3 Car je vais invoquer le nom de Yahvé; vous, magnifiez notre Dieu.
4 Il est le Rocher, son œuvre est parfaite, car toutes ses voies sont le Droit. C'est un Dieu fidèle et sans iniquité, il est Justice et Rectitude.
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On nous appelle toujours à magnifier quelqu'un. Mais Moise explique de toute façon pourquoi. Les gens sont tous à la recherche de quelque chose: les intellectuels cherchent la vérité, les artistes - la perfection, les croyants – la justice et tous sont de solides supports dans la vie. Et l'hymne de Moise dans le Deutéronome témoigne : tout cela est en Dieu, et par notre glorification nous Lui exprimons notre aspiration en à nous approcher de Lui et atteindre le but de nos recherches.
Autres réflexions
Pour Dt 32:1-25
1 Cieux, prêtez l'oreille, et je parlerai ; terre, écoute ce que je vais dire !
2 Que ma doctrine ruisselle comme la pluie, que ma parole tombe comme la rosée, comme les ondées sur l'herbe verdoyante, comme les averses sur le gazon!
3 Car je vais invoquer le nom de Yahvé; vous, magnifiez notre Dieu.
4 Il est le Rocher, son œuvre est parfaite, car toutes ses voies sont le Droit. C'est un Dieu fidèle et sans iniquité, il est Justice et Rectitude.
5 Ils se sont corrompus, eux qu'il avait engendrés sans tare, génération fourbe et tortueuse.
6 Est-ce là ce que vous rendez à Yahvé? Peuple insensé, dénué de sagesse! N'est-ce pas lui ton père, qui t'a procréé, lui qui t'a fait et par qui tu subsistes?
7 Rappelle-toi les jours d'autrefois, considère les années, d'âge en âge. Interroge ton père, qu'il te l'apprenne; tes anciens, qu'ils te le disent.
8 Quand le Très Haut donna aux nations leur héritage, quand il répartit les fils d'homme, il fixa les limites des peuples suivant le nombre des fils de Dieu;
9 mais le lot de Yahvé, ce fut son peuple, Jacob fut sa part d'héritage.
10 Au pays du désert, il le trouve, dans la solitude lugubre de la steppe. Il l'entoure, il l'élève, il le garde comme la prunelle de son œil.
11 Tel un aigle qui veille sur son nid, plane au-dessus de ses petits, il déploie ses ailes et le prend, il le soutient sur son pennage.
12 Yahvé est seul pour le conduire; point de dieu étranger avec lui.
13 Il lui fait chevaucher les hauteurs de la terre, il le nourrit des produits des montagnes, il lui fait goûter le miel du rocher et l'huile de la pierre dure,
14 le lait caillé des vaches et le lait des brebis avec la graisse des pâturages, les béliers, race du Bashân, et les boucs avec la graisse des grains du froment, et pour boisson le sang de la grappe qui fermente.
15 Jacob a mangé, il s'est rassasié, Yeshurûn s'est engraissé et il a regimbé. Tu as engraissé, épaissi, élargi. Il a repoussé le Dieu qui l'avait fait et déshonoré le Rocher son salut.
16 Ils l'ont rendu jaloux avec des étrangers, ils l'ont irrité par des abominations.
17 Ils sacrifiaient à des démons qui ne sont pas Dieu, à des dieux qu'ils ne connaissaient pas, à des nouveaux venus d'hier que leurs pères n'avaient pas redoutés.
18 Tu oublies le Rocher qui t'a mis au monde, tu ne te souviens plus du Dieu qui t'a engendré !
19 Yahvé l'a vu, et dans sa colère il a rejeté ses fils et ses filles.
20 Il a dit: Je vais leur cacher ma face et je verrai ce qu'il adviendra d'eux. Car c'est une génération pervertie, des fils sans fidélité.
21 Ils m'ont rendu jaloux avec un néant de dieu, ils m'ont irrité par leurs êtres de rien; eh bien! moi, je les rendrai jaloux avec un néant de peuple, je les irriterai au moyen d'une nation stupide!
22 Oui, un feu a jailli de ma colère, il brûlera jusqu'aux profondeurs du shéol; il dévorera la terre et ce qu'elle produit, il embrasera la base des montagnes.
23 Je lancerai sur eux les calamités, j'épuiserai contre eux mes flèches.
24 Ils seront affaiblis par la faim, dévorés par la peste et par un amer fléau. J'enverrai contre eux la dent des bêtes avec le venin des reptiles.
25 Au-dehors l'épée emportera les fils, au-dedans régnera l'épouvante. Périront ensemble jeune homme et jeune fille, enfant à la mamelle et vieillard chenu.
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L'hymne cité dans ce chapitre est attribué par la tradition à Moïse, comme tout le Deutéronome. Les biblistes ont plus d'une fois exprimé des doutes sur son attribution à Moïse, mais quoi qu'il en soit, on ne peut guère douter...
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L'hymne cité dans ce chapitre est attribué par la tradition à Moïse, comme tout le Deutéronome. Les biblistes ont plus d'une fois exprimé des doutes sur son attribution à Moïse, mais quoi qu'il en soit, on peut difficilement douter que la tradition qui s'y reflète remonte à Moïse. L'hymne est devenu la continuation de cette description colorée de la transmission de l'autorité spirituelle au successeur, décrite dans le chapitre précédent. Là, instruisant son disciple et successeur Josué, Moïse parle de l'inévitabilité de l'apostasie.
Ici, dans l'hymne qui lui est attribué, Moïse expose la logique de ces processus spirituels qu'il a sans aucun doute dû observer personnellement, et pas lui seul: Josué, à son tour, a dû se convaincre de la justesse de son maître spirituel. L'hymne donné dans le livre reflète l'expérience de Moïse, de Josué, et dans ce cas il importe déjà moins de savoir quand exactement il a été écrit. La logique des processus spirituels reflétée dans le texte de l'hymne est assez claire. Sur le chemin vers la terre promise par Dieu, Dieu a manifesté à plusieurs reprises à Son peuple Sa présence et Ses miracles: l'intervention de Dieu dans ce qui arrivait était trop évidente pour chacun pour qu'on puisse en douter.
La visibilité, pourtant, ne garantit pas en elle-même la confiance, et l'histoire du peuple, l'histoire du chemin vers la terre promise, en est devenue une confirmation remarquable. Le peuple croyait tant qu'il voyait; mais quand les événements miraculeux étaient passés, il redevenait en réalité incroyant. Rien d'étonnant: pour changer, il ne suffit pas de vivre tels ou tels événements, fussent-ils spirituels; il faut encore en prendre conscience. Sans cette prise de conscience, tous les miracles ne restent réels pour l'homme que tant qu'ils se produisent, ou tant que ne se sont pas éteintes les émotions qui leur sont liées. L'absence de conscience a rendu possible une apostasie facile: la vie que le peuple toucha sur la terre promise par Dieu, lorsqu'il y posa le pied, devint pour lui l'unique réalité, avec tout le paganisme qui s'y était enraciné. Le peuple devint païen, en partie sans s'en apercevoir, comme il arrive à quiconque vit sans réflexion et sans conscience.
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