39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Le récit d'aujourd'hui, où Jésus reste dans le Temple de Jérusalem, rappelle les paroles du livre des Proverbes (9:1) : « La Sagesse a bâti sa maison... » Venu à Jérusalem pour la fête de la Pâque, Il est resté dans la maison de Son Père. L'Évangéliste peint simultanément deux tableaux : les docteurs du peuple, les scribes, s'émerveillent de la sagesse de Jésus, tandis que Ses parents Le cherchent dans la ville, bouleversés. Sa réponse à Sa Mère ressemble à une énigme : où donc un garçon devrait-il être, sinon dans la maison de son père ? L'homme doit vivre chez lui. Dès ce moment, le Seigneur commence à révéler aux hommes Son origine et Sa vocation : Il est la Sagesse de Dieu et le Fils de Dieu, pour ceux qui peuvent le comprendre. Et si quelqu'un ne veut pas le comprendre ? Eh bien, s'il veut malgré tout écouter Jésus, il devra passer toute sa vie à déchiffrer Ses énigmes...
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Pourquoi le Christ a-t-il reçu la circoncision, quel est le sens spirituel de cet événement ? On peut bien sûr dire qu'Il était alors tout petit. Mais Il a laissé cela arriver, et donc, bien qu'Il fût petit, cet événement a un contenu spirituel. Lequel ? Était-ce pour confirmer que « le salut vient des Juifs » (Jn 4:22) ? Ou pour parcourir tout le chemin de Son abaissement, en Se limitant non seulement par l'apparence humaine, mais aussi par toute la finitude de la culture humaine ?
Il est également certain qu'Il savait qu'après Lui viendrait l'apôtre Paul, qui reprendrait sévèrement tous ceux qui ne comprennent pas toute la limite de ce rite, comme de tout rite en général. Dans la seule Épître aux Romains, il en parle plus d'une fois (voir les chapitres 2, 3, 4). Par exemple : « ce n'est pas celui qui en a les dehors qui est Juif, et la circoncision n'est pas celle qui est extérieure, dans la chair » (Rm 2:28), ou encore : « la circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien ; ce qui compte, c'est l'observation des commandements de Dieu » (1 Co 7:19).
Le Seigneur le savait et a pourtant permis que Sa circoncision ait lieu. C'est là Son humilité devant la Loi, qu'Il est venu accomplir (Mt 5:17), et c'est précisément ce qui permet à l'apôtre Paul de dire : « en Lui vous avez été circoncis d'une circoncision qui n'est pas faite de main d'homme, par le dépouillement du corps de la chair, par la circoncision du Christ » (Col 2:11).
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Qu'est-ce que la croissance de l'homme ? Lorsqu'il s'agit de l'homme déchu, dont la nature est abîmée par la chute, on entend d'ordinaire par croissance avant tout le processus de formation et de développement physique de l'homme. En second lieu, on parle de la formation et du développement psychiques. Et seulement ensuite, et pas toujours, on commence à parler de formation et de développement spirituels. On entend d'ailleurs habituellement par là non le développement spirituel au sens propre, mais quelque chose qui le remplace souvent dans le monde déchu : par exemple le développement intellectuel ou esthétique.
Pourtant, la vie spirituelle n'a pas de rapport direct ni avec l'intellect ni avec les expériences esthétiques. La vie spirituelle, ce sont les relations qui unissent l'homme à Dieu et aux autres hommes. Et elle commence dans cette profondeur de la personne humaine où naît la volonté et où respire le souffle de vie que Dieu donne à chacun de nous lors de la création.
Ce souffle est le fondement de notre vie spirituelle et l'unique possibilité d'une véritable communion avec Dieu. Car le souffle de vie vient de Dieu ; il est une sorte de théophanie intérieure, une présence de Dieu en nous qui est toujours avec nous. Et sans la chute, nous aurions pris conscience en nous de cette présence à chaque année de notre croissance : la croissance physique et psychique aurait été accompagnée d'une croissance spirituelle.
