RÉFLEXIONS pour 2Co 3:6 — le 7 juin 2019

RÉFLEXIONS pour 2Co 3:6

Le prophète Jérémie a parlé pour la première fois dans l’histoire du peuple de Dieu d’une nouvelle union-alliance, de la rénovation des relations avec Dieu, et l'expression même «nouvelle union» (ou «une nouvelle alliance») lui appartient notamment. Jérémie a parlé d’une nouvelle alliance, comme d’une alliance messianique, étant sûr que l'arrivée du Messie changera qualitativement les relations entre Dieu et Son peuple, de la même façon que les relations entre Dieu et l’individu. Et pour Paul la nouvelle alliance devient non seulement l’alliance messianique, mais l’alliance du Royaume. En effet, l'union avec le Christ est possible seulement dans le cas où l’homme devient un habitant du Royaume. Est exacte et l'inverse : tu ne deviendras pas habitant du Royaume, n'ayant pas d’abord conclu l'union avec le Christ. Mais qu’est-ce que signifient donc dans ce contexte les mots de l'apôtre que les ministres de cette nouvelle union-alliance — les ministres non de la lettre qui tue, mais les ministres de l'esprit qui vivifie? Bien sûr, tout le Royaume est imprégné par le souffle de Dieu. Ce souffle a fait irruption dans le monde le jour de la Pentecôte, lorsque y est entré le Royaume et quand en lui est née l'Église. Mais, en parlant de l'union-alliance, tous les prophètes et tous les enseignants mentionnaient toujours également la Torah, sans laquelle il n’y a pas d’alliance. Et Paul, parlant de la nouvelle alliance, ne refuse pas la Torah, que lui, comme et Jérémie, considère non comme un texte, mais comme l'état intérieur spirituel de l’homme. Selon les mots du prophète, la Torah ne sera plus déjà gravée sur la pierre, mais écrite sur le coeur humain. Et l'apôtre appelle aussi les chrétiens « messager de Christ», qui est écrit non sur les tables de pierre, mais sur les tables du coeur. Mais cela est possible seulement dans le cas où la Torah cessera d'être juste un texte, qui, comme tout texte, peut être étudié et commenté, et deviendra ce qu'au temps de Paul dans le milieu rabbinique, d’où venait l'apôtre, s'appelait la Torah intérieure. Il s'agissait de ce pivot intérieur spirituel, qui définissait la qualité de la vie spirituelle de l’homme, ses relations avec Dieu, avec Christ, avec les prochains. Une telle approche de la Torah contrastait rudement avec le très répandu à cette époque dans certaines écoles rabbinique littéralisme, même s'il s'agissait d'une approche purement judaïque. Pour Paul, qui pour quoi qu'il s’agisse, parlait toujours du Christ et du Royaume, le contraste se trouvait encore plus frappant : car si l’homme pouvait prendre avec soi au Royaume la Torah intérieure, le littéralisme n’en avait pas place là. Il éloignait seulement du Royaume celui qui s’y passionnait. La lettre, devenue l’objet d'adoration tuait spirituellement ceux qui l'adorait, en fermant à l’adorant la voie au Royaume. Et le souffle du Royaume transformait l’homme à «la lettre Christique», le faisant ce qu'à cette époque au milieu rabbinique était appelé «la Torah vivante» — la réalisation vivante de cette plénitude de la justice, qui n’est possible que dans le Royaume.