, Paul propose des critères qui peuvent guider ce qui concerne les obligations religieuses. Il attire d’abord l’attention sur le fait que, dans le Royaume, il n’y a ni ne peut y avoir en principe rien qui soit pécheur ou impur en soi, car le péché et l’impureté ne peuvent par définition faire partie du Royaume. Le problème surgit lorsque quelqu’un qui vit dans le Royaume commence à voir le péché ou l’impureté là où ils ne sont pas ; dans ce cas, pour celui qui voit ainsi la situation, ils peuvent devenir une réalité et rendre problématique pour lui la vie dans le Royaume (v. 14). Bien sûr, si le Royaume était déjà manifesté au monde dans toute sa plénitude, de tels problèmes ne seraient que les problèmes de personnes particulières et concrètes. Mais le Royaume ne s’est pas encore pleinement révélé, il ne fait que conquérir le monde, et l’ancien ordre des choses, pas encore entièrement transformé, peut influencer les esprits non seulement de ceux qui cherchent le Royaume, mais aussi de ceux qui l’ont déjà touché. Tous ceux qui ont trouvé le Royaume n’y sont pas encore enracinés au point que tout ce qui est lié à l’ancien ordre des choses, y compris la religion, leur soit devenu spirituellement indifférent ; il faut en tenir compte afin que personne ne perde le Royaume simplement parce que ceux qui vivent près de lui n’ont pas jugé nécessaire de s’abaisser à sa faiblesse (v. 15-16).

Le problème de la religion ici, comme on le voit, n’est plus lié au contenu spirituel de la religiosité comme telle, mais à son effet sur les âmes de ceux qui cherchent le Royaume et de ceux qui viennent tout juste de le trouver (v. 13). Mais il existe aussi un autre critère qui permet de vérifier sa propre sincérité devant Dieu. Il s’agit des doutes qui peuvent apparaître tout naturellement chez celui qui ne suit pas les normes religieuses communément admises. Et ici l’apôtre est très catégorique : s’il existe le moindre doute sur le fait d’avoir raison, alors il s’agit précisément d’une transgression de la norme, et non de la liberté propre à ceux qui vivent dans le Royaume (v. 21-22).

En effet, on peut simplement transgresser les normes communément admises sans en tenir compte, ou bien être au-dessus d’elles. Mais l’expérience du Royaume exclut les doutes ; s’ils apparaissent tout de même, on peut dire avec certitude qu’il s’agit précisément d’une transgression de la norme. Or, comme celui qui vit dans le Royaume n’ignore pas les normes et règles religieuses communément admises, mais se sent seulement parfaitement libre à l’égard de la religion, il ne lui est pas difficile de les suivre pour le bien spirituel de son prochain. La tâche principale, dans les relations avec le prochain, pour ceux qui vivent dans le Royaume, est de préserver cette paix et cette joie sans lesquelles il n’y a pas de Royaume, et non de lutter contre la religiosité en tant que telle. C’est pourquoi il ne leur est pas difficile de suivre les normes et règles religieuses si cela facilite la vie du prochain (v. 17-21).

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Pour Rm 14:13
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. —
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Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix au sein de la communauté ecclésiale. Que faire si, à une même table, pendant le repas de la fraction du pain, prennent place des Juifs observants, pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme sont importantes, et des païens, à qui ces prescriptions n'importent pas ? Peut-on mettre sur la table des aliments non cachères simplement parce que...  Lire la suite

Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix au sein de la communauté ecclésiale. Que faire si, à une même table, pendant le repas de la fraction du pain, prennent place des Juifs observants, pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme sont importantes, et des païens, à qui ces prescriptions n'importent pas ?

Peut-on mettre sur la table des aliments non cachères simplement parce que, pour les chrétiens, les questions de cacherout ne sont plus pertinentes ? D'un côté, on le peut, et l'on ne peut accuser d'apostasie celui qui refuse la nourriture cachère. Mais, de l'autre, il y a aussi les relations entre les membres de la communauté. Des relations d'amour mutuel. L'apôtre comprend parfaitement que l'homme s'accroche à la religion non par force, mais par faiblesse.

Par faiblesse spirituelle, qui, ne permettant pas à l'homme de vivre pleinement la relation avec Dieu et avec le Christ, l'oblige à chercher un appui dans ce qui n'a pas de rapport direct ni avec le Royaume ni avec la vie spirituelle.