Dans le monde déchu, tout n'est pas si simple : l'homme peut y grandir physiquement tout en restant un nourrisson spirituel, et il peut vivre toute sa vie « consciente » sans prendre conscience en lui de l'essentiel, de ce souffle qui le relie à Dieu. Mais si, même dans le monde déchu, l'homme cherche pourtant une véritable conscience et n'ignore pas en lui ce don de Dieu qu'il possède, ce souffle de vie qui lui a été donné à sa naissance, il finit par recevoir Dieu en lui selon la mesure que Dieu lui ouvre. La même chose est vraie de Jésus : Lui aussi est Homme, comme nous.
Précisément Homme avec une majuscule, non moins, mais plus que chacun de nous. Parce que, contrairement à chacun de nous, Sa nature humaine fut dès le commencement parfaitement libre du péché originel. Et parce que Sa mesure de plénitude spirituelle fut absolue dès la conception : c'était la mesure de la plénitude absolue de Dieu, qui fit de Lui le Dieu-homme. Mais, comme tout homme, Il devait grandir spirituellement et physiquement, en prenant conscience en Lui de Sa mesure, de la plénitude de Sa propre vie spirituelle. En ce sens, Jésus ne se distinguait pas de tout autre homme. Mais les résultats de Sa croissance spirituelle et physique furent uniques, comme on pouvait l'attendre du Messie et du Fils de Dieu.
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
La vie de Jésus entre la Nativité et Son entrée dans la prédication nous est fermée, mais le récit du voyage à Jérusalem nous donne l'unique éclaircie dans le brouillard. Pourquoi donc seul cet épisode de l'enfance du Sauveur a-t-il été inclus par l'évangéliste dans son récit? Guère seulement parce qu'aucune autre information ne s'était conservée au moment de la rédaction du texte; plutôt en raison de l'importance de cet épisode précis pour comprendre les événements ultérieurs. Car nous avons devant nous le témoignage que, dès l'enfance, Jésus avait conscience de Sa mission.
Jésus devait être sociable dans son enfance, sinon il serait difficile d'expliquer pourquoi, au début, Marie et Joseph, pensant qu'Il marchait avec des parents et des compatriotes, ne se sont pas inquiétés de Son absence. Nous pouvons donc conclure que, dès l'enfance, Il savait communiquer avec des gens très différents, et que la conversation dans le temple a préfiguré Son enseignement à venir. Quant au fait que le temple soit la maison de Son Père, en témoignent non seulement Ses paroles, mais aussi le naturel avec lequel Il se tenait dans le temple. Et beaucoup de commentateurs conseillent de regarder aussi Son absence de trois jours parmi Ses proches comme une préfiguration de Son absence sur terre après le Golgotha...
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
La glorification du Seigneur résonne solennellement dans le cantique d’Anne et dans la prophétie d’Isaïe. Dieu accomplit quelque chose d’immense, qui change le destin des peuples et de l’univers entier : telle est la puissance de Dieu. Pourtant, l’Évangile selon Luc nous raconte comment cette puissance révèle pour la première fois, encore très discrètement, sa présence dans le jeune Jésus. Cette puissance ne comporte ni violence ni cruauté, car elle est la puissance de l’amour de Dieu. Elle n’écrase pas, elle sauve. Et le nom même de Jésus signifie « Dieu sauve ».
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
Lorsque nous parlons de Jésus-Christ comme de l'Homme-Dieu, nous entendons souvent par là quelque chose d'abstrait et de théologique. Quelque chose dont on parlait aux conciles œcuméniques en traitant des deux natures ou des deux volontés dans le Christ. Or nous avons devant nous une Personne vivante, un Homme réel, qui regarde le monde comme le regarde tout être humain.
Dieu est Dieu, Il est toujours égal à Lui-même, Il a toujours conscience et connaissance de tout dans la plénitude de Sa propre existence. Il sait aussi ce que tous les théologiens de tous les temps, de tous les peuples et de toutes les confessions ont dit, diront ou pourraient dire de Lui. Pour Jésus, il ne pouvait y avoir rien de nouveau dans ce qu'Il entendait de ceux avec qui Il parlait à Jérusalem lors de cette Pâque mémorable.
