La question de ce qui est péché et de ce qui ne l'est pas devient centrale pour toute personne religieuse. Quels critères peut-on suivre dans ce cas? La Bible nous propose les commandements et une multitude de leurs interprétations les plus diverses. En réalité, tous les livres bibliques sont, d'une manière ou d'une autre, liés à la question de l'observance ou de la violation des commandements donnés par Dieu. Mais on peut se rapporter à leur observance de différentes façons. On peut se guider par des critères extérieurs, comme le font d'ordinaire la plupart des croyants. Dans ce cas, beaucoup dépend de la manière dont on comprend tel ou tel commandement, dont on l'interprète. Que faut-il, par exemple, considérer ou ne pas considérer comme meurtre, vol, débauche, sacrilège? Déjà le Décalogue interdit tout cela. Mais il y a eu et il y a encore de nombreuses variantes d'interprétation des commandements du Décalogue. Avant tout parce que tous les interprètes, d'une manière ou d'une autre, les analysaient de l'extérieur, comme de côté, en essayant d'établir des règles et des lois données une fois pour toutes. La Bible elle-même réfute une telle approche. Déjà l'Ancien Testament nous propose au moins deux variantes de législation fondées sur le Décalogue. Et elles ne coïncident pas en tout. Par là, la Bible nous dit pour ainsi dire: ne cherchez pas l'interprétation unique, juste et seule possible; elle n'existe pas. L'accomplissement des commandements dépend du lieu et du temps. Seule est inébranlable la volonté de Dieu, les intentions de Dieu qui se trouvent derrière chacun des commandements du Décalogue. Le comportement de l'homme peut varier selon les situations. La législation de l'Ancien Testament n'est qu'un exemple de la manière dont on peut et doit appliquer les commandements dans la vie réelle. Il pourrait y avoir davantage de tels exemples. Et pour ne pas s'y perdre, les commandements de Dieu doivent devenir pour l'homme un impératif spirituel intérieur. Ce que, aux temps évangéliques, on appelait la Torah intérieure. Ses commandements, comme le disait Jérémie, ne sont pas gravés sur des pierres, mais écrits dans le coeur de l'homme. Alors toute situation sera perçue par l'homme à travers le prisme de cette Torah intérieure. Et l'on pourra se fier à son coeur lorsqu'il s'agit du péché ou de son absence. Si le coeur, conduit par la Torah intérieure, ne condamne pas l'homme, alors il peut s'adresser paisiblement à Dieu. Un tel homme, bien sûr, n'est pas non plus sans péché; mais il peut dire à lui-même et à Dieu d'un coeur pur: pour lutter contre mon péché, j'ai fait tout ce que je pouvais. |
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