RÉFLEXIONS pour Tt 1:15 — le 5 septembre 2020

RÉFLEXIONS pour Tt 1:15

Comme on le sait, l’une des principales questions dans le yahvisme, tout comme le judaïsme était la question de la pureté rituelle. Et ce n'est pas étonnant : car, notamment la pureté rituelle définissait la possibilité (ou l'impossibilité) pour l’homme de s'approcher de l'autel et se sanctifier. Cependant avec le temps le vrai sens des normes et des règles de la pureté rituelle était si pas entièrement, alors très soigneusement oublié.

Au temps de Paul pour plusieurs ils étaient déjà quelque chose de valeur, demandant une exécution rigoureuse juste parce que l'observation de ces normes et règles est devenue un devoir religieux. Et leur violation a commencé à être considérée presque comme un crime, non parce que la relation envers le sacré est devenue plus fébrile, mais parce que la piété elle-même (au moins, dans certains cercles pharisiens) est devenue considérablement rigoriste. Et cependant dans le Royaume les notions traditionnelles de pureté et impureté deviennent non relevantes: car le Royaume est sanctifié tout entièrement, sanctifié par ce souffle de Dieu, qui le pénètre jusqu'aux fins.

Pour les habitants du Royaume la division entre le pur et l’impur est déjà dépassée: car il ne peut avoir par définition rien d’impur i.e. pas soumis à la sanctification dans le Royaume. Et cependant l'inertie religieuse pénétrait aussi dans les communautés d'église comprenant les Juifs, ainsi que des récents païens. Et il était difficile pour les juifs profondément religieux (en général) d’accepter le fait que les normes et les règles de la pureté rituelle formant le noyau de leur tradition religieuse, se trouvaient soudainement dépassées. Et ils continuaient à insister sur l'observation des règles, dans un nouveau contexte perdant tout sens. Continuaient à demander leur observation à chaque membre de l'Église, insistant que sans une telle observation, l’on ne peut pas entrer dans le Royaume.

Et ne voulaient aucunement accepter le fait que pour l'Église leur piété est leur affaire purement privée. Et Paul, bien sûr comprend parfaitement que c'est justement comme cela, que pour le Royaume la question de la pureté et l’impureté se résout exclusivement au niveau du coeur humain: s'il est pur, il ne peut avoir aucune impureté dans la vie d'une telle personne, et s’il est impur, alors on n'a rien à craindre d’aucune autre saleté: le plus pire s'est déjà passé. Ainsi l'apôtre résout le problème de la pureté et l’impureté conformément au Royaume, et donc, conformément aussi à l'Église.