Tout en restant Homme, Il était là où Son Père avait choisi Sa demeure — et la plénitude du Père était en Lui, parce que la plénitude du Père se manifeste en Lui en tant que Fils. Humainement, Il est pleinement Homme et échange avec les autres comme les êtres humains échangent entre eux. Il peut tout apprendre de Son interlocuteur, mais Il en apprend exactement autant que le Père veut Lui en révéler. Il est un avec le Père et peut tout connaître de tous et de tout ; Il peut faire de cette connaissance divine Sa connaissance humaine également, mais Il ne le fait que dans la mesure exacte où le Père le veut.
Il peut tout apprendre du monde — mais, à chaque instant, Il en apprend humainement exactement autant que le Père Lui en révèle, alors qu'en tant que Dieu Il en sait autant que le Père. C'est ainsi qu'Il échange avec les maîtres de la Torah sous les portiques du Temple. Ils s'étonnent : ils ont devant eux un adolescent qui n'a encore étudié la théologie nulle part. Comment peut-il savoir ce qu'il sait ? Jésus leur révèle exactement autant de Sa connaissance divine que le Père Lui ordonne d'en révéler. Pourquoi ? Dans quel but ?
Pourquoi cette manifestation de l'omniscience divine propre à Jésus a-t-elle même été nécessaire ? Nous ne connaîtrons probablement pas la réponse : il y a ici manifestement un dessein du Père dont, si nous en comprenons jamais le sens, ce sera très probablement seulement après le retour du Sauveur dans la gloire. Une chose est claire : l'omniscience divine s'est manifestée ici par l'intermédiaire de la nature humaine de Jésus. Elle s'est manifestée comme une allusion destinée à ceux qui sont capables d'en saisir le sens. Tout le ministère terrestre du Sauveur était encore à venir, et il restait encore bien du temps avant qu'il ne commence. Pourtant, quelqu'un pouvait déjà s'interroger sur l'identité de cet adolescent inhabituel et sur l'origine de ce qu'Il savait.
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
L'apparition de Jésus adolescent parmi les maîtres de la Torah et les rabbins savants fit sensation. Il était tout jeune et, à l'évidence, n'avait encore pu recevoir aucune formation nulle part, mais il discutait d'égal à égal avec les connaisseurs de la Torah connus à Jérusalem. Les proches de Jésus, avec lesquels Il était venu en ville pour la fête, étaient quant à eux très troublés et inquiets de Sa disparition.
Il n'y avait là rien d'étrange: Jérusalem, contrairement à Nazareth, calme et provinciale, était la capitale de la Judée, une grande ville où un adolescent venu de province pouvait facilement se perdre. De plus, le Temple était à Jérusalem un lieu particulier, avec des règles de conduite particulières que, pensaient les proches de Jésus, l'enfant pouvait ne pas connaître. En outre, Il était allé là où, à Son âge, selon les critères traditionnels, Il n'aurait pas dû aller.
Bien sûr, l'éducation religieuse chez les Juifs a toujours été assez ouverte; elle ne supposait aucune caste, et même chez les rabbins les plus connus apparaissaient parfois comme disciples des gens pauvres, sans origine aristocratique. Mais une certaine hiérarchie existait aussi ici: pour devenir disciple d'un maître de la Torah renommé de Jérusalem, il fallait avoir reçu l'éducation primaire et secondaire correspondante dans une école religieuse juive locale, une yeshiva.
Il y avait sans doute de telles yeshivas à Nazareth aussi, comme il y en avait partout où existaient des communautés juives et, par conséquent, des synagogues. Il est difficile de dire si Jésus a étudié dans une yeshiva: aucun évangile ne mentionne quoi que ce soit de semblable. Mais lors de cette visite à Jérusalem, Il était en tout cas encore trop jeune pour prétendre devenir disciple de l'un des maîtres de la Torah connus de Jérusalem. Et pourtant, Il ne se contentait pas de les écouter: Il leur posait des questions, des questions qui poussaient les connaisseurs de la Torah à s'étonner et à se demander entre eux auprès duquel d'entre eux, ou de quels autres maîtres, cet adolescent qui posait de telles questions avait étudié.
