1 Cantique des montées.Vers Yahvé, quand l’angoisse me prend, je crie, il me répond. |
2 Yahvé, délivre-moi des lèvres fausses, de la langue perfide ! |
3 Que va-t-il te donner, et quoi encore, langue perfide ? |
4 Les flèches du batailleur, qu’on aiguise à la braise des genêts. |
5 Malheur à moi de vivre en Méshek, d’habiter les tentes de Qédar ! |
6 Mon âme a trop vécu parmi des gens qui haïssent la paix. |
7 Moi, si je parle de paix, eux sont pour la guerre. |
Le psalmiste demande d'être délivré des lèvres menteuses et de la langue trompeuse. Nous voyons que le mensonge, comme il arrive souvent, est inséparable de l'agressivité : il justifie la violence et se renforce par elle. Ce n'est pas par hasard que le Christ a appelé le même esprit déchu « menteur et père du mensonge » et aussi « homicide dès le commencement » (Jn 8:44). La calomnie a souvent servi d'arme, et d'une arme meurtrière au sens propre.
Mais est-ce seulement du mensonge venu de l'extérieur qu'il faut demander à être protégé ? Ne faut-il pas se garder aussi de son propre mensonge, peut-être même davantage que de celui qui vient d'ennemis déclarés, qu'ils soient ouvertement hostiles ou hypocritement amicaux ? Ne devenons-nous pas nos propres ennemis lorsque nous considérons que des actions pécheresses sont permises si elles sont accomplies « pour le bien » ? Dans ce cas, notre propre fausseté devient aussi dangereuse que la calomnie de nos ennemis extérieurs, et peut-être même plus destructrice. Dès que nous croyons à la possibilité et à la légitimité d'un « mensonge salvateur », il devient bientôt facile d'appeler ainsi tout mensonge susceptible de justifier n'importe quelle action « nécessaire et utile », peu importe à quoi elle est censée servir ; puis ce mensonge en vient inévitablement à tout justifier.
6 Mon âme a trop vécu parmi des gens qui haïssent la paix. |
7 Moi, si je parle de paix, eux sont pour la guerre. |
« Demandez la paix pour Jérusalem ! » : cet appel se rencontre plus d'une fois dans divers psaumes. Pour mes frères et mes proches, pour la maison de Yahvé, ajoute l'hymnographe. Que veut-il dire ? En parlant d'une situation historique concrète, on pourrait dire que la paix et la prospérité de Jérusalem et de la Judée signifiaient aussi la paix et la prospérité de ceux qui y vivaient.
Bien sûr, la prospérité est une notion relative, mais quoi qu'il en soit, en cas de guerre, il ne peut être question d'aucune prospérité pour les habitants d'un pays en guerre.
Et pourtant il ne s'agit pas seulement d'un bien-être extérieur. Le psaume où retentit l'appel à demander la paix pour Jérusalem est un chant de pèlerinage : les pèlerins le chantaient en montant d'abord à Jérusalem, qui se trouve à mille mètres au-dessus du niveau de la mer, puis en gravissant les marches du Temple au sommet de la montagne de Sion, jusqu'à la cour du Temple où se trouvait l'autel et où se faisait le sacrifice.
À l'époque du Second Temple, quand le psaume 122 fut sans doute écrit, le Temple de Jérusalem était le seul lieu où l'on pouvait offrir un sacrifice à l'Unique, et du bien-être de Jérusalem, cette ville sainte, dépendait la possibilité même de la communion avec Dieu dans toute sa plénitude. Cette vérité était particulièrement bien connue des Juifs de l'époque postexilique, qui, pendant tout le temps de l'exil, étaient restés sans Temple et sans sacrifices.
Il n'y a rien d'étonnant à cela : le sacrifice avait toujours été, dans le yahvisme, la forme principale de la communion avec Dieu, le repas commun de Dieu et de l'homme. Sans sacrifice, on ne peut dire que la communion avec Dieu soit pleine. Dans un tel contexte, souhaiter la paix à Jérusalem signifie aussi souhaiter le bien-être aux autels de Dieu.
