RÉFLEXIONS pour Mt 18:15-35
La parabole souligne la disproportion entre nos dettes mutuelles et le pardon de Dieu : dix mille talents représentent un million de fois plus que cent deniers, car il n’existe tout simplement pas de nombre pareil en grec. Ce serait comme si, après avoir reçu un appartement en cadeau, nous prenions un rouble à quelque mendiant, et l’on pourrait imaginer des comparaisons encore plus grandioses. D’un autre côté, une dette de cent deniers est elle aussi une somme importante : l’offense infligée par nos proches peut être très amère. Nous nous devons tous quelque chose les uns aux autres ; tous, d’une manière ou d’une autre, nous blessons autrui et nous nous offensons. Mais lorsque Dieu entre dans le nœud compliqué et embrouillé de nos ressentiments mutuels et de nos anciennes dettes, Il rompt tout l’équilibre moral et matériel de nos relations humaines. Cela se produit lorsque nos désaccords et nos querelles pâlissent face au malheur, ou lorsque, sur le lit de mort, la vie acquiert une gravité telle que les offenses et les blessures que nous nous sommes infligées paraissent absurdes.