Tout cela ne pouvait qu'inquiéter les proches de Jésus. Bien sûr, participer aux discussions de maîtres réputés n'était pas en soi une violation de la loi et n'était puni d'aucune manière, mais un tel comportement pouvait très bien être jugé comme l'insolence inadmissible d'un parvenu prétendant à ce à quoi, aux yeux de tous, il n'avait aucun droit. Il va de soi que les proches de Jésus ne voulaient pas du tout pour Lui une telle réputation. Tout cela, pris ensemble, leur fit vivre quelques heures d'inquiétude qui se terminèrent cependant heureusement pour tous.
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
Le Seigneur Jésus âgé de douze ans, resté dans le Temple de Jérusalem, répond à la question douloureuse de Sa très pure Mère en parlant de la Maison de Son Père. C'est la Maison où Il doit demeurer. Peut-être la pensée de cela a-t-elle servi de base à la révélation du Livre des Proverbes : « La Sagesse s'est bâti une maison... ». L'évangéliste dessine aussitôt deux tableaux : les maîtres et les scribes s'étonnent de la sagesse de Jésus, tandis que Ses parents, bouleversés, Le cherchent dans la ville. Sa réponse à Sa Mère ressemble à une énigme : où donc un garçon devrait-il être, sinon chez son père ? L'homme doit vivre chez lui. Déjà alors, le Seigneur commence à révéler aux hommes Son origine et Sa vocation : Il est la Sagesse de Dieu et le Fils de Dieu.
Mais il y a encore un aspect important de cet événement. Le Seigneur parle de la Maison qui appartient à Son Père céleste ; à proprement parler, c'est précisément cela que notre langue appelle la « patrie ». Et en lisant que Sa patrie est le ciel, ne devons-nous pas nous demander où se trouve notre patrie ? Non pas le territoire où vit le peuple qui nous a engendrés, mais la patrie au sens plus profond : d'où venons-nous, et où est la maison que nous pourrions appeler notre demeure éternelle ? En essayant de trouver la réponse à cette question, nous comprenons que, grâce à l'Incarnation du Fils de Dieu, Sa patrie devient aussi la nôtre, et que par Lui nous acquérons la Maison éternelle.
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
On a parfois envie d'affirmer avec une certitude absolue que personne n'aime obéir. Et les raisons en sont décrites dans le livre de la Genèse: Dieu a créé l'homme libre, et l'homme a usé de cette liberté en réalisant son désir d'être celui qui domine, de définir lui-même le bien et le mal, d'être « comme des dieux » (Gn 3:5), et donc de n'obéir à personne.
Comme souvent tout bout en nous lorsque nous comprenons qu'il faut obéir, même si cela a du sens et que nous devons le faire en raison de notre statut! Et que se passe-t-il intérieurement lorsque nous ne sommes pas d'accord, et qu'en plus nous ne sommes pas vraiment obligés d'obéir? Comme nous avons envie de tout faire à l'inverse; et si cela ne marche pas, de nous abandonner à l'irritation et à l'indignation!
Mais notre Maître nous donne un exemple tout autre. D'ailleurs, il vaut la peine de prêter attention à son âge: bien qu'à douze ans, en Israël, un enfant cessât d'être considéré comme tel, nous avons tout de même devant nous un garçon de douze ans... Et dans une situation où il a sans aucun doute raison, car le Sauveur ne pouvait tout simplement pas agir de façon erronée, Jésus se soumet à ses parents, non seulement le jour où ils le trouvèrent dans le Temple, mais aussi par la suite. Et il le fait parce que le Seigneur a commandé d'honorer son père et sa mère (Dt 5:16), et que la parole de Dieu, la volonté de Dieu, est pour lui ce qu'il y a de plus important.
