10 enseigne-moi à faire tes volontés, car c'est toi mon Dieu; que ton souffle bon me conduise par une terre unie.
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Le chemin de la justice a toujours été le chemin de Dieu, et tout juste, en tout temps, demandait à Dieu de lui enseigner Ses chemins. Tout serait plus simple s’il ne s’agissait que de commandements ou de lois qu’il suffirait d’observer pour être juste. Bien entendu, les commandements donnés par Dieu doivent être observés, sinon il ne peut être question d’aucun chemin de justice.
Mais l’observance extérieure et formelle des commandements ne suffit pas. Si les commandements et la loi de Dieu en général étaient semblables aux lois humaines, s’ils n’étaient qu’un ensemble de règles que Dieu aurait inventées pour les hommes afin qu’ils les observent, leur observance formelle suffirait, comme suffit l’observance formelle des lois inventées par les hommes pour ne pas être leur transgresseur.
Mais avec la loi de Dieu, la situation est différente. Le mot « Torah », employé dans le texte hébreu de l’Ancien Testament pour désigner la loi, est assez riche de sens : il signifie à la fois la législation, le mode de vie qui lui correspond, et même l’état spirituel de l’homme qui répond à ce mode de vie.
Cette richesse de sens tient au fait que, à la différence des lois humaines, la loi de Dieu n’est ni conventionnelle ni arbitraire : elle reflète les lois objectives qui caractérisent les relations entre Dieu et l’homme. Elle est la loi objective de la vie spirituelle, reflétée dans les commandements.
Les lois naturelles sont impersonnelles ; ici, des définitions suffisent donc. Les lois spirituelles sont personnelles, parce que la vie spirituelle elle-même est d’abord un système de relations qui lie l’homme à Dieu et aux autres hommes. Ici, l’essentiel est le choix fait et la décision prise, la volonté et l’intention ; or il est plus simple de décrire la volonté et l’intention dans la langue des commandements que dans celle des définitions abstraites.
Si le commandement se transforme en définition abstraite, fût-elle de contenu moral, il ne reste de la relation concrète et pleine de vie qu’une abstraction morte, et de la vie spirituelle qu’un schéma. C’est pourquoi l’hymnographe mentionne le souffle, l’« esprit », de Dieu : seul Son souffle peut vivifier toute relation, que ce soit avec Lui-même ou avec n’importe lequel des hommes.
Alors le chemin de la justice se révèle réellement être le chemin de Dieu, et non la voie plutôt morne du « perfectionnement moral de soi », qui ne peut mener à rien d’autre qu’à un légalisme dur et à un rigorisme sec. À la différence de cette impasse, le chemin de la justice mène au Royaume plein de vie et de joie, au Royaume rempli du souffle de Dieu.
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