La religion est une béquille. Mais peut-on retirer ses béquilles à celui qui ne peut s'en passer, simplement parce que d'autres, sains et forts, s'en passent très bien ? Évidemment non. Et il n'est pas très fraternel non plus de faire parade de sa force et de sa santé devant ceux qui en sont privés. Il ne s'agit certes pas que les bien portants se fassent passer pour malades ou se comportent comme des malades.

Mais si les choses se présentent ainsi, et qu'il faut partager la route avec ceux qui ne peuvent se passer de béquilles, ce sont précisément les bien portants qui doivent, en chemin, adapter leur marche aux malades, et non l'inverse. Bien sûr, celui qui sent sa force veut toujours lui donner libre cours et se manifester pleinement. Mais alors il faudra oublier les faibles, ceux qui ne peuvent suivre le rythme des forts. Et avec eux il faudra oublier aussi l'amour, sans lequel aucune force ne vaut quoi que ce soit.

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Pour Rm 14:13
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. —
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Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix à l'intérieur de la communauté ecclésiale. Que faire si, à la même table, pendant le repas de la fraction du pain, s'assoient des Juifs fidèles, pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme sont importantes, et des païens pour qui...  Lire la suite

Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix à l'intérieur de la communauté ecclésiale. Que faire si, à la même table, pendant le repas de la fraction du pain, s'assoient des Juifs fidèles, pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme sont importantes, et des païens pour qui ces prescriptions ne comptent pas du tout ?

Peut-on mettre sur la table une nourriture non cachère simplement parce que, pour les chrétiens, les questions de cacherout ne sont plus actuelles ? D'un côté, oui, et on ne peut accuser de trahison celui qui renonce à la nourriture cachère. Mais, d'un autre côté, il y a aussi les relations entre les membres de la communauté. Les relations d'amour mutuel. L'apôtre comprend parfaitement que l'homme ne s'accroche pas à la religion par force, mais par faiblesse.

Par faiblesse spirituelle, qui, ne permettant pas à l'homme de vivre pleinement ses relations avec Dieu et avec le Christ, l'oblige à chercher un appui dans ce qui n'a pas de rapport direct ni avec le Royaume ni avec la vie spirituelle.

La religion, ce sont des béquilles. Mais peut-on enlever les béquilles à celui qui ne peut pas s'en passer, uniquement parce que d'autres, sains et forts, s'en passent très bien ? Évidemment non. Et même faire parade de sa force et de sa santé devant ceux qui en sont privés n'est pas très fraternel. Certes, il ne s'agit pas pour les bien portants de faire semblant d'être malades ou de se conduire comme des malades.

Mais s'il se trouve que l'on doit partager la route avec ceux qui ne peuvent pas se passer de béquilles, ce sont précisément les bien portants qui doivent adapter leur marche aux malades, et non l'inverse. Bien sûr, l'homme qui sent sa force a toujours envie de la laisser s'exprimer et de se manifester pleinement. Mais alors il faudra oublier les faibles, ceux qui ne peuvent pas suivre les forts. Et avec eux il faudra oublier l'amour, sans lequel aucune force ne vaut quoi que ce soit.

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Pour Rm 14:14
14 Je le sais, j’en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n’est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur ; en ce cas il l’est pour lui. —
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Dans le yahvisme, comme dans le judaïsme, les notions de pureté et d'impureté étaient essentielles dans la vie religieuse. À première vue, on pourrait croire qu'il s'agit de restrictions purement rituelles, partiellement empruntées au monde païen. Mais ce n'est tout de même pas exactement le cas...  Lire la suite

Dans le yahvisme, comme dans le judaïsme, les notions de pureté et d'impureté étaient essentielles dans la vie religieuse. À première vue, on pourrait croire qu'il s'agit de restrictions purement rituelles, partiellement empruntées au monde païen. Mais ce n'est tout de même pas exactement le cas. Les notions de pureté et d'impureté étaient liées aux représentations de la vie et de l'homme propres au yahvisme d'avant l'exil, qui devinrent ensuite habituelles pour le judaïsme aussi. La Bible décrit l'homme comme un être double et un, spirituel et naturel. Dieu « insuffle » dans les « narines » de l'homme, comme le dit le texte hébreu, ce souffle de vie qui fait de lui un homme. La vie humaine elle-même est un flux qui comprend une composante spirituelle et une composante naturelle. Le souffle divin de vie y entre en contact avec la nature, la pénétrant et en changeant la qualité. Ce flux de vie est désigné par le mot hébreu que l'on traduit habituellement par « âme ».