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Nous ne savons presque rien de l'enfance et de la jeunesse de Jésus. Cela n'a rien d'étonnant : les évangélistes ont concentré leur attention sur le ministère messianique de Jésus, sur la raison pour laquelle il est venu dans le monde. Mais il y est venu comme tout être humain. La différence était une seule chose : sa nature n'était pas touchée par le péché originel. Elle n'y avait aucune part, à aucun degré. Dès le commencement, elle en était entièrement libre. Mais le processus par lequel cette nature humaine de Jésus est parvenue à la maturité était le même que celui qui devait exister, selon le dessein de Dieu, pour la nature humaine. Et selon ce dessein, la formation physique et psychique de l'homme devait être accompagnée de sa formation spirituelle.
Lorsqu'il s'agit de la nature, qu'elle soit physique ou psychique, nous comprenons facilement que la formation et le développement de l'homme ne sont rien d'autre que le déploiement des possibilités placées dans sa nature par Dieu, possibilités qui, une fois déployées, font de l'homme ce qu'il est. Mais l'homme doit lui-même déployer ses possibilités, même si cela est impossible sans l'aide de Dieu. La formation spirituelle est quelque peu différente. L'esprit n'est pas la nature ; il ne se développe pas, ne se complexifie pas et ne croît pas comme les structures naturelles. L'esprit n'a pas de structure ; il se manifeste comme volonté, et sa croissance est l'affermissement de sa volonté. Et, corrélativement, l'élargissement du cercle d'influence accessible à la volonté, l'inclusion d'objets toujours nouveaux dans ce cercle d'influence, et bien sûr l'élargissement et l'approfondissement de l'interaction avec d'autres esprits. Avec d'autres volontés. Avec d'autres personnes, car une personne est une volonté consciente d'elle-même. La formation spirituelle de l'être humain présuppose donc l'élargissement et l'approfondissement de la conscience qu'il a de lui-même. De sa volonté. De sa personne. Et de ce sur quoi elle repose : le souffle de vie qui est dans l'homme et vient de Dieu.
Ainsi la conscience de soi conduit l'homme, s'il demeure bien sûr cohérent et fidèle à son vrai moi, à la communion avec Dieu. À la rencontre avec Dieu, qui demeure dans cette profondeur de la personne humaine que la langue de la Bible appelle le coeur. Tout cela s'applique pleinement à Jésus aussi. Après tout, lui aussi est homme. Plus encore : il est l'Homme avec une majuscule. À chaque personne, la présence de Dieu dans le coeur est donnée selon sa mesure propre, et à lui seul elle est donnée pleinement et absolument. Comme Messie et Homme-Dieu. Il n'est donc pas étonnant que lui aussi ait grandi comme grandit tout être humain. Afin de croître jusqu'à sa propre mesure, la mesure du Messie et de l'Homme-Dieu.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Quelle merveilleuse conclusion à une longue vie, pourrait-on penser : voir le Messie promis par Dieu et mourir. Mais aussitôt une question surgit : pourquoi si tôt ? Après tout, si Dieu avait décidé, par exemple, que Syméon verrait le Messie, pourquoi ne pas prolonger encore la vie de son serviteur pour un temps relativement peu long, afin qu’il puisse aussi voir le témoignage de Celui dont il avait enfin vécu assez longtemps pour voir la venue ? Certes, il aurait fallu trois décennies de plus, mais rien n’est impossible à Dieu. Pourtant, il arrête manifestement certaines personnes, comme il arrêta jadis Moïse au seuil de la terre qu’il avait promise à son peuple. Peut-être est-ce précisément parce que, pour Syméon, voir le Messie signifiait l’achèvement du chemin, alors qu’en réalité sa venue marquait le début d’une ère nouvelle — et d’une ère qui, à en juger par le témoignage de Syméon lui-même, serait loin d’être simple. Peut-être certaines personnes n’étaient-elles tout simplement pas destinées à participer aux événements qui accompagnaient son avènement. Leur tâche dans la vie était autre, et elles l’avaient accomplie. Quant au Royaume, Dieu n’en prive personne : il s’étend non seulement vers l’avenir, à ceux qui naîtront après la venue du Messie dans le monde, mais aussi vers le passé, à ceux qui ont vécu en justes et attendu le Royaume avant sa venue.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
« Le chœur céleste des Anges célestes, se penchant vers la terre, vient Le contempler comme un Nourrisson porté au temple... » (Tropaire de l'avant-fête.) Rappelons-nous aujourd'hui cette remarquable icône de la Présentation qu'a écrite Joseph Brodsky. Revivons ce merveilleux événement dans toute la simplicité de sa sainte essence. Réjouissons-nous-en, imaginons-nous spectateurs muets de ce qui se passe, debout à distance, retenant notre souffle. Et voilà que tout est passé. Nous avons compris l'essence de ce qui se déroule : la rencontre des deux Alliances, comme nous l'enseignent les théologiens. Regardons maintenant le vieillard Syméon. Peut-être est-il une image de l'Ancienne Alliance, oui. Mais il est avant tout simplement un homme qui nous a offert une belle prière, ce qui fait de lui un être très aimé et très proche de nous. Et voilà que tout est fini et qu'il quitte le temple.