Mais il y a encore un autre aspect, lié à l'histoire de l'alliance, à l'histoire des relations qui lient le peuple de Dieu à son Dieu. Il s'agit de l'alliance de Dieu avec David, à qui Dieu promit que ses descendants occuperaient le trône de Jérusalem aussi longtemps qu'il existerait.
C'est pourquoi, déjà dans la tradition prophétique d'avant l'exil, s'était affermie la conviction que le Messie, dont Isaïe de Jérusalem fut le premier des prophètes à parler, serait un Roi de la lignée de David et régnerait, comme David, à Jérusalem. Ici, le souhait de paix pour Jérusalem devient une demande adressée à Dieu pour qu'Il n'oublie pas Son alliance avec David et se souvienne de Son peuple qui attend le Messie promis.
Pour les pèlerins juifs montant à Jérusalem, les trois aspects liés au statut sacré de Jérusalem étaient actuels. Ils le demeurent aussi pour nous aujourd'hui : car l'alliance avec Dieu est unique, et les promesses données par Dieu le sont pour tous les temps.
6 Mon âme a trop vécu parmi des gens qui haïssent la paix. |
Combien de fois l'Écriture lie-t-elle la bénédiction de Dieu à la manière dont les gens du dehors traitent le peuple qu'Il a choisi pour faire sortir tous les hommes de la captivité du paganisme. Depuis la bénédiction d'Abraham jusqu'aux lettres de Paul, la Bible nous apprend à considérer avec gratitude et révérence la liberté de Dieu de choisir le chemin du salut pour toute l'humanité. Dans notre vie fermée sur elle-même, nous sommes le plus souvent portés à voir dans ceux qui n'ont pas reçu le Christ, au mieux des aveugles, au pire des meurtriers. Mais si le peuple qui attendait le Messie depuis des millénaires ne L'a pas reconnu, comment l'aurait fait celui qui adorait les idoles, offrait des sacrifices humains et se croyait capable de connaître le bien et le mal ? Notre attitude envers tous ceux qui, étant fils d'Abraham, nous ont apporté la Bonne Nouvelle de l'Unique, ne peut être qu'une seule : nous devons les bénir, nous sommes tenus de demander la paix pour Jérusalem. Car en les rejetant, nous rejetons aussi ceux sur qui l'Église a été fondée ; nous rejetons le Christ.
1 Cantique des montées.Vers Yahvé, quand l’angoisse me prend, je crie, il me répond. |
2 Yahvé, délivre-moi des lèvres fausses, de la langue perfide ! |
3 Que va-t-il te donner, et quoi encore, langue perfide ? |
4 Les flèches du batailleur, qu’on aiguise à la braise des genêts. |
5 Malheur à moi de vivre en Méshek, d’habiter les tentes de Qédar ! |
6 Mon âme a trop vécu parmi des gens qui haïssent la paix. |
7 Moi, si je parle de paix, eux sont pour la guerre. |
Bien que les yeux se lèvent vers les montagnes, celles-ci ne sont qu'une image visible du monde invisible, quelque peu semblable à une icône. Il est clair que le salut ne vient ni des montagnes ni même d'au-delà des montagnes, mais de Celui qui a créé les montagnes et tout le reste. C'est Lui, le Créateur du monde, qui est l'unique Gardien sûr de tout ce qui existe sur la terre.
Dans le septième verset, où il est dit que le Seigneur « te gardera et gardera ton âme », on peut voir, comme à l'accoutumée, cette rime de sens si caractéristique de la poésie biblique, où une pensée est exprimée deux fois de manières différentes. C'est vrai, mais une telle explication ne saurait être exhaustive. Oui, le corps et l'âme sont unis, et nous ne devons pas les séparer excessivement à l'exemple des mystiques étrangers à la Bible. Pourtant, un moment viendra où l'âme se séparera du corps. Alors Celui qui nous gardait de tout mal sur la terre préservera aussi nos âmes pour l'Éternité.
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