Il est naturel que l'intensité et la qualité de ce flux vital puissent varier. Dans le monde et dans la vie humaine, il existe quelque chose qui en obstrue le lit et en ralentit le cours: c'est ce qu'on appelle, dans la langue biblique, l'impureté ou la souillure. En premier lieu, bien sûr, les conséquences du péché commis souillent l'homme. Mais aux temps préchrétiens, il y avait dans le monde d'autres choses qui pouvaient souiller l'homme, conduire à l'appauvrissement et à l'épuisement du flux de sa vie. Tout ce qui se rapporte à la mort, à la décomposition, à l'entropie, tout cela diminuait la mesure de la plénitude de la vie humaine et en abaissait la qualité. Dans un tel état, la rencontre avec Dieu devenait problématique pour l'homme, voire totalement impossible: car pour le rencontrer, pour vivre la réalité de sa présence au lieu qu'il a lui-même choisi, il faut déjà posséder un certain minimum de plénitude et d'intensité de sa propre existence. Dans le shéol, dans le royaume des morts, on ne glorifie pas Dieu parce que sa présence ne s'y manifeste pas: l'existence qu'y mènent les morts est une existence au minimum, lorsque le flux de la vie est presque entièrement tari. Avant la venue du Christ, il fallait tenir compte de tout cela.

Mais avec le Christ, le Royaume est entré dans le monde avec toute sa plénitude de vie, auparavant invisible et inconnue. Désormais, quiconque vit de cette vie n'a plus à craindre que certains processus du monde non transformé l'empêchent de vivre toute la plénitude de la vie du Royaume. Désormais, seul son propre péché peut faire obstacle à l'homme. Et, bien sûr, la peur de l'impureté: car la peur crée souvent elle-même son propre objet. Celui qui continue de craindre l'impureté du monde déchu en subira inévitablement l'effet. Quant aux autres, ceux qui ont choisi le Christ et le Royaume, ils n'ont pas à s'en inquiéter: car le souffle du Royaume est plus fort que toutes les forces destructrices de ce monde.

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Pour Rm 14:17
17 Car le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint.
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Est invincible le rêve dans l'humanité d’une société idéale, où tout sera bien, juste et abondant. Seulement ceci ne réussit pas, on ne sait pourquoi...  Lire la suite

Est invincible le rêve dans l'humanité d’une société idéale, où tout sera bien, juste et abondant. Seulement ceci ne réussit pas, on ne sait pourquoi. Peut être, le fait est que chacun de nous considère la société de mauvaise, et que seulement nous sommes bons. Le Christ, en parlant du Règne de Dieu, souligne toujours le caractère spirituel de ce Règne, sa réalisation à l'intérieur de l’homme, et non dans la «société». De la même chose écrit l'apôtre Paul: notre appartenance à Christ n’est pas définie par les catégories extérieures et corporelles, mais par l'action de l'Esprit Saint en nous.

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Pour Rm 14:19-23
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle.
20 Ne va pas pour un aliment détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l’homme qui mange en donnant du scandale.
21 Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère.
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu’il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché.
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La préparation au Carême s'achève par la lecture des paroles du Christ, transmises par l'évangéliste Matthieu, sur ce que sont le jeûne et la prière. Dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur dit aux disciples que le jeûne et la prière n'ont de sens que...  Lire la suite

La préparation au Carême s'achève par la lecture des paroles du Christ, transmises par l'évangéliste Matthieu, sur ce que sont le jeûne et la prière. Dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur dit aux disciples que le jeûne et la prière n'ont de sens que dans le secret, loin des hommes. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent des événements de tes relations profondément personnelles avec Dieu et qu'ils ne sont visibles à personne sauf à Dieu, ce n'est qu'alors que le jeûne et la prière ont un sens. Le Seigneur nous met en garde contre la subtile tentation de «paraître jeûner devant les hommes». En ce temps de jeûne, notre ennemi nous tente réellement par le désir de paraître, afin que les gens autour de nous pensent (ne serait-ce qu'en silence): «Ah, comme il est pieux, un vrai saint...». Ce «Ah!» détruit tout le sens du jeûne. «Déchirez vos coeurs, et non vos vêtements», comme nous l'avons entendu chez le prophète Joël (Jl 2:13).