Il allait mourir. Et ce n'est pas dans le bruit de la rue
qu'il entra, ouvrant la porte de ses mains,
mais dans les domaines sourds-muets de la mort.
Il marchait dans un espace privé de sol ferme,
il entendait que le temps avait perdu sa voix.
Et l'image du Nourrisson, auréolée de lumière
autour du duvet de son crâne, sur le sentier de la mort,
l'âme de Syméon la portait devant elle,
comme une lampe, dans ces noires ténèbres
où jusqu'alors personne n'avait encore
pu éclairer son propre chemin.
La lampe brillait, et le sentier s'élargissait.
« Dans les domaines sourds-muets de la mort... » : il y a là quelque chose de très païen, de très athée. « Un espace privé de sol ferme » : comme s'il s'en allait dans le rien, dans le néant. Et soudain, la lumière, le rayonnement autour du duvet du crâne. Au fond, voilà tout l'Évangile. Jésus est venu éclairer le chemin vers la mort, cette route qui, d'ici-bas, depuis la terre, apparaît comme une route vers nulle part. Et il faut se résoudre à aller vers nulle part pour voir ensuite la lumière. Cette résolution n'est pas nécessairement liée à l'instant de notre mort physique. Mais l'expérience du « rien » se trouve sur le chemin de quiconque veut trouver la Lampe, comme nous en témoigne le grand poète. Chacun de nous doit vivre cette époque personnelle de l'Ancien Testament et rencontrer dans sa vie le Nouveau. Comme Syméon.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Joseph et Marie étaient des personnes véritablement pieuses qui observaient les commandements, comme le montre la manière dont ils honoraient les fêtes et accomplissaient tous les rites prescrits. Au temps fixé, ils amenèrent l’enfant Jésus au Temple afin de « Le présenter au Seigneur ». À son tour, Syméon les accueille dans le Temple, lui qui gardait les Écritures depuis de longues années et qui, malgré l’apparente absurdité de la prophétie au sujet du Sauveur, continuait à attendre son accomplissement. Dieu récompense cette fidélité : Il leur montre Son salut.
N’est-ce pas cette même fidélité que le Seigneur attend de nous ? La promesse de faire de nous des fils de lumière, que chacun reçoit au baptême, commence au fil des années à nous paraître irréelle. Notre vêtement baptismal se couvre des traces des passions, au point qu’il devient difficile de comprendre à quoi il ressemblait autrefois. Seule la foi que la promesse que Dieu nous a faite autrefois ne peut être mensongère nous permet de revivre la rencontre avec Lui : la foi en Son amour, qui triomphe de tout.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Le mot « sretenie » est slave ; en russe, il signifie « rencontre ». De quelle rencontre s’agit-il donc ? De la rencontre des parents du Sauveur avec Syméon ? De leur rencontre avec la prophétesse Anne ? Bien sûr, de cela aussi. Mais en premier lieu, le récit évangélique nous parle de la rencontre du peuple de Dieu avec son Messie.
