21 Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons pleine assurance devant Dieu: |
La question de ce qui est péché et de ce qui ne l'est pas devient centrale pour toute personne religieuse. Quels critères peut-on suivre dans ce cas? La Bible nous propose les commandements et une multitude de leurs interprétations les plus diverses.
En réalité, tous les livres bibliques sont, d'une manière ou d'une autre, liés à la question de l'observance ou de la violation des commandements donnés par Dieu. Mais on peut se rapporter à leur observance de différentes façons. On peut se guider par des critères extérieurs, comme le font d'ordinaire la plupart des croyants. Dans ce cas, beaucoup dépend de la manière dont on comprend tel ou tel commandement, dont on l'interprète. Que faut-il, par exemple, considérer ou ne pas considérer comme meurtre, vol, débauche, sacrilège?
Déjà le Décalogue interdit tout cela. Mais il y a eu et il y a encore de nombreuses variantes d'interprétation des commandements du Décalogue. Avant tout parce que tous les interprètes, d'une manière ou d'une autre, les analysaient de l'extérieur, comme de côté, en essayant d'établir des règles et des lois données une fois pour toutes. La Bible elle-même réfute une telle approche. Déjà l'Ancien Testament nous propose au moins deux variantes de législation fondées sur le Décalogue. Et elles ne coïncident pas en tout. Par là, la Bible nous dit pour ainsi dire: ne cherchez pas l'interprétation unique, juste et seule possible; elle n'existe pas. L'accomplissement des commandements dépend du lieu et du temps.
Seule est inébranlable la volonté de Dieu, les intentions de Dieu qui se trouvent derrière chacun des commandements du Décalogue. Le comportement de l'homme peut varier selon les situations. La législation de l'Ancien Testament n'est qu'un exemple de la manière dont on peut et doit appliquer les commandements dans la vie réelle. Il pourrait y avoir davantage de tels exemples. Et pour ne pas s'y perdre, les commandements de Dieu doivent devenir pour l'homme un impératif spirituel intérieur. Ce que, aux temps évangéliques, on appelait la Torah intérieure.
Ses commandements, comme le disait Jérémie, ne sont pas gravés sur des pierres, mais écrits dans le coeur de l'homme. Alors toute situation sera perçue par l'homme à travers le prisme de cette Torah intérieure. Et l'on pourra se fier à son coeur lorsqu'il s'agit du péché ou de son absence. Si le coeur, conduit par la Torah intérieure, ne condamne pas l'homme, alors il peut s'adresser paisiblement à Dieu. Un tel homme, bien sûr, n'est pas non plus sans péché; mais il peut dire à lui-même et à Dieu d'un coeur pur: pour lutter contre mon péché, j'ai fait tout ce que je pouvais.
21 Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons pleine assurance devant Dieu: |
La question de ce qui est péché et de ce qui ne l'est pas devient centrale pour tout homme religieux. De quels critères peut-on se guider dans ce cas? La Bible nous propose les commandements et une multitude d'interprétations très diverses.
Au fond, tous les livres bibliques sont liés d'une manière ou d'une autre à la question de l'observance, ou de la violation, des commandements donnés par Dieu. Mais on peut se rapporter à leur observance de différentes manières. On peut se guider par des critères extérieurs, comme le fait d'ordinaire la majorité des croyants. Dans ce cas, beaucoup dépend de la manière de comprendre tel ou tel commandement, de la manière de l'interpréter. Que faut-il, par exemple, considérer ou ne pas considérer comme meurtre, vol, débauche, blasphème?
Le Décalogue interdit déjà tout cela. Mais il y a eu et il y a une multitude de variantes d'interprétation des commandements du Décalogue. Avant tout parce que tous les interprètes les ont analysés d'une manière ou d'une autre de l'extérieur, comme de côté, cherchant à établir une fois pour toutes des règles et des lois données. La Bible elle-même réfute une telle approche. L'Ancien Testament déjà nous propose au moins deux variantes de législation fondées sur le Décalogue. Et elles ne coïncident pas en tout. Ainsi la Bible nous dit pour ainsi dire: ne cherchez pas l'interprétation unique, juste et seule possible; elle n'existe pas. L'accomplissement des commandements dépend du lieu et du temps.
