19 Laban était allé tondre son troupeau et Rachel déroba les idoles domestiques qui étaient à son père. |
Pourquoi Rachel avait-elle besoin de ces "idoles", petites statues des dieux païens — les protecteurs de la maison, qui étaient à cette époque dans chaque maison? Il y a une explication simple: celui qui possédait les dieux domestiques pouvait prétendre à l'héritage. Ainsi; mais est-ce que le problème est seulement en cela? En effet, Rachel elle-même comprenait probablement que les voies à la maison paternelle lui sont fermées.
Alors que faire? La méfiance envers le Dieu de Jacob? Le Dieu, sur Qui on ne pouvait maintenant qu’espérer? À peine : si c’était ainsi, Rachel n’aura pas décidé de fuir avec son mari, en risquant tout. Alors, pourquoi ? La réponse la plus simple peut à première vue sembler étrange: dans tous les cas. Bien sûr, le Dieu de Jacob est plus fort que les dieux païens, Il est évidemment plus fort que les dieux de Laban, Il l’a démontré plusieurs fois. Mais tout de même: et si jamais? Et si jamais Ses soutiens s’avèrent insuffisants? Après tout, Il est imprévisible. Et ici tout est habituel, familier, ces dieux domestiques aidaient toujours, et probablement aideront aussi maintenant.
L’important c’est ne pas les laisser, mais de les prendre avec soi. Bien entendu, de tels arguments ne sont pas toujours clairement compris, parfois l’homme les suit, se rendant peu ou ne se rendant pas du tout compte de ce qu’il fait et de quels motifs il se guide. Mais dans le coeur, là, où on fait le choix et les décisions sont prises, s'installe l'indécision. Et l'indécision provoque le désir d'être assuré, ne pas mettre tous les oeufs dans un même panier. Que se soit Dieu, et quelque chose ou quelqu'un encore, de vieux dieux, de vieilles coutumes semi-magiques, peu importe quoi, pourvu qu'il soit vieux et digne de confiance.
Et comment cela travaille, en quoi cela pourra aider n’est pas aussi importante: cela aidait avant, alors aidera et aujourd'hui. А au fond de l'âme il n’y a qu’un seul désir: obtenir si ce n’est pas le canot de sauvetage, au moins la bouée de sauvetage en cas d’un écroulement possible, en cas où si jamais Dieu ne viendra pas à bout. Et ne vient pas à la tête de celui qui cherche un tel "sauvetage" que, si Dieu laisse vraiment, n’aideront aucun canot et aucune bouée. Que sans Lui il n’y a qu’un seul chemin : au fond. Et avec Lui — au Royaume. Sans bouées de sauvetage et sans assurance.
19 Laban était allé tondre son troupeau et Rachel déroba les idoles domestiques qui étaient à son père. |
Pourquoi Rachel avait-elle besoin de ces «idoles», petites statues de dieux païens protecteurs de la maison, qui se trouvaient alors dans chaque maison? Il y a une explication simple: celui qui possédait les dieux domestiques pouvait prétendre à l'héritage. Oui; mais est-ce la seule chose? Rachel comprenait elle-même qu'elle n'avait plus de chemin de retour vers la maison paternelle. Alors quoi? Une défiance envers le Dieu de Jacob? Envers le Dieu sur lequel il fallait désormais seulement espérer? À peine: s'il en avait été ainsi, Rachel n'aurait pas osé fuir avec son mari en risquant tout. Alors pourquoi?
La réponse la plus simple peut paraître étrange au premier abord: par précaution. Bien sûr, le Dieu de Jacob est plus fort que les dieux païens, Il est manifestement plus fort que les dieux de Laban, Il l'a prouvé plus d'une fois. Mais tout de même: et si? Et si Son soutien s'avérait insuffisant? Il est imprévisible. Tandis qu'ici tout est habituel, familier; ces dieux domestiques ont toujours aidé, ils aideront sans doute encore maintenant. L'essentiel est de ne pas les abandonner, de les prendre avec soi.
Bien sûr, de tels arguments ne sont pas toujours clairement pensés; parfois l'homme les suit en se rendant peu compte, ou pas du tout, de ce qu'il fait et des motifs qui le guident. Mais dans le coeur, là où se fait le choix et où se prennent les décisions, s'installe l'hésitation. Et l'hésitation suscite le désir de s'assurer, de ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier. Qu'il y ait Dieu, et aussi quelque chose ou quelqu'un d'autre: les anciens dieux, les anciennes coutumes à demi magiques, peu importe quoi, pourvu que ce soit ancien et éprouvé. Et comment cela fonctionne, en quoi cela pourra aider, peu importe aussi: cela aidait autrefois, donc cela aidera aujourd'hui.
