6 qui nous a rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, l’Esprit vivifie. |
6 qui nous a rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, l’Esprit vivifie. |
Ces mots de l'apôtre sont très largement connus. L'apôtre juxtapose l’Ancien et le Nouveau Testament, et la lettre parait dans le cas présent comme symbole de la loi écrite à l’Ancien testament. Pourquoi l'apôtre affirme que la loi écrite est une chose horrible? Et si la loi était correcte et juste ? Au propre, la législation de l'Ancien Testament contient des lois bonnes, nécessaires et justes. Mais, étant déjà écrite, la loi devient en quelque sorte une réalité objective séparée de l'exécuteur, et tout comme le plus important, du législateur.
Ce n’est pas qu'aucune loi écrite ne peut épuiser toutes les diversités de la vie réelle, bien que ce soit évident. Mais c'est une chose impersonnelle dirigeant la vie de ceux que Dieu a doué l'image et la ressemblance de Sa personnalité et, c'est pourquoi, il y a une humiliation de cette image.
Ce n’est pas par hasard qu’à la veille de l’époque du Nouveau Testament, surgit en Israël une représentation sur la Sagesse Divine – c’est la personnification de la loi, faisant son sens vivant, son esprit. Les mots sur la Sagesse dans la Bible s’avèrent les prophéties sur le Christ, puisqu’ils reflètent la volonté de Dieu d’être directement le Seigneur de Son Royaume.
Au contraire, l'Esprit éternel du Nouveau Testament donne la possibilité aux participants d'être non sous l'emprise des tables de pierre, mais sous l'emprise du Législateur Lui-même.
Cela ne signifie du tout pas, pour ainsi dire, qu’on les impose des exigences morales autres qu'aux participants de l’alliance de Sinaï. «je ne suis pas venu abolir, mais accomplir» dit le Seigneur Lui-même. Mais ce ne sont pas ces exigences qui font l'essentiel de la vie humaine. Leur exécution devient une fonction, la démonstration des relations personnelles avec le Législateur.
Après les mots sur la lettre qui tue et l'effet vivifiant de l'Esprit l'apôtre parle en détail de la gloire de l’Ancien et Nouveau testament. Hélas, notre triste histoire a considérablement altéré la compréhension de ce mot, c'est pourquoi ce mot à besoin d’explication. Il ne s’agit du tout pas de ce que sous-entendent les slogans.
Nous nous rappelons de la gloire des rois et des dominateurs terrestre. Nos frères-chrétiens dans l’Ancienne Rome appelaient cela très exactement «pompa diaboli». Le sens biblique du mot «gloire» (en grec. δόξα, en latin gloria) est manifesté le plus vivement dans la vision d’Isaïe:« la la gloire du Seigneur remplissait le temple».
C'est la forme d'une telle présence du Dieu, lorsque l’homme connaît et bénit cette présence. Et c’est notamment pourquoi la plénitude d'une telle gloire dans le Nouveau Testament s’avère qualitativement supérieure aux lettres de la loi de l’Ancien testament.