Seule est inébranlable la volonté de Dieu, ces intentions de Dieu qui se tiennent derrière chacun des commandements du Décalogue. Le comportement de l'homme, lui, peut être différent selon les situations. La législation vétérotestamentaire n'est qu'un exemple de la manière dont on peut et doit appliquer les commandements dans la vie réelle. Il aurait pu y avoir plus d'exemples. Et pour ne pas se perdre, les commandements de Dieu doivent devenir pour l'homme un impératif spirituel intérieur. Ce que l'on appelait aux temps évangéliques la Torah intérieure.
Ses commandements, comme le disait Jérémie, ne sont pas gravés sur des pierres, mais écrits dans le cœur de l'homme. Alors chaque situation sera perçue par l'homme à travers le prisme de cette Torah intérieure. Et l'on pourra se fier à son cœur en ce qui concerne le péché ou son absence. Si le cœur, conduit par la Torah intérieure, ne condamne pas l'homme, alors il peut s'adresser à Dieu avec paix. Un tel homme, bien sûr, n'est pas sans péché, mais il peut dire d'un cœur pur à lui-même et à Dieu: pour lutter contre mon péché, j'ai fait tout ce que je pouvais.
21 Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons pleine assurance devant Dieu: |
22 quoi que nous lui demandions nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable. |
23 Or voici son commandement: croire au nom de son Fils Jésus Christ et nous aimer les uns les autres comme il nous en a donné le commandement. |
24 Et celui qui garde ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui ; à ceci nous savons qu'il demeure en nous : à l'Esprit qu'il nous a donné. |
1 Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s'ils viennent de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont venus dans le monde. |
2 À ceci reconnaissez l'esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus Christ venu dans la chair est de Dieu; |
3 et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n'est pas de Dieu; c'est là l'esprit de l'Antichrist. Vous avez entendu dire qu'il allait venir; eh bien! maintenant, il est déjà dans le monde. |
4 Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu et vous les avez vaincus. Car Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. |
5 Eux, ils sont du monde; c'est pourquoi ils parlent d'après le monde et le monde les écoute. |
6 Nous, nous sommes de Dieu. Qui connaît Dieu nous écoute, qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas. C'est à quoi nous reconnaissons l'esprit de la vérité et l'esprit de l'erreur. |
«Bien-aimés! si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu…» Le cœur… mais pourquoi le cœur? Car la capacité de porter des jugements semble appartenir à l’intelligence, non au cœur. Il y eut un homme nullement religieux, un homme des Temps modernes (il vécut au XVIIe siècle), François de La Rochefoucauld, moraliste qui précéda l’apparition de Voltaire, Rousseau et Diderot, et il disait ceci: l’esprit est toujours la dupe du cœur. Il voulait peut-être dire autre chose que ce que nous allons tenter de lui faire dire. Mais voici encore une opinion, celle d’un homme tout différent, bien qu’ayant vécu à peu près à la même époque: les paroles de Spinoza selon lesquelles les passions ne sont vaincues non par la raison, mais seulement par des passions plus fortes. Ce n’est pas par hasard que nous parlons maintenant de cela, et ce n’est pas par hasard que l’Apôtre parle du cœur qui ne condamne pas, car nous sommes aux portes du Grand Carême. Nous mangerons moins et nourrirons moins bien notre cerveau afin de contraindre le cœur à devenir plus sensible et à nous dire s’il nous condamne. Car très souvent, sinon toujours, nous nous repentons de ce que notre intelligence nous propose pour la confession. Or que sont nos péchés? Presque tous sont des passions, et voilà que nous essayons de les vaincre par l’intelligence. Bien sûr, nous tâchons de faire comme si nous les vainquions par l’ascèse… Mais quelle ascèse peut pratiquer l’homme urbain moderne, qui doit aller travailler chaque jour et réfléchir au