Que ce peuple se soit trouvé représenté par ceux qui attendaient la venue du Messie n’a rien d’étonnant. Ce qui étonne est autre chose : au nom du peuple, ce ne sont pas les personnes qui semblaient les plus connues parmi ceux qui l’attendaient qui le rencontrent. Certes, il n’est pas question ici du sacerdoce du Temple : le sacerdoce se montrait justement réservé et sceptique à l’égard des attentes messianiques populaires. Mais il y avait aussi la Synagogue ; dans le milieu synagogal, les attentes messianiques étaient alors très intenses. Et pourtant Dieu montra le Messie non aux chefs de la Synagogue, mais à des personnes certes connues, mais qui n’appartenaient pas au nombre des dirigeants du peuple.
Le choix peut paraître étrange, mais à y regarder de plus près, il est tout à fait explicable. Le Messie, bien sûr, était attendu alors dans le peuple juif sinon par tous, du moins par un très grand nombre. Mais la plupart de ceux qui l’attendaient avaient leurs propres représentations du Messie, de ce qu’il devait être et de ce qu’il devait faire. Or lui, entre-temps, n’avait nullement l’intention de faire presque rien de ce que le peuple simple comme les rabbins savants attendaient du Messie.
On attendait du Messie le rétablissement d’un État juif indépendant et fort, l’expulsion des païens de la terre sainte, l’établissement d’un nouveau gouvernement fondé sur la Torah, qui deviendrait l’âge d’or d’Israël. Et, bien sûr, on attendait de lui des miracles, de tels miracles qui résoudraient d’un seul coup tous les problèmes du peuple dans son ensemble comme de chacun de ceux qui lui appartenaient en particulier.
Tous attendaient le triomphe, et personne n’attendait le Jugement. Seul Syméon, qui possédait le don prophétique, comprit tout correctement. Il comprit que le Messie est Celui qui fera tomber beaucoup d’hommes et en relèvera beaucoup, comme on pouvait s’y attendre au jour du Jugement. Un tel homme pouvait voir le Messie : cela n’aurait fait naître en lui ni attentes excessives et injustifiées, ni agitation inutile. Tous les autres devaient encore attendre. Attendre le jour où le Père ferait entrer le Fils dans son ministère terrestre.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Nous lisons dans l’Évangile comment l’Enfant Jésus est apporté pour la première fois au Temple, ce qui s’y passe et ce qu’on en dit. Connaissant l’histoire évangélique et nous souvenant que, pendant les vingt siècles écoulés, Jésus demeure un « signe de contradiction », nous ne pouvons nous étonner de rien. Le prophète Malachie nous ramène à ce qui nous échappe sur le fond des paroles lourdes de la prophétie de Syméon. La première apparition du Sauveur dans le Temple est décrite ainsi : « soudain viendra dans Son Temple le Seigneur que vous cherchez ». Tout ici déconcerte. L’homme sait-il quel Dieu il cherche ? Cherchons-nous l’Enfant qui provoque sans cesse contradictions et querelles ? Tu attends Dieu, et soudain on apporte un petit Enfant, et tu te trouves devant la nécessité d’accepter que c’est précisément Lui qui est lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
La lecture d’aujourd’hui poursuit le récit des témoignages liés à la Nativité. Et si les premiers témoins furent les bergers, voici que viennent maintenant à leur place les justes et les prophètes. À première vue, ces gens ne ressemblent pas du tout à de simples bergers. Mais il y a quelque chose de commun qui les unit : tous attendent le Messie et sont prêts à L’accueillir tel qu’Il est. Pour le prophète, ce qui compte le plus est la révélation reçue de Dieu ; il entend Dieu directement, et la question de savoir s’il peut faire confiance à ce qu’il a entendu ne se pose pas pour lui.
L’expérience prophétique de la communication directe avec Dieu est bien sûr chaque fois unique, mais malgré toute son unicité, aucun de ceux qui ont eu à entendre la voix de Dieu ne se demandait, comme disent les théologiens modernes, s’il fallait une vérification théologique : tout prophète reçoit la révélation obtenue comme une indication directe pour agir. Et si Dieu désigne l’enfant porté au Temple comme le Messie, alors cet enfant est réellement le Messie, quoi que l’on dise et quels que soient les doutes exprimés à ce sujet par les rabbins savants et les enseignants de la Torah.