1 Recommençons-nous à nous recommander nous-mêmes ? Ou bien aurions-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation pour vous ou de vous ? |
2 Notre lettre, c’est vous, une lettre écrite en vos cœurs, connue et lue par tous les hommes. |
3 Vous êtes manifestement une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs. |
4 Telle est la conviction que nous avons par le Christ auprès de Dieu. |
5 Ce n’est pas que de nous-mêmes nous soyons capables de revendiquer quoi que ce soit comme venant de nous ; non, notre capacité vient de Dieu, |
6 qui nous a rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, l’Esprit vivifie. |
7 Or, si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré d’une telle gloire que les fils d’Israël ne pouvaient fixer les yeux sur le visage de Moïse à cause de la gloire de son visage, pourtant passagère, |
8 comment le ministère de l’Esprit n’en aurait-il pas davantage ? |
9 Si en effet le ministère de la condamnation fut glorieux, combien plus le ministère de justice l’emporte-t-il en gloire ! |
10 Non, si de ce point de vue, on la compare à cette gloire suréminente, la gloire de ce premier ministère n’en fut pas une. |
11 Car, si ce qui était passager s’est manifesté dans la gloire, combien plus ce qui demeure sera-t-il glorieux ! |
12 En possession d’une telle espérance, nous nous comportons avec beaucoup d’assurance, |
13 et non comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage pour empêcher les fils d’Israël de voir la fin de ce qui était passager... |
14 Mais leur entendement s’est obscurci. Jusqu’à ce jour en effet, lorsqu’on lit l’Ancien Testament, ce même voile demeure. Il n’est point retiré ; car c’est le Christ qui le fait disparaître. |
15 Oui, jusqu’à ce jour, toutes les fois qu’on lit Moïse, un voile est posé sur leur cœur. |
16 C’est quand on se convertit au Seigneur que le voile est enlevé. |
17 Car le Seigneur, c’est l’Esprit, et où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. |
18 Et nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est Esprit. |
La lecture d’aujourd’hui contient ces paroles très connues : « la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie ». L’Apôtre met en regard l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, et la lettre représente ici la loi ancienne mise par écrit. Pourquoi l’Apôtre affirme-t-il que la loi écrite est une chose meurtrière ? Et si la loi est juste et équitable ? La législation de l’Ancien Testament contient précisément des lois bonnes, nécessaires et justes. Mais, une fois écrite, la loi devient une sorte de réalité objective, séparée aussi bien de celui qui l’accomplit que, surtout, du législateur. Il ne s’agit pas seulement du fait qu’aucune loi écrite ne peut embrasser toute la diversité de la vie réelle, bien que cela soit évident. C’est une chose impersonnelle qui régit la vie de ceux que Dieu a dotés de l’image et de la ressemblance de Sa propre personnalité ; elle constitue donc une humiliation de cette image et de cette ressemblance. Ce n’est pas un hasard si, dans la période qui précède le Nouveau Testament, apparaît en Israël la notion de Sagesse de Dieu : elle est la personnification de la loi, son sens vivant, son esprit. Dans la Bible, les paroles sur la Sagesse se révèlent être des prophéties sur le Christ, car elles reflètent la volonté de Dieu de devenir directement le Souverain de Son Royaume.
À l’inverse, l’Esprit de l’Alliance toujours nouvelle permet à ceux qui y participent de vivre non sous l’autorité de tables de pierre, mais sous l’autorité personnelle du Législateur. Cela ne signifie nullement que, par exemple, des exigences morales différentes de celles qui s’imposaient aux participants de l’Alliance du Sinaï leur soient adressées. « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir », dit le Seigneur Lui-même. Mais ces exigences ne constituent pas l’essence de la vie humaine. Leur accomplissement devient une fonction, une manifestation de la relation personnelle avec le Législateur. Après avoir parlé de la lettre qui tue et de l’Esprit qui donne la vie, l’Apôtre parle longuement de la gloire de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance. Hélas, notre triste histoire a considérablement déformé notre compréhension de ce mot, si bien qu’il doit être expliqué. Il ne s’agit nullement de ce qu’entendent les slogans. Nous nous souvenons de ces banderoles rouges tendues dans les rues qui portaient l’inscription « Gloire au PCUS » (qu’il vaut mieux ne pas évoquer la nuit). Nous nous souvenons de la gloire des rois et des puissants de ce monde. Nos frères chrétiens de la Rome antique ont très justement appelé cela pompa diaboli. Le sens biblique du mot « gloire » (grec δόξα, latin gloria) se manifeste avec le plus d’éclat dans la vision d’Isaïe : « et la gloire du Seigneur remplissait le Temple ». C’est une forme de la présence de Dieu dans laquelle l’homme reconnaît et bénit cette présence. Voilà précisément pourquoi la plénitude d’une telle gloire dans la Nouvelle Alliance est qualitativement plus grande que dans les lettres de l’ancienne Loi.
