RÉFLEXIONS pour Salmi 120 — le 22 avril 2019

RÉFLEXIONS pour Ps 120

Le psalmiste demande d'être délivré des lèvres menteuses et de la langue trompeuse. Nous voyons que le mensonge, comme il arrive souvent, est inséparable de l'agressivité : il justifie la violence et se renforce par elle. Ce n'est pas par hasard que le Christ a appelé le même esprit déchu « menteur et père du mensonge » et aussi « homicide dès le commencement » (Jn 8:44). La calomnie a souvent servi d'arme, et d'une arme meurtrière au sens propre.

Mais est-ce seulement du mensonge venu de l'extérieur qu'il faut demander à être protégé ? Ne faut-il pas se garder aussi de son propre mensonge, peut-être même davantage que de celui qui vient d'ennemis déclarés, qu'ils soient ouvertement hostiles ou hypocritement amicaux ? Ne devenons-nous pas nos propres ennemis lorsque nous considérons que des actions pécheresses sont permises si elles sont accomplies « pour le bien » ? Dans ce cas, notre propre fausseté devient aussi dangereuse que la calomnie de nos ennemis extérieurs, et peut-être même plus destructrice. Dès que nous croyons à la possibilité et à la légitimité d'un « mensonge salvateur », il devient bientôt facile d'appeler ainsi tout mensonge susceptible de justifier n'importe quelle action « nécessaire et utile », peu importe à quoi elle est censée servir ; puis ce mensonge en vient inévitablement à tout justifier.