Et au fond de l'âme, un seul désir: obtenir sinon une chaloupe de sauvetage, du moins une bouée de sauvetage pour le cas d'un naufrage possible, pour le cas où Dieu ne s'en sortirait pas. Et ceux qui cherchent un tel «salut» ne pensent pas que, si Dieu abandonne, aucune chaloupe ni aucune bouée n'aidera. Sans Lui, il n'y a qu'une route: vers le fond. Avec Lui, c'est vers le Royaume. Sans bouées de sauvetage et sans assurance.
1 Jacob apprit que les fils de Laban disaient : « Jacob a pris tout ce qui était à notre père et c’est aux dépens de notre père qu’il a constitué toute cette richesse. » |
2 Jacob vit à la mine de Laban qu’il n’était plus avec lui comme auparavant. |
3 Yahvé dit à Jacob : « Retourne au pays de tes pères, dans ta patrie, et je serai avec toi. » |
4 Jacob fit appeler Rachel et Léa aux champs où étaient ses troupeaux, |
5 et il leur dit : « Je vois à la mine de votre père qu’il n’est plus à mon égard comme auparavant, mais le Dieu de mon père a été avec moi. |
6 Vous savez vous-mêmes que j’ai servi votre père de toutes mes forces. |
7 Votre père s’est joué de moi, il a changé dix fois mon salaire, mais Dieu ne lui a pas permis de me faire du tort. |
8 Chaque fois qu’il disait : « Ce qui est moucheté sera ton salaire », toutes les bêtes mettaient bas des petits mouchetés ; chaque fois qu’il disait : « Ce qui est rayé sera ton salaire », toutes les bêtes mettaient bas des petits rayés, |
9 et Dieu a enlevé son bétail à votre père et me l’a donné. |
10 Il arriva, au temps où les bêtes entrent en chaleur, que je levai les yeux et je vis en songe que les boucs en passe de saillir les bêtes étaient rayés, tachetés ou tavelés. |
11 L’Ange de Dieu me dit en songe : « Jacob », et je répondis : « Oui. » |
12 Il dit : « Lève les yeux et vois : tous les boucs qui saillissent les bêtes sont rayés, tachetés ou tavelés, car j’ai vu tout ce que Laban te fait. |
13 Je suis le Dieu de Béthel, où tu as oint une stèle et où tu m’as fait un vœu. Maintenant debout, sors de ce pays et retourne dans ta patrie. » » |
14 Rachel et Léa lui répondirent ainsi : « Avons-nous encore une part et un héritage dans la maison de notre père ? |
15 Ne sommes-nous pas considérées par lui comme des étrangères, puisqu’il nous a vendues et qu’il a ensuite mangé notre argent ? |
16 Oui, toute la richesse que Dieu a retirée à notre père est à nous et à nos enfants. Fais donc maintenant tout ce que Dieu t’a dit. » |
17 Jacob se leva, fit monter ses enfants et ses femmes sur des chameaux, |
18 et poussa devant lui tout son bétail, — avec tous les biens qu’il avait acquis, le bétail qui lui appartenait et qu’il avait acquis en Paddân-Aram, — pour aller chez son père Isaac, au pays de Canaan. |
19 Laban était allé tondre son troupeau et Rachel déroba les idoles domestiques qui étaient à son père. |
20 Jacob abusa l’esprit de Laban l’Araméen en ne lui laissant pas soupçonner qu’il fuyait. |
21 Il s’enfuit avec tout ce qu’il avait, il partit, passa le Fleuve et se dirigea vers le mont Galaad. |
Pour devenir le chef du peuple de Dieu, il faut apprendre à écouter et à entendre Dieu. Jacob l’a appris, à en juger par les paroles adressées à ses femmes. Il mentionne le Dieu d’Abraham, qui lui est apparu en songe. Jacob parle de l’ange, du messager de Dieu, mais à cette époque on ne distinguait souvent pas l’apparition d’un ange de l’apparition de Dieu Lui-même. Dieu a rendu Jacob riche, et c’était une leçon. La leçon qu’en suivant Dieu, on peut devenir riche, et cela de façon tout à fait inattendue.
La leçon suivante l’attendait maintenant : il fallait comprendre qu’une telle marche n’est ni sans problèmes ni sans danger. Même lorsque tout paraît avoir réussi et que l’on peut se sentir vainqueur. Jacob s’est enrichi, il possède désormais presque plus de troupeaux que Laban lui-même, et il ne doit tout qu’à Dieu. On pourrait croire à une victoire complète. Seulement, après la victoire, après la réussite, il faut fuir, fuir des problèmes autrement inévitables, et de graves problèmes.
Un plan de Dieu mené à bien, même avec notre participation directe, ne suppose nullement que l’on puisse se détendre et se reposer. Tout peut tourner à l’inverse : après l’accomplissement d’un plan de Dieu, il faudra aussitôt commencer à réaliser le suivant, et celui-ci peut bien devenir une question de salut personnel. Peut-être même de survie physique. La pédagogie de Dieu peut paraître rude, mais elle est nécessaire pour apprendre à l’homme un véritable recueillement spirituel. Véritable signifie non pas par moments et par endroits, mais constamment.