La justice est un phénomène d’un autre ordre, mais il est souvent donné au juste, lui aussi, d’entendre Dieu. Et si parfois son ouïe mystique n’est pas aussi aiguë que celle du prophète, l’habitude de faire confiance à Dieu sans réserve aide le juste à s’assurer de l’authenticité de la révélation reçue. Ces personnes sont apparentées aux simples bergers non seulement par l’attente du Messie, mais aussi par leur attitude envers Dieu et envers la volonté de Dieu. On pourrait dire que, contrairement par exemple à ces mêmes pharisiens, elles sont peu religieuses. Bien sûr, elles sont toutes membres de la Synagogue, mais là, visiblement, elles ne sont pas au premier rang : il y a là des gens dont l’activité les rend peu visibles, et parfois même tout à fait invisibles.
Dans les controverses théologiques et politico-religieuses, si fréquentes dans les synagogues des temps évangéliques, elles ne participent, semble-t-il, que rarement et à contrecœur, ou pas du tout. Elles n’appartiennent à aucune école religieuse et, peut-être, n’ont même pas ce qu’on appelle ordinairement une vision religieuse du monde. Elles font simplement confiance à Dieu, qui est depuis longtemps devenu le centre et le sens de leur vie, et elles vivent en écoutant attentivement ce qu’Il leur dira. Ou bien elles gardent leurs troupeaux, comme les bergers de Bethléem. Certes, comparées aux théologiens savants, elles peuvent paraître simples et même, comme les bergers, ignorantes. Mais en revanche, elles n’auront aucun problème d’interprétation théologique de ce qu’elles ont entendu de Dieu. Ni de doutes superflus sur la fiabilité de ce qu’elles ont entendu. Voilà pourquoi il leur est donné de voir le Messie avant les autres. Y compris avant ceux qui étaient certains de Le voir les premiers.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Chaque homme sait qu'un jour il mourra. La mort est un phénomène unique: elle est parfaitement évidente et parfaitement fermée à ceux qui ne l'ont pas encore traversée. Dieu parle avec l'homme, et celui-ci demeure vivant. À partir de ce passage évangélique, on peut dire que l'homme qui parle avec Dieu, non pas n'importe comment, mais face à face, reçoit à la fois la vie et la mort: une vie pleine de sa présence, lumière de révélation pour tous, et la mort comme accomplissement de la promesse, comme possibilité de la rencontre pleine et définitive.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Comment regardons-nous le Seigneur ? Comme Celui avec qui l’union est une joie et dont suivre la volonté est un bienfait ? Ou bien Le regardons-nous comme un chef qui nous domine et donne des ordres incompréhensibles mais qu’il faut obligatoirement exécuter ? Dans le second cas, nous risquons de nous éloigner très loin de Lui et d’ajouter de nouveaux obstacles aux nombreux amas de péchés qui entravent déjà notre communion avec Lui.
Mais Il est né parmi les hommes et a pris sur Lui non seulement les commandements qu’Il nous recommandait, mais aussi les nombreuses lois et règles de la vie en société. Par la circoncision, Il S’est uni dans la chair au peuple qu’Il avait choisi pour Sa venue dans le monde et S’est donc soumis à ses lois. Bien qu’Il soit plus grand que le Temple, Il y fut présenté en accomplissement de la loi qui s’imposait à tout enfant fragile.
La loi fut également accomplie par le fait que deux personnes, Syméon et Anne, témoignèrent prophétiquement que l’Enfant présenté au Temple était le Messie : selon la loi juive, le témoignage de deux personnes était considéré comme suffisant pour établir la véracité d’une déclaration. Bien sûr, pour ceux qui ne veulent pas reconnaître Jésus comme le Messie, aucun témoignage, si souvent répété soit-il depuis maintenant deux mille ans, ne sera suffisant. Mais cela, comme on dit, est une tout autre histoire.
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