Et le Seigneur nous parle encore aujourd'hui de la prière: ne soyez pas verbeux comme les païens. Ni la durée de la prière, ni le nombre des mots qui y sont prononcés ne signifient rien. Seul l'élan de l'âme vers Dieu donne sa valeur à la prière. Et la lecture d'aujourd'hui se termine par la prière du «Notre Père». Les apôtres avaient l'habitude de prononcer cette prière trois fois par jour: le matin, le jour et le soir. Sans aucun doute, les apôtres priaient aussi au-delà de cela, mais ces trois moments sont devenus pour les chrétiens une sorte d'armature spirituelle qui soutient toute la journée, et toute la vie.

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Pour Rm 14:19
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle.
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Cela sonne quelque peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? S’aurait beaucoup été mieux : «nous allons chercher ce qui sert à notre propre affirmation et au plaisir mutuel». Le mot «paix» nous rappelle de vieux slogans de la lutte pour la paix...  Lire la suite

Cela sonne quelque peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? S’aurait beaucoup été mieux : «nous allons chercher ce qui sert à notre propre affirmation et au plaisir mutuel». Le mot «paix» nous rappelle de vieux slogans de la lutte pour la paix, et le mot "édification" - les professeurs les plus vilains à l'école.

Pourquoi c’est ainsi ? Comment se fait-il que ces magnifiques mots ont été pervertis dans notre perception? En effet, la «paix» n'est pas simplement l'absence de guerres et ni même l'absence des hostilités. Dans le langage biblique, «shalom» est un état de la Création au septième jour, lorsque Dieu, ayant tout accompli, se repose, lorsque tout est «très bon». Tels sont «le ciel nouveau et la terre nouvelle», qui ont été dits aux prophètes et dans le livre de Révélation, ce monde nouveau, que l'on peut comparer au sens initial du mot grec «cosmos», mot à partir duquel dérive «cosmétique», car le Cosmos c’est l’Univers rempli de beautés. La «paix» est une intégrité originale, une harmonie, l'ordre et la beauté. Et c’est effectivement ce que l’apôtre Paul nous invite à chercher, une telle paix en nous et dans nos relations les uns avec les autres, qui est créé seulement par Dieu.

Et le mot «édification» ne décrit pas une capucinade, mais la «cultivation», la multiplication du bien, de ce qui est bon. Il y a aussi ici une merveilleuse chose liée à Dieu. Dieu Lui-même est le Bien, et Il est infini, c'est pourquoi les lois ordinaires de la préservation comme «si quelque part quelque chose s'est ajoutée, alors quelque part autant a diminué» n'agissent pas en tout ce qu'est lié à la notion du bien. Lorsque nous partageons quelque chose de bien avec les autres (amour, consolation, connaissances etc.), alors cela arrive chez l’autre, et cela non seulement ne diminue pas en nous, mais d’une manière inattendue s’augmente plutôt, a lieu une édification mutuelle, l'augmentation mutuelle dans le bien, un mouvement commun vers le vrai Bien, vers Dieu.

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Pour Rm 14:19
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle.
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Cela sonne un peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? Ce serait bien mieux : « Recherchons ce qui sert à notre affirmation de nous-mêmes et à notre plaisir mutuel ». Le mot « paix » nous rappelle de vieux slogans sur la lutte pour la paix, et « édification », les professeurs les plus détestables à l'école...  Lire la suite

Cela sonne un peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? Ce serait bien mieux : « Recherchons ce qui sert à notre affirmation de nous-mêmes et à notre plaisir mutuel ». Le mot « paix » nous rappelle de vieux slogans sur la lutte pour la paix, et « édification », les professeurs les plus détestables à l'école.

Pourquoi en est-il ainsi ? Comment se fait-il que, dans notre perception, ces mots magnifiques aient été à ce point déformés ? Car la « paix » n'est pas seulement l'absence de guerre, ni même l'absence d'hostilité. Dans la langue biblique, « shalom » désigne l'état de la Création au septième jour, lorsque Dieu, ayant tout accompli, se repose, lorsque tout est « très bon ». Tels sont aussi les « nouveaux cieux et la nouvelle terre » dont parlent les prophètes et le livre de l'Apocalypse, ce monde nouveau que l'on peut rapprocher du sens premier du mot grec « cosmos », mot dont vient « cosmétique », parce que le Cosmos est l'Univers rempli de beauté. La « paix », c'est l'intégrité véritable, l'harmonie, l'ordre et la beauté. Et c'est précisément cela que l'apôtre Paul nous appelle à chercher : une telle paix en nous et dans nos relations les uns avec les autres, paix que Dieu seul crée.