Dieu n’a pas pour nous de journée de travail ou de semaine de travail réglementée, Il n’accorde pas de congé légal. Il peut parfois donner du repos à l’homme, et même parfois un repos assez long, mais pas selon l’horaire sur lequel l’homme compte d’ordinaire. De plus, ce repos peut à tout moment prendre fin et passer sans transition à l’activité nécessaire pour réaliser un nouveau dessein de Dieu.
Une telle imprévisibilité est propre à l’action de Dieu, imprévisibilité, bien sûr, seulement à nos yeux : Lui connaît bien Ses plans. Pour l’homme, il importe d’apprendre à réagir vite, presque instantanément, à Ses paroles et à Ses actes. Sinon, on ne devient pas un homme de Dieu. Or Dieu veut voir en Jacob précisément Son homme, et Il le forme en conséquence.
1 Jacob apprit que les fils de Laban disaient : « Jacob a pris tout ce qui était à notre père et c’est aux dépens de notre père qu’il a constitué toute cette richesse. » |
2 Jacob vit à la mine de Laban qu’il n’était plus avec lui comme auparavant. |
3 Yahvé dit à Jacob : « Retourne au pays de tes pères, dans ta patrie, et je serai avec toi. » |
4 Jacob fit appeler Rachel et Léa aux champs où étaient ses troupeaux, |
5 et il leur dit : « Je vois à la mine de votre père qu’il n’est plus à mon égard comme auparavant, mais le Dieu de mon père a été avec moi. |
6 Vous savez vous-mêmes que j’ai servi votre père de toutes mes forces. |
7 Votre père s’est joué de moi, il a changé dix fois mon salaire, mais Dieu ne lui a pas permis de me faire du tort. |
8 Chaque fois qu’il disait : « Ce qui est moucheté sera ton salaire », toutes les bêtes mettaient bas des petits mouchetés ; chaque fois qu’il disait : « Ce qui est rayé sera ton salaire », toutes les bêtes mettaient bas des petits rayés, |
9 et Dieu a enlevé son bétail à votre père et me l’a donné. |
10 Il arriva, au temps où les bêtes entrent en chaleur, que je levai les yeux et je vis en songe que les boucs en passe de saillir les bêtes étaient rayés, tachetés ou tavelés. |
11 L’Ange de Dieu me dit en songe : « Jacob », et je répondis : « Oui. » |
12 Il dit : « Lève les yeux et vois : tous les boucs qui saillissent les bêtes sont rayés, tachetés ou tavelés, car j’ai vu tout ce que Laban te fait. |
13 Je suis le Dieu de Béthel, où tu as oint une stèle et où tu m’as fait un vœu. Maintenant debout, sors de ce pays et retourne dans ta patrie. » » |
14 Rachel et Léa lui répondirent ainsi : « Avons-nous encore une part et un héritage dans la maison de notre père ? |
15 Ne sommes-nous pas considérées par lui comme des étrangères, puisqu’il nous a vendues et qu’il a ensuite mangé notre argent ? |
16 Oui, toute la richesse que Dieu a retirée à notre père est à nous et à nos enfants. Fais donc maintenant tout ce que Dieu t’a dit. » |
17 Jacob se leva, fit monter ses enfants et ses femmes sur des chameaux, |
18 et poussa devant lui tout son bétail, — avec tous les biens qu’il avait acquis, le bétail qui lui appartenait et qu’il avait acquis en Paddân-Aram, — pour aller chez son père Isaac, au pays de Canaan. |
19 Laban était allé tondre son troupeau et Rachel déroba les idoles domestiques qui étaient à son père. |
20 Jacob abusa l’esprit de Laban l’Araméen en ne lui laissant pas soupçonner qu’il fuyait. |
21 Il s’enfuit avec tout ce qu’il avait, il partit, passa le Fleuve et se dirigea vers le mont Galaad. |
Le départ de Jacob de la terre de son beau-père est lié à des représentations humaines compréhensibles de la justice. Travailler tant d'années pour son beau-père, se heurter à de petites tromperies, à des substitutions, supporter sans cesse les tentatives d'arracher un morceau et de s'enrichir aux dépens de Jacob. Mais son départ n'est pas lié à un simple « j'en ai assez », mais à l'appel de Dieu à recevoir la terre promise à son père et à son grand-père. Malgré son bon droit, Jacob craint pour sa vie et pour sa famille; il redoute la vengeance de ses beaux-frères. Il part en secret, avec le soutien de Rachel et de Léa. Ce secret donne à Rachel la possibilité d'introduire l'idolâtrie dans le peuple qui adore le Dieu unique. Elle ne peut se séparer de ce qui a longtemps constitué le fondement de sa vie, et la mauvaise herbe du paganisme pénètre, à l'insu de Jacob, dans le champ que le Seigneur a planté.
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