1 Recommençons-nous à nous recommander nous-mêmes ? Ou bien aurions-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation pour vous ou de vous ? |
2 Notre lettre, c’est vous, une lettre écrite en vos cœurs, connue et lue par tous les hommes. |
3 Vous êtes manifestement une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs. |
4 Telle est la conviction que nous avons par le Christ auprès de Dieu. |
5 Ce n’est pas que de nous-mêmes nous soyons capables de revendiquer quoi que ce soit comme venant de nous ; non, notre capacité vient de Dieu, |
6 qui nous a rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, l’Esprit vivifie. |
7 Or, si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré d’une telle gloire que les fils d’Israël ne pouvaient fixer les yeux sur le visage de Moïse à cause de la gloire de son visage, pourtant passagère, |
8 comment le ministère de l’Esprit n’en aurait-il pas davantage ? |
9 Si en effet le ministère de la condamnation fut glorieux, combien plus le ministère de justice l’emporte-t-il en gloire ! |
10 Non, si de ce point de vue, on la compare à cette gloire suréminente, la gloire de ce premier ministère n’en fut pas une. |
11 Car, si ce qui était passager s’est manifesté dans la gloire, combien plus ce qui demeure sera-t-il glorieux ! |
Poursuivant son propos sur le témoignage et sur les fruits qu'il porte, Paul recourt à l'image de la nouvelle alliance (« testament »), apparue pour la première fois chez Jérémie (Jr 31:31–34). C'est à elle qu'était liée la représentation d'une Torah intérieure, qui se répandit largement par la suite dans le milieu rabbinique. En un certain sens, elle était opposée à la Torah extérieure, selon la parole du prophète, « gravée sur la pierre », comme étant « déposée au dedans » et « écrite dans le coeur » (Jr 31:33). Et l'apôtre, suivant la tradition, parle de l'ancienne Torah, « gravée sur des pierres », en l'opposant à la « Torah de l'Esprit » comme à une Torah qui conduit au Royaume (v. 7–8).
Paul n'oublie pas pour autant la dualité de la Torah dont il parle dans sa lettre à l'Église de Rome. La lettre de la Torah tue, son souffle (« esprit ») donne la vie (v. 6). Il ne s'agit pas ici de quelque interprétation « spirituelle » particulière des commandements connus de tous. Il s'agit du côté par lequel la Torah se tourne vers l'homme. Si l'on suit la « lettre », si l'on tente simplement d'accomplir tous les commandements et toutes les prescriptions contenues dans le texte de la Torah, et de les accomplir consciencieusement, sans tenir compte de sa propre faiblesse, la Torah, comme le dit l'apôtre dans la lettre aux chrétiens de Rome, tuera tout simplement l'homme : car l'homme déchu ne peut se débarrasser du péché, et la Torah ne lui permettra pas de vivre dans le péché. Mais la Torah n'est pas seulement une norme à suivre (« lettre »), elle est aussi une révélation vivante, elle donne la possibilité de sentir le souffle (« esprit ») de Dieu, le souffle du Royaume, devenant pour celui qui la suit une source de vie. Mais il n'est devenu possible de ressentir pleinement ce souffle de vie qu'après la venue du Sauveur, quand le Royaume, selon Sa propre parole, s'est « approché » de l'homme.
Au temps de Moïse, lorsque le Royaume ne se révélait encore que de loin, son souffle était presque imperceptible, et la Torah devenait donc bien davantage un moyen de s'opposer au péché qu'une forme de participation à la plénitude de la vie. Voilà pourquoi Paul parle de l'observance de la Torah aux temps préchrétiens comme d'un service des « lettres mortifères » et d'un « ministère de condamnation », n'y voyant que la préfiguration de cette observance de la Torah dans sa plénitude, devenue possible seulement après la venue du Christ dans Son Royaume (v. 7–11). L'histoire de la Torah devient pour l'apôtre l'histoire du Royaume, et toute l'expérience de son observance depuis le temps de Moïse, il la considère comme la préfiguration de cette vie dans le Royaume qui s'est ouverte à ceux qui cherchent la justice après la venue du Sauveur dans le monde. Et l'Église de Corinthe apparaît pour Paul comme l'exemple d'une telle vie, le fruit de ce témoignage auquel l'apôtre avait un rapport tout à fait direct (v. 1–3).
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