Quant au mot « édification », il ne décrit pas une remontrance, mais une croissance, une multiplication du bien, de ce qui est bon. Il y a ici encore une chose étonnante liée à Dieu. Dieu Lui-même est le Bien, et Il est infini ; c'est pourquoi, dans tout ce qui touche à la notion de bien, les lois ordinaires de conservation du type « si quelque chose augmente ici, la même chose diminue ailleurs » ne fonctionnent pas. Lorsque nous partageons avec un autre quelque chose de bon (l'amour, la consolation, la connaissance, etc.), cela augmente chez l'autre, et chez nous non seulement cela ne diminue pas, mais cela augmente aussi d'une manière inattendue : il se produit une édification mutuelle, une croissance mutuelle dans le bien, un mouvement commun vers le vrai Bien, vers Dieu.

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Pour Rm 14:22
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
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Dans ses lettres, Paul consacre beaucoup de place à réfléchir au rôle et à la place de la religion dans la vie de l'Église. Dans l'Église primitive, on trouvait souvent dans une même communauté...  Lire la suite

Dans ses lettres, Paul consacre beaucoup de place à réfléchir au rôle et à la place de la religion dans la vie de l'Église. Dans l'Église primitive, on trouvait souvent dans une même communauté des Juifs religieux (« circoncis », « Juifs ») et des représentants non religieux des autres peuples qui habitaient l'Empire romain (« incirconcis », « païens »). À cette époque, le paganisme ne signifiait déjà plus l'appartenance à telle ou telle religion ; on appelait alors païens ceux que nous appellerions aujourd'hui des gens séculiers. Il n'est pas étonnant qu'un conflit mûrît entre ces deux groupes à l'intérieur de l'Église : ils étaient trop différents. Pour un Juif, suivre toutes les normes et règles du judaïsme allait de soi ; ils ne s'imaginaient pas dans une même communauté avec des gens pour qui la religion était indifférente. Or la majorité des anciens païens convertis au Christ étaient précisément ainsi : il leur fallait le Christ, non le judaïsme. Les Juifs, eux, insistaient souvent sur l'obligation pour tous d'observer les règles de leur propre religion, affirmant souvent qu'il était impossible d'être sauvé sans les observer : pour eux, elles étaient associées à la Torah comme telle, sans laquelle on n'entre pas dans le Royaume. Que faire ? Les anciens païens étaient aussi sincères et francs dans leur refus du judaïsme, qui leur était réellement étranger, que les Juifs l'étaient dans leur fidélité à celui-ci, sans quoi ils ne pouvaient imaginer leur vie ni dans le siècle présent ni dans le siècle à venir. Comment concilier ces deux approches ? Paul lui-même était convaincu que la religion en tant que telle n'est pas nécessaire au salut : ni la circoncision ni les « œuvres de la Loi » ne sauvent par elles-mêmes. Mais que faire si, sans tout cela, pour un homme, la Torah n'est plus la Torah et le Royaume n'est plus le Royaume ? Il était vraiment inutile de dire à un tel homme que la religion n'est pas nécessaire ; il fallait lui donner la possibilité d'emporter sa religion avec lui dans le Royaume. Quant à celui qui pouvait s'en passer, il ne fallait pas la lui imposer. La décision revenait à l'homme lui-même. Mais elle devait être consciente et sans équivoque : ni jouer à la religion, ni y renoncer arbitrairement ne convenaient à une vie spirituelle pleine. Et l'apôtre propose un critère simple : si la conscience de l'homme est en paix, alors tout va bien dans sa vie spirituelle. Peu importe alors qu'il soit religieux ou non. Ni la religiosité sincère ni le refus sincère de la religion ne nuisent à la vie spirituelle. Ce qui nuit, c'est cette indétermination qui pousse l'homme à s'agiter, le privant de la paix spirituelle. Et Paul appelle chacun à choisir le mode de vie qui lui est le plus proche, sans rien imposer aux autres. À choisir sincèrement et sans équivoque.