travail malgré l’hypoglycémie, qui doit courir avec ses enfants et ses parents âgés? L’ascèse au sens véritable est impossible dans de telles conditions; tout cela n’est qu’une autolimitation à la mesure de ses forces. Il ne nous reste alors, pour lutter contre les passions, que l’intelligence. Mais voici le témoignage de deux hommes si différents: cela peut être tout à fait inutile. Revenons maintenant aux paroles de l’Apôtre: «…si notre cœur ne nous condamne pas…». Regardons cet organe merveilleux: le cœur. C’est l’un des mots les plus fréquents de la Bible. Voici ce qu’écrit le philosophe du cœur, comme certains l’appellent, B. Vycheslavtsev: «Il faut reconnaître le cœur comme l’organe fondamental des expériences religieuses. Dans la simplicité et l’accessibilité de ce mot “cœur”, de ce symbole constamment présent dans le langage courant, réside sa haute valeur religieuse. Un homme “sans cœur” est un homme sans amour et sans religion; l’irréligion est, en fin de compte, absence de cœur». Consacrons le Grand Carême à accueillir dans notre cœur le Saint Cœur de Jésus et à chercher, dans l’infini Saint Cœur de Jésus, une petite place pour notre propre cœur.
11 Car tel est le message que vous avez entendu dès le début: nous devons nous aimer les uns les autres, |
12 loin d'imiter Caïn, qui, étant du Mauvais, égorgea son frère. Et pourquoi l'égorgea-t-il? Parce que ses œuvres étaient mauvaises, tandis que celles de son frère étaient justes. |
13 Ne vous étonnez pas, frères, si le monde vous hait. |
14 Nous savons, nous, que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort. |
15 Quiconque hait son frère est un homicide; or vous savez qu'aucun homicide n'a la vie éternelle demeurant en lui. |
16 À ceci nous avons connu l'Amour: celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères. |
17 Si quelqu'un, jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui? |
18 Petits enfants, n'aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité. |
19 À cela nous saurons que nous sommes de la vérité, et devant lui nous apaiserons notre cœur |
20 si notre cœur venait à nous condamner, car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout. |
21 Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons pleine assurance devant Dieu: |
22 quoi que nous lui demandions nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable. |
23 Or voici son commandement: croire au nom de son Fils Jésus Christ et nous aimer les uns les autres comme il nous en a donné le commandement. |
24 Et celui qui garde ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui ; à ceci nous savons qu'il demeure en nous : à l'Esprit qu'il nous a donné. |
La pensée que l’apôtre Jean veut nous transmettre est extrêmement simple : croyez en Jésus et aimez-vous les uns les autres. Mais combien de fois l’apôtre la répète-t-il dans ce court texte et dans une épître qui n’est pas très longue ? Il l’aborde sous différents angles et utilise des exemples tirés de la Sainte Écriture et de la vie afin de transmettre ce qui est pour lui le plus important et le plus évident. Cette clarté est celle de l’esprit ; au-delà, chacun se heurte à l’impuissance des mots, incapables de transmettre l’expérience spirituelle, l’expérience du contact avec la vérité. Il est impossible de garder la révélation en soi : des fleuves d’eau vive jaillissent de celui qui a connu Dieu qui est Amour ; et chaque fois que l’apôtre dit « aimez-vous les uns les autres », il est évident pour lui qu’il n’existe réellement rien de plus important. Mais ces paroles resteront un son vide tant que celui qui les lit n’aura pas lui-même touché le Dieu vivant, tant qu’il n’aura pas simplement aimé. Alors seulement l’homme devient capable de comprendre qu’il n’y a rien de plus important que l’amour, et que c’est précisément pourquoi le mal s’acharne si violemment contre tout signe que, quelque part — même très peu, et pas encore de la manière dont Jean l’écrit —, les hommes choisissent non pas la haine, mais l’amour.
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