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Pour Rm 13:12-14:4
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière.
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d’orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies.
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises.
À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions.
Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes :
que celui qui mange ne méprise pas l’abstinent et que l’abstinent ne juge pas celui qui mange ; Dieu l’a bien accueilli.
Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? Qu’il reste debout ou qu’il tombe, cela ne concerne que son maître ; d’ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir.
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La lecture d’aujourd’hui de l’épître aux Romains — est l’un des passages les plus importants de l’Écriture...  Lire la suite

La lecture d’aujourd’hui de l’épître aux Romains — est l’un des passages les plus importants de l’Écriture, s’il peut y avoir parmi eux des passages plus ou moins importants. Elle doit être à la base des représentations des chrétiens sur les moyens de la vie spirituelle à employer et sur la manière de s’y rapporter. Dans la pratique, la religion révélée par Dieu se distingue de l’idolâtrie avant tout par le fait que les moyens n’y deviennent pas le but. À la question de ce qu’il faut faire pour hériter la vie éternelle, l’apôtre dit deux fois « revêtez » (ένδύω, endyo signifie mettre quelque chose sur soi ou se donner entièrement à quelque chose) : revêtez les armes de la lumière et le Seigneur Jésus-Christ. Non pas « mettez la chair dans l’état voulu » (par un régime végétarien ou par d’autres moyens), mais revêtez les armes de la lumière. La nature matérielle de l’homme exige un certain soin ; ses forces doivent être soutenues et elle-même doit être maîtrisée pour ne pas devenir l’essentiel, mais : ne transformez pas le souci de la chair en convoitises. À la différence des stoïciens et des épicuriens, l’apôtre affirme qu’une vie bonne et un sage soin (πρόνοια, pronoia, sagesse, prudence, souci) de la chair ne nous conduisent pas automatiquement au but. À strictement parler, ce texte n’approuve ni l’absence de contrôle du côté charnel de l’homme, ni la mortification de la chair comme sens principal de la vie. D’ailleurs, à notre époque comme au temps de l’apôtre, le premier danger est plus actuel que le second.

La seconde chose, non moins importante, dans le passage d’aujourd’hui : accueillez celui qui est faible dans la foi, sans discussions sur les opinions. L’apôtre affirme que nous ne devons pas discuter des moyens de la vie spirituelle (il s’agit concrètement du jeûne). Nous en rendons compte devant Dieu, et non les uns devant les autres. Au passage, on ne peut manquer de remarquer que, tout au long de notre histoire comme aujourd’hui encore, accomplir ces paroles est, pour beaucoup d’entre nous, une tâche au-dessus de nos forces. D’un autre côté, cette liberté est étendue par l’apôtre au domaine des moyens de la vie spirituelle, mais nullement au contenu de la foi, comme certains essaient parfois de le présenter.

Enfin, il n’est pas inutile d’entendre le mot original : au premier verset du chapitre 14, l’apôtre dit : « Celui qui est faible dans la foi... ». Άσθενής τή πίστει, astenis ti pistei, asthénique dans la foi. Ainsi surgit devant les yeux, comme dans un miroir, un personnage maigre et asthénique, au visage exsangue et aux bras mollement pendants. En russe, nous appelons cela une pâle infirmité. Voilà comment nous croyons. Et voilà pourquoi nous nous concentrons sur nous-mêmes, sur notre propre faiblesse spirituelle et sur les manifestations extérieures de la piété. Cela ne se surmonte, comme on le sait, que par le Sang de Jésus-Christ.

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Pour Rm 13:12-14:4
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière.
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d’orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies.
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises.
À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions.
Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes :
que celui qui mange ne méprise pas l’abstinent et que l’abstinent ne juge pas celui qui mange ; Dieu l’a bien accueilli.
Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? Qu’il reste debout ou qu’il tombe, cela ne concerne que son maître ; d’ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir.
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« Car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru ». Depuis notre conversion au Christ, nous regardons le monde avec d'autres yeux. Pour chacun de nous, quelque chose change dans la vie. Et, en recevant la Communion, nous devenons...  Lire la suite

« Car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru ». Depuis notre conversion au Christ, nous regardons le monde avec d'autres yeux. Pour chacun de nous, quelque chose change dans la vie. Et, en recevant la Communion, nous devenons plus proches du Christ: nous le recevons, lui, ainsi que le chemin du salut qu'il nous propose. Et chacun de nous « sera relevé, car Dieu a le pouvoir de le relever ».

Nous tombons et nous nous relevons sur notre chemin à la suite du Christ. Il nous est préparé de tomber aux yeux de ce monde comme chemin de salut. Nous verrons nous-mêmes la profondeur de notre chute dans le repentir, mais lui nous relèvera selon sa miséricorde, il nous relèvera au jour de la Résurrection des morts pour la vie éternelle.

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